PARTIE ESTHÉTIQUE. — DEUXIÈME SÉRIE
tandis que, dans d'autres circonstances et dans les simples rapports avec la société, on sourit poliment des lèvres, alors même que l'on est mécontent ou que l'âme est dans la tristesse. — Lorsque j'ai fait l'expérience qui est le sujet de la figure 8a, mon modèle était de très mauvaise humeur; sun regard était froid et les coins de sa bouche un peu abaissés (cachez, du côté gauche, la moitié de la bouche et la partie inférieure de la joue). Dès que j'eus produit la contraction légère du grand zygomatique gauche (^cachez les parties semblables du côté opposé;, le sourire faux de lady Macbeth, dans la scène ci-dessus décrite, se peignit sur sa physionomie.
L'électrisation, dans cette expérience, a été parfaitement limitée au grand zygomatique droit ; aussi les paupières de ce côté sont-elles restées immobiles , comme du côté opposé. J'ajouterai que l'excitation électrique au maximum peut être également bien localisée dans le grand zygomatique de cette jeune fille, et que ses paupières n'en éprouvent aucun mouvement, et que l'on ne voit pas, chez elle, de rides rayonnantes se former au niveau de l'angle externe de l'œil, comme chez le vieillard des figures 80, 32, parce que ces rides sont des lignes expressives secondaires qui n'apparaissent qu'à un certain âge ou chez des sujets très amaigris.
Cette électrisation exacte du grand zygomatique permet ici d'exposer l'étude de l'influence expressive réciproque de
l'œil au repos et du mouvement modéré des commissures labiales propre au sourire, étude qui a déjà été faite, dans la paitie scientifique, à l'occasion de la contraction au maximum du grand zygomatique (voy. les figures 30 et 32). — Si la partie du visage située au-dessous du nez est couverte, le regard de la figure 8/j paraît froid et sec; — mais dès que du côté gauche la moitié droite de la lèvre est démasquée, l'oeil semble s'égayer et les traits s'épanouir un peu, bien que la contraction du grand zygomatique soit très légère. Cette illusion, quelque faible qu'elle soit , en impose aïi premier abord, sans toutefois provoquer la sympathie.
Mais qu'au sourire des lèvres vienne se joindre le doux regard que l'on voit sur la moitié gauche de la figure 80, à l'instant on se sent attiré irrésistiblement par la sympathie. Ici la paupière inférieure a été creusée transversalement, à une certaine dislance de son bord libre, par le muscle de la bienveillance (orbiculaire inférieur), dont l'étude expressive a été exposée déjà dans le chapitre VI.
Je terminerai ce paragraphe en rappelant ce que j'ai (ht de ce muscle à la page 63 de la partie scientifique de l'album : « Le muscle qui produit ce relief de la paupière inférieure » n'obéit pas à la volonté, il n'est mis en jeu que par une « affection vraie, par une émotion agréable de l'âme ; son » abstention dans le sourire démasque un rire faux. »