DES FIGURES DE L'ALBUM
J'ai réuni dans neuf tableaux synoptiques, sous forme de petits médaillons, les têtes des 82 figures qui composent la partie scientifique et la partie esthétique de l'album du Mécanisme de la physionomie humaine. — Certaines de ces tètes sont répétées de manière à ne montrer qu'une moitié des figures sur lesquelles j'ai produit une expression différente, de chaque côté de la face. Il en résulte que ces tableaux synoptiques se composent de 102 tètes.
En voici l'utilité :
1° J'ai indiqué, dans les légendes des figures, comment un doit cacher alternativement, pour en faire l'étude comparative, les traits divers des figures qui ont une expression double. Les tableaux synoptiques représentent ces expériences toutes faites, et rendent ainsi plus facile et plus évidente l'analyse des lignes expressives de la physionomie humaine. Us suffisent, à la rigueur, pour faire comprendre les développements exposés dans le texte de l'ouvrage.
2° L'influence modificatrice de certaines lignes expressives sur les autres traits du visage est assurément, au point de vue
île la pratique des arts plastiques, un des faits les plus importants qui aient été mis en lumière par les expériences électro-physiologiques exposées dans le cours de mon ouvrage sur le mécanisme de la physionomie humaine. Or les tableaux synoptiques facilitent l'étude de ce phénomène, que j'appellerai contraste simultané des lignes expressives de la face (1).
Lorsque l'un regarde alternativement, en employant le procédé indiqué dans les légendes, chaque côté des figures dont l'expression est double, on reconnaît bien les différences qui existent entre les deux côtés de la face. Cependant le temps que l'on a mis à cacher l'un de ces côtés, faisant perdre en partie le souvenir des traits auxquels on veut comparer ceux que l'on regarde, on conçoit combien il est préférable d'avoir constamment sous les yeux chacune des moitiés de la face; alors leurs caractères dislinctifs deviennent plus frappants et la démonstration du problème à résoudre est plus facile.
Prenons seulement pour exemple les quatre figures 78 du tableau Vin. La première de ces figures ("78) montre l'expérience telle qu'elle a été faite des deux côtés à la fois ; vue dans son ensemble, ce n'est qu'une expression grimaçante, car, de chaque côté de la face, un muscle différent est mis
i I ) Ce phénomène me semble pouvoir être ainsi dénommé, en raison de son analogie, comme je l'ai déjà fait observer (1 er fascicule, p. 26), avec l'illusion produite sur la vue par des couleurs ou des leintes différentes rapprochées les unes des autres; ce (pie M. Clievreul a appelé contraste simultané des couleurs. (Voyez son livre : De la loi du contraste simultané des couleurs, el de l'assortiment des objets colorés.)