‹ Mécanisme du système nerveux: Structure anatomique et nature des individualités du système nerveuxChapitre 7 sur 28 · ADI · texte numérisé non relu

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Ainsi, dans la rétine, les fibres nerveuses pénètrent dans les cellules superficielles multipolaires qui communiquent les unes avec les autres et irradient les fibrilles dans le plexus situé audessous; de là, les fibrilles traversent des cellules bipolaires dont un pôle recoit les fibrilles du plexus sus-jacent et dont l’autre rejette ces fibrilles dans un dernier plexus situé audessus des cônes et des bâtonnets, cellules les plus profondes où enfin se terminent les fibrilles (Zg. 6).

Entre les deux couches de cellules intermédiaires aux fibres nerveuses et aux cellules profondes de la rétine se trouvent des cellules unipolaires puisant leurs fibrilles dans le plexus sous-jacent; il est probable que ces cellules se comportent comme les cellules unipolaires des ganglions spinaux par lesquelles passent les fibrilles nerveuses avant d’entrer dans le canal vertébral, et que les fibrilles efférentes laissent en suivant, dans une petite étendue et en sens inverse, le chemin qu'elles ont pris pour pénétrer dans les cellules.

Ainsi, dans la rétine, il y a trois couches de cellules seulement, entre les fibres nerveuses et les cellules profondes, et deux plexus, tandis que dans l’épiderme il y a plusieurs rangées de cellules et pas de plexus. Mais, en réalité, la disposition des fibrilles est la même ici et là, puisque les cellules ne sont que des plexus, des lieux de passage et d’entre-croisement des fibrilles.

On a dit que le noyau des cellules indiquait, pour chaque cellule, une individualité distincte des fibrilles. Mais le noyau n'est pas distinct des individualités fibrillaires de la cellule. Les fibrilles et le noyau font absolument corps. Sur les figures 62, 63, 64, on peut voir qu'au niveau du noyau les fibrilles sont interrompues, ce qui montre que'le noyau s’est limité par suite de la rupture des fibrilles qui, par leur entrecroisement,

forment ce noyau; la partie centrale isolée, rétractée, perd sa

texture fibrillaire et les mollécules protoplasmiques, qui composaient cette structure, devenues libres, donnent au noyau un aspect granuleux. Les fibrilles rompues sont elles-mêmes granuleuses autour du noyau. Le fait se saisit bien encore sur les préparations du corps muqueux de Malpighi par le bichromate de potasse et l'alcool {g. 13). Le noyau des cellules de ce Corps muqueux est fortement rétracté sur lui-même'et granuleux, ses mollécules protoplasmiques étant devenues libres; enfin toutes les fibrilles sont rompues et rétractées ellesmêmes tout autour du noyau. M. Prenant signale le même fait pour les cellules épithéliales de la membrane de Descemet (p. 371). Et dans certaines figures de son travail il est impossible de distinguer le noyau du reste de la cellule {fg. 11).

D'ailleurs, dans la cellule isolée, c’est-à-dire lorsque les individualités sensibles sont réduites à leurs plus petites dimensions, le noyau est formé bien manifestement par ces individualités (chap. IV, 3). C’est l’entrelacement des individualités fibrillaires, et leur groupement au centre de la cellule qui constituent le noyau. Le noyau n'est pas, en somme, quelque chose de spécial, de distinct des fibrilles, des individualités fibrillaires, et, dans les cellules dont les individualités se fusionnent, se prolongent, il devient un simple lieu d’entrecroisement de fibrilles.

Les innombrables fibrilles, issues de la périphérie, après s'être entre-croisées dans des plexus, constituent les fibres nerveuses qui quittent ces plexus (p. 714, Ranvier).

Les faisceaux des fibrilles, les fibres nerveuses ne tardent pas à s'entourer d'organes protecteurs constitués par des cellules très allongées qui les enveloppent d’un manchon de graisse (myéline). Ils s'appellent alors cylindres-axes. Près de la périphérie, les cylindres-axes se. grossissent en joignant

leurs fibrilles sous le même manchon myélinique. Aussi, les 4 M,

cellules-manchons sont courtes à ce niveau et laissent entre elles un espace (étranglement annulaire) par lequel les faisceaux se réunissent. Puis, à mesure que, les cylindres-axes s’éloignent de la périphérie, ils mêlent moins leurs fibrilles, et les étranglements annulaires deviennent très espacés.

Lorsque le cylindre-axe est isolé, qu'il forme une petite fibre nerveuse, il est envéloppé, en outre de son manchon de myéline, d'une gaine pleine de plasma destiné à le nourrir. Cette gaine forme un véritable petit canal plasmatique tapissé par un épithélium.

Les cylindres-axes ne tardent pas à se réunir pour constituer des filets nerveux de plus en plus gros, lesquels, convergeant ensemble vers le canal vertébral, donnent lieu, par leurs groupements, à des faisceaux nerveux de plus en plus volumineux. Ces faisceaux, troncs nerveux, sont enveloppés par des gaines de tissu conjonctif contenant des vaisseaux sanguins et Iymphatiques qui nourrissent les fibres nerveuses. à

Toutes les fibrilles périphériques arrivent amsi, massées en gros faisceaux, à des hauteurs diverses du canal vertébral, suivant les parties de la périphérie qu'elles ont laissées.

On compte ainsi — abordant le canal vertébral — 31 paires. de gros troncs nerveux pour la colonne vertébrale, et 12 paires pour le crâne.

Les gros troncs nerveux de la colonne vertébrale contiennent, en même temps que les nerfs sensibles, les nerfs moteurs correspondants. Mais, au niveau du canal vertébral, les nerfs sensibles se séparent nettement des nerfs moteurs pour la raison — comme nous l’avons fait prévoir et montrerons plus loin — que les nerfs moteurs continuant les nerfs sensibles, ceux-là et ceux-ci sont constitués par les mêmes individualités. Par suite, à l'extrémité d’une coupe transver-

sale de la moelle, sont les fibrilles au moment de leur péné-

tration dans la moelle; à l'extrémité opposée, à l'autre pôle on pourrait dire, sont les mêmes fibrilles ayant traversé toute la largeur de la moelle et quittant le canal vertébral (fig. 18).

Puis, comme les individualités fibrillaires retournent vers la périphérie pour aller former les muscles, elles rejoignent leur partie afférente et suivent, en sens inverse, le même chemin, suivi déjà, jusqu'à ce qu'elles recontrent leurs muscles.

Dans la partie supérieure du canal vertébral, dans le crâne, les masses nerveuses prennent un développement énorme pour les raisons que nous verrons plus loin. Aussi les individualités nerveuses ont-elles leur point de pénétration et leur point de sortie plus ou moins éloignés l’un de l’autre; et les portions afférentes et efférentes de ces individualités se trouvent-elles séparées dans une grande partie sinon dans toute l'étendue de leur trajet.

Un peu avant de pénétrer dans le canal vertébral, les fibrilles se comportent d’une facon remarquable. s

Les faisceaux nerveux se dissocient, et leurs cylindres-axes se jettent dans d'énormes cellules (il y en a aussi de petites et de moyennes). L'ensemble de ces cellules forme un renflement ovoide appelé ganglion.

Ici, grâce à l'épaisseur de la fibre nerveuse et à la grosseur de la cellule qu’elle pénètre, grâce à la gaine épaisse qui enveloppe fibre et cellule, les réactifs ne brisent pas les fibrilles à leur entrée dans la cellule. On voit manifestement le faisceau fibrillaire pénétrer dans la cellule en s'y élargissant (fig. 17).

Cependant les fibrilles superficielles seules peuvent être suivies d’un pôle cellulaire à l'autre, les profondes devenant rapidement granuleuses et disparaissant tandis que le noyau énorme demeure isolé.

Mais, toujours en raison de la structure de la cellule, des

volumes égaux des faisceaux fibrillaires afférent et efférent,

de la continuité nécessaire des individualités nerveuses, on doit considérer les fibrilles profondes comme se comportant d’une façon analogue à celle des fibrilles superficielles, et le noyau de la cellule ganglionnaire comme un lieu d’entrecroisement de fibrilles. |

Chez les poissons, la cellule présente deux pôles : par Fun pénètrent les fibrilles, par l’autre elles sortent pour continuer leur chemin vers le canal vertébral.

Chez les mammifères, la cellule ganglionnaire n’a qu'un pôle, comme les cellules de la deuxième couche de la rétine. Le filet qui en sort, vient, après un court trajet, joindre la fibre nerveuse périphérique qui semble traverser lé ganglion sans s'y arrêter. En réalité, comme l’a montré M. Ranvier, les fibrilles du cylindre-axe périphérique se recourbent, gagnent la cellule, la pénètrent, puis, sorties par leur point d’entrée, reprennent, dans une certaine longueur, mais en sens inverse, le chemin qu'ellès ont déjà suivi pour atteindre la cellule, et enfin continuent leur route vers le canal vertébral (fig. 15 et 16). De là résulte, dans la cellule, une disposition enroulée des fibrilles

nerveuses {/g. 14).

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