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Marey, Le mouvement; Paris, Masson

Dément. — Méc. et éduc.

ce dernier devient assez sensible pour obéir à des pressions

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Fia. 339. — Intérieur d'un dynamo-graphe donnant en fonctions du temps la courbe de la pression normale et tangentielle des pieds sur le sol dans les diverses allures (Marey et Demeny).

des chocs instantanés et retomber immédiatement à 0. Nous avons ajouté à l'enregistrement des pressions verticales l'ins-

Fig. 340. — Forme de la pression normale du pied dans différentes allures.

1 , pas de roule ; — 2, pas de charge ; 3, pas cadencé. Le pas cadencé (3) se fait remarquer par le choc du pied au début, puis par le maintien de la pression au poids du

corps.

cription des pressions tangentielles en ajoutant à l'instrument une disposition spéciale (fig. 339).

Avec de la pratique et beaucoup de soin on arrive à connaître assez cet appareil pour lui demander des mesures abso-

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lues des pressions, la chose la plus délicate et la plus scabreuse de la méthode graphique.

On constate d'abord que la courbe de la pression normale du

Fifr. 341. — Combinaison des indications dynamographiques avec le données cinématiques de la chronophotographie.

pied oscille de part et d'autre de la ligne de poids, elle a une forme caractéristique (fig. 340). La pression dépasse au début la valeur du poids et cette valeur s'acquiert en deux montées ducs aux contacts successifs du talon et de la pointe du pied.

La figure 341 nous montre la combinaison des données cinématiques de la photographie avec les données du dynamographe dans un appui du pied. Aux attitudes de la jambe"

indiquées par numéros correspondent les pressions mesurées par les ordonnées portant le même chiffre.

On voit deux lignes horizontales entre lesquelles oscille la pression; ce sont la ligne de 0 et la ligne du poids du corps.

Nous avons étudié de très près ces tracés dans les allures normales et pathologiques (fig. 342) \

Chaque démarche possède sa courbe caractéristique et ses

Fig. 342. — Forme de la pression normale du pied.

1, dans la marche ordinaire; — 2, dans la marche fléchie; — 3, dans la marche jambe raidie. — 0 0, ligne de zéro du dynamographe ; P P, ligne de poids du corps.

trajectoires spéciales. Avec de la pratique nous étions assez familiarisé avec ces formes pour les reconnaître sans erreur.

Celte constance de la forme de la courbe du dynamographe tient à la relation intime qui la lie au mouvement (fig. 343 à 348).

Relation entre la pression des pieds sur le sol et le mouvement du centre de gravité. — La pression normale du pied sur le sol dépend de la vitesse du déplacement vertical du centre de gravité du corps. Cette pression est tantôt inférieure et tantôt supérieure au poids du corps; l'excès de la pression normale sur ce poids est proportionnel à l'accélération du mouvement vertical du centre de gravité.

Ainsi le dynamographe n'indique aucune pression supérieure au poids si la trajectoire du centre de gravité est une ligne droite horizontale ou si le mouvement vertical du centre de

\. Demeny et Quénu, Étude de la locomotion dans les cas pathologiques, Comptes rendus Ac. des Se, 28 mai 1838.

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gravité est un mouvement uniforme; il y a alors égalité entre le poids du corps et l'action verticale du membre inférieur.

in

Le dynamographe indique une pression constante et supérieure au poids du corps, si le mouvement vertical du centre de gravité est uniformément accéléré ascendant ou retardé

descendant; les muscles extenseurs font du travail moteur dans le premier cas, du travail résistant dans le second.

Si le mouvement vertical du centre de gravité était uniformément accéléré descendant uu uniformément retardé ascen-

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aant, les choses se passeraient comme dans la chute libre et le dynamographe indiquerait une pression nulle.

Ainsi en se laissant tomber librement en fléchissant les genoux on voit la pression tomber à 0 dès que le mouvement

Normal

\y Extension^

Fig. 345. — Courbes de la vitesse de flexion et d'extension de la jambe sur la cuisse, et de la cuisse sur le tronc, pendant la marche normale dans le lever et le poser du pied. La flexion est inscrite au-dessus de la ligne des abscisses, l'extension au-dessous ; les vitesses de flexion et d'extension sont tirées des figures 295, 296, 297, 298 et 299.

Fig. 346. — Loi du mouvement de flexion et d'extension du membre inférieur pendant le lever et le poser du pied dans la marche d'un ataxique.

du centre de gravité est uniformément accéléré. Le corps se trouve même suspendu un instant si l'on a retiré assez vivement les pieds (fig. 349, 350 et 351).

Si le mouvement vertical du centre de gravité est varié sans être uniformément varié, les courbes du dynamographe sont sinueuses et ses inflexions sont celles de la courbe de l'accélération du mouvement vertical.

Mais il faul avoir soin de remarquer que l'instrument ne dislingue pas, pour les pressions excédant le poids du corps, si elles sont dues à une extension active du membre à l'appui, ou bien à un effort résistant, résistance accompagnée cepen-

Normal

\ Poser" Hiver

Fig. 347. — Courbes indiquant les vitesses relatives projetées horizontalement de la hanche, du genou et de la cheville pendant un pas.

Les ordonnées représentent les espaces parcourus dans 1/20° de seconde.

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Lever Poier LiVir

Fig. 348. — Vitesses horizontales de la hanche, du genou et de la cheville

chez un ataxique.

Comparer ces courbes à celles de la marche normale, fig. 347.

dant d'une flexion. M. Marey n'a pas tenu compte de ces observations ce qui lui a valu de la part de M. Giraud-Teulon quelques critiques fort justes *.

En opérant dans ces conditions nous avons pu, après un

1. Voir Comptes rendus de l'Académie de médecine, 25 septembre 1883; discussion de Marey et Giraud-Teulon.

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travail assez délicat reconstituer les courbes données par le dynamographe au moyen des trajectoires chronophotographiques de la même allure.

Formes caractéristiques de la pression des pieds dans différentes allures. — Nous indiquons ci-dessus quelques formes caractéristiques de la pression du pied dans la marche normale, la marche iléchie, la marche raidie et les allures

Fig. 349. — Disposition pour inscrire simultané aient la pression des pieds sur le sol et le mouvement vertical de la tête au moyen du dynamographe et d'un fil de caoutchouc (Marey et Demeny).

Fig. 350. — Suspension du corps sans sauter par la simple flexion vive des jambes.

La figure ponctuée correspond à la stalion droite, la figure en traits pleins à la suspension. Les lettres indiquent la situation de la tête, de l'épaule, de la hanche, du genou et de la cheville correspondant dans les deux attitudes et sont réunies par les trajectoires décrites par ces points.

militaires, pas de route, pas de charge et pas cadencé (fig. 340 et 342).

Ce dernier pas est assez brutal, il ne peut être considéré comme allure pratique, c'est peut-être un exercice gymnastique, mais qui est si différent de la marche normale qu'il est impossible de le considérer comme un moyen d'éducation ayant pour but d'améliorer la marche. Tout ce que nous voulons atténuer dans celle-ci, réactions verticales du corps, choc du

pied au poser, variations dans la vitesse horizontale de progression, tous ces défauts sont justement exagérés dans cette

Fig. 351. — Inscription du mouvement vertical de la tête et de la pression normale des pieds montrant qu'on se détache de terre sans sauter par le raccourcissement rapide des jambes.

On voit la tête descendre dès le début et le dynamographe tomber à zéro.

allure d'ailleurs très fatigante qui ne peut être considérée que comme allure de parade (fig. 352).

Composante tangentielle de la pression du pied. — La force impulsive n'est pas en réalité représentée par la pression normale du pied, mais par la composante tangentielle horizontale dans la direction de la progression (fig. 353).

Cette pression tangentielle du pied d'abord négative au moment où le pied pose à terre devient ensuite positive. Le choc du pied retarde donc la vitesse de progression tant que le rayon du membre n'a pas dépassé la verticale. Cependant le

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pied au moment du poser n'a pas nécessairement une action retardatrice. Il y a des cas où l'on tire avec le pied comme le

Fig. 352. — Marche de parade au pas cadencé, la jambe étendue en avant, le pied posant à plat (Allure défectueuse).

cheval attelé tire avec son avant-main dans le démarrage. Les muscles fléchisseurs de la jambe et extenseurs de la cuisse

Fig. 353. — Tracés correspondants de la pression normale N et de la pression tangentielle T du pied pendant la marche.

0, 0, ligne de zéro du dynamographe ; P, P, ligne de poids. On voit la pression T être négative au poser du talon et devenir ensuite positive à la fin de l'appui du pied.

peuvent produire cet effet très facilement. On expliquerait ainsi la substitution subite de leur contraction à celle des extenseurs de la jambe et des fléchisseurs de la cuisse au moment du poser.

Variation de la pression du pied avec le rythme, la charge

et la fatigue. — On voit dans la figure 354 la loi de variation de la pression des pieds dans la marche de plus en plus accélérée. Des deux maxima de la pression qui ont lieu pendant l'appui, le premier augmente avec la cadence, le second diminue avec elle, en même temps la petite échancrure qui précède le premier maximum diminue de plus en plus.

}>tf Course

Fig. 354. — Forme de la pression normale du pied sur le sol dans des marches variant de la cadence 40 à 90.

On a pris une même origine des temps en 0. — 0, 0, ligne de zéro du dynamographe ; P ,P, ligne de poids du corps. On voit la différence des tracés correspondant à une marche et à une course effectuées au môme rythme, 83 pas à la minute.

La charge et la fatigue agissent dans le même sens sur la durée de l'appui du pied.

L'effet principal est de prolonger cet appui et surtout de prolonger la durée du double appui comme dans les claudications douloureuses. Il est pénible en effet de rester en équilibre sur une jambe lorsqu'on est lourdement chargé, c'est pourquoi le pied aussitôt levé se porte rapidement en avant pour diminuer le temps d'appui unipédal et la fatigue qui en résulterait (fig. 312).

Influence de la charge et de la taille sur la longueur du pas et la vitesse. — La longueur du pas diminue chez l'homme fortement chargé, il en est de même de la cadence. La taille produit un effet à peu près semblable sur la cadence, la longueur du pas n'augmente pas assez avec la taille pour compenser le ralentissement de la cadence, il en résulte une différence peu sensible dans la vitesse de progression. Il n'y a pas

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similitude entre deux hommes l'un de grande, l'autre de petite

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Fig. 355. — Tableau résumant un grand nombre de mesures et d'expériences faites sur 250 hommes d'infanterie, en collaboration ave le capitaine Andriveau, en 1891.

Les tailles sont portées en abscisses et en centimètres. Les courbes indiquent la longueur du pied, la hauteur du genou, la longueur du membre inférieur, la hauteur du centre de gravité,' le poids, la circonférence thoracique, la capacité respiratoire en fonction de la taille. Un voit la longueur du pas ordinaire, du pas avec charge de 20 kilog. et la cadence ù la minute (pas simples) de la marche sans charge et avec charge de 20 kilog.

taille. L'homme petit compense la petitesse du pas par la vivacité de ses mouvements et la rapidité de son pas.

Le tableau précédent est le résultat d'expériences faites sur 250 hommes d'infanterie avec le capitaine Andriveau, il indique

les variations de la longueur du pas et de la cadence avec ou sans charge et suivant les tailles de -îm,55 à lm,80 (fig. 355).

Montée et descente d'un escalier. — L'inclinaison du terrain agit sur la longueur du pas. Celui-ci est plus long en montée qu'en descente et la pente du terrain a pour effet de changer l'attitude du marcheur. Lorsqu'on gravit un esca-

Fig. 356. — Altitudes de l'homme à la montée et à la descente d'une

forte rampe.

lier, on soulève la jambe gauche pour la placer sur la marche qui est au-dessus, puis la jambe droite étant totalement étendue, on incline fortement le tronc en avant de façon à ce que le centre de gravité du corps se projette verticalement au-dessus du pied gauche, le corps peut alors se maintenir en équilibre sur ce pied, les segments du membre inférieur gauche formant un système solide grâce à la contraction des extenseurs. Le pied droit se soulève, la jambe droite se fléchit fortement pour aller prendre appui sur la marche suivante pendant que le tronc est soulevé par la seule extension de la jambe gauche à l'appui. Si la marche est très élevée et surtout très large, la flexion du tronc sera maximum, on tendra même les bras horizontalement en avant, pour amener dans cette direction le centre de gravité. Celui-ci est à chaque pas porté un peu plus haut que sa position définitive lors de l'appui de la jambe, et les oscillations latérales sont aussi plus prononcées que dans la marche en plaine (fig. 356). Dans la montée, la composante horizontale d'entraînement diminue beaucoup d'intensité. Aussi favorise-t-on cette allure en s'aidant d'une canne sur laquelle le bras exerce une traction. La moindre poussée horizontale exercée par un aide avec la main dans la région lombaire est aussi active et vous procure un soulagement considérable. La montée est toujours pénible à cause de la grande quantité

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de travail effectué (poids du corps élevé à la hauteur d'une marche) par chacune des jambes alternativement à chaque pas. Nous ne parlons pas ici de la manière d'atténuer les troubles cardiaques et respiratoires qui se produisent de façon à continuer le travail produit ; ceci touche à la coordination respiratoire et à la résistance à la fatigue dont nous avons parlé précédemment.

Marche descendante. — Dans la marche descendante si l'on part du pied gauche, le corps d'abord soutenu en équilibre par la jambe droite descend d'une hauteur verticale égale à celle d'une marche sous l'action de la pesanteur, la contraction des extenseurs luttant contre celle-ci et ne permettant qu'une descente lente et uniforme. Le tronc est porté en avant au-dessus du pied droit qui pose sur la marche placée en des- Fig. 357. — Marche rendue sous. Si la descente est rapide le impossible dans un couloir tronc s'incline en arrière et les bras Soï^ se portent de ce côté, pour éviter la sin. chute en avant qui tend toujours à

se produire. Les extenseurs du tronc agissent dans la descente, les muscles abdominaux dans la montée.

Les oscillations verticales pendant l'appui du pied ont disparu. Le travail n'est guère moindre que pour la montée, la contraction des extenseurs des membres sert ici, non plus à élever le corps, mais à s'opposer à sa chute et au mouvement uniformément accéléré dû à la pesanteur.

La marche descendante sur une pente un peu forte demande un travail constant des extenseurs, elle fatigue pour cette raison ces muscles. Le poids du corps fait de plus glisser le pied tout au fond de la chaussure, les orteils sont ainsi froissés et deviennent douloureux.

La montée et la descente semblent demander une même dépense de travail mécanique. Il y a cependant physiologiquement une différence entre la production de travail résistant et

le travail moleur. Dans la descente, les muscles de la jambe se fatiguent, mais on ne s essouffle pas. Ce fait reste à expliquer.

Le travail des muscles dans la descente peut être comparé au travail d'un frein. Nous pensons que les troubles respiratoires ne sont pas identiques dans les deux cas, parce que :

1° dans la descente les muscles font du travail ^négatif, et leur allongement facilite la circulation de retour ;

2° l'attitude est favorable à l'inspiration;

3° le muscle raccourci en contraction concentrique abandonne et développe plus de cbaleur que le muscle étiré et que la chaleur centrale augmentée est un excitant des mouvements respiratoires.

Remarque intéressante : il est plus pénible de descendre une rampe continue qu'un escalier. Dans ce dernier il y a un repos à chaque degré tandis que dans la descente du plan incliné il y a continuité dans l'effort de soutien et de résistance de la part des membres inférieurs.

Dans la marche à reculons, la longueur du pas est diminuée. Dans la marche latérale avec ou sans croisement des jambes,

celles-ci n'ont plus d'avantage à se fléchir.

Dans la marche, en tirant ou poussant un véhicule, la durée de l'appui du pied augmente; le corps s'incline fortement en avant et on utilise son poids au début comme force motrice.

Dans la marche sur la pointe des pieds la longueur du pas diminue ainsi que les réactions verticales, on n'avance pas vite; nous en avons expliqué la raison

Fig. 358.— Piste en forme à propos des hauts talons, de caniveau pour redresser les déviations du

pied en dedans. Marche dans un couloir et dans un

fossé. — Si l'on marche entre deux barrières resserrées assez étroites pour empêcher les oscillations latérales du tronc, la marche devient impossible, on se voit obligé de se placer de côté pour progresser. Si l'on marche dans un caniveau ou un fossé présentant des talus inclinés, le pied est tourné en dehors; c'est un moyen employé contre

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le vice de conformation du pied consistant à marcher sur le bord externe. Nous ne pouvons pas nous arrêter plus longtemps à analyser ces progressions d'un usage d'ailleurs peu pratique (fig. 357 et 358).

Effet hygiénique. — La marche est l'exercice hygiénique par excellence. Si l'on a le souci de sa santé on doit faire au moins deux heures par jour de marche à l'air pur et à une allure modérée. On se repose ainsi du travail ou d'une longue station debout ou assise. Les contractions musculaires activent le cours du sang, les ébranlements légers communiqués à toute la masse viscérale ont le meilleur effet sur la décongestion des organes contenus dans l'abdomen et sur le cerveau. La respiration activée agit aussi favorablement sur la circulation pulmonaire.

Il faut bien entendu choisir ses heures pour ne pas être incommodé par la chaleur ou par le froid.

Si l'on veut dormir et avoir un sommeil calme on fera une promenade après le repas du soir, on devra s'habituer à ce régime quelque temps qu'il fasse. Les vêtements de laine seront toujours préférables, l'homme prudent aura sur son bras un manteau ou un plaid pour parer aux changements brusques de température si funestes dans nos contrées. Si l'on prend une canne à la promenade il faut plutôt s'en servir pour la défense et l'amusement que pour s'appuyer, sinon la démarche devient mauvaise et le corps perd de sa symétrie.

Une promenade à pied vaut infiniment mieux qu'une course en bicyclette ou en voiture, surtout en voiture automobile.

Il ne faut pas confondre la marche hygiénique avec les longues étapes comme on en parcourt dans les records. Autant la première profite à la santé, autant les secondes sont défectueuses et peuvent occasionner des accidents graves. Les moins dangereux se manifestent du côté du pied si la chaussure est mauvaise et si l'on n'apporte pas de soins constants à cet organe.

Hygiène du pied. — Les personnes qui transpirent beaucoup se trouveront bien de saupoudrer le pied de fécule de pomme de terreou de poudre d'amidon. Elles s'essuieront à sec en ayant soin de ne pas se laver fréquemment. Les durillons peuvent

Demeny. — Méc. et éduc. <j fj

être évités par des petits coussins de ouate et surtout en ayant des bas de laine ajustés de préférence au fil et au coton.

Les ampoules au talon ou à la plante seront percées d'un fil passé en sélon et se desséchant ainsi facilement sans former de plaie. Certaines personnes se trouvent bien de se frotter les pieds de vaseline ou de dissolution de savon dans l'eau-de-vie. Il faudra éviter de se chauffer à la cheminée si l'on craint les engelures.

Les ongles doivent être coupés carrément sans chercher à les dégager de la peau (fig. 359).

L'ongle est nécessaire pour soutenir les parties molles ; en le

Fig. 359. — Déformation des orteils par la chaussure et la taille arrondie

des ongles.

A, taille carrée ; — B, orteil en marteau et ongle incarné.

taillant en pointe sur leurs côtés, on s"expose à l'infirmité connue sous le nom d'ongle incarné.

Les marches forcées, les stations debout prolongées finissent par fatiguer et enflammer les articulations ; le genou et la cheville sont particulièrement sujets à des arthrites graves.

M. Carrieu cite des exemples nombreux de tarsalgies dont il a été témoin chez les adolescents qui ont abusé de la marche1.

Influence de la faiblesse sur la marche. — Les personnes faibles, vieillards ou convalescents n'ayant pas assez de vigueur musculaire, marchent en n'étendant jamais complètement les rayons de leurs segments osseux. Le pas est alors raccourci et les réactions verticales du tronc sont augmentées à cause de la

i. Dr Carrieu, De la fatigue et de son influence palhoqénique.

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faiblesse musculaire qui modifie la forme de la trajectoire normale de la hanche. Il est beaucoup plus pénible d'engendrer une trajectoire rectiligne horizontale que de procéder par arcs de cercles lorsque les segments sont étendus. Ce ne sont pas là des allures à imiter, elles sont extrêmement désavantageuses au point de vue du rendement en effet utile. Nous aurons à revenir sur le rendement quand nous nous occuperons du travail dans les diverses allures.

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