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G. Demeny, Archives de Physiologie

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Longueur du pas et vitesse de progression. — La longueur du pas de course croît toujours à mesure que la cadence s'accélère. La vitesse de progression augmente également avec la rapidité

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de la cadence et tend vers un maximum qui est à peu près îl mètres à la seconde.

Le pas de course est plus long que le pas de marche, sa durée est plus petite. Il varie de lm,50 à 3m,40 et de 70 à 41 cen-

Fig. 381. — Coureurs fléchissant les bras pour éviter leur balancement rapide, devenu impossible par la vitesse de la cadence (d'après photographies de Muybmdge).

Fig 382. — Photographies de coureurs Fig. 383. — Attitude du coureur montrantledcgrédeflexiondelajambe quand le rayon du membre a pendant l'appui et le lever du pied. l'appui passe par la verticale.

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tièmes de seconde (voir fig. 322). La grande Ion dans la course ne tient pas seulement à l'écartement des jambes comme dans la marche mais à l'espace parcouru pendant la suspension ; le tableau (fig. 364) montre comment varie la durée de celle-ci à différents rythmes.

Le pas de course dépend aussi de la longueur du pied et de son complet déroulement sur le sol.

Comme pour la marche un terrain glissant diminue la longueur du pas ; un terrain meuble agit de même en absorbant une partie du ravail de l'impulsion.

La taille élevée donne une longueur de pas plus grande pour des déplacements angulaires égaux des membres. L'inclinaison du tronc n'est pas nécessaire à la grande rapidité de la course. Nous avons étudié de grands coureurs qui restaient le corps vertical dans les plus grandes vitesses, cependant la résistance de l'air oppose un obstacle sérieux à la progression, on ne peut la diminuer qu'en s'inclinant un peu.

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Allures de parade. Alluhes

DE FOND ET ALLURES VIVES. Les

allures courues à des rythmes \ lentsvulgairementappeléespas x, gymnastique sont des allures de parade, mais tout à fait défectueuses au point de

utile qu'on peut en attendre. On est obligé de sauter presque sur place à de grandes hauteurs (voir fig. 360) pour utiliser le temps long qui sépare deux posers successifs des pieds. Nous verrons combien ces grandes réactions verticales absorbent de travail sans rien utiliser au point de vue de la vitesse de progression. Quand l'allure, s'accélère jusqu'au rythme 105 les réactions verticales diminuent et la vitesse augmente sans pour cela demander plus d'effort (fig. 322).

La véritable cadence d'une course de résistance est 405 à -115 pas à la minute. On n'y voit plus ces sauts sur place, mais une impulsion oblique de la jambe qui utilise l'extension de la

jambe pour progresser.

Chez les vieillards, les sujets affaiblis, les femmes on constate la fréquence des allures sautées, les chevaux usés sont dans le même cas; c'est qu'il est moins dur d'étendre la jambe

Fig. 385. — Degrés de flexion du membre inférieur et du membre supérieur suivant la rapidité de l'allure.

i, Marche lente ; — 2, Marche vive ; — 3 et 4, Course.

à l'appui quand elle passe par la verticale que de l'étendre obliquement. Cette dernière manière est la seule bonne pour faire de la vitesse horizontale, mais elle demande une grande force musculaire. Cette obliquité et cette force d'impulsion sont poussées à l'extrême au moment où le pied quitte terre chez les coureurs de vitesse (fig. 391 et 396).

Plus le rythme de la course s'accélère plus la force impulsive doit s'accroître avec la longueur du pas et le travail produit augmente toujours.

Au delà du rythme 120, la course n'est plus une allure de fond que l'on puisse soutenir longtemps car elle demande des efforts croissant très vite avec la vitesse. Pour augmenter sa

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vitesse d'une petite quantité il faut dépenser d'autant plus de

Fig. 386. — Analyse du mouvement du membre inférieur pendant l'appui du pied dans une course vive.

1, 2, 3, phase d'amortissement ; — 3, 4, 5, phase impulsive.

travail qu'on a déjà une vitesse plus grande.

C'est pour cette raison qu'il y a une limite à la vitesse d'un coureur, 10 à 11 mètres à la seconde sont presque un maximum.

Ces vitesses ne peuvent être raisonnablement soutenues que

Fig. 387. — Courbe dynamographique de la pression normale du pied • 1, Pas gymnastique; — 2, Pas de course vive.

On s'explique la hauteur plus grande dans le premier par la grandeur des oscillations vcrt.calcs du tronc. La ligne ponctuée est la ligne de poids du corps

Fig. 388. — Formes de la pression normale du pied dans la course depuis la cadence de 85 à 140 pas à la minute.

0, origine commune des appuis ; unité de temps, 40e de seconde ; P, P, ligne correspondant

au poids du corps.

1 2 Fig. 389. — Pression tangentielle du pied sur le sol : 1, dans la marche ,

2, dans la course.

On voit la pression cire d'abord négative, ce qui indique une action du pied en sens inverso de la progression au moment de l'appui.

pendant un temps très court : 10 à 13 secondes pour une centaine de mètres parcourus. 11 y a lieu de faire à ce sujet une distinction très nette entre les courses de fond et les courses de vélocité si l'on veut éviter des accidents.

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Dans les courses de vélocité où l'on donne tout ce que l'on peut donner d'effort, la longueur du pas dépasse 3m,o0, pendant 10 à 13 secondes le sujet ne respire pas; nous avons déjà montré plus haut que cet effort permanent ne peut impunément être prolongé.

La longueur du pas est obtenue par une poussée énergique qui dure un peu plus d'un dixième de seconde et pendant laquelle l'extension du membre est complète.

Nous avons vu l'attitude du coureur à la fin de l'appui du pied (fi g. 391) quand tout le déroulement s'est effectué et qu'il ne louche plus le sol que par l'extrémité des orteils. La longueur du pas dépend surtout de cet allongement complet bien plutôt que de l'extension exagérée de la jambe au moment du poser. Cependant,

Fig. 390. nastique pied.

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Fig. 391. — Attitude du coureur à la fin de l'appui du pied montrant l'obliquité de la jambe et du pied donnant l'impulsion du corps avant la suspension.

comme dans la marche, la longueur du pas dépend de la manière dont on pose le pied à terre. Si on pose la pointe la première, le pas est forcément raccourci (fig. 392) parce qu'on doit plier en même temps la jambe. Si on pose le talon le premier le pas est allongé il est vrai (fig. 393), mais il y a des

inconvénients sérieux à procéder de cette façon. Le choc du pied au moment du poser est alors très considérable et la jambe portée en avant ne fait que ralentir la vitesse de pro-

Fig. 392. — Montrant le raccourcissement du pas lorsqu'on pose le pied par la pointe dans la course.

La figure de droite indique l'allongement en posant le pied par le talon.

pression en effectuant un travail résistant nuisible et perdu. Çi le sol est glissant cela deviendrait très dangereux.

Fig. 393. — Attitudes d'un coureur à la fin de l'appui et au moment du poser du pied par le talon.

La meilleure manière est de poser le pied à plat, la jambe est alors verticale (fig. 394) fléchie sur la cuisse, le choc est supporté par les muscles extenseurs, le corps toujours en arrière de la verticale passant par l'appui du pied. Les artistes peintres et surtout les sculpteurs semblent ignorer cette attitude bien qu'elle soit la seule caractéristique de la vitesse. Presque toujours l'attitude du coureur est prise sur un modèle dans

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une position stable, c'est une pose mais nonune course (fig. 395). Le corps ne peut jamais être verticalement placé au-dessus du

pied à l'appui et à plus forte raison penché en avant; où trouverait-il un appui en avant pour éviter la chute. Ces représentations du coureur au lieu d'être expressives sont singulièrement fausses et vous donnent un sentiment de gêne inexprimable. Quand le corps passe au-dessus du pied la jambe qui est en arrière est

alors portée déjà en avant Fig. 394. Coureur en suspension; (fig. 383 et 396) pour se pré- ie pied va poser à plat,

parer au choc du poser, le

corps est penché en avant au départ de la course (fig. 400) et lorsque l'on pousse une voiture devant soi (fig. 397).

Fig. 395. — Attitude conventionnelle et fausse du coureur.

Organisation favorable a la marche et a la course. — L'organisation la plus parfaite pour la marche, la course, le saut est celle qui présente un développement relativement considérable des organes essentiellement moteurs, les autres organes dont

la masse est inutile ou même nuisible demeurant d'un développement relativement moindre.

Ainsi l'homme apte à la marche et à la course est en général

Fig. 396. — Mêmes attitudes que dans la figure précédente chez un autre

sujet.

On voit nettement le pied poser à plat la jambe verticale ; le corps est en arrière du pfcd elle pied lève après son déroulement complet, la semelle verticale, la jambe complètement étendue sous une inclinaison de 45°.

un sujet de taille moyenne, d'un poids de 60 à 70 kilog. ; il est dépourvu de graisse ; les muscles de ses membres inférieurs

Fig. 397. — Attitude penchée en avant du coureur poussant une voiture

devant lui.

sont relativement plus développés que ceux des membres supérieurs et du tronc.

On conçoit en effet que ceux-ci deviennent pour lui une charge inutile. Comme il demande la force impulsive à l'extension des segments de ses membres inférieurs, les muscles du

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mollet, ceux de la partie antérieure de la cuisse ainsi que les fessiers sont bien développés, mais il ne faut pas croire cependant qu'un développement excessif de ces régions soit nécessaire et même utile à l'homme qui n'a qu'à mouvoir son propre poids sur une route horizontale. Quand le membre à l'appui a fini de donner son impulsion, il doit être rapidement porté en avant dans la période du lever du pied. Cet acte semble très

Fig. 398. — Forme des membres impulsifs chez les animaux de vitesse

(Lévrier et Cerf).

aisé à accomplir, grâce à la pesanteur qui tend à faire osciller la jambe d'arrière en avant. Cela est vrai pour les cadences de la marche et.de la course qui se rapprochent de la durée de l'oscillation libre de la jambe (une demi-seconde environ), c'està-dire pour le rythme de 55 pas à la minute. Mais, pour les cadences plus vives que présente la course, cadences qui excèdent 140 à 145 pas à la minute, la durée de l'oscillation de la jambe devient bien inférieure à la demi-seconde, elle tombe au-dessous de deux dixièmes de seconde, comme le montre le tableau cidessus (fig. 364).

Le coureur doit donc, en course de vélocité, ramener son pied en avant dans un temps presque moitié moindre. La pesanteur l'aide alors bien peu dans cet acte, et pour vaincre l'inertie de son membre tout entier, il doit faire un effort musculaire de flexion de la cuisse qui est d'autantplus intense que la masse de son membre inférieur est plus grande. C'est pourquoi il est vraisemblable que pour des allures très vives, il n'est pas

avantageux pour un coureur d'avoir les jambes trop massives.

La gazelle, le chien lévrier, l'autruche, le cheval de course, ces animaux coureurs par excellence, n'ont-ils pas leurs membres grêles et leurs masses musculaires importantes, celles

Fig. 399. — Différentes formes des membres inférieurs chez l'homme, le cheval, le kanguroo et l'éléphant.

qui sont nécessaires à l'oscillation, reportées près des centres du mouvement là où la vitesse est minimum (398 et 399).

Ce qu'il faut au marcheur et au coureur qui est débarrassé de toute charge inutile, ce sont de longs segments pour se donner de la vitesse, absolument comme pour les locomotives express, il faut des roues de grand diamètre.

Il y a avantage pour lui à être bien fendu, à avoir de longues jambes, mais il doit posséder surtout la force musculaire suffi-sanle pour allonger au maximum ses segments pendant la dernière phase de l'appui.

Il y a avantage pour le coureur à avoir le pied long et mémo

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à l'allonger un peu au moyen de ses semelles. Toutes les conditions qui réduisent le déroulement du pied sont mauvaises au point de vue de la progression.

Le coureur, pour résister à la fatigue, doit avoir de bons poumons. Cela indique une bonne capacité respiratoire et surtout une bonne manière de respirer.

Nous avons en d'autres endroits appuvé sur l'importance de

Fig. 400. — 1, Départ de la course ; — 2, Arrêt de la course. On voit l'inclinaison du corps en sens inverse.

cette coordination des mouvements respiratoires et sur l'avantage qu'il y a à régler le rythme des inspirations et expirations sur le rythme même de l'allure. Tout consiste à exécuter volontairement de grandes inspirations lentes en une ou plusieurs fois suivant la cadence de la course ; on évite ainsi les troubles de la circulation pulmonaire qui sont la véritable cause de l'essoufflement, et l'on arrive bientôt à un régime régulier qui peut se continuer pendant longtemps.

Entre la dépense occasionnée par le travail musculaire pendant la course et la réparation due à une bonne circulation et à une respiration libre, il s'établit alors un équilibre parfait par la pratique d'un entraînement spécial. De cet équilibre dépendent les grandes qualités de fond qui sont la véritable qualité du coureur.

CetLe dernière qualité est donc une qualité acquise par l'entraînement et l'éducation plutôt qu'une qualité de structure venant de naissance.

Départ de la course. — Il nous reste à dire quelques mois du départ, de l'arrêt dans la course et des transitions de la marche à la course et de la course à la marche.

On part de la position fendue, le corps fortement penché en avant afin d'acquérir toute la vitesse possible au début. Dans

Fig. 401. — Départ de la course Fig. 402. — Arrêt de la course, monmontrant l'inclinaison du corps trant l'inclinaison du corps en dans la direction de la progression. sens inverse de la progression.

les records de vitesse où une faute première suffit pour faire perdre du terrain, il est important d'obtenir le maximum d'accélération, au premier coup de jarret (fig. 400), le mouvement de départ est facilité par une chute du corps en avant accélérée encore par l'impulsion de la jambe en arrière (fig. 401).

Certains coureurs américains partent même de la position à quatre pattes et s'élancent de cette position d'un bond formidable ; ils gagnent dès le premier pas une certaine longueur de terrain.

Arrêt delà course. — L'arrêt delà course vive est caractérisé par un effort résistant des jambes pour annuler la vitesse acquise. C'est lajambe en avant qui lutte à chaque instant contre cette vitesse et produit une action retardatrice sur la masse du corps. Ce dernier est fortement penché en arrière pour faire agir la pesanteur en sens inverse de la progression (fig. 402).

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11 faut un certain nombre de pas pour annuler la vitesse do la course et au fur et à mesure du ralentissement de l'allure le corps se redresse peu a peu pour être tout à fait vertical au moment de l'arrêt.

Nous voyons combien les représentations fantaisistes des

Fig. 403. — Départ de la course.

L'espacement des images indique l'accroissement de la vitesse.

artistes diffèrent de la réalité ; représenter un coureur penché en avant lorsqu'il arrive au but c'est avoir bien peu regardé la

Fig. 404. — Coureur s'arrêtant.

On voit l'inclinaison du corps en arrière et l'action retardatrice de la jambe en avant pour arriver â l'immobilité en A. Les chiffres indiquent l'ordre des images successives.

nature ou igtiorersingulièrement lemécanisme du corps humain. Le sujet représenté (fig. 395) non seulement ne s'arrête pas, mais il ne court même pas, il tombe.

Les figures 403 et 404 sont des analyses chronophotographiques du départ et de l'arrêt de la course.

Changement de direction dans la course. — L'inclinaison du corps indique le sens de l'accélération du mouvement ; ainsi un

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coureur lancé en avant, veut-il revenir sur ses pas sans s'arrêter, il se penche en arrière fait agir une force constante pour relarder son mouvement, lorsque sa vitesse est nulle il se retourne toujours le corps incliné, il repart ensuite dans la direction opposée avec la même force constante qui devient alors accélératrice (fig. 405).

Nous avons construit la courbe de la vitesse de la tête dans

Fig. 405. — Attitudes d'un coureur qui revient sur ses pas.

On voit l'inclinaison du corps nécessitée par l'arrêt se conserver lors du changement de

direction dans la vitesse.

le départ et l'arrêt de la course, nous avons pu constater qu'à chaque poser du pied la vitesse augmente ou diminue d'une quantité constante, le mouvement est uniformément accéléré dans le départ, uniformément retardé dans l'arrêt ce qui prouve l'action régulière ou constante du coup de jarret (fig. 406 et 407;. La forme générale du tracé est une ligne droite inclinée présentant des sinuosités correspondant à chaque poser du pied. Cette figure montre aussi le temps employé soit pour acquérir le maximum de vitesse soit pour s'arrêter. Une distance de 6 mètres au moins devant soi est nécessaire pour cela.

Transitions de la marche a la course et de la course a la marche. — De la marche à la course (fig. 408) la transition se fait

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directement pendant un appui du pied, sans passer par une allure

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