VoirMarey, Le mouvement; Paris, Masson
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verticale et représente l'axe de la parabole sur laquelle se mouvra le centre de gravité.
On voit celte trajectoire parabolique en ligne ponctuée et l'on
Fig. 430. — Analyse chronophotographique et détermination de la trajectoire parabolique du centre de gravité dans un saut de pied ferme (Demeny).
On voit l'axe de la parabole et les deux directions symétriques de l'effort impulsif et de la résistance à la chute. A, espace enveloppé par le membre inférieur. L'échelle indique les longueurs en décimètres. La trajectoire de la tête présente un abaissement du sommet au moment du raccourcissement des jambes et diffère sensiblement de la trajectoire parabolique.
peut constater combien elle diffère de la trajectoire décrite par le sommet de la tête. La partie supérieure du corps s'abaisse en effet si les jambes se relèvent, c'est même la condition nécessaire du maintien du centre de gravité sur sa trajectoire parabolique.
Dément. — Méc. et éduc. 22
Forme de la trajectoire de la tête. — La forme de la courba du mouvement de la lêle peut être obtenue directemenl par réduction au*moyen d'un fil de caoutchouc (voir méthode graphique de M. Marey). Cette courbe serait une parabole si le mouvement de la tête était celui du centre de gravité. Elle s'en rap-
Fig. 431. — Inscription du mouvement vertical de la tête dans un saut en hauteur sur place avec le tracé dynamographique correspondant,
1. Saut sans plier les jambes; — TT, réduction du mouvement de la tète ; — P, ligne de poids du dyuamographe ; — I, pression des pieds pendant l'impulsion; — S, suspension, — C, chute. — 2. Mûmes tracés d'un saut vertical en élevant les genoux pendant la suspension. On voit en A l'inflexion du mouvement de la lêle dù à l'élévation du ccnlr ■ de gravile dans le corps par suite de l'élévation des genoux.
proche beaucoup lorsque les jambes restent immobiles par rapport au tronc après l'impulsion. Dans le cas contraire, lors d'une flexion marquée, la courbe présente une forte inflexion (fig. 431). La différence entre une ordonnée de cette courbe et celle de la parabole est égale à la quantité dont s'est déplacé verticalement le centre de gravité dans le corps du sauteur.
Le tracé dynamographique correspondant donne la durée relative de la suspension et de l'impulsion, l'instrument retombant à 0 dès que les pieds ont quitté le sol. Au moment de la chute un ébranlement se produit dans l'appareil par le choc des pieds.
Temps de suspension. — Le temps pendant lequel le corps reste suspendu dans l'espace dépend de la hauteur à laquelle il
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s'élève verticalement ou de la profondeur à laquelle il tombe. Pour une même vitesse initiale, le temps de suspension sera maximum pour un saut vertical. Le temps de suspension ne dépend pas de la longueur du saut. Pour la même raison un boulet tombant verticalement et librement de la gueule d'une pièce de canon et un boulet lancé au même instant horizontalement par la pièce se trouveront à chaque instant dans un même plan horizontal et toucheront en même temps la surface de la
Fig. 432. — Indépendance des mouvements d'un projectile sollicite par l'impulsion de la poudre et l'attraction de la pesanteur. Comparaison avec la chute libre.
Celle figure esl destinée à expliquer la longueur d'un saut précédé d'une course.
mer. Il y a indépendance des deux mouvements : la pesanteur fait Lomber le boulet de la quantité AB pendant que la poudre pendant le même temps le lancerait en A'. Le boulet se trouve donc en B' résultante des deux mouvements (fig. 432)
Attitude favorable pour franchir un obstacle. — Il y a intérêt pour un sauteur de passer sur l'obstacle à franchir dans une attitude où il laisse le plus d'espace possible entre son corps et l'obstacle. Il y arrive en se couchant horizontalement de côté sur l'obstacle et en l'enjambant pour ainsi dire. Il fait passer successivement les jambes au-dessus de la corde et tourne en roulant autour d'elle. On voit quelle faible épaisseur il présente ainsi verticalement, ce qui lui permet d'utiliser au mieux la hauteur d'élévation de son centre de gravité (fig. 436). Certains sauteurs passent même sur la corde en filant tout a fait horizontalement grâce à une rotation du corps. C'est évi-
MÉCANISMIi ET ÉDUCATION DES MOUVEMENTS
demmenl là une condition encore plus favorable pour franchir une grande hauteur, mais cela est peu pratique et rentre dans la classe des sauts périlleux.
Une façon très usitée consiste à fléchir fortement les cuisses
Fig. 433. — Attitude ramassée du sauteur" au-dessus de l'obstacle ne donnant pas la plus grande hauleur^'franchie pour un même coup de jarret.
Fig. 434. — Attitude du sauteur au-dessus de l'obstacle à franchir ; les cuisses fortement fléchies, les jambes étendues permettent de raccourcir assez le corps pour ne pas toucher la corde.
sur le tronc, les jambes et bras allongés en avant (fig. 433). Celle attitude n'est pas mauvaise, mais évidemment elle n'offre
Fig. 435. — Attitude avantageuse avec flexion complète des jambes sur le tronc*permettant au sauteur de franchir un obstacle très élevé.
pas autant d'avantages que la première. Elle est bien préférable à l'attitude groupée (fig. 434) et surtout à la dernière (fig. 433) où les pieds toucheront l'obstacle à coup sûr si le saut n'est pas très élevé. Le- corps une fois parvenu à son maximum d'élévation redescend en repassant sensiblement par les mêmes
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valeurs de la vitesse que pendant l'ascension ; il arrive ainsi au contact du sol avec la vitesse initiale du départ mais en sens contraire.
Chute sur les pieds. — La chute commence dès qu'il y a contact des pieds avec le sol ; elle dure tant que la vitesse du
Fig. 436. — Position du sauteur franchissant la barre du sautoir le corps presque horizontal. Les pieds passent les premiers au-dessus de l'obstacle.
centre de gravité' n'est pas annulée. Il s'agit d'épuiser toute la force vive que possède le corps à ce moment sans léser aucun organe. A cet effet on fait porter le choc sur les muscles extenseurs des membres inférieurs. Ceux-ci doivent toucher terre légèrement fléchis etl'on résiste activement à la flexion exagérée qui tend à se produire. Le travail résistant produit par les extenseurs de tous les segments : cuisse, jambe, pied ralentit progressivement la vitesse du centre de gravité et finit par l'annuler.
L'action du membre inférieur devra pour cela être dirigée en sens inverse de la vitesse de chute.
Chute sur les talons et sur la pointe des pieds. — Plus la chute est élastique plus elle dure, la pression des pieds demeure dans ce cas supérieure au poids du corps d'une quantité cons-
Fig. 4.W. — Analyse chronophotogrnphiquc d'une chute sur les talons, jambes raidies, et tracé dynamographique correspondant.
On voit la brutalité avec laquelle la vitesse de la tète T cl de la hanche H s'annulent an moment du choc en produisant une commotion dans les centres ncrvcui. Le tracé du dyiiamogranhe montre la valeur considérable de la pression pendant le choc revenant après quelques oscillations à la valeur du poids du corps.
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Fig. 438. — Analyse chronopholographique d'une chule élastique sur la pointe des pieds et tracé dynamographique correspondant
T. li. H, G, C, trajectoires respectives de la tête, do l'épaule, de la hanche, du genou cl de la cheville. On voit la vilcsse de la tète s'annuler progressivement sous l'effort résistant des muscles extenseurs des membres inférieurs. La pression des pieds acquerl une valeur moindre que dans le saut précédent ; elle diminue progressivement jusqu'au poids en lui restant toujours supérieur.
tante, la vitesse diminue de quantités égales dans des temps égaux, le mouvement est presque uniformément retardé. Dans une chute sur les jambes raides ou sur les talons, la
vitesse du corps s'annule dans un temps très court, la pression des pieds augmente immédiatement et présente une grande valeur pour retomber aussitôt et devenir égale au poids du corps.
Les figures 437 et 438 montrent l'analyse cinématique d'une chute raidie et d'une chute élastique, ces figures renferment les tracés dynamographiques correspondants; on y voit dans la chute raidie le choc violent des pieds ; dans la chute élastique au contraire la pression d'abord supérieure au poids du corps diminue peu à peu et arrive graduellement après quelques variations à la valeur de ce poids.
La force vive est alors absorbée par les muscles suivant les lois du choc.
Manière d'annuler la vitesse au point de chute. — Nous savons que si un corps tombe d'une certaine hauteur, il arrive au sol possédant une certaine vitesse dont le carré multiplié par la masse du corps s'appelle la puissance vive et représentele double du travail effectué par la pesanteur pendant la chute.
Au moment du choc, divers phénomènes se produisent suivant la nature du corps et du sol.
Si l'un et l'autre sont parfaitement élastiques, le sol se déprime et le corps s'aplatit, mais, aussitôt que la vitesse du corps sera devenue nulle, les réactions moléculaires dues aux déformations produites tant dans le corps que dans le sol restitueront en sens contraire toute la force vive perdue par le corps, c'està-dire un travail égal à celui de la pesanteur : le corps rebondira à la hauteur d'où il est tombé (fig. 439).
Si le sol est parfaitement élastique et le corps ne l'est point, une partie de la force vive restituée par le sol sera employée à déformer le corps, aussi celui-ci ne rebondira plus qu'à une faible hauteur (fig. 439). Si c'est le sol qui n'est point élastique le corps s'y enfoncera sans déformation avec fort peu de rebond. Si enfin ni le corps ni le sol ne sont élastiques, toute la force vive du corps s'épuisera en déformations et la vitesse s'annulera presqu'instantanément.
Dans tous les cas, la somme des travaux élémentaires dus au déplacement des molécules du corps, du sol et des milieux environnants est toujours égale à la perte totale ou partielle
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de force vive que subit le corps après le choc. La déformation du corps sera d'autant moindre que celle du sol sera plus grande.
C'est pour cette raison que l'on peut impunément se laisser tomber à l'eau dans la position verticale, toute la puissance vive que possède le corps au moment du choc se communiquant
Fig. 439. — Différents cas qui se présentent dans la chute d'un corps suivant l'élasticité de ce corps et celle du sol.
Rebondissement d'un corps élastique sur un sol élastique ; — " 2. Déformation d'un corps non élastique sur un sol élastique ; — 3. Déformation du sol mou sous l'action du corps élastique ; — 4. Déformation du corps et du sol ; — 5. Déformation du cerveau sous l'action d'une chute raidie; — 6. Déformation moindre par l'interposition d'un ressort entre les 2 segments ; — 7. Déformation nulle, les segments étant fléchis et reliés par un ressort.
de proche en proche aux molécules de l'eau et servant à les déplacer. Sur un tas de sciure de bois ou de toute autre substance finement et irrégulièrement divisée, le partage du travail se fait encore assez avantageusement pour le corps, tandis que sur des dalles de marbre, sur un sol gelé, la grande élasticité de ces surfaces restituant aussitôt tout le travail communiqué, c'est dans le corps lui-même que doit s'épuiser toute la force vive; il est alors nécessaire de la distribuer sur des organes susceptibles de se déplacer sans, grand dommage pour l'organisme afin de ne pas s'exposer à des désordres d'une extrême gravité.
En effet, si deux segments dans le prolongement l'un de l'autre viennent normalement au contact du sol élastique animés d'une force vive considérable, celte force vive, restituée presqu'aussi tôt par le sol se communique aux molécules voisines et de proche en proche à toutes les molécules du corps. S'il existe
donc le long des deux segments ou bien à leur extrémité des parties non élastiques ou faiblement élastiques, ces parties se déformeront.
Si l'on interpose entre les deux segments un coussin de matière élastique, un ressort à boudin, une partie de la force étant employée à la déformer, il ne parviendra à l'extrémité qu'un ébranlement moindre et plus tardif (fig. 439). Si les segments sont articulés, fléchis et maintenus par un lien élastique tendant à empêcher la flexion de s'exagérer, nous voyons que la plus grande partie de la réaction du sol tendra à étirer le ressort ou le muscle, elle s'épuisera dans ce dernier et ne parviendra que progressivement à l'extrémité avec une intensité qui sera inverse de l'allongement subi par le muscle. La vitesse du point extrême à l'opposé du point de contact avec le sol s'annulera moins brusquement.
Toutes ces dispositions se retrouvent dans le corps. Celui-ci tombant d'une certaine hauteur verticale, arrive au sol avec une vitesse déterminée. Il possède une force vive qui est annulée quand le corps arrive au repos. Cette force vive s'est donc épuisée en partie dans le sol en produisant des déformations suivant son degré de dureté, en allongeant les muscles, en étirant les ligaments.
Il faut, avant tout, faire supporter tous les déplacements, toutes les déformations par des organes solides, peu sensibles et de telle sorte qu'il n'arrive plus au cerveau qu'un ébranlement modéré et supportable.
Si l'on tombait sur les talons le corps droit, les jambes tendues, la tête droite, tout le corps se rapprocherait évidemment d'une colonne solide, et comme nous l'avons vu, le choc se transmettant presqu'intégralement au cerveau, celui-ci tendrait à s'aplatir contre la base du crâne vu sa faible élasticité ; il subirait tous les effets d'une compression violente et instantanée qui amènerait la syncope.
Au contraire, en tombant sur la pointe des pieds, les jambes, la tête et le tronc légèrement fléchis, la force vive de la masse du corps s'épuise successivement sur les fléchisseurs des orteils, sur les muscles extenseurs du pied, de la jambe, de la cuisse, du tronc et de la tête ; sur les ligaments articulaires des os du tarse, des genoux, ligaments ronds de l'articulation coxo-
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fémorale, ligament interarticulaire de lasymphyse sacro-iliaque tous les disques intervertébraux et ligaments jaunes des lames des vertèbres, de sorte qu'il ne s'en transmet au cerveau qu'une quantité fort minime qui dépend de la hauteur de chute du poids du corps et de la force des muscles.
Fig. 440. — Disposition pour montrer l'influence de la tension préalable des muscles dans le saut.
AB, cordon passant sur l'épaule ; — D, dynamomètre; — C, crocliel d'allaclie.
Dans le saut en hauteur ou profondeur c'est toujours la pointe des pieds qui doit toucher le sol la première, dans les sauts en longueur il y a avantage pour la longueur du saut à toucher par le talon la jambe étendue, la vitesse acquise horizontalement rétablit l'équilibre.
Tension acquise par les muscles. — Au moment de la chute nous avons vu que l'on pouvait prolonger utilement la tension des muscles et l'utiliser immédiatement pour refaire un autre saut qui sera sans plus d'effort plus haut que le premier. C'est l'avantage des sauts successifs. La tension des muscles extenseurs acquiert ainsi une valeur supérieure à celle que l'on obtiendrait par la volonté seule.
Nous avons essayé de tendre nos muscles comme dans la chiquenaude en passant sur les épaules une bretelle attachée au plancher (fig. 440)
Une disposition spéciale permettait de rompre ce lien quand on l'avait fortement bandé au moyen d'un effort énergique d'extension des jambes. Au moment de la rupture il se produisait une projection du corps en hauteur mais ce saut involontaire n'était pas comparable à celui précédé d'un sursaut.
La jambe doit toujours être dirigée au moment du poser du pied suivant la tangente au dernier élément de la trajectoire du centre de gravité, nous y reviendrons à propos des sauts obliques.
Saut oblique de pied ferme. — Les sauts ont lieu en longueur
Fig. 441. — Préparation à l'impulsion du saut en longueur montrant la flexion de tous les segments du membre inférieur, la position des bras et l'inclinaison du corps.
ou en hauteur suivant la direction première de l'impulsion, leur mécanisme est semblable à celui des sauts en hauteur. Dans un saut oblique de pied ferme (fig: 441) la préparation est la même que dans le saut vertical, mais l'impulsion se fait pendant une chute du corps en avant.
Le rayon du membre impulsif change de direction pendant l'appui, sa dernière direction se confond avec la tangente au premier élément de la trajectoire du centre de gravité (fig. 442).
La longueur du saut dépend de la vitesse initiale communiquée à la fin de l'impulsion et de la dernière direction de celle-ci. Le maximum correspond à l'angle de 45° avec l'horizontale. L'attitude au moment de la chute influe sur la longueur du saut. Les jambes doivent être allongées obliquement en avant dans la direction de la tangente à la trajectoire au point
LOCOMOTION 3 i9
de chulc. Le pied touche terre par le talon et la vitesse acquise par le corps est annulée par les muscles extenseurs résistant
Fig. 442. — Inclinaison du rayon des membres inférieurs au départ et à
l'arrivée d'un saut en longueur de pied ferme.
TA et TB, tangentes symétriques aux premier et dernier éléments do la parole décrite par le contre de gravité représentant la direction de l'effort d'impulsion et de l'effort d'amor- Lisscmcnt des jambes. '
à la flexion qui tend à se produire. Le corps est bientôt immobile, en station accroupie, puis se redresse (fig. 443).
Fig. 443. — Saut en longueur de pied ferme.
Altitude préparatoire, altitude à la chute et position finale en station droite. Pendant la suspension les bras ont été abaissés vivement, ils se sont élevés au moment de la cliute pour s'abaisser ensuite.
Rôle des bras. — Le rôle des bras est aussi important pendant la suspension et au moment de la chute que pendant l'impulsion. Ils règlent la rotation du corps autour du centre de
gravité lorsque l'impulsion ne passe pas par ce point au départ. Les bras exécutent un balancement complet (fig. 444) pendant
Fig. 444. — Analyse chronopliotographique dun saut en longueur
de pied ferme.
On u'a laissé dans l'épure que les trajectoires de la tète, do l'épaule, de la liauchc, du genou et de la cheville et les positions des bras et du membre inférieur toutes les dix images. Les mêmes chiffres indiquent les positions correspondantes dans l'espace. On voit l'inclinaison du corps et le point de rebroussemenl de la trajectoire du genou au moment du départ.
la suspension : abaissement et abduction en arrière suivis de l'élévation au moment de la chute. Nous avons vu que le balancement peut être remplacé par un mouvement de circumduction.
Dans lé saut en hauteur et profondeur, ils s'élèvent au moment de la chute et contribuent à diminuer la vitesse du
LOCOMOTION 351
corps en augmentant la tension des muscles extenseurs comme dans l'impulsion.
Les bras agissent pour rétablir l'équilibre au point de chute;
Fig. 445. — Analyse chronophotographique d'un saut en longueur avec élan au moment de l'appel du pied.
I, 2, 3, 4, 5, 6, images correspondant à la période d'appui. On voil la trajectoire de la hanche s'élever après l'appel et l'obliquité du rayon du membre inférieur au moment du lever être moindre que dans la course vive (fig. 336).
suivant la vitesse que possède encore à ce moment le tronc, ils se portent plus ou moins vite en avant pour éviter de tomber sur la face ou sur le dos.
Le rôle des bras est donc essentiellement variable. C'est avec l'attitude des membres inférieurs au moment du poser l'un des plus importants facteurs d'une bonne chute. L'idéal dans le saut est de mettre une harmonie parfaite entre l'action des bras et l'action des jambes pour communiquer au corps la plus
grande vitesse iniliale possible et annuler ensuite toute cette vitesse sans danger en restant presque sur place.
La plus mauvaise condition d'équilibre dans un saut en longueur est de tomber sur la pointe des pieds le corps droit les jambes fléchies et les bras tendus immobiles comme on l'indique
Fig. 446. — Analyse cinématique d'un saut mixte en longueur et hauteur
avec élan.
Course; — impulsion; — suspension; — chute.
dans certains manuels. On peut dire que cette chute est impossible à exécuter en restant sur place. On doit forcément ou tomber en avant ou continuer à courir (fig. 446 bis).
Fig. 446 bis
Aussitôt les pieds à terre, le corps tend à tourner autour de ceux-ci, en vertu de la vitesse horizontale qu'il possède au moment de la chute, et la face serait ainsi projetée contre terre.
Si l'on allonge trop les jambes en avant on risque de glisser sur les talons et de tomber en arrière sur les ischions.
L'effet du balancement rapide des bras d'arrière en avant est de projeter le corps en arrière et de diminuer ainsi la vitesse horizon-
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;jb8
taie de laquantité dontle centre de gravité est déplacé dans le corps.
Dans un saut en longueur il n'y a pas chute verticale, mais une vitesse horizontale à annuler : il n'y a donc aucun inconvénient à Lomber sur les talons.
Fig. 447. — Saut en longueur avec élan.
On voit les atliludes caractéristiques de ia préparation, de l'impulsion, de la suspension
el de la chute.
Sauts précédés d'une course. — La vitesse communiquée au corps par la course se conserve après le coup de jarret et l'appel a seulement pour but de détacher le corps de terre (fig. 445).
La vitesse de la course v se compose avec la vitesse t/due au coup de jarret produisant le saut et la résultante o est toujours abaissée vers l'horizon ;en un mot tout élan allonge le saut (fig. 446 bis).
Influence de la vitesse de la course préalable. — Les analyses chronophotographiques montrent qu'au moment de l'appel la vitesse du corps diminue, le membre àl'appui se fléchit fortement, puis s'étend pour communiquer au corps une vitesse verticale dont l'effet est de prolonger la durée de la suspension 1 (fig. 446).
1. Le problème revient à déterminer la trajectoire d'un mobile animé d'une vitesse initiale horizontale t>, et auquel est subitement appliquée une percussion sous l'influence de laquelle il prend une vitesse vi dans une direction faisant avec l'axe des x ou l'horizontale l'angle <p. M. Lamic nous a communiqué l'équation de la parabole dans ce cas.
Le point où la parabole coupe l'horizontale a pour coordonnées :
2u„ sin 9 (v. + v. cos 9)
Il — o x = — : * — — = —
C'est le point de chute qui est d'autant plus loin que © est plus grand.
Projection de l'accélération au temps t
~dF ~ 0 Projection de la vitesse.
dx
= vt + i>, cos <p Coordonnées du point au temps t x — (d4 -(- vt cos cp) t Deme.ny. — Méc. et éduc.
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Pendant la durée de celle-ci la vitesse horizontale reste sensiblement constante (voir les fig. 447 et 448) et égale à celle de la course préalable. La longueur du saut dépend donc de cette vitesse horizontale, elle est égale à l'espace parcouru pendant la suspension, c'est-à-dire pendant le temps que le corps met à monter et à descendre sous l'influence du coup de jarret. En réalité le saut précédent est une combinaison d'un saut en hauteur et d'une course.
Un peu avant la chute on observe un ralentissement de la
Fig. 449. — Saut en longueur avec élan dont la chute est mal assurée parce que le mouvement des bras a été retenu et que les jambes se sont fléchies trop tôt.
masse du corps dû à l'allongement des jambes en avant et peutêtre aussi à la résistance de l'air. La chute est extrêmement difficile, souvent le sauteur doit continuer sa course pour ne pas tomber la face contre terre (fig. 449 et 450).
Dans le saut en hauteur précédé d'une- course (fig. 451 et 452), la grande vitesse de la course est inutile car elle donnerait à l'impulsion une direction trop oblique et celte impulsion doit être la plus verticale possible. Mais la vitesse de la course est utilisée voici comment : le sauteur en détruit une grande partie en se rejetant en arrière et en fléchissant fortement le membre qui donne l'appel. Il met les muscles extenseurs dans une tension favorable à l'intensité de l'impulsion qui va suivre immédiatement. C'est ainsi que l'on explique que faisant l'appel d'un seul pied, on puisse sauter plus haut que dans le saut de pied ferme où les deux membres inférieurs se détendent à la fois.
Composantes tangentielles. — Dans les sauts en longueur les
3!iG MÉCANISME ET ÉDUCATION DES MOUVEMENTS
composantes langentielles de la pression du pied deviennent très importantes. La figure 453 montre leurs valeurs relatives dans le saut en longueur sur place, dans le saut en hauteur et dans le saut en longueur et hauteur précédé d'une
Fig. 4o0. — Chute de deux sauts en longueur.
Dans le premier au moment de la chute les bras étaient en arrière et l'équilibre final a été rétabli avec leur balancement ; dans le second les bras ont élé immobilisés et il en est résulté une chute défectueuse.
course. On voit dans ces deux derniers sauts la pression être d'abord négative puis positive, ce qui correspond au travail résistant et au travail moteur des muscles. Dans le saut en hauteur la pression est négative seulement ce qui corrobore bien l'observation précédente de l'action de la jambe au moment de l'appel. Nous avons vu qu'elle produit du travail résistant pour transformer la vitesse horizontale en vitesse verticale d'ascension.
Influence de la nature du sol. — La nature des surfaces d'appui est toujours des plus importantes à considérer ; en
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eû'et dans le cas de surfaces polies et glissantes, mais solides, le saut en hauteur, dû à une impulsion absolument verticale serait seul possible. Le corps s'élèverait dans ce cas verticalement et retomberait sur les premières empreintes. Toute direction d'impulsion oblique à la verticale, nécessite le développement de résistances de frottement et l'angle limite de cette direction avec la verticale est l'angle de frottement déjà men-
Fig. 451. — Appel 'du pied dans un saut en hauteur précédé d*une course. On voit en 1 le corps rejeté en arrière et en 2 la poussée de la jambe presque verticale
tionné dans la marche ; dans le cas contraire, la chute est inévitable. '
Si le sol n'est pas résistant, le travail de l'impulsion ne sera plus nul pour la terre, une partie sera absorbée par des déplacements du sol et les éléments de la trajectoire, flèche et corde seront diminués.
Mais cet état de mollesse du sol sera avantageux au point de chute, justement pour la raison qu'une partie de la force vive sera absorbée en déformation et c'est pourquoi l'on a tout intérêt à placer des surfaces dures et enduites de résine à l'endroit de l'appel des pieds et des couches épaisses de sable ou de sciure de bois à l'endroit de la chute. La surface d'appel pour les sauts en longueur de pied ferme serait même avantageusement inclinée du côté où l'on saute, justement pour permettre une inclinaison plus grande de la direction impul-
sive qui est, comme nous le verrons, une condilion de la longueur du saut.
La surface d'appui de la chaussure devra être la plus large et la plus plate possible pour augmenter encore les frottements et pour faciliter la chute et l'équilibre final.
Ce que nous avons dit au sujet de l'attitude des jambes ou de leur direction à l'arrivée, relativement à la longueur du saut, se rapporte au cas d'un sol non glissant, assez ferme et,
Fig. 452. — Saut en hauteur précédé d'une course. Préparation, impulsion et chute. — Trajectoire d'un point de la ceinture.
de plus, horizontal. Si le sol est glissant, s'il est meuble, s'il est incliné comme le revers d'un talus ou d'un fossé il faudra modifier sa manière de tomber et être très prudent pour éviter la chute en arrière ou en avant. L'équilibre final devient alors extrêmement difficile.
L'équilibre ne peut être établi qu'à deux conditions : \° Que la vitesse du corps soit complètement annulée par la résistance des membres inférieurs et que la destruction de la force vive se fasse dans les muscles ou dans le sol si ce dernier est meuble; il faut pour cela que l'action des jambes ait lieu en sens inverse de la vitesse du corps, c'est-à-dire dans la direction de la tangente à la trajectoire du centre de gravité. Cette tangente coupe le sol de plus en plus en avant suivant la longueur du saut et l'aplatissement de la parabole. Les cuisses doivent donc se fléchir sur le tronc, d'autant plus que le saut est plus allongé, elles touchent donc par la pointe si le saut
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3îi9
est en profondeur ou en hauteur et par le talon si le saut est très allongé. Vouloir toucher par la pointe dans un saut en longueur, c'est raccourcir forcément les jambes et par conséquent diminuer la longueur du saut, c'est aussi se mettre dans l'impossibilité d'annuler la vitesse horizontale du corps. Ce der-
Fig. 453. — Forme de la pression tangentielle des pieds sur le sol.
i, dans le saut en longueur et 2, dans le saut en hauteur de pied ferme ; 3, dans le saut en longueur et 4 dans le saut eu hauteur avec élan ; 5, tracés simultanés de la pression normale et tangentielle du pied dans l'appel d'un saut en longueur avec élan ; — T, pression tangentielle ; N, pression normale.
nier doi t forcémen t pivo ter autour des pieds et tomber face con Ire terre (fig. 446 bis et 449) . Il n'y a pas de composante verticale, mais une composante horizontale de la vitesse à annuler; l'action des jambes doit s'exercer en sens inverse de celle-ci, et par conséquent les jambes doivent être obliques et poser par le talon.
2° Quand la vitesse du corps est annulée, il faut encore demeurer d'aplomb pour se relever. La posiLion des pieds, talons joints, pointes ouvertes, ce qui entraîne l'écartement des genoux, peut être avantageuse pour empêcher une chute latérale, mais comme à ce moment le corps n'a plus de vitesse en avant, la réunion des pieds n'a aucun inconvénient.
La base de sustentation est augmentée légèrement dans le premier cas et les pieds peuvent, surtout étant écartés, avoir une action latérale pour redresser le corps. C'est même par
cet effet que la stabilité est établie, bien plus que par la grandeur de base de sustentation qui est bien peu de cliose.
En tous cas, il ne faut point gêner sa chute par la préoccupation d'exagérer l'écartement des genoux, ce qui est tout à fait anormal.
Le rôle des bras lancés vivement d'arrière en avant au moment de la chute est de déplacer le centre de gravité du corps en avant. Ceci a pour conséquence de ralentir la vitesse du corps de celle du déplacement du centre de gravité etpar conséquent d'atténuer le choc et de faciliter l'équilibre final (fig. 450). Usera très difficile d'obtenir l'équilibre final si le sol estglissant.
Tremplins. — Les sols artificiels élastiques cjinine les tremplins, restituent le travail qu'ils ont d'abord absorbé, leur effet est donc d'autant plus intense qu'on leur communique une plus grande quantité de force vive par un violent appel provenant d'une course préalable ; le poids du sujet joue aussi son rôle dans ce cas.
Mais les tremplins sont des ressorts ayant leur périodé propre de vibration, si cette période est égale à la durée de l'impulsion du saut ou plus petite, ils rendront utilement le travail communiqué, sinon ils contrarieront singulièrement le mouvement en absorbant ce travail et en ne le restituant pas au moment voulu.
Degré de flexion des jambes. — La longueur des segments des membres et leur degré de flexion influent sur la durée de l'appui, par conséquent sur la vitesse initiale au départ, plus la flexion sera grande, plus la hauteur d'élévation le sera aussi. Dans les figures 422 et 423 on peut remarquer que les sauts les plus élevés correspondent à l'inflexion préalable la plus grande. La longueur du pied est très avantageuse à ce point de vue. Au moment de la chute, la flexion ne sera pas exagérée, elle sera en rapport avec la force vive acquise et à détruire.
La direction de l'impulsion dépend de l'inclinaison du tronc au départ. Cette inclinaison, qui est limitée elle-même parle frottement au contact du pied, doit être nulle pour un saut en hauteur et tendre vers 45° pour le saut en longueur de la plus grande étendue, étant donné un même coup de jarret ou une même vitesse initiale. L'inclinaison est intermédiaire
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pour les sauts en hauteur et largeur, elle indue principalement sur la longueur du saut.
L'inclinaison de la direction de l'impulsion, ainsi que la vitesse initiale est augmentée par la composition de cette vitesse due au coup de jarret avec une autre vitesse horizontale antérieurement acquise par une course préalable.
Influence du toids du corps. — L'influence de la grandeur de la masse à mouvoir, c'est-à-dire du poids du corps, est des plus grandes , tout ce qui n'est pas actif dans le corps, absorbantun travail inutilisé doit présenterle moindre développement relatif possible; un bon sauteur est celui qui, sous un faible poids, développe un coup de jarret relativement très intense; car, pour un même coup de jarret dans le saut vertical, les hauteurs auxquelles s'élèvent deux sauteurs sont inversement proportionnelles aux carrés des poids du corps.
Pour deux sujets de même poids, le rapport des hauteurs auxquelles ils s'élèvent est égal au rapport des carrés de l'impulsion définie plus haut (p. 326).
Comparaison de deux sauteurs. — La comparaison de deux sauteurs se fera donc en mesurant les hauteurs maximum auxquelles ils s'élèvent et leurs poids respectifs.
Le rapport des produits des poids par les racines carrées des hauteurs correspondantes, sera celui des impulsions ou coups de jarret.
Si, d'autre part, on avait une relation entre la force musculaire ou la force de détente et la longueur des segments ou la taille du sujet, on pourrait imaginer un sauteur type, pris comme unité, d'une taille et d'un poids déterminés qui développerait une impulsion correspondante maximum, reconnue pratiquement possible en sachant utiliser tous ses moyens; on pourrait lui comparer des sujets de tailles différentes en tenant compte de leur organisation.
Il y a, en effet, deux points de vue auxquels on peut considérer la valeur d'un sauteur.
Le point de vue absolu ou pratique où l'on envisage les longueur et hauteur du saut sans s'occuper du poids du corps, et le point de vue théorique où l'on considère les hauteur et longueur du saut en tenant compte de la masse à mouvoir.
Ces deux points de vue peuvent mener à une estimation toute différente d'un sujet. En effet, un sauteur qui, par la dislance franchie, l'emporterait sur d'autres dans la première méthode de comparaison serait, quelquefois, mal classé d'après a seconde s'il était très léger; et inversement, un sauteur lourd franchissant une courte distance pourrait l'emporter si son effort d'impulsion était relativement supérieur à celui du premier.
Nous ne nous prononçons pas sur le choix de ces deux méthodes de classement, pourtant c'est évidemment la seconde qu'on devra appliquer pour un même individu afin de le comparer à lui-même à différentes époques de sa croissance. Elle revient, pour des sauteurs différents, à égaliser les poids en leur ajoutant des masses additionnelles.
M. Ghabry1 fait remarquer que deux sauteurs de poids différents mais géométriquement semblables et formés des mêmes tissus jouissant des mêmes propriétés, s'élèveront à la même hauteur quelles que soient les différences de poids et de taille puisque le travail moteur maximum dont sont susceptibles les muscles chez chacun d'eux est proportionnel au poids des individus.
L'auteur combat le préjugé qui fait considérer la puce et le criquet comme doués relativement d'une grande force musculaire. Il fait remarquer que les animaux ne sautent si haut que parce qu'ils sont Lrès légers, mais leurs muscles ne développent pas à poids égal plus de travail que ceux des mammifères ordinaires.
L'état de vigueur ou de faiblesse du sujet agit sur l'impulsion en faisant varier, soit l'intensité, soit la durée de la contraction. C'est ici que l'excitation nerveuse a sa plus grande part et fait varier les résultats d'après les différences ou dispositions individuelles. On sait combien diffèrent la brièveté ou la lenteur de la contraction des muscles, suivant la température, l'activité de la circulation, l'état de repos ou de fatigue, la constitution du sujet. Nous croyons que c'est la vivacité dans la détente qui est. une des principales qualités du coup de jarret.
1. L. Chabry, Mécanisme du saut, Journal de VAnalomie el de la Physiologie, 1883.
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Résumé des considérations pratiques relatives a la marche, a la course et au saut. — La chaussure sera sans talon, la semelle large et assez épaisse permettant au pied de s'étaler tout à son aise lors de son déroulement sur le sol.
La marche en plaine se fera en développant le moins de force musculaire possible, l'allure de l'homme fatigué, du paysan, le corps penché en avant, le pas régulier et d'une longueur en rapport avec la taille, sera celle que l'on pourra soutenir le plus longtemps avec une vitesse de six kilomètres à l'heure, non chargé.
La marche s'accélérera en allongeant le pas et en observant en même temps une cadence plus vive, car nous avons vu que la cadence et la longueur du pas sont intimement liées l'une à l'autre.
On cherche à faire l'éducation d'un marcheur par des exercices de marche cadencée qui consistent à étendre totalement la jambe et le pied au moment du lever, le pied posant à terre et par toute la surface plantaire à la fois, le corps étant légèrement penché en avant. Cet exercice souvent répété donnerait au pas une grande longueur moyenne qui se maintient pendant de longues étapes. C'est ainsi que dans une marche des élèves de l'École normale de gymnastique de Joinville-le-Pont, élèves ayant cinq mois d'entraînement gymnastique, la même longueur de pas (60 pas pour 100 mètres) a été soutenue en moyenne, pendant que varient la durée du pas et la vitesse de progression sous l'influence de la fatigue. Cette éducation est fort discutable.
Dans l-dmarche ascendante le corps sera penché fortement en avant et inversement dans la marche descendante.
Dans la course de résistance on conservera une cadence constante et modérée, environ 88 pas à la minute, ce qui pourra permettre, au maximum, une vitesse de 13 kilomètres à l'heure.
On ne devra soutenir la course de vélocité que durant une longueur de 100 à 150 mètres au plus pour les jeunes gens moyens.
On partira le corps penché en avant et on allongera le pas progressivement jusqu'au maximum. La vitesse pourra ainsi acquérir pendant dix secondes, jusqu'à la valeur de 11 mètres 25 par seconde
La condition essentielle pour soutenir la marche et la course est de dépenser le moins de force musculaire possible et d'éviter l'essoufflement en réglant les mouvements respiratoires avec le rythme du pas ; on respirera, si l'on peut, par le nez.
Le saut est différen t suivant que l'on est en repos ou en mouvement au moment de l'impulsion.
Si l'on saute de pied ferme, en hauteur, au-dessus d'un obstacle, on se placera le plus près possible de cet obstacle (fig. 454;
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Fig. 454. — Saut en hauteur de pied Terme.
le corps très légèrement incliné, les jambes réunies, fortement fléchies dans tous leurs segments et les bras abaissés pour la préparation. Au temps de l'impulsion, les bras s'élèveront vivement et s'arrêteront brusquement environ à l'horizontale, les jambes resteront unies et, si l'on peut, allongées et fléchies sur le tronc afin que la distance comprise entre le point le plus bas du corps et le sol pendant la suspension soit maximum; L'obstacle franchi, on étendra vigoureusement le tronc afin d'éviter le frottement de l'obsLacle avec les fessiers; enfin au moment de la chute les membres inférieurs en contact avec le sol par la pointe des pieds se fléchiront pendant que les bras s'élèveront pour atLénuer le choc et assurer l'équilibre.
Si l'obstacle est très large et que l'on désire y prendre appui, (saut en hauteur) il faudra fléchir fortement les jambes, être suffisamment distant de l'obstacle afin de permettre cette flexion ainsi que le mouvement des bras, prendre appui au moment où la vitesse s'est annulée et se relever immédiatement (fig. 455).
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Ici la chule n'existe pas; dans le saut en profondeur au contraire (fig. 456) c'est l'impulsion qui est presque nulle, elle doit être suffisante pourtant pour lancer horizontalement le corps loin de l'obstacle sur lequel on repose et éviter une chute tout à fait verticale. Cette chute est ici fort difficile et fort dangereuse. Les entorses, les fractures, les déchirures de muscles et de tendons, les commotions cérébrales, les hernies crurales era
Fig. 455. — Saut en hauteur de pied ferme.
Attitudes de départ et d'arrivée.
peuvent être la conséquence (fig. 457). Nous conseillons dans la chute, terminaison de tous les sauts, d'avoir les talons réunis, les genoux et pointes des pieds à l'écartement ordinaire de la station ou de la marche. Cette attitude que doivent avoir les extrémités pendant la suspension est celle qui donne le plus de solidité pour soutenir le choc.
Le saut en longueur de pied ferme (fig. 443) tire ses qualités de l'intensité du coup de jarret et du mouvement de projection des bras, mais aussi de l'inclinaison du corps en avant au moment de l'impulsion. Il faut, pour ainsi dire, donner son coup de jarret pendant une chute en avant. Sans cette condition, le saut sera toujours trop élevé et raccourci.
Les jambes seront étendues et les cuisses fléchies sur le tronc, les pieds toucheront le sol par le talon au moment de la chute, Ce mode d'appui n'a aucun inconvénient, caria vitesse à annuler
est dirigée plutôt horizontalement que verticalement, les jambes sont aussi très obliques et rasent le sol ; il a au contraire avantage à utiliser toute la vitesse acquise et de reculer au maximum le point de chute, c'est-à-dire la longueur du saut. L'équilibre final sera rétabli par un mouvement convenable des bras, généralement peu utile, si le saut est bien exécuté; la vitesse dont le corps est animé au moment de la chute, suffira
Fig. 456. — Saut en profondeur. Fig. 457. — Saut en profondeur dans Face en avant. le cas de grandes hauteurs.
pour amener le tronc au-dessus du point d'appui qui, vu l'allongement des jambes, se trouve verticalement au-devant du centre de gravité. Cependant, dans le cas où des frottements suffisants ne seraient pas développés au contact du talon, une chute sur les ischions serait à redouter.
Dans les sauts précédés d'une course, celle-ci doit aller en s'accélérant au moment de l'appel qui se fait alors généralement d'un seul pied, la longueur des pas diminue aussi (fig. 447); la vitesse horizontale préalablement acquise se composant avec celle qui est due au coup de jarret, a pour résultante une vitesse initiale, toujours plus inclinée que cette dernière. On en conclut que le saut précédé d'une course augmente bien plus la longueur que la hauteur du saut. L'inclinaison de la surface
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et la nalure du sol à l'appel et à la chute modifieront ces résultats.
11 sera avantageux de s'exercer à prendre cet appel indistinctement de l'un ou l'autre pied; dans tous les cas, les jambes
seront réunies pendant la suspension et la chute exécutée comme dans le saut de pied ferme.
L'appel des deux pieds ne s'accorde pas avec une course préa-
lable bien vive ; il demande un certain temps et s'exécute surtout dans les sauts avec appui des mains.
La chute finale d'un saut précédé d'une course est difficile, il sera bon de s'y exercer progressivement en y recherchant toujours les qualités énoncées plus haut. Elle différera dans les cas où l'on voudrait après le saut continuer la course, mais cependant, il faudra toujours observer la réunion des talons au moment du choc et marquer un temps d'arrêt. La chute d'un saut doit trouver dans les muscles extenseurs du membre inférieur l'amortissement nécessaire et peut alors se faire sur un sol dur pourvu qu'il ne soit pas glissant. Mais pour les sauts en profondeur il est indispensable de tomber sur un sol meuble composé <!e (an ou de sable. Dans une salle fermée on emploiera les
Fig. 458. — Préparation à l'impulsion du saut.
Fig. 459. — Préparation à la chute des sauts.
matelas d'aloès et de crin végétal pour éviter la poussière si funeste aux organes respiratoires.
Exercices préparatoires au saut. — Avant de sauter.
Fig. 460. — Sautillements les jambes écavlées, les cuisses fléchies et saut
cambré.
s'exercera à fléchir les membres inférieurs (fig. 458), balancer les bras en arrière du corps en s'accroupissant, puis en se
Fig. 461. — Sautillements avec croisement et avec écartement des jambes.
redressant immédiatement en portant les bras en avant (fig. 459), comme dans l'impulsion du saut, ou en s'accroupissant en levant les bras comme dans la chute. On fera aussi des sautillements sur place pour habituer le corps à prendre diverses attitudes pendant la suspension, les jambes écartées latéralement ou en
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arrière, les jambes croisées, fléchies en arrière ou fléchies en avant (fig. 460 et 461). On s'exercera aussi à une espèce de danse russe accroupie, où l'on étend alternativement la jambe en avant (fig. 462) et de côté.
Fig. 462. — Danse accroupie avec l'aide de deux camarades.
Sauts divers. — Toutes les variétés de sauts obéissent aux principes généraux que nous avons donnés sur la préparation,
Fig. 463. — Saut de côté.
l'impulsion, la suspension et la chute. Ainsi dans le saut en arrière ou de côté, l'inclinaison du tronc et le mouvement des bras doivent être dirigés dans la direction du saut (fig. 463).
Dans les sauts successifs, les jambes fléchies pour la chute doivent immédiatement s'étendre avec une nouvelle élévation des bras (fig. 464).
Dans les progressions par sauts successifs sur un pied qu'on nomme progressions à cloche-pied, les bras aident peu, mais le
Demeky. — Méc. cl écluc. 24
tronc est fortement incliné en avant. Ces progressions très pénibles ne s'exécutent que comme exercices gymnastiques.
Sauts avec appui des mains.
Dans les sauts de barrière et
Fig. 464. — Sauts successifs.
au cheval de bois avec appui des mains (fig. 466), la suspension proprement dite est de beaucoup réduite : tantôt il y a appui simultané des pieds sur le sol et des mains sur l'obstacle, et l'adduction des bras ajoute son effet à l'extension des jambes (fig. 466 et 467) tantôt l'appui sur les mains est effectué après le saut, ce qui permet une obliquité extrême du corps pendant la suspension et une grande longueur du saut. Il y a alors, en réalité, deux chutes, l'une sur les poignets, l'autre finale sur les pieds. Dans ces sauts, les jambes passent audessus de l'obstacle, fléchies entre les bras ou allongées latéralement pendant que le corps est à l'appui sur un seul bras toujours allongé ; le poids du corps doit toujours être porté par le bras à l'appui, ce qui exige que l'on ne s'éloigne pas de cet appui au moment du saut (fig. 468 et 469).
On peut ainsi se suspendre d'une main et s'appuyer de l'autre, passer aussi entre deux barres parallèles situées dans un même plan, tous ces sauts rentrent dans la série des exercices gymnastiques (fig. 470).
Fig. 465. — Saut à cloche-pied.
LOCOMOTION
Dans le saut à la perche, la hauteur d'élévation du corps est augmentée par une vigoureuse traction des bras effectuée pen-
Fig. 466. — Saut de barrière de côté en passant alternativement
les jambes.
dant la suspension et pendant que la perche a point d'appui sur
Fig. 467. — Saut de barrière de côté les jambes réunies, le sol. Théoriquement, ce saut revient à prolonger l'appui du
Fig. 468. — Sauts de barrière les jambes entre les bras et les jambes
écartées.
pied par l'appui de la perche et l'effort des extenseurs par celui des fléchisseurs et adducteurs des bras. Le corps s'attire donc
vers l'extrémité de la perche, tandis que celle-ci oscille autour de son point d'appui. Il résulte de toutes ces circonstances une plus grande hauteur et longueur de saut (fig. 471, 472 et 473).
Fig. 469. — Sauts avec appui des mains sur le mouton.
Passe-rivière. — Il est une manière de franchir une grande distance, c'est de se suspendre à une corde oscillante et de la lâcher à bout de course. Cette disposition a reçu le nom de
Fig. 470. — Saut entre deux barres horizontales.
passe-rivière et rentre un peu dans la locomotion avec les mains (fig. 474).
Sauts périlleux. — Comme nous l'avons indiqué à propos de l'impulsion du saut, la masse du corps est soumise à une force de projection qui le détache de terre et à un couple qui lui donne un mouvement de rotation autour de son centre de gravité pendant la suspension.
Il est toujours très difficile d'empêcher cette rotation de se produire ou de s'en rendre maître. Dans les sauts dits périlleux
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ce couple prend une importance très grande et la vitesse de
Fig. 471. — Saut en profondeur à l'aide d'une perche.
Chaque point du corps décrit son orbite autour du centre de gravité comme un satellite autour d'une planète et le mouve-
Fig. 472. — Saut en hauteur à la perche.
ment suit les lois de Képler. Il faut cpae les aires décrites par les rayons vecteurs dans des temps égaux soient égales. Si l'on avait au début une vitesse lente de rotation en parlant le corps
allongé (fig. 475) ; le fait de se ramasser raccourcit les distances d'un point de la masse du corps au centre de gravité et accélère ainsi la vitesse de rotation du corps (fig. 476).
Nous n'avons pas à étudier ici plus longuement ces genres de locomotion qui n'offrent aucun intérêt pratique.
Progressions diverses. Progression sur des pistes étroites et sinueuses. — Les progressions précédentes, marche, course et saut, présentent de grandes difficultés si l'on réduit l'espace
sur lequel elles doivent s'effectuer. En laissant de côté le trouble dans la coordination provenant du vertige lorsque la progression a lieu sur un lieu élevé, la réduction latérale dans la surlace d'appui, comme cela a lieu dans la marche sur une poutre ou sur des piquets, oblige les pieds à se mettre dans des positions relatives qui ne sont pas naturelles, nécessite pour rétablir l'équilibre à chaque instant, des contractions musculaires difficiles à régler et demande une éducation nouvelle et longue.
Inclinaison du corps dans les courbes. — Si le chemin à parcourir est une ligne sinueuse, une circonférence de petit rayon, le corps est incliné vers le centre d'une quantité en rapport avec la vitesse de progression. A chaque instant, il tend à continuer son mouvement suivant la tangente à la courbe; les deux actions qui le ramènent incessamment vers le centre, sont : celle des jambes qui, par une légère adduction et abduc-
Fig. 473. — Saut en longueur à la perche.
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tion respectives, ramènent les pieds sur la ligne à suivre et celle de la pesanteur du corps qui tend à faire une chute vers le centre du mouvement.
Planche oscillante.
— Il y a une difficulté de plus à marcher sur une planche élastique dont les oscillations interfèrent avec les réactions de la marche. Il faut éviter que la période d'oscillation propre à la planche coïncide avec le pas sinon les mouvements de la planche s'amplifieraient au point de devenir dangereux.
Cela arrive sur les quais d'abordage où la planche est quelquefois très inclinée (fig. 477).
Les oscillations provenant du rythme de la marche se font surtout sentir dans une troupe en marche. Des ponts suspendus se sont rompus pendant le passage d'un bataillon marchant au
pas. Aussi est-il de règle d'interrompre la cadence et de marcher à volonté chaque fois qu'un corps d'armée doit franchir un pont élastique.
Mouvements gymnastiques en progressant. - Marches gymnastiques. - Tous les mouvements de plancher peuvent être exé-
Fig. 475. - Loi de la vitesse d'une masse attachée à un cordon AI s'enroulant sur un cylindre 0.
La trajectoire est une spirale développante ; - les positions 1, 2, 3, 4 de la masse au bouL égalesT ^ S°Dt tellCS qUG 'eS airCS S' S" S- S" décviles ^ le* rayons vectems sont
cutés en progressant. Le pas convenable à ces mouvements est B
Fig. 476. — Sauteur tournant autour de son centre de gravité G pendant
la suspension.
La rotation devient plus rapide par le changement d'attitude. La surface décrite par tin point A de la jambe reste constante pendant le môme lemps. Les secteurs ABG et A'B'G étant égaux, les arcs correspondants AB et A'B' sont différents ; ils augmentent quand les rayons diminuent.
un pas cadencé, lent, de grande longueur et dans lequel la jambe en avant reste fléchie, perpendiculaire au sol, tandis que la jambe en arrière est toujours allongée, le pied perpendiculaire à la direction de la progression a peu près comme