I. Commandant Lcfubure, L'Éducation physique en Suède
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que dépendra naturellement la connaissance exacte des réactions nécessaires du cavalier.
Nous ne voulons pas nous étendre sur un sujet aussi complexe et pour lequel nous ne sommes pas encore préparé. Disons vaguement que la station à cheval exige surtout le secours des adducteurs des cuisses ; que la stabilité est en rapport avec la longueur du fémur ; qu'il y a avantage à ce que les genoux serrent le cheval au-dessous du plus grand diamètre horizontal d'une section du cheval, qui passerait par les condyles du cavalier. De plus, une grande indépendance dans les mouvements, une grande souplesse sont nécessaires ; tous lesmuscles du tronc sont tour à tour sollicités.
On sait que la pratique du cheval est généralement salutaire au point de vue hygiénique, mais que, exercée avec abus dans la première jeunesse, elle arque les fémurs. D'autres inconvénients provenant de la friction des organes génitaux contre la selle peuvent aussi être à redouter.
Vélocipédie. — La vélocipédie a pris une telle extension depuis quelque temps qu'elle est entrée dans la pratique de la vie. Ceux qui ont connu les premiers bicycles et les tricycles à grandes roues ont assisté à l'évolution d'une industrie des plus curieuses.
11 faut considérer le vélocipède à deux points de vue bien distincts :
Comme machine locomotrice et comme appareil de gymnastique.
Le vélocipède est avant tout un appareil locomoteur surajoutéà l'homme, il porte le poids du corps, multiplie sa vitesse, économise son travail en transformant l'action périodique de son pas en un mouvement continu de roulement; de plus, il se gouverne sur route comme un bateau.
Il y a trois grands avantages à progresser en vélocipédie :
1° D'être assis sur une selle reliée élastiquement au bâti de la machine et de soulager par cela même les jambes en supprimant leur effort constant de soutien.
2° De transformer l'action impulsive périodique des membres inférieurs en une action continue et d'utiliser au mieux l'action musculaire.
3° D'uniformiser la trajectoire du centre de gravité du corps en rendant le mouvement de progression presque rectiligne et uniforme et d'annuler ainsi les pertes de travail dues aux variations de direction et de vitesse du corps.
Ce dernier s'appuie sur le guidon, sur la selle et sur les pédales et la charge en ces points se répartit différemment suivant les cas et suivant l'attitude. Dans les grands efforts de démarrage, on exerce à la fois une traction sur le guidon et une poussée sur les pédales, on pèse peu sur la selle; dans la marche régulière on s'appuie sur la selle et le guidon, le corps penché en avant.
La charge des roues est alors différente, le centre de gravité de la machine passe en arrière de la moitié de la ligne des contacts des roues sur le sol, la charge est ainsi répartie pour un sujet de 64 kilogrammes et une machine de 21 kilogrammes : 29 kilogrammes pour la roue d'avant, 56 kilogrammes sur la roue d'arrière.
Dans l'attitude inclinée en avant, ces valeurs deviennent 36 kilogrammes et 49 kilogrammes.
Les pieds poussent sur les manivelles et la longueur de celles-ci détermine l'angle dont se fléchissent les jambes et les cuisses. 11 y aurait à étudier, comme pour la marche, les variations d'allongement et les positions limites du rayon du membre inférieur pendant l'impulsion.
De grandes manivelles demandent un effort moins grand, mais une course plus étendue, il y a un juste milieu à tenir.
Il en est de même de la multiplication par les roues d'engrenage.
L'espace parcouru à chaque coup de pédale est égal à la circonférence de la roue motrice multipliée par le rapport de
la roue dentée au pignon. Plus cette valeur 2 R X p- est
grande, plus l'effort sur la pédale doit être considérable et plus le rythme devient lent.
La vitesse de progression c'est la valeur 2 - R. X -y , que
l'on pourrait appeler le pas, multipliée par la cadence ou le nombre de coups de manivelle à la minute.
Le rythme et la longueur du pas ne sont pas liés par une loi comme dans la marche; le pas est constant pour toute allure,
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et dépend de la construction de la machine. Mais pour chacun il y a une cadence et un effort avantageux obtenus par une multiplication et une longueur de manivelle convenables.
L'action du pied sur la pédale commence lorsque le rayon du membre actif ne passe plus par l'axe des manivelles. L'effort est mal utilisé au début, la composante utile est maximum quand le rayon du membre devient perpendiculaire à la mani-
Fig. 520. — Mouvements de la jambe dans le vélocipède. H, hanche ; — G, genou ; — C, cheville.
velle et décroit ensuite jusqu'au moment où la pression s'exerce dans son prolongement.
En réalité l'action du pied dure plus d'un demi-tour de manivelle, parce que l'effort de la jambe est complexe. Cet effort n'est pas seulement produit par l'extension de la jambe et de la cuisse mais par un mouvement d'extension du pied joint à un effort de flexion de la jambe (fig. 520).
L'attitude du vélocipédiste sur sa selle et la position de la selle plus ou moins en arrière des manivelles influe beaucoup sur cette durée de l'effort.
Pendant la phase suivante qui devient la phase active de l'autre pied, la manivelle remonte soulevant le poids de la jambe; il est bon d'alléger autant que possible ce poids en fléchissant le membre inférieur.
C'est dans la période de remontée de la manivelle que l'on
peut résister à l'accélération de la machine dans les rampes.
Le vélocipède en mouvement se comporte comme un gyroscope dont le plan de rotation tend à demeurer constant. Il faut, pour faire dévier les roues de ce plan de rotation, une force intérieure d'autant plus grande que la vitesse de rotation est plus considérable.
La stabilité de la machine en équilibre sous l'action de son poids et de la force centrifuge augmente donc avec la vitesse si le sol est assez rugueux pour éviter le dérapement. C'est là le seul danger de chute, et sur un terrain glissant la machine n'est plus guère pratique.
La masse du corps agit avec celle de l'instrument pour former volant. Une fois acquise la vitesse tend à se conserver grâce à l'inertie de celte masse et à rester uniforme. Il y a bien, surtout au début, des variations de vitesse à chaque coup de pédale, mais bientôt le mouvement se régularise et devient très sensiblement uniforme.
S'il y a des variations dans la vitesse, la machine et le corps y participent, car ils sont solidaires et ce n'est pas quelques grammes de plus ou de moins qui influeront sur le travail produit. Les machines légères n'offrent d'avantages que dans les côtes et surtout lorsqu'on les transporte à la main. Il y a là un préjugé fortement exploité et qui n'a pas de raison d'être.
La piste suivie par la roue motrice du vélocipède n'est jamais une ligne droite, c'est une ligne ondulée de la nature des sinusoïdes; elle est d'autant plus tendue que la vitesse est plus grande.
Un bon vélocipédiste marche presque droit, mais cependant le plan de la roue motrice décrit toujours de petits angles à droite et à gauche du plan de progression.
Dans les virages, plus la vitesse et la courbure sont grandes, plus l'appareil s'incline pour conserver son équilibre, la limite d'inclinaison est donnée sur un plan horizontal par le frottement au contact du sol. Aussi pour reculer cette limite donnet-on aux pistes vélocipédiques une inclinaison telle que le plan des roues (fig. 521) reste à peu près normal au chemin.
Dans ces courbes la roue motrice décrivant une circonférence, l'autre roue décrit une circonférence concentrique intérieure à la première.
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Sur un terrain plan et horizontal le vélocipède utilise au mieux l'impulsion discontinue des membres inférieurs. La trajectoire du centre de gravité du corps n'est plus comme dans la marche et la course une ligne sinueuse, elle devient rectiligne et le mouvement uniforme, parce que jamais la jambe n'a d'action retardatrice.
La marche est une suite d'ascensions et de descentes avec perte de force vive à chaque pas, la progression en vélocipède est assimilable au mouvement d'un baleau sans réactions sensibles et utilisant presque toute la force motrice.
Si la route présente des sinuosités, mais conserve une ligne moyenne horizontale on se rapprocherait assez des conditions de la course; encore ici le surcroît de travail imposé par les parties ascendantes serait compensé par les descentes (fig.36S). •
Si la route est descendante, le poids du corps aura une action accélératrice constante; si elle est ascendante, une action retardatrice. La machine devient défavorable dans ce cas et il est moins pénible de marcher que de gravir une côte un peu rapide en vélocipède. Il en est de même si on a le vent debout ou sur terrain meuble.
On remédie aux légères aspérités de la route au moyen de jantes en caoutchouc gonflées d'air, on économise ainsi une grande partie des pertes de travail absorbées par l'ornière. Ce n'est plus alors le terrain qui se déforme c'est la jante ellemême; une pierrre rencontrée par celle-ci y creuse son empreinte et s'y loge. Cette déformation est momentanée et le travail absorbé n'est pas perdu; il s'emmagasine sous forme d'air comprimé et se restitue ensuite en partie. C'est là le grand avantage des jantes pneumatiques. Elles ont plutôt pour effet
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Fig. b21. — Inclinaison ilu vélocipède sur une piste circulaire.
Équilibre entre la pesanteur P et la force centrifuge C ayant une résultante R normale à la piste.
de diminuer les résistances passives du roulement que de servir de ressorts de suspension.
Le tricycle a l'avantage de se tenir debout immobile ou à des vitesses lentes où la bicyclette chavirerait; il est commode pour le transport de petits bagages, mais il présente d'autres inconvénients qui l'ont presque fait abandonner. Il est encombrant, ne passe pas partout, est difficile à manier, beaucoup plus dangereux que la bicyclette dans les vitesses un peu fortes et surtout dans les virages.
11 est influencé par les différences de niveau du terrain dans le sens de la progression et dans le sens latéral. La selle amplifie encore ces sinuosités ' et celui qui y est assis est secoué de la belle façon s'il ne conserve pas une souplesse suffisante. Dans les routes en dos d'âne on a beaucoup de peine à conserver son équilibre (fig. 522), lorsque l'axe des roues motrices se penche suivant l'inclinaison du terrain.
Ceci n'a jamais lieu avec la bicyclette influencée seulement par les sinuosités dans la direction du chemin parcouru.
Les virages sur le tricycle doivent être faits avec la plus grande prudence, la machine ne pouvant s'incliner dans la direction du centre de rotation tend à se soulever sur deux roues et à renverser le vélocipéilisle en dehors de la courbe si ce dernier ne se penche fortement dans la direction inverse (fig. 523j. On arrive cependant à être très habile sur le tricycle, mais cela demande une attention constante, il est impossible de mener un tricycle comme on mène une bicyclette et inversement.
Si nous considérons maintenant le sport vélocipédique au point de vue de l'hygiène, nous y trouvons les avantages et les inconvénients que l'on rencontre dans tous les exercices spéciaux et dans les exercices violents.
Fig. 522. — Attitude prise par le vélocipédiste.
Sur un tricycle roulant sur une roule en dos d'âne, le poids P du corps tend à faire chavirer la machine.
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Autant l'usage du vélocipède est intéressant s'il est modéré et sagement conduit, autant il est peu recommandable comme métier spécial, surtout si l'on s'y donne avec excès dans le jeune âge.
Dévorer l'espace sans effort, faire fi des distances et respirer l'air pur de la campagne, voilà de quoi griser lajeunesse.
Fig. 523. — Inclinaison du vélocipédiste dans un virage de tricycle.
L'homme d'étude, l'homme d'affaires peut en se transportant gratuitement à son travail prendre en même temps l'exercice dont il a tant besoin.
Le vélocipède lui crée une nouvelle vie, en épargnant son temps il peut connaître des contrées qu'il n'aurait jamais eu le courage de parcourir à la marche. Tous les bienfaits de l'exercice lui sont acquis : respiration active, transpiration salutaire, plaisir de la liberté et satisfaction morale. Il rentre chez lui avec une dose salutaire de travail musculaire, jouit d'un bon appétit, de la gaîté et du sommeil.
Le vélocipède est un grand brûleur des matériaux de réserve, arthritiques gras ou maigres s'en trouveront bien.
Mais toutes ces qualités disparaissent si l'on cherche l'excès de la vitesse en poussant la dépense au delà des forces; il y a
une mesure bien difficile à garder et une limite que les sages eux-mêmes sont tentés de franchir.
Abus du vélocipède. — L'abus du vélocipède est à condamner. La fatigue du genou, les trépidations sèches et continues qui ébranlent la moelle et le cerveau ont des inconvénients sérieux. Les moindres sont d'engourdir les mains et les pieds au point d'atténuer la sensibilité locale. Les trépidations qui proviennent du siège sont plus gênantes, on ne peut faire vibrer d'une façon continue la colonne vertébrale sans exciter les centres nerveux ; il y a encore à perfectionner la selle et la suspension des macbines. L'avenir est à celle qui atténuera le plus les trépidations sans pour cela diminuer la vitesse. Les jantes caoutchoutées sont insuffisantes pour cela; sur une mauvaise roule, il faudrait une suspension à ressort. Si la selle n'est pas très souple, si elle n'épouse pas la forme du corps, il en résulte des frottements inégaux sur les parties en contact avec irritation consécutive de la peau et des organes génitaux.
Un des plus graves dangers de l'exercice du vélocipède provient de la transpiration abondante qu'il procure. Si l'on est vêtu chaudement on sera bien vite couvert de sueur. Là n'est pas le danger, c'est de se refroidir ensuite. Dans la marche ou la course tous les muscles du corps entrent enjeu, les mouvements du tronc et des bras activent la circulation dans les régions supérieures du corps. A vélocipède les contractions sont localisées aux jambes. Les bras et le tronc peuvent être raidis, mais ils restent immobiles et sont frappés par les couches d'air froid avec la vitesse du vent relatif. Cela revient presque à se mettre en transpiration dans un courant d'air. Il en peut résulter de fréquents et graves refroidissements. Les névralgies, les ophthalmies dues aux corps étrangers pénétrant dans l'œil sont également à craindre.
Si l'on accepte l'exercice du vélocipède comme exercice gymnastique, c'est à la condition de ne pas s'adapter à la machine mais, au contraire, de régler celle-ci sur la forme du corps. Il faut y prendre une attitude normale et laisser aux coureurs de profession les positions grotesques des jockeys sur leurs chevaux.
Il vaudrait mieux voir disparaître le vélocipède plutôt que
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de nuire ainsi à la bonne conformation des jeunes gens.
Il faudrait conseiller au vélocipédiste de se livrer à une gymnastique corrective remettant à leur place omoplate et thorax, leur redressant la colonne vertébrale, et développant un peu les bras et les épaules atrophiées.
Il y a un rapport intime entre la bonne attitude et le fonctionnement des organes essentiels à la vie, poumons, cœur et organes de la digestion.
Les médecins chargés du service de recrutement des volontaires aux États-Unis ont diagnostiqué des affections pulmonaires et cardiaques d'un genre spécial. Ces affections provenaient de l'habitude qu'avaient ces jeunes gens de se tenir en machine entièrement penchés en avant comme s'ils avaient envie de manger leur guidon.
Le préfet de police de Washington a rendu en conséquence un arrêt interdisant aux cyclistes de prendre V attitude d'un bouc prêt à se servir de ses cornes.
Il est absolument inutile de reculer la selle à l'excès, d'abaisser le guidon et de se courber en avant pour l'atteindre. N'imitons pas le coureur, ce n'est pas un être normal, il cherche le maximum de vitesse pour toucher des primes d'argent, recherchons le maximum de santé. Pour les femmes, le vélocipède sera toujours un appareil peu recommandable, une machine à stérilité.
En résumé, le vélocipède utilise très favorablement pour progresser la force musculaire de l'homme : mais comme tout exercice spécial il est incomplet et insuffisant pour le développement harmonieux.
Il n'est bon que sous les réserves : que l'attitude soit correcte, la vitesse modérée, les excursions d'une durée raisonnable, la machine bien construite et adaptée à l'organisme, que les refroidissements et trépidations seront évités et atténués; que l'on fera des mouvements gymnastiques complémentaires correctifs de ses mauvaises attitudes.
Progression sur des échasses. — L'adjonction d'échasses au membre inférieur augmente la longueur de celui-ci et par conséquent la longueur du pas pour un même mouvement angulaire de la cuisse. Mais l'articulation du pied est inuti-
Usée et l'élasticité du tarse, le déroulement du métatarse sont sans fonction. Il en résulte dans la progression une gône et une sécheresse qui diminuent les avantages que l'on semblerait gagner en augmentant artiliciellement la longueur du pas. Les échasses ont l'avantage -de surélever le corps audessus du sol, lorsque ce sol est boueux ou imprégné de matières impures ; elles sont usitées comme moyen de locomotion dans les terrains marécageux.
Progressions passives. — Dans les mouvements passifs, le sujet subit l'influence des variations de vitesse du véhicule qui l'entraîne. S'il réagit, c'est pour conserver une attitude déterminée, mais non pas pour modifier la vitesse du véhicule dont il n'est pas le maître et avec lequel il fait corps. C'est ainsi qu'agit la vectation en voiture, en bateau ou sur des appareils giratoires.
Le corps reçoit une partie des trépidations transmises des roues aux essieux et au caisson de la voiture par l'intermédiaire de ressorts qui en amortissent considérablement la sécheresse. Il tend à chaque instant à conserver la vitesse qu'il possède de sorte que si celle de la voiture vient tout à coup à varier en plus ou en moins, le corps semble lancé en sens contraire de l'accélération du véhicule et avec la différence des vitesses.
Les accidents de voiture sontla conséquence de ce fait. Le mal demerlui-même est produitpar les variations dans la vitesse des différentes parties du corps à tout moment. Les parties molles qui le composent sont en certains points comprimées et dilatées tour à tour; il en résulte un état anormal du système nerveux, état qui se traduit par le malaise connu. On sait en effet que le mal de mer est atténué dans l'attitude couchée ou bien encore si l'on occupe les parties du navire qui possèdent le minimum de variations de mouvement.
L'effet des appareils giratoires usités dans les fêtes populaires est analogue à ceux qui précèdent. La force centrifuge agit d'autant plus sur les parties du corps qu'elles sont plus excentriques. Dans le cas de tourniquets aux barres fixes, le sang se porte au cerveau ou l'abandonne suivant que la tête est dirigée ou non vers l'axe de rotation. Les impressions visuelles ne sont pas étrangères aux troubles nerveux généraux.
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Depuis quelques années le développement excessif de la locomotion automobile a mis en évidence tous les inconvénients de la progression passive, les grandes vitesses acquises sont devenues la source d'accidents nombreux et de maladies spéciales. Cette folie de la vitesse n'a plus rien à voir avec l'amélioration physique'de la race, bien au contraire et nous refusons à ce genre de locomotion le nom de sport vu que l'homme le plus chétif et le plus malingre est capable de s'y livrer sans faire d'efforts musculaires.
Escarpolette. Voltige a la suspension. — Lorsque l'homme est suspendu à un instrument oscillant, à une corde, à des poignées ou à une escarpolette, il forme, f avec cet instrument, un ensemble qui /Nv n'est autre qu'un pendule oscillant autour / , ! ...'-^.v
de l'axe de suspension. Il ne peut modi- / A->'' '•. fier le mouvement du centre de gravité a -"-V, YjJ> A du système dont il fait partie si ce système "t n'est soumis qu'à l'action de forces inté- Flg" 523 his'
. Le pendule OA se rac-
rieures. Dans le Cas qui nOUS OCCUpe, courcit eu passant parla vci- , , . ,., ., , , . licale en OB et vient en OB'
le système n est pas libre, il est lie a à cause de la vitesse due ai, c un point fixe, et des frottements sont hauteur de chute CD = EB' développés au point de suspension. Le système est en équilibre si le centre de gravité est verticalement situé au-dessous du point de suspension. Ceci a lieu si l'on n'exécute aucun mouvement. Mais, aussitôt que l'on change brusquement la position de ce centre de gravité, en changeant d'attitude, tout sepasse comme si le pendule avait été écarté de sa position d'équilibre et une oscillation commence. On peut ensuite amplifier cette oscillation en exécutant des mouvements rythmés avec le balancement, mouvements qui ont pour but d'abaisser le centre de gravité dans la demi-oscillation descendante pour le relever dans la demi-oscillation ascendante. Ainsi, le pendule arrivé à l'extrémité de sa course augmente tout à coup de longueur, 1 oscillation commence et, en passant par la verticale, le centre de gravité possède une vitesse telle que, si rien ne changeait, il remonterait en sens opposé à la môme hauteur verticale (fi g. r,J2?> bis).
Mais il n'en est pas ainsi, le corps se redresse à ce moment ; le
centre de gravité s'élève, est obligé de décrire une trajectoire circulaire d'un rayon plus petit avec la vitesse qu'il a acquise, il remontera encore à la même hauteur verticale, c'est-à-dire que la projection du chemin parcouru sur la verticale sera le même. Cette condition exige que l'angle sous-tendu par l'arc décrit ou l'amplitude d'oscillation soit augmentée. En agissant de même pour la seconde oscillation, l'amplitude croîtra toujours et, si le pendule n'est pas rigide il ne dépassera guère 180°. Il se passe en réalité une tendance à l'uniformité des aires décrites par les rayons vecteurs. Si l'on abandonne le système pendant son mouvement, on choisira de préférence les moments où sa vitesse est nulle, c'est-à-dire les points extrêmes de son oscillation, on observera alors les règles de toute chute verticale, et l'on prendra les précautions indiquées plus loin dans la manière de quitter un appareil en mouvement.
Manièhe de quitter sans danger un appareil dont on possède la vitesse. — Deux précautions sont à prendre : pour abandonner l'appareil et pour assurer la chute. Il faut quitter totalement et d'un seul coup le véhicule qui vous portait de façon que l'on n'ait plus avec lui aucune liaison. C'est ainsi que l'on descendra de voiture soit à l'arrière soit sur le côté en se projetant latéralement (fig. 524).
Le corps abandonné à lui-même avec la vitesse horizontale de la voiture, soumis d'autre part à l'action de la pesanteur, décritune parabole pendant sa suspension. Mais il peut tourner autour de son centre de gravité suivant la direction de l'impulsion dernière qui lui a été donnée. Il y a donc une attitude spéciale à prendre, car les pieds touchent les premiers le sol, ils perdent presque immédiatement leur vitesse, tandis que le mouvement du tronc continuant amène inévitablement une chute dans le sens de la progression.
Pour y parer, on fait agir le poids du tronc lui-même en l'inclinant en arrière ou en avant d'une quanLité en rapport avec la vitesse à annuler et suivant que l'on descend dans le sens de la progression du véhicule ou bien en sens inverse (fig. 524).
La vitesse du tronc est ainsi annulée par sonpoidsetle corps
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demeure en équilibre sur le sol en station droite. Pour des raisons identiques, mais inverses, on peut passer sans inconvénient sur un véhicule en mouvement à la condition d'avoir acquis préalablement une vitesse égale à celle qu'il possède et dirigée dans le même sens. Le choc qui se produit ne dépend que de la différence des vitesses du corps et du véhicule (fig- 524).
Chutes après des balancements. — Les chutes qui terminent les divers mouvements usités aux appareils d'appui et de suspension seraient à étudier; nous n'en dirons qu'un mot. Elles dépendent toutes de la direction et de la grandeur de la vitesse
Fig. 524. — Attitude d'un sujet descendant d'une voiture face en avant et face en arrière. Coureur s'apprêtant à monter dans une voiture.
que possède le centre de gravité du corps pendant la suspension, ainsi que de la position relative de ce centre de gravité et du point qui vient le premier au contact avec le sol; c'est-à-dire de l'attitude au moment de la chute.
Le rôle des bras est très actif ; il règle le mouvement de rotation autour du centre de gravité, l'accélère ou le retarde. La vitesse angulaire de ces rotations varie avec la distance des centres de gravité des membres au centre de gravité du système et suit la loi des aires. Par exemple, si pendant la suspension d'un saut périlleux, le sauteur se groupe, on voit immédiatement augmenter la vitesse angulaire de sa rotation (fig. 476).
C'est par ce même mécanisme que la chute peut être assurée à la suite d'une éducation spéciale qui développe dans le sens musculaire une grande délicatesse et dans les mouvements une parfaite coordination.
Les chutes qui suivent les balancements à l'appui ou à la suspension dépendent surfout de la manière avec laquelle on a
quitté l'obstacle fixe où l'on avait ses points d'appui, car on est maître de la direction de sa vitesse et de la rotation autour du centre de gravité tant que l'on a avec l'instrument un point de contact (fig. 525).
La chute après un balancement à la suspension est particulièrement difficile, la vitesse du tronc est inférieure à celle des jambes et la chute sur le dos est à redouter. La difficulté est moins grande après un balancement à l'appui; l'action des
Fig. 525. — Saut en arrière avec l'aide des mains et chute après
balancement.
bras est moins gênée; elle peut être employée à repousser vigoureusement le tronc loin de l'appareil et à lui communiquer une vitesse à peu près égale à celle des membres inférieurs de façon à éviter une rotation fâcheuse. Étant en l'air il est d'ailleurs possible de se retourner comme le chat qui retombe toujours sur ses pattes.
La danse, ses propriétés gymnastiques. — On reviendra avec raison à la danse antique où les mouvements sont larges et expressifs. Dans nos danses actuelles le mouvement est réduit au minimum; elles se font presque sur place et sont étriquées par la petitesse de nos salons. Elles ne présentent évidemment rien de gymnastique, mais si l'on y ajoutait les attitudes et les mouvements du tronc et des bras, il y aurait grand profit à en tirer.
Les anciens dansaient à toutes occasions, dans toutes les circonstances importantes de la vie. Il y avait grande différence entre les danses guerrières et les danses religieuses, toutes
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avaient un caractère expressif et mimaient une scène déterminée. Le danseur était en môme temps un improvisateur et souvent un musicien.
M. Maurice Emmanuel1 a fait la comparaison des danses anciennes avec notre chorégraphie actuelle au moyen de docu-
Fig. 526. — Attitudes prises dans la danse grecque ancienne ayant un caractère éminemment gymnastique (Maurice Emmanuel).
ments pris sur les vases grecs. Il est arrivé à montrer l'indépendance du danseur grec qui n'était pas astreint à des mou-
Fig. 527. - Attitudes de la danse grecque joignant à l'élégance les qualités dun exercice gymnastique (d'après Maurice Emmanuel).
vement réglés à l'avance mais les composait comme une réplique suivant les gestes de ses partenaires.
Il y avait là expression du geste et en même temps amplitude des mouvements (fig. 526). Quelques poses étaient même tout à fait gymnastiques et gracieuses (fig. 527). Cette manière de concevoir la danse la rend bien supérieure à notre