Abduction en arrière de la cuisse limite naturelle
Fig. 79. — Adduction de la cuisse.
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS S5
autour du radius, son action est d'abord un effet de supination
Fig. 80. — Rotation de la cuisse en Fig. 81. — Rotation du fémur en dehors. dedans.
avant de commencer à produire la flexion. Le déroulement du
Fig. 82.- Flexion de l'avant- Fig. 83. — Extension de l'avant-bras,
bras sur le bras. la main en pronation.
tendon doit être complet pour que le biceps puisse produire directement la flexion de l'avant-bras.
Pour cette raison, la flexion de l'avant-bras, la main chargée
d'un haltère ou le corps suspendu par les mains se fait bien plus facilement en supination qu'en pronalion.
Fig. 84. — Coupes de l'articulation du coude dans l'extension' et dans la
flexion (Cruveilhier).
Dans l'acte de visser ou de dévisser, les rotateurs du bras
Fig. 85.— Mêmes coupes dépourvues des muscles et montrant les limites
du mouvement.
entrent en jeu : rotateurs en dehors pour visser, rotateurs en dedans pour dévisser. Dans les mouvements énergiques, l'avant-
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS 877
bras esl maintenu fléchi et l'effort des adducteurs et abducteurs
iigl latéral interne
Fig. 86.— Ligaments de l'articulation du coude. Vue antérieure (Dedierre).
du bras s'ajoute à l'énergie du mouvement de pronation et de supination.
Fig. 87. — Mouvement de pronation Fig. 88. — Mouvement de supinade l'avant-bras. tion de l'avant-bras.
Mouvements du genou. — Les mouvements du genou sont
moins précis que les mouvements du coude. Il n'y a pas emboîtement aussi parfait des surfaces articulaires. Les condyles du fémur reposent sur les cartilages semi-lunaires du tibia et rou-
Fig. S9. — Mouvement de pronation et de supination (Math. Duval).
1, supination; — 2, pronation. — Le mouvement s'exécute autour de l'aie ab. On voit le croisement du radius et du cubitus dans la pronation.
lent sur eux dans le mouvement de flexion. L'articulation n'est pas fermée; le vide énorme produit dans la flexion en avant est comblé par la rotule, os isolé développé dans le tendon des extenseurs et restant toujours à distance fixe du tibia (fig. 91 et 92). La flexion est limitée par la tension des ligaments croisés intérieurs à l'articulation et par la rencontre de la partie cbarnue du mollet avec la cuisse. Dans une chute sur les pieds, si la flexion du genou est complète, le choc tend à déchirer le genou et le mollet remplit l'office de point d'appui du levier. Il faut résister ferme avec les muscles pour éviter des accidents. Le genou est toujours une articulation délicate, la moindre blessure y prend immédiatement un caractère de gravité. Toujours
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS b9
surmené pendant la vie, il finit par refuser son service, c'est par le genou que finissent la plupart des acrobates, sauteurs, coureurs et vélocipédistes (fig. 93, 94 et 136).
L'emboîtement imparfait des surfaces articulaires du genou permet dans la flexion un déplacement du tibia sur les condyles
Apophyse coronoïde
Petite cavité
sigmoide
Radius
Fig. 90. — Surfaces articulaires du coude. Têtes du radius et du cubitus.
du fémur dans le genre de la pronation et de la supination, mais beaucoup plus vague et surtout plus réduit. Ces mouvements limités par les ligaments latéraux se passent exclusivement entre le fémur et le tibia ; le péroné n'a rien à y voir.
L'extension de la jambe est limitée au prolongement du fémur par la tension des ligaments. Le condyle du fémur a une forme en spirale et les ligaments externes s'insèrent en un point situé de telle sorte que pendant l'extension la distance entre les insertions des ligaments augmente. Ces ligaments se tendent et limitent le mouvement (fig. 95 et 96). Les muscles fléchisseurs ajoutent leur action pour soulager les ligaments.
Mouvements du poignet. — L'articulation du poignet permet tous les mouvements de flexion, d'extension, de circumduction ; le mouvement de rotation lui est étranger, il provient de la
Phonation et de ta supinalion de lavant-bras (fig. 97, 98 Au poignet le radius s'articule avec le carpe ; au coude, au
Fig. 91. — Articulation du genou avec ses ligaments.
contraire, le cubitus forme la plus grande partie de la charnière. La limite des mouvements est peu déterminée, aussi voit-on des personnes avoir une très grande amplitude dans les mouvements du poignet, toucher par exemple l'avant-bras avec les doigts en avant ou en arrière. Le poignet est encore une articulation fragile qu'il faut ménager ; une luxation lui enlève
DESCMPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS
toute sa solidité et toute sa souplesse. Une disposition fort remarquable permet aux doigts de se mouvoir dans toutes les positions du poignet.
Fig. 92. — Coupe de l'articulation du genou dans l'extension et dans la
flexion.
F, fémur; — T, tibia; — R, rotule.
Le ligament annulaire du carpe réunit les tendons des fléchisseurs du côté palmaire, ceux des extenseurs du côté dorsal de
Fig. 93.— Coupe de l'articulation du genou dans l'extension et la flexion, montrant la tension des ligaments croisés limitant le mouvement.
la main et les empêche de s'écarter des os pendant, les mouvements du poignet.
Fig. 94. — Flexion de la jambe Fig. 95. — Extension de la jambe
sur la cuisse. sur la cuisse.
Fig. 96. — Mécanisme de la flexion du genou (d'après les frères Weber).
L, Ligament relâché dans la flexion et Icndu dans l'extension parce que le point d'atlache C au fémur F tend à s'éloigner, les rayons CD», Ci),, CB, CA augmentant à cause de la forme des condjles du fémur, ce qui limj'le l'extension. — T, tibia; H, rotule.
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS 03
Mouvements de la cheville du pied. — A la cheville du pied
les mouvements de flexion et d'extension sont fort étendus,
Fig. 99. — Mouvement latéral de la main, l'articulation ne permet que des mouvements confus de latéra-
Fig. 100. — Flexion du pied. Fig. 101. — Extension du pied.
lité. Des ligaments solides et la forme des surfaces articulaires limitent le mouvement (fig. 100, 101, 102 et 103). La poulie astragalienne présente une forme extrêmement
remarquable. Le pied peut exécuter un mouvement de circumduction grâce à la rotation du fémur. Le pied et la main ont des mouvements comparables entre eux; il est curieux de remarquer que les mouvements analogues portent des noms différents; la flexion du pied est l'analogue de l'extension de la main et la flexion de la main correspond à l'extension du died, ceci dit pour éviter la confusion (flg. 104 et 105).
Lig. lat. des orteils
Fig. 102. — Ligaments des articulations du pied. Vue de la face dorsoexterne du pied (Deuierre) .
a, ligament calcanéo-cuboïdien plantaire ; — G, ligament calcanéo-cuboïdien dorsal ; — 7, ligament scaphoïdien ; — 8, ligament aslragalo-scaphoïdien ; — 9, ligament euboïdoscapboïdien dorsal ; — 10, ligament cunéo-scaphoïdien ; — II, ligament cunéo-cuboïdieii ; — 12, ligaments cunéens ; — 13, ligaments tarso-métatarsieus ; — ligaments transverses interméta torsions.
Mouvements des doigts. — La main mérite une étude en rap port avec l'importance de sa fonction; les mouvements des doigts sont un exemple de synergie musculaire assez complexe (flg. 106, 107 et 108).
Les fléchisseurs superficiel et profond des doigts offrent une disposition anatomique remarquable : le tendon du fléchisseur profond traverse celui du fléchisseur superficiel et devenu à son tour superficiel, vient s'insérer à la troisième phalange. La fonction de ces fléchisseurs est de fléchir les deux dernières phalanges, d'étendre la première et de fléchir la main. Seuls ils donneraient à celle-ci la forme d'une griffe plutôt gênante
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS 65
qu'utile (fi g. 109 et MO). Mais d'autres petits muscles situés dans
Fig. 103. — Coupe de l'articulation de la cheville du pied, l'intérieur du métacarpe interviennent pour régulariser le mou-
vement des doigts. La flexion de la première phalange est
Demeny. — Méc. et éduc. S
exécutée par les interosseux. Ceux-ci sont doubles pour chaque espace interosseux, l'un occupe la région dorsale, l'autre La région palmaire de la main. S'insérant aux métacarpiens et aux premières phalanges, ils produisent la flexion de ces dernières, leur adduction et abduction par rapport au doigt médius et l'extension des deux dernières phalanges (fig. 111 et 112).
Fig. 10a. — Coupe de l'articulation tibio-tarsienne dans la flexion du pied.
Les lombricaux joignent les tendons des fléchisseurs profonds à ceux des interosseux et ajoutent leur action dans le même sens.
La flexion directe des doigts ne peut donc se faire sans le
Fig. 106.— Flexion des doigts. Fig. 107. — Extension des doigts.
concours des fléchisseurs superficiel et profond agissant sur les deux dernières phalanges aidés des interosseux et lombricaux lléchissant la première phalange et des extenseurs de la main s'opposant au mouvement de flexion (fig. 110).
De môme, l'extension directe des doigts se fait par le concours de l'extenseur commun et extenseur propre qui étendent la première phalange, et celui des inlerosseux et lombricaux qui étendent les deux dernières phalanges. Les fléchisseurs de la main s'opposent à l'extension du poignet tendant à se produire.
Membrane interosseuse
Cubitus
Lig. triangulaire
Lig. euhito-carpien Lig. pisi-pyram" '
Liç. pisi-métacarp. t.
Lig. pisi-unciformion Lig. capilato-trapczien
Lift. UDci-métacarpicn
Radius
Gaim1 Ju tendon flécliisscu
| Lig. radio-carpiei Lig. scaphoïdo-trapézien
Lig. trapézo-métac. dorsal Lig. trapézo-métac. palmaire
Lig. latéral
Articulation phalangienno
Fléchisseur superficiel
Fléchisseur profond
Fig. 108. — Ligament des articulations radio carpiennes, des os du carpe entre eux, des os du carpe avec les os du métacarpe et de ces derniers entre eux et avec les phalanges des doigts. Vue de la face palmaire de la main (Debierre).
8, ligament cubito-pisiformien ; — 13, ligament trapézo-métacarpien III ; — 14, ligaments intermélacarpiens ; — 16, ligament latéral des articulations phalangiennes ; — 18, 22, tendon du long fléchisseur profond des doigts ; — 21, tendon du fléchisseur commun des doigts.
Les fléchisseurs des doigts à force de se raccourcir finissent par produire larétraction de l'aponévrose palmaire et la flexion
permanente des articles. Il faut faire un effort pour conserver les doigts étendus, dans les mouvements gymnastiques il sera
Boutonnière du fléch. sup.
~~ Fléchisseur sup.
^^-Fléchisseur prof.
Phalange
Nerf digital Artère digitale
Fig. 109 — Vue latérale des tendons des muscles fléchisseurs des doigts
(Debierre).
6, gaine tendineuse fendue et rabattue sur le côté ; — 10, freins latéraux du tendon flérhisseur superficiel; — 11, frein médian du même tendon ; — 12, 13, freins du tendon llcchisseur profond.
bon de remédier à cette difformité en étendant fortement les
phalanges.
Tous les doigts de la main, particulièrement l'index ont des mouvements indépendants, l'annulaire et le petit doigt au contraire sont solidaires, les tendons extenseurs sont unis par une expansion tendineuse (fig. 113).
Cette solidarité fait le désespoir des pianistes et contribue à augmenter singulièrement la difficulté du jeu des instruments de musique en enlevant l'égalité des doigts, qualité si précieuse et si rare du mécanisme.
Il faut une étude spéciale et un travail persévérant pour remédier à ce que cette disposition présente d'inconvénients.
Le pouce est absolument indépendant. Ses long et court extenseur, son long abducteur agissent aussi sur la main ; les muscles de l'éminence thénar, court abducteur, court fléchisseur, adducteur et opposant sont spécialement affectés à ses mouvements.
Fig. HO. — Main présentant la forme de griffe à cause de l'atrophie des interosseux et lombri-
caUX (DUCHENNE DE BOU- LOGNE).
DESCRIPTION ET MÉCANISME DES MOUVEMENTS
Fig. 113. — Tendons des extenseurs de l'annulaire et du petit doigt réunis par une bandelette aponévrotique L.
Fig. 114. — Flexion des orteils. Fig. 115. — Extension des orteils.
Mouvements des orteils. — Les mouvements des orteils diffèrent des mouvemenls des doigts, ils sont réduits; la flexion prédomine aux doigts, l'extension aux orteils, les mouvements d'abduction des doigts sont presque nuls. Le pied toujours
enfermé dans des chaussures étroites est devenu un simple organe de soutien du corps. Les orteils sont généralement rabougris et atrophiés. Mais chez l'enfant, chez l'homme qui porte des chaussures convenables, des sandales ou qui marche nu-pieds, la mobilité des orteils existe encore (fig. 114 et 115).
Il est notoire que le pied peut acquérir par l'exercice et des soins une délicatesse comparable à celle de la main. On connaît des artistes peignant avec le pied et des sujets nés manchots se servant du pied pour les usages les plus variés et les plus fins. Les Japonais, certaines peuplades grimpent à une perche en se servant du pouce pour la saisir. Nous voyons encore ici l'influence de l'éducation sur la structure d'un organe.
Les danseuses de nos théâtres s'exercent à se tenir sur la pointe des orteils, c'est là un abus de la fonction. Le pied de ces danseuses est complètement déformé et présente généralement une luxation du gros orteil (fig. 116).
Fig. H6. — Danseuse se tenant en équilibre sur l'extrémité des orteils.