L'échelle orthopédique par exemple
Ces mouvements correspondent aux figures indiquées. On fait avec les barres d'autres exercices. On exécute des mouvements de circumduction des bras d'avant en arrière de
Fig. 258. — Lutte au moyen d'une trac lion horizontale des firas.
façon. à amener ainsi la barre jusqu'au contact du corps (fig. 255, 256 et 257).
Ces mouvements fatiguent l'articulation de Tépaule et la^
Fig. 259. — Opposition à rélévation des bras par une traction faite au moyen de poignées.
partie antérieure et postérieure des deltoïdes constamment mis en jeu, s'ils sont répétés trop souvent et exécutés avec des barres de fer trop lourdes. Ils ont encore lincoavénient de provoquer Tenseliure.
Les barres à sphères lourdes ont sur les haltères lourds l'avantage d'être un poids symétrique; elles établissent une îiaison entre les deux mains et contribuent ainsi à la stabilité. Dans les mouvements de flexion de Tavant-bras, la barre vient
au contact du thorax et s*oppose un peu à l'effacement des épaules.
Avec de longues barres on peut exécuter des mouvements à deux et des oppositions et des luttes.
Pig. 260. — Opposition des bras avec mouvemeiit de balancement au moyen de b&tons (contraction des muscles pectoraux et des muscles de rabdonaeni)-
Oppositions et luttes. — Les oppositions deux à. deux ou luttes raisonnées donnent lieu à des exercices variés qui per-
Piff. 25i. Oppositions avec les barres ; — Gonftractiion énergique dei
muscles de Tabdomen.
mettent de diriger la résistance dans toutes les directions et de la eraduer avec toutes les nuances possibles d*intensité.
L'opposant doit pour cela se rendre compte de Teffet produit sur son camarade; il doit se rappeler que l'effort musculaire suscité ^st, à chaque instant contraire aux mouvements qu'il produit.
On peut exécuter ces oppositions avec la main, mais cela est malpropre et gêne l'étendue des mouvements. Avec des cordes terminées par des poignées on transmettra des tractions, arec des bâtons rigides, des tractions et des poussées.
Pig. 262. — opposition, aa moyen de cordes à poignées. Effort des muicle» latéraux du tronc.
Les mouvements d*opposition bien raisonnes et bien exécutés renferment tous les éléments de la meilLeure gymnastique de développement, mais ils demandent de la part des exécutant»
des connaissances et une volonté qui sont loin d'être générales.
La gymnastique médicale suédoise les emploie constamment et en tire le plus grand avantage. Une grande partie de ces mouvements sont applicables à la gymnastique de chambre et à la gymnastique scolaire ; tout-efois pour cette dernière il faut être prudeot et en faire un choix sérieux. Il faut chercher surtout à produire les contractions des muscles du dos et de Tabdomen par des tractions hori2ontales. Il faut veiller à ce que les oppositions ne dégénèrent point en luttes brutales. La résistance opposée doit être continue, le mouvement lent, l'amplitude complète et jamais on ne doit donner d'à-coups.
Les cordes des poignées seront toujours tendues et les attitudes correctes. Chaque adversaire devra remplir tour à tour le
Fig. 263. — Lutte des épaules.
AlfALTSE DBS ATTITUDES ET DES MOUVEMENTS
rôle actif et celui d'opposant ; en voici quelques exemples choisis pour amener la contraction dans les fixateurs de l'omoplate et les extenseurs de la colonne vertébrale (fig. ï258 à 261). L'exercice (fig. W^ met en jeu les fléchisseurs latéraux du
Fig. 264. — Lutte au moyen d*un b&ton (effort d'extension du tronc).
tronc ; on peut faire des combinaisons de ces exercices et y ajouter la difficulté de l'équilibre.
Si l'un des opposants tournait le dos à son camarade, tout l'effet serait changé pour lui ; ce seraient alors les muscles flé-
Pig. 26ft. — Lutte d'enCaats à ia corde é« traction.
chisseurs du tronc et les muscles pectoraux qui seraient sollicités. Nous cooseiHons de pratiquer fréquemment ces oppositions et surtout de donner la préférence aux exercices dca maseles du dos ; on peut être assuré des résultats les plus sérieux au point de vue de Tatlitude et du développement. L» localisation des contractions se fait à volonté et d'autant mieux qu'on obtient le relâchement des antagonistes des muscles contractés, si, bien entendu, le mouvement est exécuté sans brusquerie. Ces mouvements complètent parfaitement les suspensions, appuis et l'éfFet des poids additionnels suscitant toujours des actions verticales.
Il y a d'autres luttes moins raisonnées où Ton cherche à faire perdre pied à son adversaire en le poussant ou le tirant. Pour cela les mains ou les poignets sont engagés. On se sert aussi de bâtons placés sous les aisselles (fig. 263 et 264). Ces exercices constituent de véritables jeux où Témulation peut faire craindre un exQès d'ejQTort. Leur effet n'est plus aussi bien défini
Pig. 266. — Lutte, prise de ceinture.
que dans les luttes raisonnées. La lutte à la corde (fig. 265) partage les élèves en deux camps ; ici la traction se fait par à-coups. Chaque élève n'est pas tenu de soutenir son effort, la résul» tante seule de toutes les actions individuelles intermittentes décide de la victoire et il faut bien peu de différence pour cela dès que Tun des camps a été ébranlé.
Lutte corps a corps. — La lutte corps à corps est un exerciceun peu brutal, du moins si Ton prenait pour exemple la lutte foraine. Philippe Daryl lui reproche trois vices : la bassesse du sentiment qui anime trop souvent les professionnels et leur faitrechercherlavictoireàtout prix môme en blessant leurs adversaires, soit en les jetant à terre au lieu de les' accompagner, soit en leur cassant les doigts ou en leur tordant Tépaule. Le second est l'abus de la lutte à terre et le troisième Tobésité des lutteurs tenant uniquement à leur gloutonnerie et à Tabùs des boissons alcooliques. Tous ces professionnels n'ont aucune idée
ANALYSE DES ATTITUDES ET DES MOUVEMENTS iV3
des pratiques de rentraînement, ce qui fait croire à Tindispensable nécessité d'être obèse pour être lutteur.
La lutte en réalité est un exercice utile, mais seulement pour le8adultes(fig. 266).
Elle développe les muscles en grosseur et vous entraîne aux contractions prolongées grâce à un effort de volonté énergique.
On pourrait lui reprocher de toujours demander Tétreinte, on y voit cependant quelques attitudes d'extension comme le
Fig. 267. — Attitude du pont dans la lutte. Effort localisé dans les extenseurs du tronc et les dorsaux.
pont, attitude fondamentale (fig. 267) ayant pour but d'éviter de loucher terre avec les épaules.
La lutte provoque l'effort avec tous ses graves inconvénients : congestion de la face, troubles de la circulation et de la respiration, dangers des hernies. £n luttant contre un adversaire sans amour-propre exagéré, on se trouve évidemment dans des conditions plus complexes et moins déterminées que celles d'un exercice gymnastique classique. 11 y a là de l'imprévu, un jeu attrayant pour la jeunesse et peut-être même une école de sociabilité. Dans ces conditions il serait bon de revenir à la lutte, mais jamais pour l'enfant.
Machines a contrepoids. — On a cherché à remplacer les oppositions et luttes par des appareils mécaniques à ressorts ou à contrepoids et si Ton a réussi à faire des machines suscitant en tous les sens des efforts musculaires, il est inutile de faire remarquer combien ces machines sont imparfaites, jamais leur action n'est proportionnée aux efforts naturels; si ces appareils développent les muscles, ce dont on ne saurait douter, ils laissent le système nerveux endormi. Nous avons déjà fait remarquer la différence fondamentale séparant deux hommes
Dminr. — Méc. et éduc. 13
également musclés mais développés par les machines ou par les sports.
Le premier possède des muscles, mais il est incapable d'utiliser sa force, le second est au contraire adroit, audacieux et plein d'initiative. La supériorité du second est évidente.
Fig. M8. — Appareils à contrepoidi de Burlow.
Les machines à contrepoids sont des appareils de gymnastique de chambre ou des appareils pour les malades, on peut cependant en tirer un bon parti si Ton sait s'en servir.
Triât a été un des premiers à les populariser et à les adapter à toutes sortes de mouvements. Nous nous rappelons en avoir vu une grande variété dans son gymnase de l'avenue Montaigne depuis longtemps disparu.
Ensuite M. Burlow a construit pour M. Paz des armoires spéciales permettant de diriger et de graduer la résistance à vaincre; un lit placé devant l'appareil avait l'avantage de donner au corps différentes orientations et de varier ainsi la répartition des contractions musculaires (fig. 268).
Ce que nous avons dit des diverses combinaisons possibles du corps avec une résistance à vaincre, tableau de la page 171, s'applique aux appareils à contrepoids, nous n'y reviendrons
AIVAXYSB DBS ATTITUDBS IT DBS MOUYEMBIITS
plus. Parmi tontes ces combinaisons, les plus utiles sont toujours celles qui mettent en jeu les muscles du dos et les muscles de TâtMlomen et les raccourciront. Citons par exemple Tabduction
Fig. S69.~ Exercices usités aux appareils à coatrapoids.
I, Action des muselés du âbê et des extemeore du rachis ; — 2, action en«or« plot groupes musculaires ; — 3, aclion des muscles pectoraux el abdowiore plus énergique des mêmes muscles abaisseurs du bras et 114-
des
; '— 4, action encore du tronc.
horizontale des bras, le tronc fléchi, les jambes tendues face 4 Tappareil. L'exercice est difficile, pour être bien exécuté il demande l'extension de la tête et du dos, extension contrariée par la flexion du tronc. Il devient extrêmement énergique lorsqu on l'exécute les bras étendus et élevés avec une flexion marquée du tronc, les jambes tendues (fig. 269 et 270;. Nous avons donné les règles générales d'analyse de tous ces mouvements, nous faisons cependant encore remarquer combien il importe de tenir compte de la direction du cordon pour ne pas commettre d'erreurs. Par exemple J'engage le pied dans un étrier tiré vers
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la haut par le contrepoids, et j*exécute un mouvement d'extension simultané de la cuisse, de la jambe et du pied. Il est facile de voir Teffet différent du contrepoids suivant la direction du cordon par rapport à la jambe et suivant l'angle de la jambe avec la cuisse. Dans la position 1 (fig. 271) le cordon produit
Fig. 270. — Traction horizontale, action des muscles extenseurs et fixateurs de l'épaule en arrière.
Fig. 271. — On voit l'action de l'appa reil à contrepoids susciter la contraction des muscles fléchisseurs ou des muscles extenseurs de la jaœbe suivant la direction du cordon
la flexion il produit, au contraire, Textension dans la position i. (]ette disposition fait agir très peu les extenseurs de la jambe mais elle sollicite constamment les extenseurs de la cuisse.
Les extenseurs de la jambe sont constamment en action pour marcher, courir, sauter; l'effort d'exteasion prédomine aux jambes, Teffort de flexion aux bras. Les appareils à contrepoids peuvent remédier à cette désharmonie en changeant complètement la direction des résistances à vaincre; il n*est pas utile de recourir aux machines exagérant les contractions habiluelles.
Le défaut général de ces appareils entre des mains inexpérimentées est justement de faire double emploi avec les exercices naturels.
Imperfections des appareils a contrepoids. — Ils sont imparfaits pour trois raisons : i^ ils présentent une résistance constante à vaincre pour une action musculaire variable; 2® La direction des cordons pendant le mouvement change à chaque
AHALTSE D^S ATTITUDES KT DBS MOnVBMSlfTS
instant ayec la direction des segments osseux et s'exerce ainsi soils des angles tout à fait défavorables; 3** ils ne sont pas exempts des effets d'inertie constatés à propos du maniement des haltères.
Exemples : Dos à l'appareil , adduction des bras tendus; au
Pig. â72. — Machinés gymnastiques à résistances variables permuttant d'opposer aux mouvements un effort continu et proportionné à l'action musculaire, soit au moyen d'une spirale, soit au moyen d'une chaîne de poids.
début du mouvement les poids agiront sur toute la longueur du bras c'est la position la plus défavorable pour les muscles, il faut exercer un effort extrêmement pénible pour démarrer, puis l'obliquité du bras augmentant sans cesse, reffort musculaire diminue toujours jusqu'à la position horizontale en avant où l'efifort passe aux extenseurs de Tavant-bras et aux fléchisseurs du tronc (fig. 269). Dos à l'appareil, les bras élevés audessus de la tête, flexion du tronc avec abaissement des bra». Même difficiïlti de démarrage, les poids agissent perpendiculairement aux bras, l'abaissement est pénible^ ce sont les flccliisseurs du tronc qui en supportent une bonne part et celle part ne fait qu'augmenter, mais le poids du corps y aidant, la force musculaire devient de moihs en moins nécessaire. Dans la position finale (iig. 269.4) le poids du corps penché en avant remporte largement sur les contrepoids et l'action musculaire est à peu près nulle.
MÉGiLNISKE ET ÉlXUCATIOll DBS HÇUVEIieNTS
L'inertie des contrepoids se fait sentir au début du mouvement si Ton tire vivement sur les cordons, on constate d abord une forte résistance^ puis les poids acquièrent une vitesse qui tend à se conserver et devient, si les bras se ralentissent, supérieure à la vitesse des mains. Les cordons cessent alors d*étre tendus et l'action du contrepoids est nulle.
Fig. 278. — Appareils & ressort et à contrepoids permettant de diriger la résistance à vaincre dans toutes les directions.
Le poids a son mouvement propre, il n'accompagne jamais exactement la main, tantôt il avance, tantôt il retarde sur celle-ci. L'effet indiqué est encore plus sensible si les cordons se réfléchissent sur des poulies de petit diamètre créant des résistances nouvelles, si les poids sont guidés dans des glissières k frottements, ce qui rend l'instrument extrêmement paresseux.
Manière d'y revédier. — Il y aurait bien des moyens de remédier à la variation de l'effort musculaire suscité par les appareils à contrepoids en donnant au contrepoids une variation d'effet constamment en rapport avec la variation de Teffort normal.
Nous avons proposé * d'employer des poulies légères de grand diamètre, environ la moitié du rayon décrit par la main ; pour remédier à la différence d'effort qui peut varier de 5 à 40 kilo-
1. Communication faite & la deuxième Assemblée générale da Cercle de Gymnastique rationnelle en 1880.
ANALYSE DES ATTITUDES BT DBS MOUVEMBNTS
grammes suivant la position du corps, le cordon du contrepoids doit être indépendant de celui de la poignée. Celui-ci s'enroule sur un arc de circonférence celui-là sur une. spirale. Les diamètres de cette spirale croissent proportionnellement
à Teffort; le contrepoids agit ainsi aux extrémités de bras de leviers d'autant plus grands que l'effort est plus considérable.
Fig. 274. — Comparaison des exercices aux appareils en caoutchouc ou aux appareils à contrepoids.
Le caoutchouc resUni tonjoun teadu exerce une action conlinue tur les musclée. La eoDlrepoidfl au oontraire oe suiTant pas exactement le mouvement do Ml main, les cordoM sont tantôt forCemont tendus, tantôt tout à fait relâchés.
Cet elSbrt serait préalablement déterminé au dynamomètre de traction (fig. 272).
Le grand diamètre de la poulie a pour but de n'exiger qu'une fraction de tour, d*éviter sa vitesse trop grande, de diminuer les frottements et de produire un jeu doux et régulier.
La variation dans l'effet du contrepoids peut être produite également au moyen d'une chaîne de poids fixée à un mur, comme les anciens ponts-levis (fig. 272). Cette chaîne pendant librement entre la poulie et son point d'attache exerce un effort d'autant plus intense qu'il y a plus de poids soulevés.
Appareils a ressort. — Des appareils plus simples mais moins parfaits réalisent les mômes avantages. Un ressort formé par ane lame de bois permet une grande amplitude du mouvement
MéGAïaSMB ET ÉDUCATION DES MOUVEHElfTS
et un effort gradué surtout quand on en réunit plusieurs, comme des ressorts de voiture (fig.273).
Les appareils à ressort d'acier ou de caoutchouc sont beaacoup moins encombrants et rendent de réels services. Les derniers'surtout n'ont pas l'inconvénient d'être pesants ou d'être
lancés, pendant le mouvement, ils restent toujours tendus même lorsqu'ils sont étirés avec vitesse.
Ils représentent donc à chaque instant une force sensiblement constante agissant sur la main.
Les muscles sont toujours solli-
;^ IT cités sous cette action et leurs
•• U P antagonistes relâchés. De là une
i grande facilité pour localiser les
\ contractions musculaires et obte-
nir un développement considérable des muscles mis en jeu. Ce ne sont cependant que des exer cices de gymnastique de chambre ne pouvant constituer une méthode d'éducation (fig. 274).
On a cherché des combinaisons plus compliquées en ajoutant aux poignées des masses faisant l'office d'haltères. L'appareil perd alors ce qui constituait sa qualité, il n'est plus inerte^ la masse des haltères change à chaque instant l'effet de la traction régulière et continue du caoutchouc et l'annule dans certains cas. La figure 183 montre bien la différence entre l'action continue d'un ressort et la résistance variable de l'haltère sur la contraction des muscles du bras. L'exercice aux appareils à ressort produit une fatigue locale sans pour cela demander une grande dépense de travail. Pour l>éviter il faut savoir en varier l'effet et faire porter la contraction sur des muscles différents.
11 ne faudra jamais prendre un contrepoids assez lourd pour empêcher l'extension ou Tamplitude complète des mouvements, faire les exercices à bras demi fléchis serait un défaut sérieux. A ces conditions les appareils à caoutchouc peuvent rendre des services au point do vue du développement musculaire, bien
Kig. 275. — Machine gymnastique destinée à faire produire du travail au moyen des bras.
Un tambour a est serré par une bande d'acier faisant frein. Un poids P pennet de varier la friction et, par suite, l'effort à isire pour faire tourner U maniTeUe.