Marey, Le mouvement ; Paris, Masson
Dkukt. — Méc. et éduc.
238 MÉCANISME ET ÉDXJCATfON BES MOUVEMENTS
ce dernier devient assez sensible pour obéir à des pressions ou
■ FÎR. 339. — Intérieur d'un dynamo^aphe donnant en fonctions du temps la courbe de la pression normale et langentielle des pieds sur le sol dans lea diverses allures (Marey et Demeny).
des chocs instantanés et retomber "immédiatement à 0. Nous avons ajouté à l'enregistrement des pressions verticales l'ias-
■fVr
Vïa. 340. •— Forme de la pression normale du pied dans différentes aUures.
1, pas de route; — 2, pas de charge; 3, pas cadeuci^. Le pas cadencé (3) se fait remarquer par le cboc do pied an déLul, puis par le maintien de la pression an poids ds oorps.
cription des pressions tangf^nliolles en ajoutant à rinstruiuent une disposition spéciale (fig. 339). (Voir VÉcole française,)
Avec de la pratique et beaucoup de soin on arrive à con- ' naître assez cet appareil pour lui demander des mesures abso-
locoMonos
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lues des presstons, la chose la plus délicate et la plus scabreuse de la méthode graphique.
On constate d*abord que la courbe de la pression normale du
Fig. Mi.
-* Combinaison des indications dynam'ograpbiques ayec le données cinématiqaes de la chronophotographie.
pied oscille de part et d'autre de la ligne de poids, elle a une forme caractéristique (flg. 340). La pression dépasse au début la valeur du poids et cette valeur s'acquiert en deux montées dues aux contacts successifs du talon et de la pointe du pied. La figure 341 nous montre la combinaison des données cinémaiiques de la photographie avec les données du dynamograpbe dans un appui du pied. Aux attitudes de la jambe
indiquées par numéros correspondent les pressions mesurées par les ordonnées portant le même chiffre.
On voit deux lignes horizontales entre lesquelles oscille la pression; ce sont la ligne de 0 et la ligne du poids du corps.
Nous avons étudié de très près ces tracés dans les allures normales et pathologiques (fig. 342) ^ . Chaque démarche possède sa courbe caractéristique et ses
Fig. 343. •— Forme de la pression normale du pied.
1, dans la marche ordinaire ; — 2, dans U marche fléchie; — 3, dans la marche jambe raidie. —Où, ligne de zéro du dynamographe ; P P, ligne de poids du corps.
trajectoires spéciales. Avec de la pratique nous étions assez familiarisé avec ces formes pour les reconnaître sans erreur. Cette constance de la forme de la courbe du dynamographe tient à la relation intime qui la lie au mouvement (fig. 343 à 348).
Relation entrb la pbbssion dbs pods sub lb sol et lb mouvement DU CENTRE DE GRAVITÉ. — La prcssiou uormalo du pied sur le sol dépend de la vitesse du déplacement vertical du centre de gravité du corps. Cette pression est tantôt inférieure et tantôt supérieure au poids du corps; Texcès de la pression normale sur ce poids est proportionnel à l'accélération du mouvement vertical du centre de gravité.
Ainsi le dynamographe n'indique aucune pression supérieure au poids si la trajectoire du centre de gravité est une ligne droite horizontale ou si le mouvement vertical du centre de
1. Demeny et Quénu, Étude delà locomotion dans les cas pathologiques» Comptes rendus Ae. des Se., 28 mai 1888.
LOCOMOTION
gravité est un mouvement uniforme; il y a alors égalité entre le poids du corps et Faction verticale du membre inférieur.
Le dynsii^ûgraphe indique une pression constante et supérieure au poids du corps, si le mouvement vertical du centre lie gravité est uniformément accéléré ascendant ou retardé
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HÉGANISMB ET tODCATION DES MOUVHIMENTS
desceadant; les muscles extenseurs font du traTsil moteur dans le premier cas, du travail résistant dans le second.
OD
Si le mouvement vertical du centre de gravité était uniformément accéléré descendant uu uniformément retardé ascen-
LOCOMOnOM
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àant^ les choses se passeraient comnio dans la chute libre et le dynamographe indiquerait une pression nulle.
Ainsi en se laissant tomber librement en fléchissant les geaaux on ^oii la pression tomber à 0 dès que le mouvement
Wormal
anjle déposer * XV ani^lede leyer» 30* Lever
Fig. 845. •— Cîourbes de la viteise de flexion et d'extension de la JamlM •nr la cnisse, et de la cnîsse sur le tronc, pendant la marche normale dans le lever et le poser du pied. La flexion est inscrite au-dessus de la ligne des abscisses, Textension au-dessous ; les vitesses de flexion et d'extension sont tirées des figures 295, 296, 297, ,298 et 299.
Lever
Fig. 345. — Loi du mouvement de ilexioa et d'extension du membre Inférieur pendant le lever et le poser du pied dans la marche d'un ataxlque. [Comptes rendua de l* Académie des Sciences, 7 mai iS89.)
du centre de gravité est uniformément accéléré. Le corps se trouve même suspendu un instant si Ton a retiré assez tItsment les pieds (fig. 349, 350 et 331).
Si le mouvement vertical du centre de gravité est varié sans être uniformément varié, les courbes du dynamographe sont sinueuses et ses inflexions sont celles de la courbe de Taccélération du mouvement vertical.
MÉCAlflSMB BT EDUCATION DES HOUTEHElfTS
Mais il faut avoir soin de remarquer que rinstrument ne distingue pas, pour les pressions excédant le poids du corps, si elles sont dues à une extension active du membre à l'appui, ou bien à un effort résistant, résistance accompagnée cepen-
NormaL
Fig. 347. — Courbe» indiquant les yitessea relatives projetées borisonta-
lement de la bancbe, du genou et de la cheville pendant un pas.
Lm ordoim4M npréMBtani 1m étpaeet puoonnis duw 1/30* de «conde.
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LéVCT
Fig. 348. — Vitesses horizontales de la hauche. du genou et de la cheTÏUé
chez un ataxique.
Comparer ces coarbM à celles de U marche normale. Û%. t47.
dant d'une flexion. M. Marey n*a pas tenu compte de cet» observations ce qui lui a valu de la part de M. Giraud-Teuion quelques critiques fort justes ^ En opérant dans ces conditions nous avons pu, après un
1. Voir Comptes rendus de l* Académie de médecine, 25 septembre 18S3; discussion de Marey et Giraud-Teulon.
LOCOMOTIOiN
travail assez délicat reconstituer les courbes données par le dynamographe au moyen des trajectoires chronophotographiques de la même allure.
Formes gabagtbristiqubs db la pression dss pibds dans Dir- FBBENTBS ALLURES. — Nous indiquous ci-dessus quelques formes caractéristiques de la pression du pied dans la marche normale, la marche fléchie, la marche raidie et les allures
Pig. 319. — Disposition pour inscrire simultanément la pression des pieds snr le sol et le mouvement vertical de la tête au moyen du dynamographe et d'un âl de caoutchouc (Marby et Demany).
Fig. 350. ^ Suspension du corps sans sauter par la simple flexion vive des jambes.
La figure ponctuée correspond à la station droite, la figure en traits pleins i la su», pension. Les lettres indiquent la situation de la tête, de Tépaule, de la hanche, du eenou et de la cheville correspondanl dans les deux attitudes et sont réunies par les trajectoireis décrites par ces points.
militaires, pas de route, pas de charge et pas cadencé (flg. 340. et 342).
Ce dernier pas est assez brutal, il ne peut être considéré comme allure pratique, c'est peut-être un exercice gymnastique, mais qui est si différent de la marche normale qu'il est impossible de le considérer comme un moyen d'éducation ayant pour but d'améliorer la marche. Tout ce que nous voulons atténuer dans celle-ci, réactions verticales du corps, choc do
MÉCANISIIB ET IDUCATIOA DBS MOUVEMENTS
pUd am poser, Tariations dans la vitesse homontale de pro- 1, tous cas défauts sont justement exagérés dans cette
\^". :--iv
Ttmbi
?% . S5f . — Inscription du mouTemeut vertical de la tête et de la presaioa normale des pieds montrant qu'on se détache de terre sans sauter par le raccourcissement rapide des jambes.
On fMl U ttte 4e«MMire dis k début et 1» djmiMgra^ isoiber à aéro.
aH«re d'ailleurs très fotigante qui ne peut être con^dérée que comme allure de parade (fig. 3Hi2).
GoKPOSAHTi TAHfiiDvnsixx DB LA PBxssioK DU PUD. — La force impulsive n'est pas en réalité représentée par la pression normale du pied, mais par la composante tangentielle horizontale dans La direction de la progression (fig. 353).
Cette pression tangentielle du pied dabord négative an moment où le pied pose à terre devient ensuite positive. Le ciu»c du pied retarde donc la vitesse de progression tant que te rayon du membre n'a pas dépassé la verticale. Cependant 1^
LCMSOMOTION WJ
pied au moment du poser o'a pas nécessairement une action retardatrice. D y a des cas où l*on tire avec le pied comme le
Kig. 352. •-— Marche de parade au pas cadencé» la jambe étendue en avantT le pied posant à plat (Allure défectueuse).
cbeval attelé tire avec son avant-mtain dans le démarrage. Les muscles fléchisseurs de la jambe et extenseurs de la cuisse
FIg. 353. — Tracés correspondants de la pression normale N et de la pression tangentielle T du pied pendant la marche.
0, 0, ligne de léro du dynamographe ; P, P, ligne de poids. On Toit la presàon T être ■égatiTe an poser da talon et devenir ensuite positive à la fin de Tappui du pied.
peuvent produire cet effet très facilement. On expliquerait ainsi la substitution subite de leur contraction à celle des extenseurs de la jambe et des fléchisseurs de la cuisse au moment du poser. (Voir pression tangentielle du pied in L'Ecole franfaise.)
Variation ob la pbbssion ntr pisn avec le rythme . la chargi
ET LA FATIGUE. — Ott voit dans la figure 354 la loi de variation de la pression des pieds dans la marche de plus en plus accélérée. Des deux maxima de la pression qui ont lieu pendant Tappui, le premier augmente avec la cadence, le second diminue avec elle^ en même temps la petite échancrure qui précède le premier maximum diminue de plus en plus.
ii' Course
Fig. 354. — Forme de la pression normale do pied sur le sol dans des marches variant de la cadence 40 à 90.
On a pria une même orieinf des temps en 0. — 0, 0, ligne de zéro du djmamograpbe . P .P. lii^e de poids du co^s. On Toit la différence des tracés correspondant à une marelie •t à me course efiectuées au même rythme. 85 pas i la minute.
La charge et la fatigue agissent dans le même sens sur la durée de Tappui du pied.
L elTet principal est de prolonger cet appui et surtout de prolonger la durée du double appui comme dans les claudications douloureuses. Il est pénible en effet de rester en équilibre sur une jambe lorsqu'on est lourdement chargé, c'est pourquoi le pied aussitôt levé se porte rapidement en avant pour diminuer le temps d'appui unipédal et la fatigue qui en résulterait (fig.312).
InFLUBNGB DR LA CHARGE ET DR LA TAILLB SUR LA LONGUEUR DU PAS
■T LA VITESSE. — La lougueur du pas diminue chez Thomme fortement chargé, il en est de même de la cadence.' La taille produit un effet à peu près semblable sur la cadence, la longueur du pas n'augmente pas assez avec la taille pour compenser le ralentissement de la cadence, il en résulte une différence peu sensible dans la vitesse de progression. Il n'y a pas
LOCOMOTION 269
similitude entre deux hommes Tun de grande, l'autre de petite
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Piir 355- Mbleau résumant on grand nombre de mesures et d*expé
riences faites sur 250 hommes d'infanterie, en collaboration av-ns le capitaine Andriveau, en 1891.
Lm tailles «ont portées en abscisses et en centimètres. Les courbes indiquent U longomr ^a^ed U h»utenr du genou, la longueur du membre inférieur, la hauteur du centre de ^X\%A le poids. U circonférence thoraciquo, la capacité respiratoire en fonction de la tailla. SnVoit la longnear dn pas ordinaire, du pas arec charpe de 20 kilpe. et la cadanee à U nîteaU (pas simples) de la marche sans charge et avec charge de 20 kDog.
taille. L'homme petit compense la petitesse du pas par la vivacité de ses mouvements et la rapidité de son pas.
Le tableau précédent est le résultat d'expériences faites sur 250 hommes d'infanterie avec le capitaine Andriveau, il indique
MÉCANISME ET ÉDIKIATION DBS MOUVEMENTS
les variations de la longueur di: pas et de la eadeoce avec ou sans charge et suivant les tailles de 4",55 à 1",80 (iîg. 355).
Montée et descente d'un escalier. — L'inclinaison du terrain agit sur la longueur du pas. Celui-ci est plus long en montée qu'en descente et la pente du terrain a pour effet de changer Tattitude du marcheur. Lorsqu'on gravit un esca-
hig. 356. — Attiludes de l'homme à la montée et k la descente d'une forte rampe. Marche ascendante facilitée par une légère poussée horizontale.
lier, on soulève la jambe gauche pour la placer sur la marche qui est au-dessus, puis la jambe droite étant totalement étendue, on incline fortement le tronc en avant de façoo à ce que le centre de gravité du corps se projette verticalement au-dessus du pied gauche^ le corps peut alors se maintenir en équilibre sur ce pied, les segments du membre inférieur gaucht formant un système solide grâce à la contraction des extenseurs. Le pied droit se soulève, la jambe droite se fléchit fortement pour aller prendre appui sur la marche suivante pendant que le tronc est soulevé par la seule extension de la jambe gauch« à l'appui. Si la marche est très élevée et surtout très large, la flexion du tronc sera maximum, on tendra même les bras horizontalement en avant, pour amener dans cette direction le centre de gravité. Celuwci est à chaque paâ porté un peu plo5 haut que sa position définitive lors de l'appui delà jambe, et les oscillations latérales sont aussi plus prononcées que dans la marche en plaine (fig. 356). Dans la montée, la composante horizontale d'entraînement diminue beaucoup dlntensité. Aussi favorise-t-on cette allure en s'aidant d'une canne sur laquelle le bras exerce une traction. La moindre poussée horizontale exercée par un aide avec la main dans la région lombaire est aussi active et vous procure un soulagement considérable. • La montée est toujours pénible à cause de la grande quantité
LOCOMOTTOIf
de traTaîl effectué (poids du corps élevé à la hauteur d'une marche) par chacune des jambes alternativement à chaque pas. Nous ne parlons pas ici de la manière d'atténuer les troubles cardiaques et respiratoires qui se produisent de façon à continuer le travail produit ; ceci touche à la coordination respiratoire et à la résistance à la fatigue dont nous avons parlé précédemment.
Marche descendante, — Dans la marche descendante si Ton part du pied gauche, le corps d'abord soutenu en équilibre par la jambe droite descend d'une hauteur verticale égale à celle d'une marche sous laction de la pesanteur, la contraction des extenseurs luttant contre celle-ci et ne permettant qu'une descent^î lente et uniforme. Le tronc est porté en avant au-dessus du pied droit qui {;08e sur la marche placée en dessous. Si la descente est rapide le tronc s'incline en arrière et les bras se portent de ce côté, pour éviter la chute en avant qui tend toujours à
se produire. Les extenseurs du tronc agissent dans la descente, les muscles abdominaux dans la montée.
Les oscillations verticales pendant l'appui du pied ont disparu. Le travail n'est guère moindre que pour la montée, la contraction des extenseurs des membres sert ici. non plus à élever le corps, mais à s'opposer à sa chute et au mouvement uniformément accéléré dû à la pesanteur.
La marche descendante sur une pente un peu forte demande un travail constant des extenseurs, elle fatigue pour cette raison CCS muscles. Le poids du corps fait de plus glisser le pied tout au fond de la chaussure, les orteils sont ainsi froissés et deviennent douloureux.
La montée et la descente semblent demander une même dépense de travail mécanique. Il y a cependant physiologiqnement une différence entre la production de travail résistant et
I^ig
3B7. — Marche rendue impossible dans un couloir étroit qui empêche le» oicUlations latérales du bai-
le travail moteur. Dans la descente, les muscles de la jambe se fatiguant, mais on ne s'essouffle pas. Ce fait reste à expliquer. Le travail des muscles dans la descente peut é{re comparé au travail d*un frein. Nous pensons que les troubles respiratoires ne sont pas identiques dans les deux cas, parce que:
1*" dans la descente les muscles font du travail négatif, et leur allongement facilite la circulation de retour ; %"" Tattitude est favorable à Tinspiration ; 3^ le muscle raccourci en contraction concentrique abandonne et développe plus de cbaleur que le muscle étiré et que la chaleur centrale augmentée est un excitai^t des mouvements respiratoires.
Remarque intéressante : il est plus pénible de descendre une rampe eontinoe qu'un escalier. Dans ce dernier il y a an repos à chaque degré tandis que dans la descente du plan incliaé il 7 a cantinuité dans Teffort de soutien et de rteistanee de la part des membres inférieurs.
Dans la marche à reculons, la longueur du pas est diminuée. Dans la marebe latérale avec ou sans croisement des jambes, celles-ci n*ont plus d*avantage à se flé- L • «ïhir.
Oans la marche, en tirant ou pous-
'— sant un véhicule, la durée de Tappui
I \ I du pied augmente ; le corps s'incline
! / • ; fortement en avant et on utilise son
I ! 1 \ poids au début comme force motrice.
\ / \ I ' Dans la marche sur la pointe des pieds
"^v^r*^ V^ • ■ '* longueur du pas diminue ainsi que
/?,; ^ ^'' les réactions verticales, on n'avance pas
vite; nous en avons expliqué la raison
Fig "isu. — i'iiiid en forme à propos des hauts talons.
de caniveau pour redresser les déviations do pied en dedans. Mabghb DANS UN COULOIR BT dans uk
FOssK. — Si Ton marche entre deux barrières resserrées assez étroites pour empêcher les oscillations latérales du tronc, la marche devient impossible, on se voit obligé de se placer de côté pour progresser. Si l'on marche dans un caniveau ou un fossé présentant des talus inclinés, le pied est tourné en dehors ; c'est un moyen employé contre
LOCOMOTION 278
le vice de conformation du pied consistant à marcher sur le bord externe. Nous ne pouvons pas nous arrêter plus longtemps à analyser ces progressions d*un usage d'ailleurs peu pratique (fîg/3S7 et 3S8).
Effet hygiénique. — La marche est Texercice hygiénique par excellence. Si Ton a le souci de sa santé on doit faire au moins deux heures par jour de marche à Tair pur et à une allure modérée. On se repose ainsi du travail ou d'une longue station debout ou assise. Les contractions musculaires activent le cours du sang, les ébranlements légers communiqués à toute la massa viscérale ont le meilleur effet sur la décongestion des organes contenus dans Tabdomen et sur le cerveau. La respiration activée agit aussi favorablement sur la circulation pulmonaire.
Il faut bien entendu choisir ses heures pour ne pas être incommodé par la chaleur ou par le froid.
Si l'on veut dormir et avoir un sommeil calme on fera une promenade aprèç le repas du soir, on devra s'habituer à ce régime quelque temps qu'il fasse. Les vêtements de laine seront toujours préférables, l'homme prudent aura sur son bras un manteau ou un plaid pour parer aux changements brusques de température si funestes dans nos contrées. Si l'on prend une canne à, la promenade il faut plutôt s'en servir pour la défense et l'amusement que pour s'appuyer, sinon la démarche devient mauvaise et le corps perd de sa symétrie.
Une promenade à pied vaut infiniment mieux qu'une course en bicyclette ou en voiture^ surtout en voiture automobile.
11 ne faut pas confondre la marche hygiénique avec les longues étapes comme on en parcourt dans les records. Autant la première profite à la santé, autant les secondes sont défectueuses et peuvent occasionner des accidents graves. Les moins dangereux se manifestent du côté du pied si la chaussure est mauvaise et si Ton n'apporte pas de soins constants à cet organe.
Hygiène du pied. — Les personnes qui transpirent beaucoup se trouveront bien de saupoudrer le pied de fécule de pomme de terre ou de poudre d'amidon. Elles s'essuieront à sec en ayant soin de ne pas se laver fréquemment. Les durillons peuvent
DssiinT. — Méc. et éduc. 1 8
S74 MECANISME ET Éin7Cim01ï VRS MOUVEMENTS
être évités par des petits coussins de ouate et-snrtoiit^n ayant das bas de laine ajustés de préférence au fil^t au cotOFn.
Les ampoules au talon ou à la plante seront percées d*un fil passé en séton et se desséchant ainsi facilement sans former de plaie. Certaines personnes se trouvent bien de s«' frotter les pieds de vaseline ou de dissolution <le isavon dans l'eau-de-vie. 11 faudra éviter de se cha-offer à la cheminée si l'on craint les engelures.
Les ongles doivent être coupés carrémentsans chercher à lea dégager de la peau (fîg. 389).
li*ongle est nécessaire pour soutenir les parties moHes ; en le
Pig. 319. — Déftimmaun dei xjftails -par ta «diainame «t Ia taiUs aitoiuli»
des oxigles.
À, taille carrée ; — fi. orteU eo marUan et ongle ineanié.
taillant -en .pointe «ur leurs côtés, on s'eiqpase à Tinfirmité connue sous le nom d'ongle incamé.
Les marches forcées, leststations debout prolongées finissent par fatiguer «t enflammer les articulations ; le genou et ia cheville sont particulièrement Biyets à des arthrites graves.
M. Carrieu cite des exemples nombreux de tarsalgies dont il a été témoin chez les adolescents qui 6nt abusé de la marche*.
iHPiDEÎCCE DE LA TAIBUiSfiB SUR LA HAJkCHE. — LeS perSOUDeS
faibles, vieillards ou convalescents n'ayant pas assez de vigueur musculaire, marchant an n'étendant jamais complètement les vsyoBfi de learsfiegments oflBeiix..Le pas eit idors xacconxfii el les TôfiuetioBS verticales du tronc sont augmentées à cause de la
1. D' Carrieu, Dt la fatigue et rft son influence pathogéniquB.
LOOimiiciiT '875
iietihlesse mnscttlaiPB qui i&^dîfie la ibrnie de la trajectoire normale de la handie. U eet beanoonp plus pénibte d-engeBdiw une trajâctoir-e recliligae iiorisotntaïe que de procéder par an» de œrclee lorsque les segmente so^t étendus. Ce ne sont -pi^ là des allures à imiter, «elles sont extrêmement désa^vantafE^iises au yomt de vue sdn Tendement en efiîat utile. I^i^ae auroi» ii revenir €ur le Tie&demejat 'gnand samas adub oecuperoi» eu trsH yaîl dans les diverses allures.