SAUT
Le saut consiste dans une projection de la masse du corps par la détente brusque des membres inférieurs préalablement fléchis.
Le saut est vertical ou oblique suivant que la vitesse communiquée au corps a une direction verticale ou oblique.
Le saut est dit de pied ferme lorsque le corps ne possède aucune vitesse au moment d\\ saut. Le saut précédé d*ane course s'exécute au contraire quand le corps possède la vitesse de la course. G'e^t toujours un saut oblique, on rappelle saut en hauteur et saut en longueur suivant le degré d'obliquité.
Il y a dans le saut quatre phases principales à considérer :
La préparation et l'impulsion, la suspension et la chute.
Préparation, impulsion kt chute du saut. — La préparation consiste dans la flexion des membres inférieurs, elle est exécutée en même temps que rabaissement des bras et suivie immédiatement de VimptUêion, c'est-à-dire de Textension brusque des membres inférieurs avec élévation des bras (fig.415).
La suspension est la période suivante pendant laquelle le corps détaché du sol s'élève et progresse sans toucher terre avec la vitesse communiquée pendant l'impulsion.
La chuie commence au moment où le corps touche tei;re; elle dure jusqu'à ce que toute la vitesse soit annulée. Dans la chute les membres inférieurs jouent le rôle contraire à celui qu'iis avaient dans l'impulsion.
Saut vertical. — Les actes musculaires exécutés pendant la préparation et l'impulsion ont pour but de communiquer à la masse du corps une vitesse initiale considérable dans la direction du saut. Cette vitesse est produite par l'extension vive des membres inférieurs qui a pour effet de repousser avec la même intensité et en sens contraire, le corps d'une part, la terre de l'autre.
La vitesse initiale communiquée est en raison inverse des masses, la terre ayant une masse infinie par rapport au corps, son mouvement est nul et le corps se meut comme un projectile sous l'effet d'un ressort. Il se détache de terre si la vitesse initiale communiquée est suffisante pour l'élever à une hauteur supérieure à la longueur des jambes. Si l'on était sur un obstacle n'ayant pas la solidité du sol, un bateau, ou un tremplin, par exemple, l'impulsion ne serait plus utilisée totale-
LOCOMOTION
1^. 41 s. — Attitudes principales d'un saut en hauteur. ' 1 et S, préparation; — i, impaliion; — 4, snapensioa du corps.
3Î0 MÉCANISME ET ÉDUGAHON DBS MOUVEMENTS
tnent poar le saut, Tobstacle serait mis en mouvement comme le canon recule lors du départ du projectile et les quantités de mouvement c'est-à-dire le produit des masses mises en mou- Tement par les vitesses respectives du corps et de l'obstacle seraient égales.
L'impulsion se mesure par la pression des pieds sur le sol au moyen du dynamographe inscripteur dont nous avons déjà parlé à propos de la marche (fig. 339).
Nous avons vu la pression des pieds croître toutes les fois que Faccélération verticale du centre de gravité a le même signe que sa vitesse d'ascension ou de descente, c'est-à-dire quand le mouvement est accéléré ascendant ou retardé descendant. La pression des pieds est égale à la somme algébrique P + m Y-
P étant le poids du corps, m sa masse, y l'accélération da mouvement vertical du centre de gravité en grandeur et signe.
La courbe des pressions donnée par le dynamographe n'est autre que la courbe des accélérations du mouvement vertical du centre de gravité et nous avons pu reconstituer ce dernier mouvement avec les données de l'impulsion ; à chaque instant
la relation -y (^ — vo j = j Fdf — P/ doit être vérifiée.
Préparation du saut. — La préparation du saut consiste dans un abaissement des bras et une flexion des membres inférieurs, l'impulsion suit immédiatement, commence avec l'extension vive et l'élévation brusque des bras.
On élève les bras au début (fig. 416) pour pouvoir les lancer davantage en abduction en arrière dans la position suivante et finalement pour leur communiquer, au moment de l'impulsion, une plus grande vitesse d'élévation. On peut substituer au mouvement de balancement des bras un mouvement de circumduction, cela importe peu pourvu que l'élévation soit exécutée , très vivement comme nous allons le voir.
Impulsion, effet du mouvement des bras. — Les mouvements des bras ont une grande inûuence sur l'intensité de Timpulsion.
Voici par quel mécanisme :
L'abaissement du tronc et des bras produit des variations de la pression des pieds dans le même sens et s'ajoutant.^Il en est
LOCOMOTION 891
de même de rélévation du tronc et des bras exécutés simultanément immédiatement après rabaissement (flg. 417 et 418). L'élévation des bras augmente l'accélération du mouvement ascensionnel du centre de gravité et par suite la pression des pieds sur le sol liée intimement, nous Tavons yu, à cette accé* lération. La pression considérable des pieds sur le sol qui a lieu en ce moment/s'exerce à l'extrémité des segments fléchis du membre inférieur; la tension des muscles extenseurs devient considérable. C'est justement alors que commence l'extension
Fig. 416. — Les trois temps d'un saut de pied ferme sur place. ÈliTation des brts, i^paralion, imimlsioii et suspensioiL
active ou la phase utile de l'impulsion. L'acte musculaire d'impulsion est donc favoriisé par l'élévation des bras, puisque la contraction volontaire se transmet à des muscles déjà fortement tendus^ ce qui leur permet, dans un temps très court, de produire une action extrêmement énergique.
La vitesse d'élévation du centre de gravité est produite par la tension des muscles. On peut remarquer que l'élévation des bras annule en partie l'abaissement du centre de gravité dû au changement d'attitude du corps quand la jambe s'étend.
La vitesse ascensionnelle du centre de gravité pendant l'impulsion est d'autant plus grande que la pression des pieds est plus considérable.
Si la pression se maintient constante^ cela indique un mouvement uniformément accéléré; sitôt qu'elle baisse, l'accélération du mouvement diminue, quand elle est égale au poids du corps, le mouvement est uniforme mais cela ne dure qu*un court espace de temps.
Qnoirr. - Hée. et édoe. 21
192 MÉGAinSME ET teUGATION DES MOUVEMBlfTS
La pression tombe à 0 dès que Tacoélératioii devient égale
Ztéi^eJmPotda
.Ât4ne <ie, Zrr»
fig. 417. — Effet de rélévation brusque des bras sur la pression des pieds f or le toi. Analyse cinématique du mouvement par la chronophotographie tl tracé dynamograpliique correspondant
|« pnssioD Mt supérieure puis inférieure au poids du corps. On voit U hanche ae déplacer en arrière pendant l'éléTation des bras en entrainant le eoips entier.
\ celle de la pesanteur dans la chnte libre. A ce moment, il n'y a plus d'action des membres inférieurs et le centre de gracile
tfiàknB msticalemeat jugqa'à oe fae sa miasm «HtattBakâe par raciiaii conslaïute de la pesaajkeur.
Jfti'^r drbvti
Wi%. «tS. — Abaissement brasqne des bras. Analyse cinématique du mou» ▼ement et tracé dynamographique correspondant obtenus simultané • ment.
Ob voit It pmiioii des pieds 8*abaiiMr, pois remonter look i coup an-dewu du poida ém Mrpe dès que l'acoéléretioB da moofvviBent rertieel descendant da centre de gnirilé éKtuoÊiBj poit la prsesion rsTieat 4 la Taleor dn poids après quelques osciLUUoos.
L*accélératioii du mouvement vertical dimiaue toujours, s'aiir
MÊGAMISHB ET ÉDUCATION DB8 HOUTBIIBNTS
nule, change de signe, mais quand bien même la Titesse communiquée du corps ne serait pas suffisante pour le séparer ou sol, la pression des pieds reste nulle tant que Taccélération du mouyement ascendant retardé ou descendant accéléré est égale à celle de la pesanteur. Elle augmente dès que l'aocèlération du mouvement descendant diminue. La figure 419 montre que le fait d'élever vivement les bras et
rfg. 419. — Pression normale des pieds sur le sol dans rèlévation vire
des bras.
1, la preiaion s'élève pois s'abaîMe ; — 2, la prewicm l'abitwa Jnsqa'à liro.
de les arrêter brusquement dans la position horizontale peut foire tomber la pression des pieds à 0.
L'arrêt brusque se fait aux derniers moments de l'impulsion ; il favorise la séparation du corps et du sol, séparation qui se produit dès que la distance verticale parcourue par le centre de gravité est plus grande que la longueur dont s'accrott le rayon des membres inférieurs pendant le même temps et par leur extension.
On voit dans le tableau suivant les variations de la pression des pieds sur le sol pendant les actes de la préparation du saut et de l'impulsion (fig. 420).
On voit en 3 la combinaison des tracés dus séparément à rabaissement des bras et à la flexion des jambes. Ce tracé pris pendant l'exécution des actes simultanés ne diffère des précédents que par Tintensité des variations dans la pression.
11 en est de même des tracés 4 et B dus à Télévation des bras
LOCOMOTION
6t à celle do corps, qui donnent par superposition des deux actes simultanés le tracé 6.
La succession des mouvements d'abaissement et d'élévation
AikiiJJt^f"^^
EU'vAtion
S'ittti
Fig. 420. -> Différentes formes de la pression nonnale des pieds sur le ^1 obtenues en combinant les mouvements du corps et des bras al parmettant de comprendre le rôle de ceux-ci dons le saut.
du corps (tracés 2 et 5) donne le tracé 7 qui est la superposi* lion des deux premiers avec coïncidence des maxima de la pression.
Le balancement des bras ajouté au mouvement d'abaissement et d'élévation du corps ne fait qu'exagérer encore las maxima et minima de la courbe des pressions sans en changer la forme et donne le tracé 8.
Sâ6
HÉGANISMB BT AMIfiâSI»» DES MOUVSlIEltTS
Les tracés 9^ 10, 11 ei 12 mMtenk le» eempUcettoa» de rimpulsîon dans un saut vertical simple exéeaÀé d*e partant fléchi^ puîa fléchi ayeo mon.'veiBeBi dee bite^ debout avec flexion et extension des membres inférieim, enfli avec mouvement complet des bras.
FORMB DB l'impulsion BN BAPPOET AVEC LA HACTEUB DU SAUT.
- Nous avons vu que pendant l'appui des pieds qui précède
Fig. 421 . — Analyse dynamographique de deux sauts de haateurs diiférentes, partant de la position accroupie.
U s«ut le pins hmt D'C* ne eonc'vond pas d'knpolslon U phu grande. Le» aine dlmpnbioD ^«t enriispona à on absinenaat pins grand dn
i Teffort raaximom da pied maie à Taira ■ont tefntèee de hâcburee ; le aaat le pbu eorpe pendant la phase de préparation.
ia suspension du corps, la pression varie constamment» Elle nous est donnée par les courbes du dynamographe. Si nous considérons Taire comprise entre les ordonnées (vitesse 0 et instant où les pieds quittent le sol) et Taxe du temps, elle repsésente TimpuMon des membres inférieurs pendant le temps considéré.
Aire d'ii^pulaîon = Ç Hàt = m(V<-«e)
Cette aire eefc proportionudlle à la vitesse communiquée au centre de gravité du corps an bout du temps t; elle mesure exadfisiefti la quantité de mouvement du corps après l*impalsien.
Lai lbiiB»dtt r«n d'impiikiM a'est pas fixe; OQii8idéroiia4a daoaëea aaula simples, ssm aottVMieBts da bras» c'ast-4rdJM des SBols de piad fmne as partant de la station aeeroupie. Nms oautatoa» qoe^ponr une mAme lutateor de seoi et oAe xnéme masse à moa^mr, la pression passe par des Taleina
Fig. 4S2. » Deux sants en hanteurde hanteura inégale*, arec abaineonaft préalable sans mouvement des bras.
ait lÉiinMiMBMftU t4to^ — h, élévutioa wcciriv». La pnodon maiimum du pied K n* cMiMpand jw «a Mnt lo plus éleré. Ga darnier ast obtenu grâce à une durée plu» lm%m da ranpm dn piaé muremat. ^tmmÊÊaà/m plu» oMniaéa daa iambaa ; l'aica d*laif»)mm A' ««^fC «tandua qM A
maxima très différentes et qu'aux plus grandes valeurs correspondent les durées d'appui les plus courtes.
Ponr on môme sujet, la hauteur du saut dépend de la valeur de Taire d'impulsion quelle que soit sa forme ^ ; les sauts les plus élevés ne correspondent pas forcément aux efforts pins intenses, mais on compense la faiblesse du coup de jarret par la durée de la détente.
Ceci est comparable à l'effet d'une poudre lente agissant
1. Uarey et Demeny, Méoaniime du saut, AcadémU du Seieneei, 14 ao&t iS85.
MfiG^mSlIE BT ÉDUCATION DBS HOOTEHENTS
longtemps sur un projectile dans le canon d'une arme à feu on • d'nne poudre brisante agissant pendant un temps très conri, mais acquérant pendant ce temps une force élastique considérable. La vitesse initiale communiquée au projectile peut être cependant la môme dans les deux cas (fig. 421). Les sujets qui ont un grand pied ou qui Tallongent au mojen
Fig. 423. » Trois sauts en liauteur analysés au moyen de l'inscriptioD simultanée du mouvement de la tète et de la pression des pieds sar le sol.
On voit les hauteurs d'élération de la tète A, A|, A,, croître arec les abaÎMem—to préilableB au-dessous de la ligne de nirean e é dans la station debout. On voit égalemaa* les hauteurs du saut croître avec les aires dlmpulsioa A, A^, A,.
d'une semelle rigide, prolongent Faction de leurs membres inférieurs et augmentent Taire d'impulsion. Il en est de même de ceux qui font une grande flexion préalable des genoux. Les sauts les plus élevés sont tous précédés par une plus grande flexion (fig. 422 et 423).
Pour un même sauleur, les aires d'impulsion sont propartionnelles aux vitesses communiquées au centre de gravité ou aux racines carrées des hauteurs d'élévation de ce dernier.
Aire Aire'
Cette loi se vérifie expérimentalement si Ton a soin d'allonger complètement les jambes pendant la suspension do
LOCOMOTION SS9
saut de façon à ce que la hauteur dont s'élève la tête soit égale à celle dont s'élève le centre de gravité.
En réalité Taire d'impulsion dans un saut n'est autre que le coup de jarret, dont les deux éléments principaux sont la force et la durée.
GomiSNT SI PBODUIT LA PBBàSION DIS PIBDS DANS l'blAvATION
DIS BBAS. — On peut expliquer l'influence de l'élévation des bras sur l'augmentation de la pression des pieds par l'inertie de la masse du corps.
L'élévation brusque des bras produit un ctiangement de forme du corps qui a pour effet d*élever brusquement le centre de gravité de quelques centimètres (fig. 417).
Si le corps était libre dans l'espace, aucun déplacement des membres ne pourrait déplacer le centre de gravité, puisqu'il serait dû à des forces intérieures, c'est le corps qui se déplacerait autour de son centre de gravité demeurant fixe.
L'élévation des bras produirait un abaissement de la masse du corps d'une valeur égale au déplacement absolu du centre de gravité dans le corps lui-même. Mais si les membres inférieurs reposent sur le sol, le corps tend à descendre par le fait de l'élévation des bras, cette descente du corps se manifeste par une tendance à la flexion des membres inférieurs. Cette flexion des membres inférieurs tendant à se produire juste au moment où l'action des extenseurs commence^ nous comprenons qu'elle augmente la tension de ces extenseurs et que la vitesse de propulsion soit ainsi augmentée par l'élévation brusque des bras.
Influence d'un saut préalable. — Lorsqu'on veut sauter haut, on fait un saut préalable qui sert pour ainsi dire d'appel. Au moment où l'on touche terre on résiste par la contraction des extenseurs à la flexion des membres inférieurs qui tend à se produire dans cette chute. La vitesse du corps diminue alors et s'annule. A ce moment les extenseurs sont fortement étirés et d'autant plus tendus qu'ils ont plus résisté à la flexion des jambes.
Sous l'influence de cette tension des extenseurs, le mouvement va changer de sens et la vitesse communiquée au corps sera d'autant plus grande que l'effort d'extension a dès le début du mouvement une valeur plus grande.
L'entrée en jeu des extenseurs, avant même le changement
MÉGA.NISNE ET ÈWJCàXM» DBS MOÏÏVBIIBNTS
de sens du moaTemeat» réalise donc la meilleure eonditioa d'effet utile.
La ligure 424 représente les aires d^impulsioa et les hauievs d'élévation correspondantes de la tète dans de» sauts^successifa^
Les tracés du dynamographe montrent que la pression des pieds sur le soi, pression qui mesure la force d'extension des
Pig. 424. — Sauts tucceMifs en hautevr. loMriptioa du mouT^nent rarlical de U této et de la pranioa des pieds mt 1» mI.
membres inférieurs, se maintient à une valeur considérable pendant la phase d'amortissement et la phase de détente qui se succèdent sans discontinuité ; finalement la hauteur du second saut D est plus élevée que celle du premier B.
L'accélération dans la descente du centre gravité du corps à la suite du saut B est la môme que l'accélération dans la montée de l'impulsion du saut D. La vitesse a changé de sens, mais rinstrument n'indiquant pas de différence entre le travail rési^ tant des muscles dans la phase d'amortissement et le travaâ moteur dans la phase d*impulsion, la pression des pieds se maintient pendant le changement de sens du mouvement.
1. G. Demeny. Du rôle des mascles antagonistes dans les aetev et la looomotion^. ArchivêÊ de Phgmolofp», aviii ISei.
wmmoTKm
8Si
Dans on mm wee préparstion eomptète eoBsistant dans
l'abaissement du corps et le balancement des bras (fig. 415).
On voit la division de l'aire d'im pulsion en deux parties : celle qui correspond au travail résistant de flexion et au travail moteur d^imfpulsion lorsdn ehangament de sens de la vitesse du corps.
Fig. it5. — Décomposition de Taire d^mpalsion dans- un sant complet avec préparation et mouvement des bras.
Ia nirtift a «i»imw*^ «a tmvûl rijântinf d» mwalet 4m jtmbM paiéMi TêbÊÈÊ^ ■■al da OMpt ; H pirlie I oorrnwBd «a UAvail inpnkif qui est obtaav loti d» Mlif liia da omp» fir om (nuioii déji eonidénblB d« «s Bastlsa. La Igo» aipéitea» iniiitMii . 1^^ wtinl de U tête rédnit aa moT«nd*«n fil de caoutchous «t dont la tiMé
r a «M da dTMinpilèe (foi ert a^dHWM.
Influsngb db la massr a mouvoib. — Si Ton ajoute une surcharge au poids du corps, la durée de Tappuî pour une même hauteur de saut augmente avec la masse (fig. 42^.
Les aires d'impulsion sont, pour une même vitesse initiale» proportionnelles aux masses en mouvement. Elles sont proportionnelles aux produits des masses par la vitesse correspondante, c*est-àrdire aux quantités de mouvement communiquias après Timpulsion:
U en résulte que pour une même aire d'impulsion» le produit dtt poids du sauteur par la racine carrée de la hauteur d'élévation du centre de gravité est constant. L*aire d'impulsion aat
P i/î?' proportionnelle à ce produit -pr = ~/f » ^ hauteurs de tauc
332 MÉCANISME ET ÉDUCATION DBS MOUVEMEMTS
sont inversement proportionnelles aux carrés des poids pour un même coup de jarret.
f Nous avons pu vérifier expérimentalement cette loi dans des caa simples.
Sauts avec HALTèaEs. — Les anciens se chargeaient les mains de masses additionnelles qui avaient pour celte raison reçu le
Ihg. 426. — Sauts simples verticaux sans l'aide des bras avec surcharge de 5 kilogrammes (haltères aux hanches) .
Hauleun d'élérationa do la têlo et aires d'impulsion oorrespondaules. 1, sans pokU : S, charge de 5 kilog; ~ 3, charge de 10 kilog.
nom d'haltères. L'effet de ces masses est d'augmenter la force impulsive en augmentant Taire d'impulsion. La masse des haltères agit aussi comme un balancier à cause de son inertie. Le sauteur en abaissant vivement les bras peut trouver sur ces masses un point d'appui momentané qui permette au corps de s'élever plus vite. Mais il doit lÀcher les haltères à un moment convenable po«r cela. Nous avons vu dans les cirques des sauteurs franchir ainsi facilement une voiture de fiacre.
A cet eiTet le sauteur fait deux sauts successifs, le premier sur le sol, le second sur un tabouret et pour exécuter le saut en longueur il lève les bras et les abaisse vivement en lâchant les haltères lors de leur abduction forcée en arrière (fig. 437).
Un peu avant de lâcher des poids additionnels, le corps avance avec une vitesse due au déplacement horizontal' du centre de gravité par le rejet des bras en arrière, m étant la masse des haltères, M celle du corps, le partage de la quantité de mouvement se fait toujours de façon à ce que M X Y == mv.
LOCOMOTION 88S
V sas -n-. Plus la masse et la vitesse des haltères sera grande et plus petite sera la masse du corps, plus la vitesse de celui-ci sera importante.
On pourrait comparer cette répartition de la quantité du mouvement à celle d*un marcheur placé sur «un terrain meohle. Ici le terrain sur lequel s'appuie le sauteur c'est la masse de l'haltère offrant par son inertie un point d*appui en l'air. Tant qu'il ne possède pas la vitesse de la main il se pro^
Pig. 427. — Sant avec haltères (schéma).
As oiaaMBt du lâcher des baItteM U riteMC horixonlale da eorps tsi aafmentéê. Cobuim dwt r«iplotion d'une bombe qui éelate, lei morceMi, ufojelée en «Tent, vont teuober i«irt à « point plw iMgai.
liait une pression entre la main et Fhaltère, pression permet- Unt de pousser le corps en avant comme le pied sur un terrain fnfant.
Lês haltères doivent être l&chés lorsqu'ils ont acquis la vitesse é\x hras» et n'être jamais retenus par ce dernier. Lancés en «rrière par la force musculaire, ils s'éloignent de plus en plus M corps mais, comme les morceaux d-'une bombe qui éclate, iit forment avec le corps un système dont le centre de gravité eoatinue à se mouvoir sur sa trajectoire parabolique avec une Classe indépendante du lancer des haltères ; la force musculaire constituant une force intérieure au système, ne peut en rien modifier le mouvement du centre de gravité.
SuspsHsroH DU CORPS DANS l'bspagb. — Le corps abandonne son appui sur le sol dès que la vitesse d'ascension du centre de gravité est supérieure à la vitesse d'allongement du rayon des membres inférieurs. L'extension de ceux-ci n'est pas nécessaire pour qu'il y ait suspension, mais elle favorise la vitesse en
tSi
HÉGANISHE ET ÉDDGAXmi DES MOUVEMENTS
«AfçmentaoDt la dorée ée Tappui et fût froùtot le sautoar de kùvm les ■ftojB&B (tout il dispose. La pression toinbe à 0 dès qu'il n'y a plus d'action des membres inférieurs, c'ast-à-dire dès ^e le aieuvemant du centre de gravité est aniforménMBl retardé. Au début de la anspeDâion* la tête est d'autant pins élevée ffÊB l'esiension des jambes est plus complète; 8»Bv»nt mém% la tèle est tievée su-dessos de san niveau haUtad ea atatioB dmèe à CBise de F^ctenaion énergique du pied. La quantité dont s'élève verticalement le centre de gravité à
Fig. 42S. — Destinée à montrer Tinfluence de l'attitade da corps sur la hauteur tenchie dans un saut.
Dut 1m trois cm conenoadant à i élivé à k même bcutaiir HH\ bmIs 1m 1 necourcisMmento du eorpi.
coup de jtmt !• wDtra de fraviti 0 a-ilé
partir du commencement de la sMpenaton eat la hatBtevxéette du saut. Dans les comparaisons faites précédemmeai des aires d'impulsion et des hauteurs nous avons vu que ceUea-d doivent être comptées à partir du niveau oà se fiait le fibanj^meat de sens dans la vitesse du centre de gravité, c'eat-à-diredès que le mouvement de ce dernier est ascendant.
Une fois le corps en suspension, le sauteor ne pe«t aodîflar le mouvement de son centre de gravité qui psegrease snivaBi la loi des corps graves lancés verticalement avec une vitesse initiale donnée.
Si la direction de Timpulsion ne passe pas par le centre de gravité, le sauteur tourne autour de ce point comme dans les sauts périlleux ou involontairement dans les sauts maladroitement exécutés et qui amènent de mauvaises chutes.
LOOOMOnON
Xm. HéitmUA PftÀTI(n7B TfC BATIT DBPQiD DS L*ÂTTITUDB VU SAUTBITR.
— Dans la pratique, le saut est un moyen de f^aAchir an obstacle et Ton oMEipte comiDe hauteur en saut, la hairtenr de l'obstade franobi, >c*'e^à-dire la distance verticale qui «épare to point le pl«8 ibaa 'du corps à son maximum d^élévation.
Pig. 429. — Attitudes principales du sauteur au moaient de la préparation ée Pimpuivion, de la «uipeniuoii et de )a clinte.
Im thkltrm indiqwnt «a mUlimètrei lea dépkocmentft camBramàaaHÊ éb eo^ ds içimM ^Iaos le seoa horixontal et dans le sens vertical.
La hauteur du saut ainsi coiisidérée dépend de Tattitude du sauteur pendant la suspension autant que de rélératîon d» œntre de gravité due à Timpulsiou.
Nous avons vu plus haut que le centre de gravité s'élève dans le corps par le fait de Télévation des hras et des genoux. Or le mouvement du centre de gravité suit une loi fixe. Quelle que soit sa position dans le corps^ son mouvement ne dépend que deTimpulsion et de la vitesse communiquée. Si le centre de gravité s'élève dans le corps, le corps tout entier descendra ^k la hauteur dont il s'est élevé pour l'attitude considérée.
La liauteur franchie est donc égalé à la quantité dont s^élève le centre de gravité plus le raccourcissement de la longueur du corps par la flexion des jambes diminuée de la quantité dont
336 NÉCANISHB ET ÉDUCATION DBS MOUVEMENTS
s'élève le centre de gravité par le fait même de ce raccourcissement (fig. 428).
J'ai déterminé expérimentalement la position du centre de gravité dans le corps dans les différentes altitudes du sauteur, données par la chronophotographie. J'ai, pu constater qa*il s'élève des quantités suivantes pour un sujet de l'^feS du poids de 63 kilogrammes (fig. 119 et 429).
Qualité d0iift •*élève le evattm ATTmiDB de giarité.
Position initiale debout, haut, du centre de gravité . 0^,945
Une jambe fléchie +4c.5
Deux jambes fléchies 12c.
Un bras en abduction horizontale i c. 8
Deux bras — — 3 c.
Un bras en élévation verticale 2 c. 85
Deux bras — — ' . . . 4c. 5
Une jambe fléchie et un bras horizontal 4 c. 5
Deux jambes fléchi<»s et deux bras horizontaux . . 15 c.
Une jambe fléchie et un bras vertical 7 c.
Une jambe fléchie et deux bras verticaux .... 9 c. 7
Deux jambes fléchies et deux bras verticaux ... 18 c.