‹ Mécanisme et éducation des mouvementsChapitre 36 sur 81 · JI___.. · texte numérisé non relu

JI___..

Fig. 390. — Pas gymnastique ; appui d'un pied.

Fig. 391. — Attitude du coureur à la fin de Tappui du pied montrant robUquité de la jambe et du pied donnant Timpulsion du corps avant la suspension.

comme dans la marche, la longueur du pas dépend de la manière dont on pose le pied à terre. Si on pose la pointe la première, le pas est forcément raccourci (fig. 392) parce qu*on doit plier en même temps la jambe. Si on pose le talon le premier le pas est allongé il est vrai (fig. 393), mais il y a des

MÉGANISIIE ET BDUCATION DBS MOUVEMENTS

incoûTénients sérieux à procéder de cette façon. Le choc du pied au moment du 'poser est alors très considérable et la jambe portée en avant ne fait que ralentir la vitesse de pro-

9\g. 392. — Montrant le raccourcissement du pu lorsqu'on pose le pied ^ par la pointe dons la course.

La figure ds droite iadique rallongement en posent le pied par le talon.

gression en effectuant un travail résistant nuisible et perda. Si le sol est glissant cela deviendrait très dangereux.

Pig. 393. — Attitudes d*an coureur à la fin de Tappui et «n moment du poter du pied par le talon.

La meilleure manière est de poser le pied à plat, la jambe est alors verticale (fig. 394) fléchie sur la cuisse, le choc est supporté par les muscles extenseurs, le corps toujours en arrière de la verticale passant par Tappui du pied. Les artistes peintres et surtout les sculpteurs semblent ignorer cette attitude bien qu'elle soit la seule caractéristique de la vitesse. Presque toujours Tattitude du coureur est prise sur un modèle dans

LOGOMOTIOH

ane position stable, c'est une pose mais non une course (fig. 396). Le corps né peut jamais être verticalement placé au-KÎlessus du pied à Tappui et à plus forte raison penché en avant; où trouverait-il un appui en avant pour éviter la chute. Ces représentations du coureur au lieu d'être expressives sont singulièrement fausses et vous donnent un sentiment de gêne inexprimable. Quand le corps passe au-dessus du pied la jambe qui est en arrière est alors portée déjà en avant (fig. 383 et 396) pour se préparer au choc du poser^ le corps est penché en avant au départ de la course (fig. 400) et lorsque Ton pousse une voiture devant soi (fig. 397).

Fig. 394. — Courenr en suspension; le pied va poser à plat.

fig. 3115. — Représentation eonvenUonnelle et fausse dn eonrear. OMABUATIOM F ATORiBLI ▲ LA IUaGH£ £T A LA QOUBSB. — L'orga-

risalkm la plus parfUte pour la marche, la course, le saut est •ttte qui préMiile un développement relativement considérable éet organes essentiellement motears, les autres organes dont

MÉGANISMÏ' ET touCATIOR DES MOUYEMElfTS

la masse est inutile ou même nuisible demeurant d'un développement relativement moindre.

Ainsi rhomme apte à la marche et à la course est en général

Ftg. 39S. — Mômes attitudes que dans les figures précédentes chez an autre sujet.

Od voit neitementle pied poser i plat la jambe rerticale ; le oorpe est ea acrière da pi«d et le pied lève après soa déroulement complet, la semelle Tertieale, la Jambe oomplètemaat étendue soot une inolinaison de 45*.

un sujet de taille moyenne, d'un poids de 60 à 70 kilog. ; il est dépourvu de graisse ; les muscles de ses membres inférieurs

Fig. 307. -^ Attitude penchée eu avant du coureur poussant une ▼otlure

devant lui.

sont relativement plus développés que ceux des membres supé> rieurs et du tronc.

On conçoit en efîet que ceux-ci deviennent pour lui une charge inutile. Gomme il demande la force impulsive à Texteusion des segments de ses membres inférieurs, les muscles du

LOCOMOTION

mollet, ceux de la partie antérieure de la cuisse ainsi que les fessiers sont bien développés, mais il ne faut pas croire cependant qu'un développement excessif de ces régions soit nécessaire et même utile à Thomme qui n'a qu'à mouvoir son propre poids sur une route horizontale. Quand le membre à l'appui a fini de donner son impulsion, il doit être rapidement porté en avant dans la période du lever du pied. Cet acte semble très

Fi g'. 898. — Forme des membres impulsifs chez les animaoz de vitesse {Lévrier et Cerf).

aisé à accomplir, grâce à la pesanteur qui tend à faire osciller la jambe d'arrière en avant. Cela est vrai pour les cadences de la marche et de la course qui se rapprochent de la durée de l'oscillation libre de la jambe (une demi-seconde environ), c'està-dire pour le rythme de 85 pas à la minute. Mais, pour les cadences plus vives que présente la course, cadences qui excèdent 140 à 145 pas à la minute, la durée de l'oscillation de la jambe devient bien inférieure à la demi-seconde, elle tombe au-dessous de deux dixièmes de seconde, comme le montre le tableau cidessus (fîg. 364).

Le coureur doit donc, en course de vélocité, ramener son pied en avant dans un temps presque moitié moindre. La pesanteur laide alors bien peu dans cet acte, et pçur vaincre l'inertie de son membre tout entier, il doit faire un effort musculaire de flexion de la cuisse qui est d'autant plus intense que la masse de son membre inférieur est plus grande. C'est pourquoi il est vraisemblable que pour des allures très vives, il n'est pas

zo%

MÉGANISME ET ÉDUGATRMI DES MOUVEMENTS

avantagenx pour on coureur d*aToir les jambes trop massives.

La gazelle, le chien léyrier, TaHitruche, le cheval de course,

ces animaux coureurs par excellence, n*onMIs pas leurs

membres grêles et leurs masses musculaires importantes, celles

Fig. 8W. — Différentes formes des membres inférieurs efaei l'homme, le cheyal. le kan^uroo et l'éléphant.

qui sont nécessaires à roscillation, reportées près des centres du mouvement là où la vitesse est minimum (398 et 399).-

Ce qu'il faut au marcheur et au coureur qui est débarrassé de toute charge inutile, ce sont de longs segments pour se donner de la vitesse, absolument comme pour les locomotives express, il faut des roues de grand diamètre.

Il y a avantage pour lui à être bien fendu, à avoir de longues jambes, mais il doit posséder surtout la force musculaire suffisante pour allonger au maximum ses segments pendant la dernière phase de 1 appui.

Il y a avantage pour le coureur à avoir le pied long et même

LOCOMOTIOH 90t

& l'allonger un pen an moyen de ses semelles. Toutes les conditions qui réduisent le déroulement du pied sont mauvaises an point de vue de la progression.

Le coureur, pour résister à la fatigue, doit avoir de bons poumons. Cela indique une bonne capacité respiratoire et surtout une bonne manière de respirer. ,

Nous avons en d'autres endroits appuvé sur Timportance de

Flg. 400. — i. Départ de la course ; — 2, Arrêt de la oonne On Toil rinelioAiton du eorpt es sens iiiTena.

celte coordination des mouvements respiratoires et sur l'avantage qu^ily a à régler le rythme des inspirations et expirations sur le rythme même de l'allure. Tout consiste à exécuter volontairement de grandes inspirations lentes en une ou plusieurs fois suivant la cadence de la course ; on évite ainsi les troublas de la circulation pulmonaire qui sont la véritable cause de l essoufflement, et Ton arrive bientôt à un régime régulier qui l>eut se continuer pendant longtemps.

Entre la dépense occasionnée par le travail musculaire pendant la course et la réparation due à une bonne circulation et à une respiration libre, il s'établit alors un équilibre parfait par la pratique d'un entraînement spécial. De cet équilibre dépendent les grandes qualités de fond qui sont la véritable qualité du coureur.

Cette dernière qualité est donc une qualité acquise par l'entrâtnement et l'éducation plutôt qu'une qualité de structure venant de naissance. (Voir respiration après la course : V École française,)

DÉPART DR LA COURSE. — Il nou8 Foste à dire quelques mots du départ^ de Tarrèt dans la course et des transitions de la marche à la course et de la course à la marche.

On part de la position fendue, le corps fortement penché en avant afin d'acquérir toute la vitesse possible au début. Dans

Flg. 401. -~ Départ de la course montrant l'inclinaison du corps dans la direction de la progression.

Fif?. 402. — Arr^ de la course, montrant l'inclinaison du corps ea sens inverse de la progression.

les records de vitesse où une faute première suffit pour faire perdre du terrain, il est important d'obtenir le maximum d'accélération, au premier coup de jarret (fig. 400), le mouvement de départ est facilité par une chute du corps en avant accélérée encore par l'impulsion de la jambe en arrière (fig. 401).

Certains coureurs américains partent même de la position à quatre pattes et s'élancent de cette position d'un bond formidable ; ils gagnent dès le premier pas une certaine longueur de terrain.

Arrêt de la course. — L'arrêt de la course vive est caractérisé par un efifort résistant des jambes pour annuler la vitesse acquise. C'est lajambe en avant qui lutte à chaque instant contre cette vitesse et produit une action retardatrice sur la masss du corps. Ce dernier est fortement penché en arrière pour faire agir la pesanteur en sens inverse de la progression (fîg. 40Î).

LOCOMOTION

Il faut un certain nombre de pas pour ai^uler la yitesse de la cQurse et au fur et à mesure du ralentissement de Tallure le corps se redresse peu à peu pour être tout à fait yertical au moment de Tarrôt.

Nous voyons combien les représentations fantaisistes des

Fîg. 403. — Départ de la conrse.

L*«q»M«menl des images indique raccroissement de la vitesse. La pouAié* du membre inférieur est inclinée dans le eena de la progression.

artistes diffèrent de la réalité; représenter un coureur penché en avant lorsqu'il arrive au but c'est avoir bien peu regardé là

Fi g. 404. — Coureur s'arrôtant.

On voit l'inclinaison da corps en arrière et l'action retardatrice de la jambe en avant pour arriver à Timmobililé en A. Les cbiffres indiquent l'ordre des imafres successives. La poussée du membre inrérienr est inclinée en sens inverse de la progression et le poids du corps d&minue sa vitesse.

/ nature ou ignorer singulièrement le mécanisme du corps humain. Le sujet représenté (ûg. 395) non seulement ne s'arrête pas, mais il ne court même pas, il tombe.

Les figures 403 et 404 sont des analyses chronophotographiques du départ et de l'arrêt de la course.

Changement de DiRECTKjfî dans la codrsb. — L'inclinaison du corps indique le sens de Taccélération du mouvement ; ainsi un

DtiiK.NT. - Méc. et éduc. 20

HfiGANISME ET ÉDUCATION DES MOUVEMENTS

coureur lancé en avant, veut-il revenir sur ses pas sans s'arrêter, il se penche en arrière fait agir une force constante pour retarder son mouvement, lorsque sa vitesse est nulle il s« retourne toujours le corps incliné^ il repart ensuite dans U direction opposée avec la môme force constante qui devient alors accélératrice (fig. 403).

Nous avons construit la courbe de la vitesse de la tète dans

Fig. 405. — Attitudes d*un coureur qui reTient sur ses pas. *

Od Toit rincliauson du corps nécessitée par rarréi se conserTer lort du ehaafeoimt de )

directioD aana 1* Titesse. •

le départ et Tarrêt de la course^ nous avons pu constater qu*à chaque poser du pied la vitesse augmente ou diminue d'une quantité constante, le mouvement est uniformément accéléré dans le départ, uniformément retardé dans Tarrétce qui prouve l'action régulière ou constante du coup de jarret (fig. 406 et 407). La forme générale du tracé est une ligne droite inclinée présentant des sinuosités correspondant à chaque poser du pied. Cette figure montre aussi le temps employé soit pour acquérir le maximum de vitesse soit pour s'arrêter. Une distance de 6 mètres au moins devant soi est nécessaire pour cela.

Transitions de la marche a la coqrsb et db la gocbsb a la MARGBB. — De la marche à la course (fig. 408) la transition se fait

LOCOMOTIOIf 307

directement pendant an appui du pied, sans passer par une allure

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mixte. Le marcheur qui veut courir penche le corps en ayant, puis fait un appel du pied semblable à un saut, il fléchit pour

cela la jambe à Tappui et Tétend ensuite brusquement pour détacher le corps du sol. La figure 409 ne montre que les mouTements de la moitié droite du corps; la transition se fait en B sur le pied gauche invisible, mais les réactions se font suffisamment sentir sur la moitié droite du corps. On voit que la flexion de la jambe au moment de son appui modifie immédiatement les trajectoires de la hanche et de la tête, en leur donnant les caractères propres à la course, c'est-à-dire la forme concave par en haut à la place de la convexité qui s'observait en A dana la

Fig. 408. — Transition de la marche à la course. Le marcheur se penche en arant pour accélérer sa riteMa.

marche. A la fin de cet appui, la brusque détente de la jambe projette le ^orps comme dans un saut, la suspension est obtenue en G; un autre appui s'observe en D; le régime de la course est régulièrement établi.

De la course à la marche la transition est inverse (fig. 410 •ît 411); le coureur ralentit sa vitesse en penchant le corps en arrière. L'appui prochain A est un peu plus prolongé, le membre inférieur plie en faisant un travail résistant pour atténuer la vitesse ; il se redresse ensuite sans brusquerie comme dans la marche.

Pendant cet appui, la trajectoire de la hanche offre UDe forme mixte ; concave d*abord comme dans la course, puis convexe comme dans la marche.

A partir de ce moment, les actes qui se succèdent sont ceux de la marche ordinaire : le lever du pied correspond à un minimum des trajectoires de la têle et de la hanche, il se produit au moment où le pied gauche vient toucher le

LOCOMOTION

310 MÉCANISME ET ÉDOCATION DBS MOUVEMENTS

sol ; enfin le corps reprend l'inclinaison propre à TaHare de ïa Tiarche.

La série des actes exécutés dans cette transition est sennblable à celle qui s'observe dans la chute qui suit un saut en longueur.

Les transitions d'ailleurs peuvent s'étudier au moyen de la méthode des appuis et levers. Le tracé suivant montre la durée relative d'appui et de lever de chaque pied dans une marche accélérée qui devient en C une course modérée- On voit com-

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Fig. 410. — Transition de la course à ia marche. On voit le courear porter le corps en arrière pour ralentir la vitesse.

ment il y a subitement transition d'allure et substitution de h; suspension du corps au double appui ce qui est la caractéristique de la course et de la marche (fig. 412 et 413).

Nous aurons encore à examiner à propos de l'économie du travail les allures les plus avantageuses au point de vue pratique pour parcourir une distance donnée dans des conditions voulue» de temps ou de moindre fatigue.

Galop. — L'allure appelée galop est une combinaison de la course et une combinaison de la course et de la marche ; ellr contient une suspension correspondant à l'impulsion d'une seule jambe. Cette impulsion est supérieure en intensité et en durée à celle de l'autre jambe qui exécute seulement la poussée nécessaire à un demi-pas de marche précipité (fig. 414). *

Les distances des empreintes des pieds sur le sol ne sont plus égales ; cette allure est usitée seulement dans les jeux d*enfants.

LOCOMOTION

O o C en

312 HâCANISfifE ET ÉDUCATION DES MOUVEMENTS

PROPOSITIONS RÉSUMANT LES LOIS DE LA LOCOMOTION HUMAITfK''

I. Le niveau moyen des oscillations verticales de la léie est plus élevé dans la marche que dans la course et s'abaisse avec

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Fig. 412. — Inscription des appuis des pieds avec notation des appuis et levers dans une transition de la course à la marche. En A. il y a suspension ; en B, les appuis se saocèdent et en G, il y a double appui.

la vitesse de Tallure; la dislance entre les maxima et les minima des oscillations verticales, c'est-à-dire la valeur absolue

;: : Il

Fig. 413. — Inscription simultanée des appuis du pied droit et du pied gauche avec notation des appuis et levers dans la transition de la marche à la course.

On Toit en A le double appui ; en B, ce double ippol est nul ; on G. il y a suspension du corps.

de ces oscillations varie comme la longueur du pas dans la marche; dans la course les oscillations verticales sont indépendantes de la longueur du pas, elles diminuent plutôt quand la longueur du pas augmente.

II. L'angle compris entre les deux positions extrénaes da rayon du membre inférieur au moment de Tappui et du leTer du pied, c'est-à-dire l'angle de déroulement du rayon da

1. Ces propositions ont été publiées dans « L'Éducation physique », BuU letin du Cercle de Gymnastique rationnelle, décembre 1885, n» i4.

LOCOMOTION

membre inférieur, varie peu et équivaut en moyenne à 52* environ dans la marche. Dans la course il est de 42^ et augmente avec la vitesse de progression, à mesure que l'extension du membre inférieur est plus complète.

m. Au moment deTappui, la jambe est sensiblement étendue dans la marche, toujours fléchie dans la course; elle pose d'autant plus verticalement que l'allure est plus rapide. Au moment du lever, la jambe est toujours fléchie dans la marche, et d'autant plus étendue dans la course, que l'allure est plus

Fig. 414. — Galop. Analyse d'un pas.

rapide. Dans le passage de la hanche par la verticale, la jambe est étendue dans la marche, mais incomplètement, elle est Oéchie au maximum dans la course.

IV. Dans la marche, la trajectoire de la hanche est toujours une courbe offrant, pendant l'appui du pied, un maximum a<{ropris entre deux minima et présentant une concavité moyenne tournée vers le sol.

Dans la course, la trajectoire de la hanche pendant l'appui dû pied est une courbe à une seule courbure, tournant sa con- Tékité moyenne vers le sol. Cette forme de la trajectoire de la bftnche pendant l'appui est caractéristique des allures marchées et courues et suffît pour les différencier.

V. Gomme conséquence, les maxima d'élévation de la tète audessus du plan horizontal ont lieu pendant les appuis dans la marche et entre deux. appuis dans la course, c'est-à-dire pendant la suspension du corps.

814 MÉCANISME ET BDaCAT^ON DBS MOUVEMENTS

La position des maxima de la trajectoire de la tète est au delà de la verticale passant par l'articulation de la cheville ar poser^ et d'autant plus loin dans le sens de la progression que Tallure est plus rapide. Gela tient à l'exagération de Tinclinaison du tronc en avant. On peut étendre cette proposition à la course, à la condition de remplacer les maxima par les minima. '

Plus le pas est long dans la marche, plus le minimum esl surbaissé, la hauteur maximum du sommet de la tête est égale à la taille de Thomme diminuée du raccourcissement de la jambe due à sa flexion.

VI. Dans la marche il y a toujours double appui, quel que soit le rythme; la durée du double appui varie depuis le quart jusqu'au huitième de la durée du demi-pas. La durée du double appui diminue plus vite que la durée de l'appui ; elle vaut de 7 à 2 quarantièmes de seconde. La durée du double appui est toujours la différence entre la durée de Tappui et la durée de la suspension du même membre.

Four la marche au rythme 60, la durée du double appui est un peu supérieure au quart de la durée totale du demi-pas. Sa valeur absolue est de 7 quarantièmes de seconde.

Dans la course, il y a toujours suspension du corps, et l'espace parcouru horizontalement pendant cette suspension augmente beaucoup avec la vitesse, tandis que l'espace parcouru pendant l'appui du pied reste constant ou augmente fort peu.

y II. Le membre oscillant est d'autant plus fléchi que Pallore est plus vive, c'est-à-dire que la durée d'oscillation est plus petite. Cette flexion est donc en rapport avec la moindre durée de Toscillation, elle a pour résultat une économie sensible de travail musculaire. *"

La vitesse maximum du pied pendant la suspension est toujours supérieure à la vitesse de progression. ËUe est pins grande que le double de celle-ci dans la marche; cela tient à ce que la durée du lever du pied est, dans la marche plus petite que la durée de Tappui du pied; cette dernière excède la dorée du demi-pas de la durée du double appui.

Dans la course, la durée de la suspension s'ajoute à la durée du demi-pas pour constituer la durée du lever du pied;aossi celle-ci Temporte-t-elle sur la durée de l'appui.

LOOÛVOTION 31 S

On s'explîqae ainsi comment, pour une même vitesse de progression, la yitesse relaLive du pied, par rapport à la TÎtesse de la masse du corps, peut être beaucoup plus petite dans la course que dans la marche; car, dans la course, la durée de roscillation du membre suspendu est pkis grande, à cadence égale. Le pied acquiert son maximum de vinsse au dernier tiers environ de la longueur du pas.

Les membres supérieurs sont d'autant plus fléchis que l'allure est plus rapide, pour la même raison économique donnée plus haut pour les membres inférieurs.

VlU. Les demi-pas sont souvent inà^ux; celui qui correspond à rimpulsion de la jambe gauche est généralement le plus long. La force musculaire est plus grande dans la jambe avec laquelle on a l'habitude de faire les appels dans les sauts.

La longueur du pas augmente jusqu'à la cadence 75, puis diminue; dans la course, la longueur du pas augmente sans cesse.

IX. La vitesse de progression augmente dans la marche jusqu'au rythme 85, et le maximum ne coïncide pas nécessairement avec la plus grande longueur de pas.

Le maximum du produit : fréquence par longueur de pas, a lieu dans la série considérée au rythme 85, mais la vitesse, qui est alors de iîl mètres à la minute, ne pourrait être continua longtemps sans fatigue.

X. La pression normale du pied excède toujours le poids du corpsetaUeint son maximum au moment du penser du pied dans la marche.

Cette pression maximum est toujours suivie d'un minimum, dont la valeur absolue est inférieure au poids du corps et décroît avec le rythme. Â ce minimum succède un maximum pendant les derniers moments de Timpulsion ; ce maximum est toujours inférieur au premier en valeur absolue.

Dans la course^ la pression normale du pied est toujours supérieure au poids du corps; elle crott très vite au moment dtt poser, passe par un maximum et décroît ensuite jusqu'à zéro an moment du lever.

Ces variations de la pression normale sont directement liées à raccélération du mouvement vertical ascendant ou descen-

dant du centre de gravité du corps, elles suivent la loi qui lie le mouvement de la masse du corps à l'impulsion qui agit sur elle. C'est-à-dire qu'à chaque instant la différence entre le poids du corps et la composante verticale de l'action du membre à Tappui, est égale à l'accélération du mouvement de centre de gravité du corps, multipliée par la masse ^e celui-ci, et la pression du pied, dans le simple appui bien entendu, est supérieure au poids du corps, tant dans le mouvement vertical ascendant accéléré, que dans le mouvement vertical descendant retardé.

La pression tàngentielle du pied dans la marche et la course est négative, c'est-à-dire dirigée en sens inverse de la progression au moment du poser du pied; elle devient nulle, puis positive. Ces changements de signe correspondent à l'obliquité du rayon du membre inférieur au moment du poser, puis à sa perpendîcularité, ensuite à son action impulsive oblique dans le sens opposé. C'est dans cette dernière phase seulement que le membre effectue le travail véritablement utile à la progression. La première phase, au contraire, donne naissance à du travail résistant et correspond au ralentissement de la masse du corps que nous signalons dans le paragraphe suivant.

XL Pendant l'appui du pied, il y a un ralentissement de la vitesse horizontale de la masse du corps; le maximum de ce ralentissement correspond au passage du rayon du membre actif par la verticale, c'est-à-dire au maximum d'élévation du tronc au-dessus du plan horizontal dans la marche et au minimum dans la course.

Les variations "absolues de la vitesse horizontale augmentent, ainsi que les réactions verticales» avec la longueur du pas dans la marche.

Il est important de constater que ces deux éléments, qui sont fonction de la longueur du pas et une fonction plus compliquée de la vitesse de progression, sont justement les éléments principaux du travail mécanique dépensé dans la locomotion.

XIL Le travail mécanique dépensé dans la marche croît d'abord depuis le rythme 40 jusqu'au rythme 55, il croît beaucoup moins vite dans les allures normales (55 à 65 pas à la minute) que l'on peut appeler pour celte raison allures avantageuses ; à partir du rythme ^5 le travail croît considérable-

LOCOMOTION 817

Pour la course, le travail, assez grand aux cadences les plus lentes, diminue d'abord quand la fréquence des pas s'accroît, passe par un minimum correspondant à la cadence 110 environ, puis augmente toujours.

Il y a donc pour chaque allure certaines cadences particulièrement favorables : ce sont celles où la vitesse croît plus vite que la dépense de travail, à savoir les rythmes 60 à 65 pour la marche et 110 à 115 pour la course.

Le travail à Theure croît toujours avec le rythme; le travail

au kilomètre, au contraire, est d'autant plus faible que Tallure

,est plus rapide, excepté pour les marches défavorables dont

le rythme dépasse 65. On peut déjà prévoir que ces conclusions

sont à l'avantage des allures où le pas est le plus long.

Mais d'autres considérations doivent intervenir encore pour motiver le choix des allures, il ne faut pas que la dépense de travail se fasse en un temps trop court, sans quoi la réparation des forces musculaires n'arriverait plus à compenser la dépense.

On peut impunément soutenir une longue marche au bout de laquelle on aura dépensé un grand travail^ tandis qu'une course rapide épuiserait en très peu de temps la force musculaire, avec une dépense totale de travail beaucoup moindre.

Il y aura donc lieu de déterminer pour chaque allure la dépense de travail à l'heure et au kilomètre, ainsi que les relations de la vitesse avec la cadence.

D'autre part, il faudra répéter sur un grand nombre de sujets ces études, qui n'ont porté jusqu'ici que sur deux hommes, et chercher l'influence du poids et de la taille, celle de la charge portée, de la pente et de la nature du terrain. C'est particulièrement au perfectionnement des exercices du soldat que s'appliquent ces recherches; elles ont excité l'intérêt de quelques officiers supérieurs de notre armée; nous comptons sur leur concours pour les diriger dans le sens le plus utile.

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