‹ Mécanisme et éducation des mouvementsChapitre 69 sur 81 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Toutes les méthodes d'éducation physique doivent non seulement tendre à améliorer la race, mais aussi à apprendre à chacun dans son métier le moyen d'obtenir le meilleur résultat utile avec le minimum de dépanse et de fatigue.

11 y a des procédés d'élevage ou d'amélioration de l'individu, ce sont les choses les plus pressantes à connaître. 11 y a aussi des procédés de dressage dans chaque genre d'activité. Tous les métiers ont leurs règles d'apprentissage. Il y aurait intérêt à les uniformiser, à en faire le rapprochement méthodique; ils s'éclaireraient les uns les autres. Les spécialités ont des lois communes, ce qui les divise ce sont les préjugés qui y régnent et les subtilités dans lesquelles elles se confinent.

Nous avons montré en particulier l'utilité que l'an de la guerre pourrait retirer pour le haut commandement d'une connaissance plus approfondie de l'être humain en temps que producteur d'énergie et des limites que Ton peut assigner à son activité au lieu de compter uniquement sur l'influence morale du chef et sur l'énergie de chaque unité.

Le soldat est soumis aux lois de la fatigue et de la réparation, il obéit aux lois d'économie et aux influences du milieu. Le bataillon et le corps d'armée ont aussi leurs lois, mais ils diffèrent de l'individu sous le rapport de la locomotion comme des exigences morales.

L'expérience permet de prévoir des résultats qu'il serait puéril d'attribuer au hasard et la science peut, à coup sûr, fixer les limites des efl^orts que l'on doit raisonnablement demander à l'homme sans le détruire ; on peut ainsi obtenir de ce dernier

une série d'efforts et de travaux compatibles avec la réparation de ses forces, le résultat final sera plus important et plus sûr que ce qu'on peut attendre d'un effort excessif, d'un emballement désespéré.

Ces connaissances porteront surtout leur fruit dans ramélioration du sort des travailleurs. La guerre demande un résultat immédiat, souvent acquis au prix des plus grands sacrifices, celui qui a donné dans une action étant exposé à disparaître.

Le travail industriel équitablement établi doit être envisagé autrement dans un état social où Tesclavage a disparu, le travailleur crée des éléments nécessaires à la collectivité et au bonheur général, il a droit à sa part de loisirs et de santé ; en aucun cas son travail ne devrait être pour lui une eausededéchéaftce physique, tandis qu'elle est tout bénéfice pour le confiommaieur.

Ainsi l'exploitation immorale du travailleur pourrait être combattue ou atténuée par une entente réciproque basée sur la meilleure intelligence dee rapports entre le capitaliste qui donne les moyens d'exécuter et le travaillear qui repréeenie également un capital d'énergie.

L'idéal serait d'augmenter ees deux sources de la richesse au Heu de grossir l'une en tarissant l'autre. Toutes les réforoiea sociales doivent tenir compte de ees vérités et être dirigées dans ce sens. La science économique trouvera alors dans la physiologie appliquée des notions vraies dont elle devra s'inspirer et ne jamais s'écarter pour déterminer équitablement le salaire du travailleur et comparer les divers modes de travail au point de vue de la fatigue et de la dépense qu'ils néeessitent.

Un jour viendra où-ces études encore purement spéculatiTes prendront un développement important dont on ne peut ancore prévoir la portée pratique.

Nous souhaitons que cette évolution se fasse au plus t6t et nous serons heureux si nous contribuons dans une modeste mesure à ce résultat <.

l. Depuis la publication de cet ouvrage il a été ci^ i l'iastilot de ëociologie fondé par M. Solvay, à Bruxelles, un centre d'observations et d'études de ce genre.

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