RÔLB DBS CONTRACTIONS MUSCULAIRES DANS LES DIVERSES STATIONS
La station droite et les diverses stations exigent au contraire le concours de la force musculaire pour maintenir les différentes pièces du squelette en équilibre. Un cadavre, après la rigidité, devient souple et flexible ; il est impossible de le faire tenir
DBamt. — Mée. tt éduc. 6
debout. Il y a donc constamment une lutte entre ht pesanteur et les muscles fléchisseurs et extenseurs des différentes parties du corps. Plus les membres sont étendus, moins il est nécessaîre de faire intervenir la force musculaire. Dans l'extension complète du genou, les ligaments peuvent suffire à limiter le mouvement et le poids du corps tend à produire Técrasement
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Fig i26. — Équilibre de deux segments osseux rigides d*abord dans le prolongement l'un de l'autre puis fléchis. Décomposition des forces qui permettent d'obtenir la rigidité et l'équilibre du système.
des os servant de colonne de soutien. Mais lorsque les segments sont fléchis il faut l'effort des muscles pour les maintenir sous un angle donné, si obtus soit-il.
La hanche A et le genou 0 (fig. 136, 1 et 2) peuvent se mouvoir sur deux circonférences ayant respectivement le genou et la cheville comme centres.
Le poids du corps s'exerce en A il se décompose en deux efforts, l'un perpendiculaire au fémur Q, l'autre dirigé suivant sa direction Q^
Cette dernière composante transportée elle-même en 0 se décompose eu Q' et Q', Tune perpendiculaire au tibia et l'autre suivant celui-ci. La composante Q' est détruite par la résistance de Tos et du soL 11 reste Q et Q' agissant pour fléchir le système.
L*ëquilîbre est dû à rantagonisme de la force musculaire des extenseurs dont Taction est comparable à la tension d'un cordon GDE passant sur une poulie ayant le genou pour axe et s'attachant aux os en G et en E (fig. 126, 3 et 4) ^
1. L'intensité de l'effort musculaire nécessaire à maintenir deux segments osseux articulés sous un angle a peut se calculer comme il suit. Les segments aycmt pour longueurs respectives L et M.
I et m les distances des points d'insertion du muscle à l'axe du mouTement o.
Pour simplifier la question, nous faisons abstraction du poids des segments et nous supposons l'effort AP perpendiculaire au plan de support xy et dirigé suivant A B (fig. 127).
Le système étant en équilibre sous Faction de la force F, de la réaction du plan égale et opposée à F et de la tension du cordon CED, nous pouvons considérer le point 0 comme fixe.
^?4 les angles des cordons avec les segments, angles constant!.
\\ les angles des segments avec la ligne AB.
La condition d'équilibr» est :
Ti sin P r= FL sin X.
^ -. L sin X
exprimons sin X en fonction de a et de M :
. ^ M sin a M sin a
SIUi A = r —
V/L« + M«— 2 LMcos a
^ „ L sin a M
sinp /l' + MS— 2 LMcoict
Le maximnm de eeite tension pour une valeur déterminée de F a lieu
pour 008 a =s ^ et cos a -jj- . Pour a a 90* la tension sertit environ
6 fois le poids dn eorps.
Suivant que L sera plus grand que M ou M plus grand que L, on aura un maximum quand le triangle AOB sera rectangle en A bu dans le second cas rectangle en B (fig. 128].
La tension des muscles partira de 0 pour a = 180 passera par le maximum pour a aigu et se réduira k 0 pour a = 0.
Le même calcul peut se faire pour le cas où le système articulé serait suspendu au point A fixe et où le cordon X relie deux points de Pavantbras et du bras (fig. 128).
^ i V/L«4-M'— 2 l.Mcos a
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84 IIÉGANISME ET ÉDUCATION DBS IfOUySHENTS
Le système entier du membre inférieur est maintenu rigide mais peut tourner autour de la cheville. Si la ligne AB n'est pas verticale cette rotation tendra à se produire par Tefifet de la composante Fj tangente à la circonférence décrite du point B comme centre avec BA pour rayon. La charge supportée par le point B sera Fs, composante verticale de F, transportée en B.
La composante horizontale F sera détruite par la résistance du point B ou par le frottement sur le sol. Cette charge sera égale à Teffort total supporté si la ligne AB est verticale. Toutes les composantes suivant Taxe des os sont détruites par la résistance des surfaces et des ligaments articulaires.
Station droite. — L'équilibre des différents segments du corps en station droite ne demande pas une tension musculaire continue, ce qui serait impossible. Ces segments sont déjà presque en équilibre instable, les muscles empêchent cet équilibre d'être rompu en se contractant au moment et dans la direction voulue pour empêcher le mouvement de se produire. Leur rôle est intermittent et leur action peu énergique. Néanmoins on se fatigue en restant debout et Ton cherche instinctivement à se reposer en faisant porter la tension non plus sur les muscles mais sur les ligaments.
Le tronc est en équilibre sur la ligne des têtes fémorales, le centre de gravité du tronc situé à la hauteur de la pointe du sternum est, grâce à la courbure lombaire du rachis, situé verticalement au-dessus de cette ligne (fig. 130).
La station droite contre un mur définie à propos de la rectification du rachis demande certainement un effort considérable impossible à soutenir longtemps.
Bientôt fatigué, si Ton ne peut s'asseoir, on prend des attitudes mauvaises mais économiques. La première consiste à projeter
C'est le cas des muscles fléchisseurs de l'avant-bras résistant à un effort d'extension (fiff. 129).
La tension^ des muscles et la loi de variation de cette tension pour une iikMnu résistance suivant l'angle ^es segments peut se constater expérimentalement au moyen d'appareils explorateurs du durcissement du muscle. Ces appareUs indiquent au moyen d'une aiguille qui se meut sur un cadran \a quantité dont un bouton d*ivoire rappelé par nn ressort pénètre dans le corps du muscle qui se laisse d'autant plus écraser qu'il est moins dur.
(Voir: Appareils d'anthropométrie et règles d'analyse des mouvements dans le Cours supérieur d'Éducation physique.)
ng. 127. — Mesure de Tintensité de Fig. 128. ^ Cas des fléchisseurs do
l'efTort musculaire nécessaire pour l'avant-bras; calcul de l'effort des
maintenir deux segments osseux muscles équilibrant une résis-
articulés sous un angle donné. tance F.
Fîg- 129-430. — i. Station droite correcte nécessitant un certain elTort de volonté; —2, mauvaise station économisant l'effort, le poids du corps étant rejeté en arrière de la ligne des tètes fémorales, la contraction musculaire est remplacée en partie par la tension des ligaments articulaire».
86 MÉGAlflSMB ET ÉDUCATION DES MOUVEXENTS
le ventre en avant et à s'incliner en arrière. Les membres
Pig. 131. — 1 et 3« Bonne station droite ; — 2, mauvaise station droite.
inférieurs n'étant plus verticaux, le centre de gravité du tronc passe en arrière des têtes fémorales, le poids du corps tend à produire l'extension jdu tronc sur la cuisse; nous avons vu le ligament de Bertin limiter cette extension («g. 130, 2).
Les psoas-iliaques fortement tendus servent aussi de ligaments actifs comme les aponévroses et le tenseur du fascia lala. La ligne de gravité peut passer en avant de Tarliculation du genou, le poids du corps produit alors Texlension de celle articulation, extension limitée par les ligaments croisés et latéraux, ainsi que par les muscles Qéchisseurs de la jambe, s'inséranl au bassin et faisant Toffice de cordes tendues entre Tos iliaque et le tibia. Le rôle des extenseurs de la jambe et du bassin est par là même annulé (fig. 131). La ligne de gravité passe également en
avant de l'articulation de la cheville, le poids du corps tend k