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Lorsque je publiai ce beau médaillon eu
(1) L'ancienne ville à'Er/x , située sur la montagne du meme
i8io (i), on n’eu connaissait point encore de la ville d’Eryx ; il me fut apporté par un de mes amis qui avait fait les campagnes d’Italie, et qui voulut bien le céder au Cabinet de France.
En 1826, on en a acquis un second, mieux conservé, mais dont le travail me paraît moins gracieux et plus sec, et dont le dessin est aussi moins élégant. Sur ce dernier on lit en entier le mot EPrKixox (2). L’épi n’est pas à l’exergue.
Le premier médaillon , un peu usé par le frottement, pèse quatre gros vingt-sept grains, le second pèse dix grains de plus ( 3 ).
nom , du côte qui regarde Tltolie , entre Panormus et Drrpanum, fut détruite l'an d« Rome 403» a 6 o av. J.-C., par Amilcar, qui eu transporta les faabiums dans la ville de Drtpanum qu'il venait de bâtir dans le voisinage. C'est aujourd'hui la ville de Trapani, et le mont Eryx a prix le nom de San-GiuUano.
(i) J'en ai donné la description dans le 3Tagas!n encyclopédique (an 1810 , tom. IV, pag. a4i, mois d’aont). Je reproduis ici ce Mémoire avec des changemens et des additions.
(a) Ce mot est toujours écrit ainsi sur les médailles d’Eryx , excepte sur une- seule médaillé de bronze ou il y a un oméga,
voy. Mionnr.l , tom. I, pag. a36.
(3) Il y a un coin faux de ce Médaillon.
La tigiire conduisant un quadrige , la Victoire qui lui présente une couronne, et l’épi, sont des types coinrauns sur les médailles de la Sicile. Le quadrige est relatif aux jeux qui se célébraient dans cette lie ; et la Victoire qui apporte une couronne, indique un Aurige vainqueur dans ces jeux (i). L’épi est relatif à l’abondance de cette île, surnommée le grenier de Rome.
Le sujet principal est Vénus élégamment drapée, tenant de la main droite une colombe, et accompagnée de l’Amour.
Sur plusieurs médailles de la ville d’Eryx, ou voit aussi Vénus assise tenant une colombe ( 2 ) ; uiaLs elle est seule, et la petitesse de ces médailles, qui sont de la seconde grandeur (3), n’aurait pas permis d’y mettre plus de personnages. Notre médaillon présente un groupe plus complet. C’est peut-être la copie de celui qui existait dans le temple de Vénus sur le mont
(<) EciKiL, Doetr. Num. tom. f, pjig. i8{.
( 1 ) Torreml-sza, 4$/W7. Num. F'et ^ tab. XXX. i et 2 .
(3) Cioqligiicts de diamètre ^ la ii6trc ai a onze.
Kryx. Un temple aussi célèbre que l’était celuilà , puisque Vénus en avait pris le surnom d'E~ rjcine (i) que lui donnent souvent les poètes, devait renfermer quelque belle statue de la déesse, et il est naturel qu’on l’ait placée sur les médailles de la ville où on l’honorait. Vénus y est figurée vêtue, mais elle n’a pas toujours été peinte ou sculptée nue : plusieurs monuraens nous la représentent drapée (2).
La tête porte un diadème et plusieurs rangs de perles; elle est coiffée comme celle que l’on voit sur la médaille de la famille Considia , dont j’ai joint la figure à celle du médaillon , et qui repi'ésente probablement Vénus Erycine , puisque le revers nous olfre son temple , avec l'inscription ervc , commencement du mot ERVciMA. Sur ses épaules est un vêtement léger qui , d’accord avec le revers de nu-
(1) La deeue, tant pour la piété du habitana, qu'à cause du honiieura qu'ils rendirent à son Gis après sa mort , les récompensa en chérissant particulièrement cette ville, et en prenant d’elle le nom d’Erveine ( Diodor. Sic. liv. IV, c. 83 ).
(a) Itluséf. Pio-Clémtnlln, tom, III, pag. 8 et 17.
tre médaillon , fait voir que la statue de Vénus Erycine était vêtue.
Les deux figures paraissent évidemment copiées sur le meme modèle (i), qui était sans doute, comme je viens de le dire, dans le temple de Vénus à Eryx. Ce qui me porte encore plus U croire que notre médaillon en offre une image , c’est qu’Horace semble le décrire lorsqu’il dit ( 2 ) :
Erycina ridetis Qiiam Jociu circumvolal et Cupido.
(( La riante Erycine autour de qui voltigent a Jocus et l’Amour, »
La figure ailée qui est devant Vénus est donc l’Amour qui tend les bras à sa mère. Il n’est pas représenté enfant , mais adolescent. Les anciens le figuraient de l’une et de l’autre manière.
Vénus tient dans la main droite une colombe.
11 n’est p.)s étonnant de voir près de la déesse
^ (■) La meme télé diademée se retrouve sur unemédaiUe de bronze citée dans Hlionnet, tom. I, pag. a36, n“ 334 . . ^ '
( 3 ) Carm. 1, a, v. 33.
lui de ces oiseaux qui lui étaient consaci'és, et qui ont toujours été communs sur le mont Eryx.
Athénée (i) raconte à ce sujet que le départ de ces oiseaux à certains jours de l’année (s), était regardé par les habitans d’Eryx comme annonçant l’absence de la déesse , qui , selon eux , se retirait en Libye ; mais leur retour étant le signal de celui de Vénus^ la joie éclatait de toutes parts, lorsque les colombes reparaissaient (3).
11 y a encore aujourd’hui beaucoup de ces oiseaux sur la cime de la montagne. Ils se sont logés dans les trous des rochers les plus escarpés, et s'y sont successivement multipliés. Ho- ■well, dans son Vojage pittoresque de la Sicile (4), raconte qu’il fut un temps oit les Siciliens avaient voulu les détruire comme un
(i) Deipnos. IX, chnp. XL
(a) Cas jours étaient appelés Kvor/twyàf , que Ton traduit par profretiOf exituSy départ. Casaubon , noUs sur yiihénécy liv. XI, chap. XI.
(3) /C'était ordinairement le ncirriérac jour j on lui donnait le nom de K<rT9r/uyf , retour.
(4) Tom. 1, pag. i6.
reste de< paganisme. LiCur position les ayant garantis de la chasse qu’on leur faisait , on les exorcisa. L’exorcisme fit encore moins d’effet que la chasse , et les oiseaux de Vénus continuèrent de peupler et d’embellir ces de-** meures agrestes, jadis si brillantes et si fréquentées.
En effet, le temple de Vénus Erycine avait été en grande vénération; il était desservi par les plus belles femmes de la Sicile , et meme de plusieurs autres pays (i).
C’est Eryx, fils de Vénus, qui, selon la plupart des auteurs , fonda la ville qui porta son nom, et le temple consacré h sa mère (2).
• (i) Slrabon, liv. VI. Le texte dit : , des rsdavts sacrées.
On d<fsignait ainsi des femmes consacr<?es à Vénus : l’argent qu’elles recueillaient de leur commerce était réservé pour l'entretien et le service du tepiple. 11 y ovait des âabliesemens de ce genre i CorinChe, à Cemana dans le Pont , et ailleurs encore. -
(i) Selon quelques mythologues, Eryx était fils d’Amycus, roi des Bebryces on Bebrycien»; selon d’autres, de Bâta ou Butés , l'un des Argeaadrtes.' " :• / • •
' Selon Apellonins ( j^ryonati/ü\ v. 910 et seq. ), Vénus ayant retiré des Sets Butés qui était prêt à 7 périr, l’enleva et le transporta au promontoire Lilybaeum, où elle en eut un fils appelé Eryx.
Ce fui dans ce lieu qu’Hercule vainquit au combat du ceste Eryx , qui défiait tous les voyageurs, et qui faisait périr ceux dont il était vainqueur (i). Dans le cinquième livre de l’Ænéide, lorsqu’Ænée erre avec ses compa* gnons sur les bords siciliens , le pilote Palinure lui dit :
Nec ItUora long»
FiJa rtorfrauma Erycis, portusque Sicanos.
Virgil, Liv. V, v. a3.
« Non loin d’ici sont , je crois , le rivage (( fraternel d’Eryx et les ports de la Sicile. «
D'autres disent que Butes étant arrivé dans la Sicile , fut accueilli par la courtisane Lycaste , surnommée Vénus par les Siciliens, qu'il rendit mère d'Eryx.
Selon Diodore de Sicile ( liv. IV, o. LXXXIII.}, Eryx fut fils de Vénus et de Buta, roi d'un petit pays de la Sicile. La noblesse de son origine , du côté de sa mère, le fît choisir pour roi par les Siciliens. 11 bâtit sur une hauteur une ville considérable, à laquelle il donna son nom , et au milieu de la dfadelle un temple qu'il dédia a sa mère.
(t) Diodon Sic-t liv. IV, c. ad. C'est sans doute à cette victoire qu'a rapport le revers d'une médaille oô l'on voit Hercule debout, s'appuyant sur sa massue. Mionnet^ iom. l,p. a36, n* as4 • et 7brremutsot pl. XXX, n« lo. Dans ce dernier ouvrsfe, on a mal représenté la tête de Venus qui doit être diadémée.
Il l’appelle rivage fraternel^ parce qu’Ænëe était comme Eryx 61s de Vénus.
Virgile attribue à Ænée la fondation du
Après avoir décrit son arrivée à Eryx , et les jeux qu’il y fait célébrer en l’honneur d"Anchise, il dit :
'runc vicina Aslris | Erjrcino in vertice sedes
Fundatur Feneri Jdcdia,
Æneid, Lib. V, v. 767 .
« Alors , sur le sommet d’Eryx , voisin des « astres , est fondé un temple à Vénus , reine (( d’idalie. »
Diodore (i) dit qu’Ænée ne 6t qu’orner et enrichir ce temple de magnihques offrandes;* mais les Romains , flattés de la tradition qui Ten faisait le fondateur^ l’avaient adoptée. Aussi, lorsqu’ils furent maîtres de la Sicile (a) , ils surpassèrent les Carthaginois dans les honneurs qu’ils rendirent à Vénus Erycine, et par les présens dont ils ornèrent son temple.
(i) Lit. IV, c. 83.
(9) En 941 ayant notroère.
Tous les consuls et les généraux qu’ils envoyaient en Sicile offraient de pompeux sacrifices dans le temple d’Eryx. Le sénat ordonna que dix-sept villes de Sicile y porteraient de For, et qn’il serait toujours gardé par deux cents hommes (i).
Sans doute Nonianus Considius fut chargé par le sénat de quelques soins importons relatifs au culte de Vénus Erycine , puisqu’on voit le temple de cette déesse représenté sur la médaille de la famille Cousidia , dont j’ai parlé plus haut (a).
Vénus Erycine était tellement honorée , que les vainqueurs lui consacraient les dépouilles des ennemis , ainsi que nous l’apprend l’inscription suivante (3):
VENBRI
ERTCINÆ
VICTRICI.