‹ Médaillons de poètes, 1800-1900Chapitre 2 sur 52 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

disposition m'étant fournie par l'évolution même des temps et des écoles. Je n'ai pas non plus, dans chaque groupe, placé les figures au hasard, mais suivant un ordre rationnel qui n'échappera pas au lecteur. Au seuil de la galerie romantique, j'ai mis Lamartine plutôt que Victor Hugo, car si Hugo est le chef d'école, c'est bien Lamartine, initiateur des pensives et chrétiennes mélodies, qui est le vrai chef de chœur. J'ai ouvert la galerie parnassienne par Leconte de Liste, et je l'ai fermée par José-Maria de Heredia, parce que le Parnasse, qui jaillit et coule à pleins bords avec les poèmes de l'un, se canalise et meurt, meurt en triomphe du reste, dans les sonnets de l'autre. Je montre ensuite au visiteur une petite galerie adjacente que j'ai réservée à des poètes qui par leur âge se rattachent au romantisme ou au Parnasse, mais par leur inspiration ne furent, à vrai dire, ni de l'un ni de l'autre. Ces poètes ne sont plus jeunes depuis longtemps, ne sont plus guère à la mode : c'était pour moi une invitation à ne pas les oublier. Je voudrais ne m'associer jamais aux injustices, môme littéraires ; et j'espère qu'à défaut d'autre mérite, ce recueil aura celui de l'impartialité. J'ai sans doute des préférences — une critique neutre risquerait d'être une critique nulle — mais j'ai tâché d'éviter à tout prix l'exclusivisme.

Au surplus, dans ma galerie contemporaine, je m'en suis tenu à des classements logiques plutôt qu'hiérarchiques. On voit à l'entrée deux poètes qui, par la date de leurs principales œuvres, comme par

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