‹ Médaillons de poètes, 1800-1900Chapitre 3 sur 52 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

leur talent et leur versification, font une sorte de transition entre la poésie d'hier et celle d'aujourd'hui. On voit à la suite Jean Aicard, Edmond Haraucourt et Maurice Bouchor, qui ont apporté des notes plus nouvelles, et dans Jésus, la Passion et les Symboles^ furent des néo-chrétiens, ou des néo-platoniciens. Puis je fais voisiner Fabié, Le Braz et Rodenbach, qui tous les trois tiennent une place d'élite parmi tous ces poètes de la terre natale : Eugène Le Mouël et Louis Tiercelin (Bretagne), Paul Harel et Charles Frémine (Normandie), Achille Millien (Nivernais)^ Lucien Pâté (Bourgogne), Maurice RoUinat (Berry), Henri Second (Dauphiné), Mistral, Aubanel et Roumanille (Provence), Puis je rapproche Jacques Normand et Edmond Rostand, qui ont dû aux (( paravents et tréteaux » leur célébrité ou leur gloire. Près d'eux, je place l'auteur de Du GuescUn ; mais, comme Paul Déroulède est surtout l'auteur des Chants du Soldat, il devait coudoyer aussi Stéphen Liégeard, le poète des Grands Cœurs. Ensuite, j'ai rangé sous des rubriques spéciales les poètes qui fraternisaient soit dans le spiritualisme, soit dans l'humanisme, soit dans le rêve. Entre temps, et pour varier, je me suis plu à des rapprochements curieux ou même antithétiques, afin de n'oublier ni un quatuor délicieux de poètes ayant versé dans la prose, ni un duo de troubadours, ni Jean Lahor, cet harmonieux coryphée de la poésie philosophique, ni Gustave Zidler, cet humble choreute de la poésie évangélique. Je ne pouvais admettre tous les poètes, mais de

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parti pris je n'ai voulu écarter aucun genre, aucune^ école. Les symbolistes — si intéressants d'ailleurs et dont l'intolérance n'est qu'un signe ou un reste de jeunesse — ne voient rien en dehors d'eux ; j'ai fait une place aux symbolistes ; et si j'ai terminé par le bouquet ou le « bosquet des poétesses », ce n'est point par galanterie, mais par justice, puisque nous avons encore des Corinnes et des Marcelines. Enfin, je serai heureux si mes choix de sympathie paraissent aussi des choix d'équité ; et mon plus secret désir sera rempli, si l'on remarque qu'attentif et indulgent aux poètes méconnus, j'ai discuté ou volontairement ignoré certaines réputations surfaites, ou faites de snobisme et de cabotinage.

Mais si l'on veut bien trouver éclectique et équitable ce recueil de (( Médaillons », je crains qu'il ne paraisse étrangement disproportionné. Dans mon C( exposition centennale », les romantiques n'ont que quelques panneaux, tandis que les contemporains prennent des salles entières. Ces derniers semblent envahir tout un (( grand palais », les premiers n'ayant qu'un (( petit palais », et encore y étant au large puisqu'ils sont quatre en tout. Et pourtant notre époque passe pour être prosaïque, tandis que celle de 1830 fut la poésie même.

• Je suis confus, je l'avoue, d'accorder si peu de place aux romantiques, et surtout d'être si incomplet sur ces grands poètes, Lamartine, Hugo, Musset, Vigny, dont j'ose à mon tour esquisser la physionomie. Aussi ^e suis-je demandé si je ne devais pas me priver

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