A ALBERT SAVINE III
temps anciens, lorsque personne ne pensait qu'un jour Alphonse Daudet refuserait d'être de l'Académie, et que Sarah Berniiardt jouerait Théodora, et qu'Emile Zola écrirait Germinal.
Et pourquoi, maintenant, ai-je choisi ceux-là, et non pas d'autres ? Ceci est le secret de ce livre, et je n'ai pas besoin de vous le dévoiler, puisque vous le connaissez. Parce que Barbey d'Aurevilly est mon maître et mon ami, une des plus hautes personnalités littéraires de ce temps, le plus noble caractère qui soit, chevaleresque, vaillant, tendre aux faibles, cruel aux forts... Parce que Paul Féval m'a appris le métier de romancier, — et que je le lui pardonne... Parce que Léon Gautier fut longtemps, à mes yeux, l'idéal de l'écrivain catholique, et que ce n'est ni de sa faute ni de la mienne si les illusions s'envolent, et si les intérêts mesquins troublent les plus douces amitiés. Parce que Louis Veuillot fut mon héros, dès le collège et surtout au collège, où notre professeur nous lisait le Parfum de Rome au lieu de nous détailler les splendeurs du quadriipedante putrem sonitii... Parce que George Sand a raffiné mes instincts d'artiste, en m'apprenant la musique avec Consuelo, le théâtre avec la Floriani et le Château des Désertes.., Parce que j'ai vu le Père Monsabréà Notre- Dame, et dans sa cellule de moine, comme j'ai vu Sarah Bernhardt dans sa gloire, au théâtre, à son atelier, au bord de la mer.
Or je n'ai dit que ce que j'ai vu, ou ce que j'ai