Fragment de lettre invdil
PAUL FOUCHF.R 30o
table pour la (h'iicicusc ballade que vous avez mise dans le dernier feuilleton '. Victor Hugo en a été enchanté, cl moi, qui sais combien une bonne ballade est difficile parce que j'en ai fait une ou deux mauvaises, qui sais quel talent il faut pour allier une idée distinguée et originale à une expression simple, je vous en réitère mon sincère compliment. Puis-je espérer de vous le faire à vous en personne?...
... Moi je travaille pour gagner de l'argent, je fais des choses oljscures, non seulement de fait comme Amy Robsart, mais encore d'intention. Que voulez-vous? je ne suis pas découragé, mais désabusé. Je tinilerai encore, mais je n'espérerai plus...
... Ah! mon ami. Dieu vous garde décidément des drames, quoique je vous donnasse tout à l'heure le conseil d'en faire, des coulisses, des directeurs, des acteurs, des journaux et de ce vi.ain métier d'homme de lettres ! . . .
8 avril 1828 -.
... Oui, vous avez en moi un homme qui vous aime et qui vous comprend, et, le croiriez-vous? ce défaut da vous raconter à tout de monde, je le |)Ossède aussi au dernier degré et à tel point (|u'il nuit à mes succès dans le monde. Conunent rirai-je donc de vous, moi dont l'exaltation extravagante se manifeste soit par une gaieté désordonnée, soit par d(; longues tirades mélancoliques que je débite en plein salon sur le malheur de vivre? .