‹ Médaillons romantiquesChapitre 108 sur 121 · Lctlie inédite · texte numérisé non relu

Lctlie inédite

trouver bien ne sera pas perdue. Rien de nouveau pour la Coupe des Fiançailles. Quant à mon élégie, elle a six cenls vers et elle est terminée; vous voyez que c'est tout un poème, et comme elle ne porte pas la forme d'un poème ni celle d'un drame, et que pourtant elle en a presque la longueur, c'est une extravagance. Je vous en envoie une partie, malgré l'horreur que j'ai pour copier; je vous l'enverrai successivement pai' fragments dans mes lettres suivantes. Puisque la véritable démence qui a présidé à cette composition, ou plutôt à cette décomposition n'a pas empêché ces messieurs, Deschamps, de Vigny, Soumet. Sainte-Beuve. Victor, etc., d'y reconnaître du talent et plus certainement qu'il y en a, je puis espérer qu'ils vous feront plaisir, comme la faible représentation d'idées que vous avez senties probablement et que vous auriez beaucoup mieux exprimées.

,)'ai fait part à Victor de votre désir relativement à son médaillon : mais c'est avec David qu'il faut s'arranger pour qu'il s'accomplisse. A propos de Victor, il a fait entre autres choses un Mazeppa dont voici quelques vers. Mazeppa est emporté sur le cheval :

et grands chênes,

Villes et louis, monts noirs liés en longues cluiînes, Tout (lianceile autour d'eux.

Et le ciel où déjà les pas du soir s'allongent Avec des océans de nuages, où plongent

Des nuages encor.

Et le soleil qui fend leurs vagues de sa proue Sur son front ébloui tourne comme une roue De marbrr aux veines d'or.

Il peint les oiseaux de proie qui poursuivent

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.Mazeppa, tsl le vautour, dont le col cluiuvc au sein des

cadavres,

FMongc comme un l)ras nu.

C'est un fragment des vers que je vous envoie ipii paraîtra dans Je Provincidl de Dijon. Vous [xiurrez donc insérer aussi Premier amour dans votre Feuilleton, à la condition expresse que cela ne retardera pas vos vers, et à celle de faire les corrections suivantes :

A la 2"' strophe, au lieu de son seul élan encor, ([uï est dur, le seul de ses élans. Strophe i-*", au lieu des deux derniers vers, ces deux-ci :

Elle, à qui la douleur n'est jamais iuipoi-tune, far qui nul bien n"e>l envié.

Plus loin, au lieu de Oh ! que de temps si eourt évanoui prés d'elle, Oh! que de temps si vite, etc.

Enfin, à la place des deux avant-dernières strophes, ces deux-ci :

Saui'ez-vous empèclier que, ])ressé sur ma bouche, Son nom, son nom toujours, talisman adoré. Me sauve de cet air corrompu qui nous touche

Mon cœur au passé consacré?

Élément de ma vie, ahl toujours ta pensée Sera comme un miroir où. bornant son essor, Mon àme vieillissante, et mourant»^ et irlacée.

Se verra jeune et jmre eiK^m-.

Adieu. ]iion ;nni. je vous embrasse. Pardon de

tant do \*'y>.

\\n\\ FoucnER.

l'ALL FOLCaEK 3 13

-li septembre 18-28'.

... Est-il bien vrai, cher ami? vous allez venir passer lonle une année avec moi. C'est un bonheur que je n'ai jamais demandé, car je n'osais même l'espérer. (Hi! soyez-en aussi heureux que moi. A'ous allez quitter un père et un frère que vous chérissez bien justement, mais vous allez retrouver des frères dans nous tous. Puis vous aurez de la poésie, des arts, David, Boulanger. Devéria, M"'*' Malibran, Victor, Miss Smithson, M""^ Dorval, etc. Maintenant je vais vous faire travailler.

Je vous remercie de vos éloges, mon ami, je les crois francs, mais non mérités, ou même exagérés ; mais lamitié est respectable même dans ses illusions, et vos louanges me font plaisir, comme si les vers les valaient. Je ne vous enverrai pas le reste puisque je dois vous voir d'ici à un mois. J'espère qu'alors vous serez perpétuellement rue du Cherche-Midi et rue Notre-Dame-des- Chainps. Je vous mènerai chez Nodier.

Hue vous dire de moi? Rien de nouveau, rien éternellement de nouveau. Toujours même travail, toujours aussi peu de succès. Je ne vous dis plus rien d'ailleurs, puisqu'il me sera permis bient()l de vous dire tout de vive voix. »

A'oici eniin en août 1S80, parmi tant de nuages, un rayon de soleil. V(kléon a reçu Yseult Raimbaud. Et Paul Fouclier annonce le succès, mêlant

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