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point il est touché et reconnaissant de la fidélité de voire souvenir. Tai lu avec bonheur ces pages si bien de vous, et qui ne peuvent mieux faire, qui me sont parvenues en même temps que votre aflfectueuse lettre, puis ces autres pages qui sont de vous encore, puisque c'est voire tils qui les a pensées et écrites. Si, en effet, le style est Thomme, celui-là doit être charmant à conuailre, et je m'en veux d'être une étrangère pour lui, quand il était dans toutes les règles qu'il fût bercé par ma main. Félicitez-le de ma part, c'est, dès à présent, un écrivain.
Permettra-t-il à mon grand âge et à ma vaste tendresse, une toute petite et uni([ue observation qui s'adresse d'ailleurs beaucoup plus au goût de l'époque qu'à lui-même. Le moi est odieux, dit Pascal, et je n'en disconviens pas. Concevez-vous cependant quelque chose de plus fatal que cette personnalité collective marquée par le pluriel illimité dont on abuse si fort aujourd'hui ?
Théophile Gautier s'est fait le propagateur ardent de cette forme malavisée, et il n'est pas rare de rencontrer dans ses articles des phrases dans le gem"e de celle-ci : Nous eûmes l'envie d'aller fumer notre cigare au grand air. nous mimes donc notre paletot et notre chapeau, et, après nous être assuré que nous avions notre mouchoir dans notre poche.... etc.. Là-dessus, quel que soit le charme du récit, on grince des dents et on jette le journal bien loin. Le narrateur ne s'est pas aperçu qu'en voulant éviter à tout prix de mettre en scène sa propre individualité, il n'arrive (|u"à la rendre solennelle jusqu'à la niaiserie, et à troubler le lecteur, (|ui cherche à se
rendre compte de ce que peut bien êtie un groupe qui n"a à son usage fju'un chapeau, un i)aletot et un mouchoir de poche. Il n'y a rien de pareil « dans l'espèce », Dieu merci ! Et c'est précisément parce que la courte page de mise en scène de votre cher G... réunit toutes les conditions d'une exposition bien faite, qu'il me plairait mieux de la lui voir accepter plus franchement pour son compte. Au reste, il peut se donner le plaisir de trouver que jo radote, je ne l'en aimerai pas moins...