Fi arment de lettre inédit
21 août 1830'.
... Vous me demandez devons parler de ma pièce. Je vous dirai que ce sera joué beaucoup plus prochainement que je ne le croyais. On vient d'engager à l'Odéon un jeune acteur de l'Ambigu nommé Davesne, petit, blond et spirituel, et je crois qu'il débutera dans ma pièce par le rôle d'Olivier. Vous voyez qu'a moins de payer inutilement un acteur, il n"est pas probable que l'Administration laisse languir mon ouvrage. Cependant comme je n'ai pas encore de réputation, le premier auteur à succès me passera toujours sur le corps. Voilà ce qui fait qu'il n'y a encore rien de certain pour moi, et que je ne vous parle pas de votre présence obligée à ma pièce, ainsi que de celle de votre frère. Mais à quelque époque qu'arrive ma représentation, comment voulez-vous qu'elle ait lieu sans vous? Pour moi, je vous déclare que je fais réserver deux stalles à l'orchestre, qu'elles resteront vides si vous n'êtes pas à Paris, et que j'y ferai mettre à l'instar de la place vide du portrait de Marino Faliero, les Pavie absents par félonie, et je ferai couvrir l'inscription d'un crêpe.
Mon ami, je ris. Cependant, dans ce moment, je suis contrarié par de petites choses qui ne valent pas la peine d'être dites, mais qui produisent un effet irritant sur une susceptibilité aussi susceptible que la mienne.
Le Globe et les Débats vous auront sans doute porté les glorieux vers de Victor. Il y a à peu près un tiers qui se ressent de la précipitation de la circonstance. Le reste est admirable. L'hommage au roi déchu est