‹ Médaillons romantiquesChapitre 15 sur 121 · Lettre à Victor l';i\io. IS31 Jimlitr · texte numérisé non relu

Lettre à Victor l';i\io. IS31 Jimlitr

je suis heureuse et fîère de l'avoir obtenu. Celui-là, et quelques autres que je garde silencieusement au fond de mon cœur, me donneront la force de subir bien des mortifications, auxquelles mon ignorance, et peut-être aussi mon inaptitude m'exposent. Je crois parlaitement inutile de vous parler de la reconnaissance de ceux qui m'entourent, et je me sens, d'ailleurs, incapable de vous l'exprimer. Si la soirée que vous avez passée à notre vieil Arsenal ne s'est pas gravée trop ennuyeusement dans votre mémoire, je vous demanderai d'en faire encore le voyage, vous promettant de ne pas faire payer à vos oreilles un tribut aussi déplaisant que la première fois.

Votre très humble servante,

Marie Ménessier-Nodier.

Cette âme devait puiser, comme toutes celles qui sont vraiment grandes, une force nouvelle dans l'épreuve et le malheur...

... Vous ne m'oubliez pas, et nous pensons tendrement à vous, écrit-elle le 7 octobre 1876 ' ; nos deuils se ressemblent et nos peines sont les mêmes. Nos consolations nous viennent du seul lieu où elles habitent, et si tant est qu'il nous reste encore un peu de force, c'est à la même source que nous allons la puiser.

... C'est à peine si j'ose vous dire, mon ami bien cher, qu'en lisant. — non pour la première fois, hélas!

l. Lettre à Victor Pavie, 1830 (inédite].

— le (TiU'l ivcil (le vos iiil;niss;ilj|('S doiilriirs. le seiiliiiient qui me doiniiie. c'est l'admiralioii.

Quel e\tMii|ile vnusdduncz. etquellefiimille d(.' <:çrands chrétiens vous êtes ! On sent, en etTet. à V(ttre toutepuissante résignation, que cette main qui vous frappe vous bénit en même temps, et (lu'elle vous rend en soumission et en courage le bonheur qu'elle semble vous retirer. Je dis : qu'elle semble, car la vie présente est si peu de chose, et il est si certain que tous ceux que nous perdons nous seront rendus ! Il ne s'agit que d'attendre un moment, et pendant cette heure d'attente, notre pensée quitte si peu ceux que nous avons aimés sur la terre M . . .

Aux heures où le regret des années disparues se fait le plus amer, ce cœur si noble sait encore trouver, dans l'amertume même, un prétexte pour s'élever au-dessus des souffrances humaines et des consolations terrestres qui ne les peuvent guérir. Témoin cette lettre écrite au lendemain de la mort de Victor Hugo :

Mon cher ami, Je savais bien, par ce (jne jai ressenti moi-même. quelle cruelle impression vous ferait éprouver le récit de la pompe siiiislre dont vous me parlez ! Quelqu'un qui m'aurait dit. il y a seulement tr.'ute ans. (pi'aucun de ceux qui ont du sang de mon |ière dans les veines ii'eùl polie un dernier adieu à ce N'ietor tant aimé et

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