‹ Médaillons romantiquesChapitre 23 sur 121 · Victor l'avie: Le Pécheur de Slrusboiirg inéiUt · texte numérisé non relu

Victor l'avie: Le Pécheur de Slrusboiirg inéiUt

Une ardente inquiétude le prit'. Une fièvre de voyage perdu nous étrilla sans pitié pendant quelques heures, jusqu'à ce qu'il se fût décidé à écrire une lettre à Gœthe, pour obtenir, sans parler du motif essentiel, le bonheur de lui remettre en personne les lettres de labbé Grégoire, de Cousin et de quelques autres dont il était chargé. Il était environ trois heures et voilà qu'à cinq heures M. David était attendu.

>'ous vîmes Gœthe... L'émotion, comme tu le penses, fut à son comble, et le tremblement convulsif. Il s'avança vers nous, droit, complet, vénérable, du fond d'un appartement auquel nous tournions le dos, pour entrer dans l'appartement désigné. Le petit portrait de ma collection est bête, mais ressemblant quant au visage, sauf l'expression sublime du regard. M. David parla, lui remit les lettres, trois médaillons en plâtre, Rossini. Cousin et Delacroix, puis sa biographie avec de beaux vers à Gœthe, que Paul ^ avait écrits dedans, et enfin pour te faire plaisir, car j'ai pensé à toi, mon cher papa, une ode que j'ai barbouillée à la hâte, tant en diligence que dans cette matinée de préoccupation et d'angoisse. Il mit tout cela de côté, nous tira quelques médailles du moyen âge, dont il a une riche collection, puis nous fit asseoir, et nous entretint de la littérature française, qu'il connaît aussi bien que nous. Puis il nous dit adieu et nous fit conduire à l'étage supérieur, ciioz madame de (iœthe, sa bru, qui préparait avec sa sa^ur la fête anniversaire du grand vieil-

Page 1