Li'ttre inédilr
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que dans des vers rares, sans siiilc. (jui ne verront jamais le jour qu'en cas d'une calastrophe dont ils seraient l'apologie éplorée. J'en ai l'ait quelques-uns. j'en ai commencé des morceaux assez longs, c'est là ma secrète e( intime pensée littéraire ; quant au reste, je ne m'occupe que des 250 francs qu'il me faut gagner de temps en temps, et que je tâche de mériter dans le meilleur style et avec les meilleures idées possibles. Je me suis laissé entraîner l'autre jour ])ar Magnin chez Ciirrel. du National, et j'ai promis quehpies articles: mais ce sera de bien loin en bien loin, et je ne pourrais pas, quand je le voudrais, me laisser j-eprendrt'par ce courant. — Vous ne pouvez pas vous faire d'idée combien, avec ma rêverie, quelque bout d'écriture, et quelques livres que je lis. mon temps est tout entier occupé et ma vie s'écoule à torrents. — Je voudrais que l'Avenir fût fait un peu autrement. Tel qu'il est. il n'est pas de ce monde, il fra|)|ie à faux, il gâte d'admirables élans par une exagération ingénue qui doit faire souriiv les incrédules et les indifférents. C'est bon et beau comme protestation. C'est mal comme résultat, c'est puéril en tant que journal pratique ])ar l'absence d'opinion sur toutes les questions vitales de paix et de guerre, d'impôt, etc. — Je vous suis tendrement reconnaissant, mon cher Pavie, de tout ce (pie vous me dites de votre amitié pour moi, mais je ne veux pas que l'etfetde mes lettres ni de mes relations soit de vous dégoûter des autres : cela n'est pas sage...
... Il faut nous aimer mieux cpi aucuns, et vivre ensuite, et ne pas trop prendre en pitié ces banalités qui contiennent peut-èti'e. à ceux (pii les savent, des
LA TRISTESSE d'aME DE SAINTE-BEUVE 147
secrets inouïs. L'effet iéi;iliiiie de l"exi)érience n'est pas seulement de guérir des illusions riantes, il consiste aussi à ne |ias trop mé|»rist'r les a|)parences médiocres.
Mais attends, Tû.iïe enlève L'ixresse et le dégoût,
dit Lamartine. Ce n'est pas une morte inditlerence, comme chez la plupart des honnnes. que cette expérience produira chez vous, chrétien et homme de vie ; c'est un sentiment du néant des choses par le fond et de leur infinie variété à quelques lignes de la surface, variété qui se ressemble assez, après tout, pour qu'on supporte fort également les différences de lieu et de temps, soutenu <[u'on est par une foi supérieure et essentielle. Mais je crois vous ap|)rendre ces choses, à vous qui les sentez mieux que moi.
Adieu, mes amitiés à tous nos amis d'Angers. A
vous de cœur.
Chacune des lettres de cette année et îles années suivantes a son mot sur l'Avenir.
... M. de Lamennais ' est venu ici passer quelques jours, je l'y ai vu : il est admirable d'élévation et d'ardeur d'esprit, mais, hors lui et l'abbé Gerbet. son entourage est |tru de chose... Les affaires pécuiliaires de l'abbé de Lamennais sont toujours mauvaises, cl il porte cel.i avec un courage chrétien...
... L'abbé de Lamennais - est ici. Il v a eu. dans