Viilor Pavie : Les Revenants
•À. Lettre de décembre 1839 'inriUle .
mellrt' la itrcse : c'est ce (luil a laiL di- mieux, excepté quelques ' petites pièces. Soyons très sévères dans le choix des vers, et i)uisque l'édition ne sera pas com plète, qu'elle soit au moins choisie. Relisez vous-mêmes et notez au crayon ce qui vous paraîtra bon et digne d'accueil. Ma notice sera médiocrement érmlitr. uiais j'y mêlerai des considérations neuves sur le rapport déplus en plus frappant entre cette tentative poétique de Ronsard et Du Bellay et la nôtre, hélas ! déjà presque aussi avortée. Relisez donc, cher ami, et. avec votre tact poétique, démêlez, et moi de mon côté; mais, dussiezvous ne mettre que trente sonnets ou petites pièces autour de sa belle prose, soyons sévères et faisons-lui honneur en évitant dennuyer ceux qui ne le liront que là.
On pourrait analyser dans le com'ant. par de petites notes ou arguments, ce qu"on ne mettrait pas en entier.
Mille souhaits lointains au mage d'Orient; à vous, mille souhaits au coin du feu et autour du berceau qu'a déjà quitté l'enfant. Respects à votre digne père et à votre chère compagne.
De cœur, cher Pavio.
Saintl-Beive .
Pour ré|>on(hv niainlciianf aux (jUfslioiis plus générales, je ne sais rien d'Hugo, que sa tentative à l'Académie. Cela a dû l'occuper, connue tout ce (]ui l'occupe, c'est-à-dire tout entier. Rien du reste : Lamennais toujours souffrant et pan qjhlé taire. Lamartine toujours pultlicislc et (lc|iuté. George Sand philoso|ihe et....
Chateaubriand de plus en plus autïuste et demi-dieu, moi rien du loul que voire ami.
On le voit — et Sainte-Beuve ne se fera pas faute de le faire remarquer dans sa notice, — ce n'est jUus l'enthousiasme presque sans restrictions manifesté dans le Tableau de la poésie française au XVI' sièrlc II s'agit avant tout de faire un choix sévère, car il y a « beaucoup de mauvais vers et ennuyeux ». L'affection du critique pour le vieux poète, restée entière, s'est modifiée à mesure que sa méthode évoluait, que la part était faite plus restreinte au sentiment, plus large à l'érudition. Des considérations, des rapprochements qui ne pouvaient venir à l'esprit, alors que l'on était en pleine bataille, se font jour et s'imposent, la lutte une fois apaisée.
Sainte-Beuve n'écrira point sa notice dans son cabinet de la Bibliothèque Mazarine, où l'on vient de l'installer, comme il l'eût fait dans sa petite chambre de la rue Notre-Dame-des-Champs ou de l'hôtel Ladame.
Cher l'a vif ', J'ai déjà amassé bien des uotcs jiour la noiic»' sur Du Bellay. Je la ferai bientôt et même tout de suite, car je me sens en train. Quant au corps de l'éditiou, c'est à