‹ Médaillons romantiquesChapitre 55 sur 121 · LcUrt.- du 3 u.luljiv 1840 iiirdilc · texte numérisé non relu

LcUrt.- du 3 u.luljiv 1840 iiirdilc

bien entendre sur notre poète. Vous y veiTÏez mes classifications, mes indications, et en tireriez le parti que vous voudriez pour le choix.

Et puis, si je me suis trop émancipé sur Rome (quoique jaie pris garde), vous me le diriez.

La douceur afigcvine, dans ce joli sonnet, est-ce une locution du pays. Quest-ce que cette douceur? Cela tient-il à lair qu'on respire, à l'accent 1 Donnez-m oi votre sens, et un peu vite, s'il vous plaît.

Hommages à M'"*^ Pavie, respects à votre excellent père.

A vous de cœur.

Sainte-Beuve.

L'éditeur ne pouvait refuser son assentiment, et l'article parut dans la Revue des Deux Mondes du lo octobre 1840. Quant à son sens sur la douceur angevine, Sainte-Beuve l'a transmis à ses lecteurs dans la note suivante : « La locution de douceur angevine , qui termine le mémorable sonnet , peut paraître réclamer un petit commentaire quant à l'acception précise. J'interroge dans le pays et on me répond : Ce n'est point une locution proverbiale, ou du moins ce n'en est plus une; mais indépendamment de l'idée naturelle et générale (dulces Argos) qu'un lecteur pur et simple pourrait se contenter d'y trouver, cette expression n'est pas tout à fait dénuée d'une valeur relative et locale. Il existe, en etfet, sur le compte des

Angevins une tradition de facilité puisée dans l'abondance de tous les biens de cette vie, dans la suavité de l'air et du sol. Le caractère du bon roi René en donne Fidée. Andegavi molles, disait le Romain. »

A mon tour, j'interroge, et l'on me répond, en relevant le caractère apocryphe du prétendu dicton latin : ^?îf%ay/ /no//e.s, ainsi dit-on auraient été baptisés les Angevins par certain auteur dont personne, jusqu'à ce jour, n'a su dire le nom, ni découvrir l'œuvre. L'épithète serait assez exacte, à condition qu'on s'abstienne de la traduire, pour lui laisser le sens latin, complexe et large, qu'un équivalent français, tout seul, ne peut rendre. Souplesse et agilité de l'esprit, aptitude à garder la trace des impressions reçues, mélange harmonieusement équilibré d'activité et de nonchalance, prédisposition à aimer tout ce qui charme et enchante, tout ce qui rend la vie agréable et riante, telle est peut-être l'interprétation qu'on pourrai! donner de ce dicton anonyme, le combinant en une paraphrase plus flatteuse que ne serait la traduction littérale, avec la « douceur angevine » chantée par Du Bellay. Quant à substituer simplement à l'adjectif latin . le vocable français calqué sur lui, ne serait-ce pas commettre un contre-sens historique, qui ferait

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tressaillir de colère, au fond de leur tombe, les ossements des Dumnacus, des Foulque Nerra, des Saint-Offange, des Cathelineau et des Bonchamp.

La notice est faite: elle paraîtra dans la licviw des Deux Mondes du l'J octobre 1840.

Cher l*,ivie ^

Je m'empresse de vous récrire pour ]a qiu.'sliuu diusertion. En effet, je cojuptais que l'article passerait le lo : il est terminé, à moitié imprimé, et c'est jusqu'à présent, dans la disette d'été, le seul article qu'ait Buioz pour le lo. Je lui en avais promis un pour cette date, et tenant à faire Du Bellay, j'avais i»oussé et donné le pas à celui-ci. Il m'est iiiqujssiljle, à cette date avancée, d'en substituer un autre pour le lo. et. À moins qu'il ne puisse s'en passer (ce (|Uf je lui ai déjà dit hier soir) il lui serait très contrariant de n'avoir rien de moi dans son numéro. La disette d'articles (surtout littéraires) est au delà de ce que vous pouvez imaginer, avec le personnel en apparence uoiiihrciix de la Revue. Quant à l'influence qu'aurait cette insertion quinze jours pins tôt, souffrez que (virginité à part, cl dans nos idées d'ici) je vous dise que. loin d'y voir inconvénient, je u'y vois qu'une manière de prospectus non volant, et une promesse, ou mieux une garantie |)our l'édition que les annonces de simples prospectus n'ont pas. Je doute |iourtanl que dans l'état des atïaires. cl à la veille de la

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