‹ Médaillons romantiquesChapitre 72 sur 121 · I. Lclhv ;i Victor l\i\ii'. 3 jnillot 18.V · texte numérisé non relu

I. Lclhv ;i Victor l\i\ii'. 3 jnillot 18.V

le pouvoir d'éclaircir le brouillard qui obscurcit trop souvent le miroir de mon âme ; je porte dans mon cœur un chagrin qui pourra bien éteindre ma vie, si ma situation ne change pas. »

C'est bien là, me semble-t-il, la plainte d'un cu'ur fortement rivé au sol de son pays, et prompt à s'éprendre de tout ce qui peut en augmenter le patrimoine glorieux.

MADAME A. GEXNEVRAYE

MADAME A. GENNEVRAYE

Parmi tant d'autres curiosités toujours en éveil dans son esprit mobile et inquisiteur, on sait quelle curiosité particulière Sainte-Beuve nourrissait à l'égard de Tàme féminine. L'homme et le lettré y avaient leur part et s'intéressaient pareillement aussi bien à la personne même, à ses qualités extérieures de distinction, de grâce ou de charme, qu'à l'a me et à ses manifestations sous une forme d'art quelle qu'elle fût.

Or, en décembre 1829, arrive d'Angers, avec deux exemplaires d'un volume de poésies émanées d'une plume féminine, une lettre demandant, pour l'auteur et le livre, un article dans la Jîevue de Paris, On s'autorisait, pour solliciter ainsi, du nom de Victor Pavie : l'auteur était une femme

jeune, élégante, appartenant à un monde cultivé. Il n'en fallait pas davantage pour que Sainte-Beuve prît goût à cette tâche qu'on lui demandait de s'imposer, et s'intéressât aux autres essais de la même plume. Sous la signature d'A. Gennevraye, les initiés savaient qu'il fallait lire le nom de la femme dun jeune avocat du liarreau d'Angers, Eugène Janvier. Il devait a\(»ir plus tard son heure de célébrité, comme défenseur de Fabbé de Lamennais, dans le procès de l'Avenir. En 1829, M. et M""' Eugène Janvier liabitaient Angers, le quittaient [teu, et i)lusieurs années se passèrent avant <[ue le criticpie fût mis en présence de la femme qu'il cherchait à deviner derrière le masque de l'auteur. De Paris, Sainte- Beuve correspond avec M*"' A. (iennevraye, et les lettres qu'il adresse, vers cette époque, à Victor Pavie contiennent souvent un mot pour elle, un avis, un conseil :

...M'"'- Janvier' ma env( »>('■. il y ;m|iii'|(|ii(' li'iii|»sdes vers d'elle, et je lui ai ié|M»ii(lii. Iidiiiicz-liii ((uelques • bons conseils, eomine des'ins|iiivrcii ellr.dciiedirefiiie tout ce qu'elle sent. Cela indirecleiiienl. bien entendu : mais parlez-lui |)oésie en ce sens, aliu qu'elU' se licniudans la lium (!<■ lalcul <|u'('lle a (Itjà >i heurcuscuiriil suivie...

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