SYPHILIS
Je me propose avant tout de parler, mais en passant, de l'histoire de cette maladie qui a donné lieu à une quantité d'opinions assez contradictoires ; car Texposé de toutes les élucubrations publiées à ce sujet ne seraient d'aucune utilité pratique pour le traitement et ne seraient qu'un essai de vaine érudition mal placée dans cet ouvrage. Chacun connaît les différentes dénominations qu'on lui a appliqué, telles que mal de Saint-Roch, de Saint-Jacques, mal de Naples, mal de France, etc. Fernel a laissé ces dénominations, nommant mal vénérien les affections morbides qui sont le résultat d'un coït impur. Quelques auteurs font remonter la syphilis, ainsi que la gale,
à la plus haute antiquité; s'appuyant sur quelques passages de la Bible, ils veulent prouver son identité avec la lèpre du peuple hébreux, et enfin, ils prétendent que les douleurs nocturnes qui faisaient si cruellement souffrir David, et les plaies hideuses dont était couverte la peau du pauvre Job, n'étaient autre chose que des symptômes syphilitiques.
Quoi qu'il en soit, il est un fait certifié par la science, c'est que la première nouvelle de l'invasion de cette maladie et de sa propagation par la contagion remontent à l'année 1494. L'armée française l'importa à Naples et,vu sa nature très contagieuse, elle fit le tour de l'ancien monde et, après la découverte de Christophe Colomb, elle porta son tribut de malheurs au nouveau monde.
Infection syphilitique. — On connaît la route que suit l'infection syphilitique pour s'introduire dans l'organisme : c'est directement par le coït, par la pédérastie, par les baisers lascifs (quand il existe des ulcères primitifs, dans la période virulente ou contagieuse, à la langue ou aux lèvres, provenant d'une passion dégradante), au moyen du contact de plaies et de surfaces dépouillées de leur épiderme à la suite du virus syphilitique. L'infection vient indirectement quand le principe contagieux s'est attaché aux objets mis en contact avec les membranes muqueuses ou une partie quelconque excoriée des corps, par exemple : un cigare, une pipe, une cuillère, une baignoire. Le médecin-accoucheur ou l'accoucheuse peuvent prendre la syphilis en introduisant la main dans le vagin d'une femme infectée. Le nouveau-né, à sa première apparition dans le monde, peut
s'infecter soit dans le vagin, soit sur les lèvres de la vulve, s'il s'y trouve un ulcère dans sa période contagieuse ; dans cet état, le virus syphilitique ou blennorrhagique peut aller d'une part à l'autre de notre corps, si nous frottons, sans y faire attention, les yeux, le nez, les lèvres avec les doigts qui l'auraient touché, en soignant un ulcère syphilitique ou en comprimant le bout de l'urètre pour en faire sortir l'écoulement blennorrhagique.
Le temps qui s'écoule entre l'invasion et le développement de cette maladie varie entre vingt-quatre ou quarante-huit heures et quinze ou vingt jours; mais, ordinairement, c'est entre le troisième et le sixième jour que l'infection syphilitique ou blennorrhagique fait son apparition ; en général, cette dernière apparaît plus promptement.
Infection syphilitique, blennorrhagique ou gonorrhéique. -— Premiers symptômes. — A la suite d'un coït impur, l'organisme humain peut être infecté par deux miasmes, qui, dans leurs progrès, dans leurs symptômes et dans leurs résultats pathologiques, se distinguent entre eux d'une manière bien marquée : l'un est le miasme vénérien syphilitique ou mal vénérien ; l'autre est l'infection gonorrhéique, ou blennorrhagique urétrale, vaginale, vulvaire et enfin conjonctive.
Infection syphilitique, — L'infection syphilitique nous donne l'ulcère virulent et le bubon primaire ou bubon d*emblée comme premiers symptômes. Si l'ulcère se trouve sur le prépuce, il peut produire le phimosis ou le paraphimosis, qui sont deux espèces particulières
6o MÉDECINE ÉLECTROHOMÉOPATHIQUE
d'inflammation du prépuce qui empêchent, la première de recouvrir le gland, et la seconde de le découvrir. Si quelques gouttes de pus sjrphilitique d'un ulcère du col de la matrice d'une femme pénètre dans l'urètre de l'homme, pendant le coït, il en résulte la blennorrhagie urétrale syphilitique qui figure aussi parmi les symptômes primitifs.
Symptômes secondaires ou infection constitutionnelle. — Dans les symptômes secondaires, on a le bubon ou adénite syphilitique aux aines, après la cicatrisation des ulcères, spécialement si celle-ci a été occasionnée par la mauvaise et très dangeureuse méthode de la cautérisation ; l'orchite syphilitique produite par la même cause, les engorgements (adénite syphilitique pathognomonique de l'infection générale) des glandes cervicales ; l'afifection ulcéreuse des membranes muqueuses de la gorge, du lar5mx, de la bouche, l'alopécie ou chute des cheveux, l'ophthalmie syphilitique ou blennorrhagique, portée sur ces parties; toutes les dermites syphilitiques, comme, les éruptions pustuleuses, papuleuses, crouteuses, les tubercules muqueux, sont tous compris dans l'ordre des phénomènes secondaires de l'infection vénérienne.
Symptômes tertiaires ou cacbeode syphilitique. — Dans le nombre des résultats tertiaires de l'infection syphilitique, il est nécessaire de placer les douleurs ostéoeopes, l'ostéite, la périostite et la périostose syphilitique, la carie et la nécrose des os frontaux, du nez et du palais osseux, des clavicules, du tibia, et les affections névralgiques du tissu fibreux ; enfin, comme dernier degré de
PAR LE COMTE CESAR MATTEl 6l
^empoisonnement du sang, à la suite du principe s)^hilitique : la cachexie générale ou consomption syphilitique.
Infection blennarrhagiqtie. — Dans les résultats de rinfection blennorrhagique figurent Furétrite gonorrhéique ou blennorrhagique (chaudepisse), dont il y a différentes espèces, comme la blennorrhée engourdie, érysipélateuse, l'écoulement cordé qui est une inflammation assez violente du canal urétral accompagné d'une grande tension de cette partie et d'érections assez douloureuses; le phimosis et le paraphimosis, la balanite ou blennorrhée non déclarée qui est une inflammation avec sécrétion purulente de la muqueuse du prépuce ; les excroissances ou végétations que Hahnnemann appelle sycosis et que Ton connaît vulgairement sous le nom de chaux-fteurs ou crêtes de coq ; et après, quand l'écoulement aura été traité par le funeste usage des astringents, l'on obtiendra de terribles résultats, tels que les obstacles organiques de l'urètre.
Chez la femme, la contagion blennorrhagique produit la vulvite, la vaginite, la métrite blennorrhagique. Dans les déplacements de cette maladie nous avons l'ophthalmie blennorrhagique qui apparaît en se touchant les yeux avec les doigts salis par le virus blennorrhéique, ou bien à. la suite de la cessation de l'écoulement urétral, qui cause les orchites blennorrhéiques (i). Nous en avons une preuve incontestable dans la guérison des orchites ou dans leur amélioration, quand
(i) Malgré ce que peut en dire le docteur Ricord, elle fut souvent constatée comme une des conséquences de la guérison des écoulements au moyen du copahu, du cubèbe ou d^autres substances astringentes.
62 MÉDECINE ÉLECTROHOMÉOPATHIQUE
l'écoulement recommence de plus belle et même avec beaucoup d'intensité ; mais au moyen d'un traitement rationnel de l'écoulement par un spécifique interne, on le guérit très bien, sans avoir de nouveau à craindre la métastase de l'urétrite sur le testicule. Mais le médecin doit surtout porter toute son attention, c'est sur les ophthalmies blennorrhagiques purulentes ; car en peu de temps elles peuvent faire perdre complètement le globe oculaire ; les tristes effets de l'infection blennorrhéique peuvent s'étendre aussi sur notre corps et être la cause de rhumatismes blennorrhagiques aux genoux, à l'articulation coxo-fémorale et principalement aux épaules.
Syphilis primaire. — Ulcère primitif, — Les premiers ulcères nous apparaissent sous différentes formes, et constituent une variété de séries, mais toutes de nature syphilitique, et tous sécrètent une matière capable par elle-même d'engendrer la contagion. Nous ne ferons qu'une brève description de l'ulcère connu, car peu importe que l'on ait à traiter un ulcère ordinaire, ou un ulcère induré huntérien ou un ulcère phagédénique ou serpigineux qui est compliqué d'une affection herpétique de la peau.
L'antivénérien ou spécifique antisyphilitique doit toujours être la base du traitement, mais il devra être alterné avec l'antiangioïtique dans le cas où le phagédénisme ou gangrène de l'ulcère fût occasionné par un organe vasculaire trop prononcé; ou, avec les antiscrofuleux, lorsque la cause de cette infirmité proviendra d'une irritation de la membrane muqueuse de l'appareil digestif
OU d'un embarras gastrique, et enfin avec les anticancéreux dans le cas d'ulcère serpigineux.
L'ulcère se manifeste par une pustule ou par une petite vessie qui se change bientôt en une croûte et laisse paraître un ulcère ovale ou circulaire, dont le centre est d'un blanc sale ou jaune ; les bords sont épais, coupés à pic et entourés d'un cercle d'un brun roux et cuivreux ; le fond de l'ulcère est tapissé par la membrane piogénique de nouvelle formation pathologique qui secrète le pus virulent et contagieux. Maintenant, après une si simple explication, nous nous demandons s'il est possible, qu'en présence d'un miasme si vénéneux qui ronge les tissus et produit des altérations histologiques si profondes, les vases lymphatiques et les nerfs restent impassibles ? S'il est logique de supposer que cette maladie puisse rester locale même pour une seule heure, sans donner lieu à l'absorption ne serait-ce que d'une très petite partie du miasme contagieux ; nous nous demandons quelle confiance on peut avoir dans le mode de traitement des ulcères avec des moyens locaux et externes, comme, par exemple, avec la cautérisation ? N'est-ce pas une manière évidente de refouler le virus syphilitique dans l'organisme? Mais pour en revenir à l'opinion de la prompte diffusion du miasme vénérien dans l'économie générale, tout de suite après l'absorption, on en a une preuve éloquente dans cette sensation d'abattement, de malaise, d'irritation, de nausées, de manque d'appétit, d'inquiétude pendant la nuit, qui succèdent à un coït impur et se maintiennent jusqu'au développement de la maladie au moyen de l'ulcère. Tous
ces désordres généraux ne pourraient trouver une explication dans le travail d'infection 'qui aurait lieu sur un point microscopique de notre corps ; mais il est évident qu'ils tirent leur origine d'une infection qui sera, dans les premiers moments, s'il nous est permis de le dire, dynamique, c'est-à-dire, que ce sera le résultat de la lésion des nerfs et des vases lymphatiques, au moyen de tel principe vénéneux, mais qui deviendra matériel au moment du développement de l'ulcère, soit au momeut de la sécrétion du pus virulent ; tandis que dans le cas contraire, on devrait supposer que les vases lymphathiques ne seraient plus doués de leurs facultés absorbantes.
Cette première période de la maladie est bien distincte de la période secondaire, dans laquelle l'affection vénérienne extérieure, n'ayant plus l'ulcère comme exutoire, déploie beaucoup plus son action maléfique sur les membranes muqueuses internes et sur le système lymphatique. L'électro-homéopathie, fidèle en tout à la marche de la nature et à la composition de la maladie, sera apte a accomplir cette double indication ; et,, guérissant promptement et radicalement tous les germes des maladies syphilitiques elle sera la condamnation la plus puissante de ces méthodes barbares au moyen desquelles, faisant des pauvres malades vénériens des baromètres vivants, on ne faisait que masquer pour quelque temps le principe syphilitique qui tend toujours à lever la tête. Le mercure, étant employé d'une manière si grossière, ne peut exercer une influence salutaire sur la maladie, mais il mine les santés les plus robustes, occasionnant souvent la manie, la cachexie mercurielle, l'alopécie ou
chute des cheveux : rinflammation et la carie des os du nez et de la bouche, Tamaurose hydrargyrique, la carie et la perte des dents, Tinflammation des gencives, la gastro-entérite mortelle, la glossîte, la phthisie pulmonaire, le delifium tremens, Texanthème mercuriel, enfin l'interminable liste des maux qui firent maudire un agent thérapeutique qui, sagement employé, serait un don précieux de la Providence. Le moment le plus favorable à la guérison de la syphilis et où Ton peut plus facilement chasser pour toujours de notre corps le principe destructeur, est celui où apparaît l'ulcère primitif; malheureusement l'empirisme, rejetant les principes les plus élémentaires de la science, le traite par la cautérisation au moyen du nitrate d'argent; notre méthode, au contraire, guérit complètement, sans que Ton ait à craindre une rechute ou la moindre altération dans k santé, et moins encore cette couleur particulière de la figure, qui est la marque propre d'un principe syphilitique général. Notre système est à la hauteur de toutes les exigences de la science et de la pratique. Sans nous étendre davantage sur de telles considérations, nous parlerons des ressources thérapeutiques de la nouvelle médecine, et nous nous efforcerons spécialement de mettre nos connaissances pratiques à la portée de tout le monde, afin que chacun puisse, le cas échéant, se soigner par lui-même, au moyen d'une méthode régulière, et arrêter ainsi les progrés du mal.
Traitement de Vulcère, — Dans le traitement de l'ulcère, on doit observer trois côtés élémentaires qui font de cette maladie une entité complexe : i* le côté
commun à un grand nombre de maladies, ou l'inflammation ulcéreuse, que produit la solution de continuité de la peau et de la membrane muqueuse ; 2** le côté matériel, ou la présence du pus virulent sécrété par une membrane accidentelle sui generis de nouvelle formation ou membrane pyogénique ; 3** les effets dynamiques produits par un tel virus dans l'organisme, soit la faculté qu'il possède de l'envahir tout entier de haut en bas. Nous voilà en présence de trois opérations capitales que ne saurait dédaigner quiconque veut arriver à une guérison complète du malade affecté d'un ulcère primitif, et avoir la conviction que le malade est sauvé de l'infection générale au moyen du traitement thérapeutique. Dans le traitement de l'ulcère primitif on emploiera d'abord l'antiangioïtique pendant quelques jours ; il fera disparaître les symptômes généraux qui sont la résultante de l'empoisonnement local et de la résistance vitale au principe délétère, tels que la lourdeur de la tête, l'insomnie, la chaleur de la peau, le manque d'appétit et cette espèce de malaise indéfinissable éprouvé par quiconque est atteint de la syphilis ; en même temps, ce moyen retiendra l'inflammation ulcéreuse et ne laissera pas s'accroître outre mesure la congestion sanguine qui se forme, dans le voisinage des bords de la plaie vénérienne.
On éloignera de la sorte toute cause d'inflammation interne et externe, et l'on évitera le danger de laisser l'ulcère devenir phagédénique ou gangreneux. On continuera à employer l'antiangioïtique pendant deux ou trois jours, afin d'empêcher l'inflammation de l'ulcère de
prendre le dessus et pour que les bords diminuent. Ainsi la première condition du traitement se trouvera remplie.
La seconde opération, qui doit marcher de concert avec la première, consiste à enrayer, par un agent chimique doué d'une action antisyphilitique, les progrès du virus spécifique. On prendra 25 globules de l'antivénérien qu'on fera* dissoudre dans 1 50 grammes d'eau ; on imbibera de la charpie de cette solution et on l'appliquera sur l'ulcère, aussitôt qu'il paraîtra, ou quand on commence le traitement. Cette médication, qu'il faudra répéter quatre fois par jour, sera continuée jusqu'à ce que l'on voie paraître, dans le fond de l'ulcère, des granulations rouges ; jusqu'à ce qu'il soit complètement net et dans un état favorable à la cicatrisation. Ce moyen détruit chimiquement le virus syphilitique, en le neutralisant dans l'endroit même où il a été déposé, et l'empêche de pénétrer dans les replis les plus profonds du corps humain. Nous sommes d'avis que ce moyen matériel n'a de force que sur la partie la plus grossière du virus et que la partie la plus fine peut se soustraire à son influence. Pour être conséquent avec la nature et les modifications du virus, nous croyons que comme troisième opération, il sera nécessaire, après cinq ou six jours d'applications externes d'antivénérien, de prendre aussi le même remède en dilution, à l'intérieur, ainsi que des globules à sec de la manière suivante : le premier jour 2 globules au repas du matin et 2 au repas du soir ; le lendemain 3 globules le matin, 3 le soir ; le surlendemain 3, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on
arrive à lo globules par repas, soit 20 globules par jour; puis on suivra la même gradation en sens inverse, c'est-à-dire en diminuant chaque jour le nombre des globules jusqu'à revenir à la dose première. Des bains entiers, dans Teau desquels on fera dissoudre de 100 à 150 globules du même spécifique aideront beaucoup à la guérison. Quand on aura suivi consciencieusement ce traitement, on peut être sûr d'avoir satisfait à toutes les exigences de la maladie contagieuse.
Ulcère serpigineux ou herpétique. — Il se peut que, malgré que l'on ait suivi exactement ces indications, l'ulcère prenne un caractère calleux sur ses bords ou que, même sans cela, il ne veuille pas se cicatriser. Cela provient ordinairement d'une cause herpétique qui empêche le cours régulier de la maladie. On portera remède à la chose en administrant, après l'emploi des antiangioïtiques et de l'antivénérien, les antiscrofuleux n® I ou n® 5 qui, en dissipant les complications herpétiques, hâteront la cicatrisation.
Ulcère et bubon phagédénique ou gangreneux, — Quelquefois, soit à cause d'un ensemble d'humeurs dans l'individu, soit à cause d'un centre inflammatoire vasculaire, viscéral et le plus souvent gastro-entérique, qui réagit par action consensuelle sur la condition morbide locale de la peau, l'ulcère ou le bubon sont envahis par un processus phlogistique assez violent, de mauvaise nature, et qui ne tarde pas à être attaqué par la gangrène et partant à devenir phagédénique.
La meilleure manière de prévenir un si grave acci-.
dent est de continuer l'usage de l'antiangioitique en l'alternant avec les anticancéreux n°^ i et 5 en dilution, et de prendre des globules à sec ; on ajoutera des bains entiers d'anticancéreux n*^ 5 ; nous conseillons également les compresses sur Tulcère ou sur le bubon avec anticancéreux n° 5, et électricité verte, ce qui calmera les douleurs, et applications aux nerfs correspondants avec l'électricité rouge alternée avec la jaune.
Il est une maladie qui peut être la suite des symptômes primaires de la syphilis et la conséquence de la blennorrhagie, c'est Torchite. Cette maladie qui réussit à clouer, pendant des mois entiers, le malade sur un lit de souffrances, est soulagée d'une manière surprenante, et en très peu de temps, par l'Electro-Homéopathie. Bien que ce soit l'antivénérien qui doive accomplir la guérispn, on doit aussi user largement de l'antiangioïtique 3 alterné avec l'antiscrofuleux dont on obtient des avantages réellement surprenants. La diète, le repos, les boissons rafraîchissantes devront aussi s'allier à l'usage des spécifiques.
Traitement de la syphilis constitutionnelle, — Quand on doit combattre les symptômes secondaires de l'infection syphilitique, tels que : engorgement des glandes lymphatiques des aines, du cou, de la nuque, des aisselles, des ulcères à la gorge, au larynx, avec aphonie ou enrouement de la voix, crachements muqueux et purulents, on ne devra jamais oublier que quoique la maladie soit alimentée par un principe spécifique, elle est accompagnée d'un élément phlo^istique et de désordres qui troublent les fonctions génci aies d:; la vio ; et, c'est ici que l'antiangioïtique et les antixrofuleux trouvent
évidemment leur application. En effet, après avoir calmé les centres inflammatoires chroniques, éloigné les complications gastriques ou herpétiques (du moment que ces spécifiques, pour correspondre aux grands caractères génériques des maladies humaines, doivent embrasser dans leur composition chimique et dynamique un nombre d'agents simples et correspondant à toutes les différentes gradations morbides) rien de plus naturel que Tantivénérien puisse avoir une grande efficacité sur un organisme déjà 'purifié en grande partie. Quand on veut être sûr que le malade est parfaitement guéri de l'infection syphilitique générale, on devra continuer l'usage de l'antivénérien pendant trois ou quatre mois. Si ce traitement a été pratiqué pendant l'automne ou au commencement de l'hiver, on devra le répéter au printemps durant quarante jours, car, à cette époque, les humeurs en activité mettent en mouvement les parties du virus les plus profondément enracinées dans l'organisme humain. Quoique lés méthodes antisyphilitiques ordinaires, telles que l'usage de l'onguent mercuriel en frictions, les différentes préparations hydrargyriques prises à l'intérieur, puissent faire disparaître pour quelque temps les symptômes syphilitiques et même quelquefois les guérir, il n'en est pas moins vrai que l'emploi de ces agents thérapeutiques peut amener de tristes conséquences. Us affaiblissent les constitutions les plus vigoureuses ; et les corps les plus robustes sont réduits à l'état de squelettes, mais, — ce qu'il y a de pire encore, — après avoir vicié l'organisme, le mercure produit la maladie mercurielle ou hydrargyrique (saliva-
PAR LE COMTE CESAR MATTEl 7I
tion, Stomatite, glossite, eczéma mercuriel, etc,) pendant laquelle les symptômes vénériens disparaissent mais ne guérissent point ; et même, au bout de quelque temps, quand les effets du mercure auront cessé, ces mêmes symptômes laisseront voir une tendance à se montrer de nouveau sous des apparences protéiformes, et malheureusement aussi, sous la forme de monomanie mercurielle.
L'Electro-Homéopathie, au contraire, — et ceci nous pouvons rassurer avec conviction, l'expérience clinique l'ayant constaté par des guérisons nombreuses et incontestables — non seulement guérit radicalement la syphilis constitutionnelle, mais encore elle ne produit aucun des terribles effets qui sont la conséquence du mercurialisme ordinaire. En effet, l'Electro-Homéopathie a guéri des individus chez lesquels la syphilis secondaire ou tertiaire avait occasionné la consomption ou décomposition du sang ; et conséquemment le corps était réduit à une extrême maigreur. On a toujours la consolation de voir les symptômes syphilitiques disparaître Tun après l'autre, et, en même temps, les conditions organiques de l'économie animale s'améliorer avec une surprenante rapidité. Déjà, avant que la syphilis soit complètement extirpée, le malade reprend un teint qui fait un grand contraste avec l'état presque cadavérique qu'il présentait auparavant.
La syphilis constitutionnelle, après avoir déployé une action bien distincte sur les membranes muqueuses, s'étend aussi dans les tissus qui forment l'enveloppe cutanée ; et, en effet, l'on connaît quelques dermites
72 MEDECINE ELECTROHOMEOPATHIQUE
syphilitiques dont la forme est assez variée ; leur caractère de chronicité les distingue facilement des exanthèmes aigus ; mais on pourrait les confondre avec les exanthèmes chroniques ou impétigos. Deux caractères assez importants faciliteront encore le diagnostic :
I "" La couleur de la peau qui entoure les efflorescences syphilitiques cutanées, est sombre et cuivrée.
2"" Les éruptions cutanées vénériennes ne sont jamais accompagnées du prurit, qui est un symptôme constant dans les affections herpétiques. 11 peut se faire qu'une dermîte syphilitique soit compliquée d'une dermite herpétique, de gale (gale syphilitique) : dans ce cas le prurit devra être attribué à cette dernière affection. Parmi les symptômes syphilitiques cutanés, il convient de nommer les tubercules muqueux qui se font voir spécialement tout autour de l'anus, des mamelons, entre les petites et les grandes lèvres et près du mont de Vénus et, qui, par suite de la sympathie morbide, entrent dans rintérieur des ouvertures sphinctériques du corps : roséole syphilitique, syphilis papuleuse, écailleuse, pustuleuse et partant croûteuse ; couperose syphilitique, etc. On arrive naturellement au diagnostic différentiel de cts maladies spécifiques de la peau et des autres maladies cutanées spéciales, par la connaissance exacte de leur physionomie toute particulière, et, mieux encore, en revenant sur les détails pathologiques de la maladie, qu'il est nécessaire de connaître dans toutes ses péripéties ; on ne tardera pas ainsi à reconnaître, chez ceux qui se doutent d'avoir été malheureux dans un coït^ une petite déchirure primitive, aux parties génitales, qui est toujours sans
PAR LE COMTE CESAR MATTEl 73
doute un ulcère qu'ils ont le plus souvent fait disparaître, obéissant à une impardonnable légèreté, au moyen de la cautérisation. Cet accident est suivi d'un gonflement ou de douleurs aux glandes lymphatiques des aines, que ces mêmes malades, avec une vraie simplicité d'enfant, attribuent à la fatigue ou à la marche. Cette phase une fois passée, les glandes lymphatiques du cou et de la nuque seront attaquées, mais cet étrange torticolis passera aussi, et c'est la gorge qui sera envahie, à son tour, engendrant l'angine ou la laryngite syphilitique. Une fois que la syphilis aura mis le pied sur ce point, elle descendra de nouveau grâce à la relation sympathique qui existe entre les membranes muqueuses et la peau qu'elle envahit, et elle produira les excroissances ou dermites vénériennes dont nous venons de parler. Arrivée à ce point, et à causé de la grande tendance qu'a la syphilis à s'étendre toujours davantage, elle envahit avec d'autres efflorescences cutanées, par suite des relations vitales de la peau avec l'œil, et l'on voit surgir, dans le globle oculaire, deux affections opthalmiques assez dangereuses qui menacent de compromettre la fonction de la vue ; ces affections sont la conjonctivUe syphilitique et l'iritis syphilitique. Comme elles sont assez fréquentes, spécialement pendant le cours des exanthèmes syphilitiques, nous en ferons une courte description.
Conjonctivite syphilitique, — Le symptôme patognomonique de cette affection est une zone vasculaire qui forme un anneau circonscrit de couleur rouge cuivrée à
la cornée ; elle excite des symptômes consensuels sur la glande lacrymale et sur les embranchements du nerf trijumeau, produisant un larmoiement et une forte douleur périorbitaire.
Tritis syphilitique. — Cette maladie est caractérisée par une forte contraction de la pupille, avec immobilité de riris, qui est gonflée au dehors et rapprochée à la face postérieure de la cornée lucide. Cette membrane perd sa couleur normale et s'injecte de sang comme les yeux du tigre ; des condylômes peuvent altérer la structure et provoquer des adhérences de l'iris à la cornée. Le larmoiement sera alors accompagné de douleurs névralgiques, oculaires et périorbitaires. Quand on voit naître de telles espèces d'ophthalmies, il est nécessaire de les traiter promptement, car un jour de retard pourrait priver Thomme du don le plus précieux de la vie.
On donnera, pendant deux jours, suivant la constitution de l'individu atteint de telle maladie ; avec le même remède, des bains locaux antiangioïtiques ou antiscrofuleux, et l'on fera de fréquentes applications d'électricité angioïtique, ou rouge, alternée avec la jaune, aux sus et sous orbitaux, aux tempes, à l'occiput et au grand sympathique ; après quoi, il faudra alterner le spécifique choisi avec l'antivénérien, jusqu'à ce que l'œil ne ressente plus la moindre sensation au contact de la lumière et que tous les symptômes objectifs et subjectifs aient complètement disparus.
Quand on étudie, avec un peu de soin, l'histoire pa-
thologique de nos maladies, voire même chez ceux qui ontrétrange prétention de l'invulnérabilité, on pourra toujours suivre l'infection pas à pas jusqu'à ce qu'on la trouve sous la forme exanthémathique et ophthalmique chronique. L'hygiène de la peau doit être sagement pratiquée, et, ce que nous recommandons surtout, c'est l'usage de bains chauds entiers qui sont destinés à maintenir la propreté et à rendre actives les réactions curatives locales et générales.
Syphilis tertiaire. — çÂffections des systèmes osseux, et fibreux; douleurs ostéocopes; inflammations, carie et nécrose des os, — La marche de la syphilis étant progressive, après avoir dévasté les membranes muqueuses et la peau, elle pénètre dans les parties les plus profondes de notre organisme et dirige son action spécialement contre les os et contre les parties fibreuses. Nous connaissons trop la triste série des accidents qu'elle produit sur les os du palais, de la mâchoire supérieure et inférieure, sur les dents, sur les petits os du nez, et, malheureusement aussi, sur l'ensemble des petits os de l'intérieur de l'oreille (et c'est là qu'il faut chercher la cause des surdités inguérissables, chez les sujets atteints de la syphilis), sur les os frontaux, où elle produit ces tumeurs tubéreuses, triste empreinte connue sous le
nom de couronne de Vénus Ce principe meurtrier
tend de toutes manières à détruire l'organisme humain, et parmi toutes ces mauvaises qualités, il a aussi celle de consumer la géfetine des os, qui, privés de cette substance, deviennent très fragiles et très cassants. Combien de fois, n'est-il pas arrivé à de pauvres syphyli-
tiques de se casser les deux jambes pour s'y être trop appuyés en descendant du lit ?
Le caractère distinctif des souffrances qui accompagnent la syphilis tertiaire, c'est qu'elles commencent vers le soir, se calment un peu vers dix heures, jusqu'à minuit, et reprennent avec une nouvelle force d'une façon fort gênante, pendant près de deux heures : c'est ce qui constitue les douleurs ostéocopes nocturnes. Tous les os jouissent du triste privilège d'être attaqués de la syphilis; le tibia, les os du fémur, du carpe, du tarse, le sternum et toutes les symphyses et crêtes osseuses sont sujets aux atteintes vénériennes ; mais l'infection vénérienne semble s'attacher avec plus d'avidité à la gélatine ; en effet, elle la cherche dans les fibres cartilagineuses du larynx, spécialement à l'épiglotte (phthisie syphilitique du larynx), aux cartilages articulaires et aux extrémités des os spongieux, où la gélatine est plus abondante.
Mais il est évident qu'avant d'attaquer le système osseux, la syphilis doit envahir le système fibreux qui, au moyen du périoste, le recouvre comme d'une grande enveloppe communiquant au moyen de prolongements fibreux avec la membrane médullaire des os longs et avec la membrane diploïque des os plats ; c'est la périostite syphilitique, suivie de la périostose et de l'exostose dont les atroces douleurs rhumatismales sont trop connues. Mais une maladie que l'on a souvent occasion de traiter, c'est la sciatique syphilitique, improprement appelée nerveuse, qui attaque le névrilème du nerf
OU enveloppe fibreuse, qui, par son contact, communique ses souffrances au grand nerf sciatique.
Mais, quand la syphilis a pris des racines aussi profondes, tous les éléments plastiques resteront gravement entachés, le sang sera très appauvri, les glandes lymphatiques du mésentère, vu la grande affinité qu'a le principe syphilitique pour le système lymphatique, recevront, elles aussi, un contre-coup et se prêteront assez mal à la chylification; et du moment que la base de la nutrition est menacée, il est évident que toute ta constitution du malade reste sérieusement compromise, la vie est affaiblie, la vigueur perdue, la couleur du visage et de la peau est d'une teinte jaunâtre, sale ; il y a abattement des forces vitales ; les membranes qui forment l'enveloppe fibreuse du cerveau et de la moelle épinière sont à leur tour envahies, ce qui explique la fréquence du deUrium tremens, de certaines affections psychiques et de la manie par suite de Tinfection syphilitique tertiaire. Un symptôme assez ordinaire est la perte de la mémoire ; enfin, un dépérissement dans les fonctions physiques et intellectuelles de notre corps nous manifeste la cachexie ou consomption syphilitique.
Hydrargyrie ou maladie mercurielle. — 11 n'y a pas eu d'invention, si bonne qu'elle soit, qui n'ait été changée, dans ce bas monde, en instrument de mort et de dégradation par l'homme. C'est ce qui est arrivé au mercure : cette substance n'offre aucun danger, administrée sagement, elle déploie au contraire une action spécifique contre la virulence vénérienne ; mais prise à doses énormes, comme nous la voyons généralement près-
crite de nos jours, elle agit sur le tissu organique et sur les humeurs du corps humain, de la même manière que le miasme syphilitique ; car elle agit sur le système lymphatique, en provoquant le gonflement des glandes, sur les membranes muqueuses gastro-entériques, en déterminant des gastro-entérites 4rès graves, la dyssenterie, etc., sur les membranes muqueuses de la gorge et spécialement de la bouche : les gincivites, les stomatites, les glossites mercurielles accompagnées d'une abondante salivation, ne sont que trop connues pour que nous nous y arrêtions plus longtemps. L'abus de ce remède cause peut-être la phthisie pulmonaire et Tapoplexie du poumon ; à son tour, la peau est envahie par un exanthème sui generis appelé eczéma mercuriel, semblable à la dermite pustuleuse r mais les atteintes les plus graves résullafrt du mercure se dirigent sur le système osseux et fibreux où il provoque la périostite, Tostéite avec carie et nécrose des os, la carie avec ramollissement et noirceur des dents. La pulpe du cerveau n'est pas exempte non plus des atteintes de l'empoisonnement par le mercure, et l'on frémit quand on se rend compte des nombreux cas de folie, prosopalagÎQ faciale, deUrmm fremens survenus à la suite de traitements antisyphilitiques mal pratiqués ou opérés au moyen de doses exagérées de différentes préparations mercurielles et spécialement par le sublime corrosif. La moelle épinière reçoit aussi sa part du mal, aussi la myélite lente, accompagnée de tremblement des membres, l'impossibilité d'écrire, de marcher en équilibre sont à l'ordre du jour. La crâse du sang est gravement attaquée dans sa plasticité ; ce liquide
est profondément décomposé ; de là viennent les* épanchements sérieux dans la cavité de la plèvre, du péricarde, du péritoine; de là, aussi, la fréquence de l'anasarque et de l'œdème chez les sujets qui ont fait abus du mercure.
Quelques praticiens inexpérimentés, au lieu de modifier leur manière de traitement, dès que de tels accidents se présentent, s'obstinent à n'y voir que des effets syphilitiques, qu'ils croient guérir en doublant la dose de cette médication meurtrière, ce qui ne réussira qu'à empirer la maladie artificielle sans agir en quoi que ce soit sur le miasme syphilitique, qui se cache au milieu de symptômes d'empoisonnement. En effet, aussitôt que l'on cesse l'usage du mercure employé si grossièrement, les symptômes syphilitiques reparaissent avec d'autant plus d'intensité que l'organisme déjà affaibli par la violence du remède, peut encore moins réagir contre le principe virulent.
De tels malheurs n'arriveront certainement pas à ceux qui suivront notre méthode, qui, très puissante contre toutes les gradations des maladies vénériennes, n'offre aucun des dangers dont je viens de parler.
Mais, si l'on est appelé à traiter un malade ainsi maltraité, on devra avant toute chose faire abandonner l'usage des préparations mercurielles, qui ont été cause de l'hydrargyrie, et lui donner le remède électro-homéopathique que demande sa constitution, et, après quelques jours, on devra alterner ce même remède avec l'antivénérien qui, tout en remédiant aux tristes effets du traitement mercuriel, détruira complètement le germe vénérien. Il
8o MÉDECIUE ÉLECTRO-HOMÉOPATHIQUE
est superflu de dire que le régime, dans cette maladie artificielle, qui a tant d'analogie avec la maladie vénérienne naturelle, réclame les mêmes soins diétiques et hygiéniques.
Traitement^ de Vurèirité gonorrhoîqtie et de ses consé^^ quences. — Pour combattre cette maladie, on a déjà proposé une infinité de moyens thérapeutiques. Elle a été assujettie à toutes les formes de Tempirisme le plus grossier, sans que pour cela Ton soit jamais arrivé à trouver une méthode rationnelle et efficace. A la suite de Tusage imprudent et empirique du baume de copahu, du cubèbe, de la térébenthine, mais surtout des injections astringentes dans Turètre, on voit surgir les -maladies de la prostate du bas-fond de la vessie, des testicules, et les obstacles urétraux chez l'homme, les affections de Tutérus et enfin le cancer chez la femme ; Tophthalmie blennorrhagique, la cornéite avec ulcération de la cornée, la conjonctivite, les ophthalmies qui, malheureusement, finissent par la perte de la vue et par la destruction du globe oculaire ; Totorrhée purulente également est une des conséquences de la gonorrhée traitée par des moyens si peu rationnels. Mais quelquefois cet écoulement peut cesser, et le principe morbide se cacher dans les cellules mastoïdiennes et produire la carie ; il peut également attaquer l'ensemble des petits os de l'oreille intérieure et détruire ce merveilleux appareil, indispensable à l'ouïe ; et malheureusement ce centre morbide peut constituer une terrible métastase sur le cerveau, et donner lieu à une apoplexie foudroyante. Un coït impur peut amener non seulement une in-
PAR LE COMTE CÉSAR MATTEI 8l
ilammation spécifique ou gonorrhoïque, mais encore il peut en résulter une phlogose du prépuce (balanite ou gonorrhée non déclarée): dans ce cas,la membrane muqueuse du prépuce et du gland est rouge et remplie de petits points blancs, qui, observés à la loupe, présentent une profondeur ulcéreuse d*où s'écoule un pus gonorrhoïque contagieux, de même nature que le virus sécrété par Turètre. Dans le nombre des maladies qui accompagnent souvent la gonorrhée aigué, il convient de placer le phimosis, ou le resserrement accidentel de l'ouverture du prépuce qui empêche de découvrir le gland, et le paraphimosis, ou étranglement produit par Tétroitesse du prépuce, lorsque ce repli cutané, ayant été forcément retiré en arrière, ne peut plus se ramener sur le gland.
Tout le monde connaît les symptômes de la gonorrhée aigué. Sans nous perdre dans de minutieuses descriptions de cette maladie si fréquente, nous nous occuperons particulièrement de son traitement, suivant la nouvelle médecine.
Le pronostic de cette maladie est beaucoup plus favorable, à notre avis, quand elle apparaît à l'état aigu et douloureux, que lorsqu'elle prend une forme latente et presque sans inflammation, parce que la lutte entre le mal et le remède, en ce dernier cas, sera entamée plus difficilement, les réactions salutaires seront plus lentes, et l'on s'exposera même au danger de voir la gonorrhée se convertir en un des interminables écoulements urétraux chroniques. Heureux le médecin qui sera appelé à soigner un malade pendant la période aiguë, et avant qu'il n'ait commencé quelque traitement ou fait usage
de quelqu'un de ces nombreux agents que nous ne cesserons de désapprouver : il sera sûr alors de ne jamais avoir affaire à la gonorrhée secondaire ou chronique, conséquence de Turétrite aiguô, maladie qui finit toujours par fatiguer la patience du malade le plus résigné et du praticien le plus patient; ces irritations spécifiques, lentes, de la membrane muqueuse urètrale, réagissent en outre sur la vitalité de la membrane muqueuse gastro-entérique, d'où il s'en suit une solidarité morbide réciproque: ce qui veut dire que Tirritation de l'urètre engendre des irritations gastriques, la dispepsie, les nausées, le manque d'appétit, la bouche amère, la langue sale, etc., un simple changement dans le régime diététique fait empirer l'irritation de l'urètre; de là proviennent l'augmentation de l'écoulement gonorrhoïque, la brûlure de l'urine, et les érections douloureuses, etc.
Le caractère principal de la gonorrhée aiguë, dans son principe, consiste dans la condition érective ou inflammatoire qui, de la localité, ne tarde pas a se répandre sur la généralité de la constitution organique ; il est évident que ce sont la brûlure de l'urètre au passage des urines, la douleur dans l'érection, les symptômes vasculaires et l'excitation nerveuse qui forment Tensemblc symptomatique ou première période de Turètrite blennorrhagique ; il est aisé de comprendre combien est absurde et cruelle à la fois la manie de certains médecine qui s'imaginent pouvoir combattre directement et par des moyens trçp énergiques une pareille infirmité.
Pendant les quatre ou cinq premiers jours de h maladie, l'antiangioïtique est naturellement de rigueur;
PAR LE COMTE céSAR MATTEI 83
quand les symptômes inflammatoires, quand la cuisson urétrale sera considérablement diminuée, quand l'écoulement gonorrhoïque aura fait son apparition, quand l'urètre ne sera plus aussi raide et que les érections seront moins fréquentes, moins douloureuses et que les pollutions involontaires auront cessé, on devra alterner Tantiangioïtique avec Tantivénérien et faire des applications d'électricité angioïtique ou rouge alternée avec la jaune, selon la constitution du malade, au pubis, au périnée et au grand sympathique, et, une fois par jour, on fera boire de 5 à 10 gouttes d'électricité jaun€,dans une cuillerée d'eau. Le traitement ne devra être suspendu que quand on aura pu constater la disparition de la dernière goutte de l'écoulement (il est inutile de dire que notre traitement exclut toute injection astringente), quand les fonctions urinaires s'.accompliront sans la moindre souffrance, enfin, quand on aura la conviction que la sécrétion purulente de l'urètre a disparu grâce à l'action intérieure spécifique de nos remèdes.
Il serait préférable que la gonorrhée parcourût toutes ses phases avec une certaine lenteur plutôt que de cesser trop tôt ; car alors ce serait non pas une guérison, mais seulement une simple suppression de l'écoulement, ce qui serait la source de dangers bien graves pour les organes qui sont en relation avec l'urètre. Un régime sobre, le repos dans le commencement de la maladie, l'usage du suspensoir aux testicules sont des précautions indispensables pour obtenir du traitement un heureux résultat.
Balanite, — Phimosis etparaphimosis. — Le traitement
de la balanite, du phimosis, et du paraphimosis, exige les mêmes règles thérapeutiques, c'est-à-dire l'usage de l'antiangioUique, pendant les premiers jours, jusqu'à ce que les symptômes d'inflammation soient calmés, pour achever, après le traitement, avec le spécifique antivénérien que Ton continuera jusqu'à ce que tous les symptômes morbides aient disparus complètement. Orchite gonorrhéîque, — Quelques médecins, et entre autres le docteur Ricord, en dépit des preuves qui se présentaient journalièrement, ont voulu nier la métastase de la gonorrhée sur les testicules par suite de la suppression forcée de l'écoulement gonorrhéique. A notre avis, ce problème est désormais résolu, du moment que nous avons observé plus de deux cents cas d'orchites gonorrhéiques, comme métastases de la cessation de l'écoulement; et nous avons eu aussi la contre-épreuve, puisque, à la suite du traitement et de l'amélioration, conséquence de l'inflammation du testicule, l'écoulement reparaissait de nouveau ; ce n'était qu'après qu'il disparaissait a peu près totalement, sans que l'on eût à craindre un nouveau jaillissement métastatique. L'orchite gonorrhéique, dans son principe, est toujours accompagnée d'un degré de réaction synoque assez fort, qui exige pendant trois ou quatre jours, la diète, le repos et l'usage de l'antiangioUique alterné avec l'anticancéreux, en dilution et à sec, à dose de 6 à 8 globules dans les vingt-quatre heures ; quand les symptômes inflammatoires et l'excitation nerveuse seront un peu calmées, on prescrira le spécifique antivénérien, et l'on continuera jusqu'à ce que le testicule soit complètement
libre sans laisser la moindre trace d'induration, de douleur, et jusqu'à ce que l'écoulement, qui se développe toujours au moment de l'amélioration de l 'orchite, ait complètement cessé.
Rhumatisme gonorrbéique. — Parmi les tristes conséquences de la suppression de l'écoulement gonorrhéique, on doit compter le rhumatisme gonorrhéique : cette maladie commence par des douleurs et des enflures aux articulations des genoux et des pieds, et se manifeste par d'atroces douleurs aux épaules, sans rougeurs ni gonflement. Quelquefois même ces souffrances rhumatismales n'ont pas de caractère fixe et se déplacent en suivant les parties fibreuses des extrémités inférieures, et tourmentent bien souvent, dans leur vieillesse, les personnes qui ont eu une jeunesse orageuse.... Quand on sera appelé à traiter le rhumatisme aigu dans sa période de violence, qui est le plus souvent accompagnée de tous les symptômes de la réaction vasculaire, on devra, pendant quelques jours, faire usage de l'antiangioïtique pour employer après l'antivénérien ; mais il peut se faire que la maladie soit tellement inhérente aux parties fibreuses, qu'il soit nécessaire d'alterner l'antiangioïtique avec le spécifique anticancéreux ; mais chaque fois qu'on aura à traiter des souffrances rhumatismales chroniques, qu'on supposera être la conséquence d'un principe gonorrhéique ou syphilitique, il vaut mieux commencer tout de suite par l'usage de l'antivénérien alterné avec l'anticancéreux.
Opbthalmte gonorrhéique, oublennorrhagie oculaire. — Il est une autre terrible maladie, qui malheureusement
n'est que trop la conséquence des moyens employés pour guérir la gonorrhée, c'est l'ophthalmie gonorrhéique. Il est parfaitement avéré que l'on peut contracter cette maladie quand, par imprudence, l'on se touche les yeux avec les doigts sales, après avoir comprimé le gland en urinant ou en se soignant ; mais, dans ce cas, la maladie est beaucoup moins dangereuse que lorqu'elle provient de la métastase de l'écoulement sur les yeux ; c'est une terrible maladie qui peut exciter une inflammation dans l'œil, et le détruire en peu de temps au moyen d'une rapide suppuration ; elle peut également envahir la cornée lucide, exciter un épanchement lymphatique qui troublera la transparence de cette membrane, pourra l'ulcérer, et être la source de taches, de leucômes, de staphilômes et d'autres dégénérescences du tissu, qui suspendront la fonction de la vue : il est nécessaire, pour cela, que le médecin agisse avec beaucoup de circonspection. En effet, quand se présentera le cas où un malade affecté de gonorrhée se plaindra d'une conjonctivite, ou d'un désordre quelconque dans les fonctions visuelles, on devra chercher à guérir le plus promptement possible le centre attaqué, car par l'affinité sympathique qui existe ehtre les membranes muqueuses conjonctives, cette dernière peut attirer à elle le principe gonorrhéique et produire les dégâts les plus déplorables ; il conviendra d'agir énergiquement afin d'arrêter les progrès du mal ; la désorganisation de l'œil est toujours le triste résultat qu'offrent les méthodes ordinaires.
L'ophthalmie blennorrhagique fait son apparition
tout de suite après la suppression subite de Técoulement gonorrhéique ; il s'ensuit aussitôt une chaleur brûlante dans l'œil : les paupières et la coryonctive se gonflent et s'enflamment; la conjonctive forme autour de la cornée lucide un ourlet circulaire plus ou moins épais qui fait que cette dernière membrane est injectée à son tour, s'enflamme, perd sa transparence et laisse découvrir une quantité de vaisseaux sanguins qui parcourent sa surface en différents sens, après quoi elle présente des écorchures et des ulcérations ; ces ulcérations ont un aspect sale et un caractère corrosif assez grave ; on peut observer un écoulement de pus muqueux, jaune-verdâtre assez abondant, qui constitue le symptôme principal de cette maladie. Mais au milieu de tout ce centre spécial d'inflammation, caractérisé par une grande tendance à la sécrétion purulente, la cornée ulcérée se trouvant dans un brasier ardent et transpercée par l'ulcère, laisse fuir les humeurs intra-oculaires et les parties renfermées dans sa sphère ; dans un cas si déplorable, on pourrait s'estimer bien heureux si un staphylôme venait mettre fin à une telle maladie. Il est inutile de dire que ce serait au prix de la vue que l'on obtiendrait une telle issue à l'ophthalmie blennorrhagique. Par ce que nous venons de dire, on peut juger de quelle énergie et de quelle circonspection on doit user contre de semblables accidents.
Obstacles urétraux. — Dans les obstacles urétraux (à la suite d'un traitement empirique par les injections ou la cautérisation, moyen que nous ne nous cesserons jamais de blâmer), nous avons à craindre une autre conséquence funeste de la gonorrhée : quand on supprime
récoulement gonorrhéique au moyen d'astringents, sans guérir la cause spécifique qui l'alimente, au moyen d'agents thérapeutiques également doués d'une action spécifique, cette cause morbide s'inocule dans cette membrane muqueuse et la gâte beaucoup par la cessation brusque de l'écoulement et produit une hypertrophie, ou, pour mieux dire, elle engendre une véritable organisation nouvelle connue sous le nom d'obstacles urétraux, qui ont une consistance et une forme assez variable, et qui s'opposent tous, plus ou moins, à la sortie de l'urine de la vessie par ce canal membraneux ; les moyens ordinaires de traitement qui sont le plus souvent cause de ces obstacles, en raison de l'absurde traitement de la gonorrhée, ne sont pas plus logiques pour traiter cette issue finale de la blennorrhagie urétrale.
Guidés par l'analogie (i), qui, à notre avis, est en médecine un guide des plus sûrs, nous avons imaginé un moyen mixte, autant dire opératoire et thérapeutique, et nous pouvons assurer que les résultats pratiques ont de beaucoup surpassé nos espérances théoriques. Voici le moyen opératoire : nous choisissons une petite baguette en gomme élastique, petite, mais résistante et pointue, et dont la grosseur varie suivant le calibre particulier du canal de l'urètre ; nous l'introduisons doucement et graduellement dans ce canal en l'explorant dans tous les sens ; nous arrivons ainsi à rencontrer le point
(i) Nous ne prétendons en aucune façon guérir les obstacles de Turètre à Paide de nos seuls spécifiques. Il nous serait impossible de détruire des tissus qui, bien qu'éventuel?, sont parfaitement organisés et doués de toutes les propriétés de la vie. On devra doiic, à Taide de moyens mécaniques, réduire ces tissus de nouvelle formation.
précis du premier obstacle : alors nous appuyons la pointe de la baguette sur cet obstacle,et, comme elle doit être résistante, nous pourrons ainsi l'entourer et le lacérer; nous répétons plusieurs fois la même opération, en appuyant toujours la pointe solide et aigué sur l'obstacle ; une fluxion sanguine se développera bientôt sur ce point qui deviendra assez érectile et laissera tout de suite couler le sang : la brèche étant ainsi faite, nous appuyons de nouveau l'instrument (faisant bien attention de ne dévier ni à droite ni à gauche, ni dans le bas ni dans le haut de l'urètre afin de ne pas tracer une fausse voie) et l'obstacle se trouve transpercé. Quand il se trouvera dans de telles conditions, il rentrera dans la sphère des inflammations traumatiques et conséquemment sous l'empire des pouvoirs médicinaux. Nous prescrivons tout de suite l'énergie du spécifique antivénérien aussitôt l'opération finie (et c'est spécialement avec une telle pratique que l'on peut espérer de bons résultats), nous faisons faire et répéter deux fois par jour, c'est-à-dire matin et soir une injection d'eau fraîche dans laquelle on aura fait dissoudre de 20 à 25 globules du spécifique antivénérien ; on verra se former bientôt un écoulement purulent indice certain que l'inflammation s'est emparée de la substance de l'obstacle, qui, attaqué directement par l'action mécanique de la baguette et par l'action spécifique de l'injection, ne tardera pas à être détruit. 11 est bien rare qu'on n'ait affaire qu'à un seul obstacle et, quand il arrive de constater la présence de plusieurs, après en avoir opéré un, on répète l'expérience sur le second, sur le troisième, etc.
Ce moyen opératoire, puissamment aidé par Tusage interne et par les injections antivénériennes débarrassera totalement le canal de Turètre des obstacles de toute espèce.
Le régime diététique que Ton doit suivre pendant le cours de la gonorrhée aiguë et même pendant le traitement de ses conséquences chroniques, est l'opposé de celui qu'il convient de suivre ordinairement pour la syphilis primaire, constitutionnelle et tertiaire. La gonorrhée est accompagnée d'une inflammation . érysipélateuse qui occupe yne grande extension sur une membrane muqueuse, parsemée d'une masse de vases capillaires et de papules nerveuses assez délicates ; de là provient une réaction érectile qui se fait ressentir sur le système cardio-vasculaire : la diète, la boisson d'eau glacée, le repos et l'usage continuel du suspensoir sont des précautions indispensables. Le virus gonorrhéique agit, par rapport à la crase des humeurs, d'une manière opposée au virus syphilitique ; pendant que ce dernier occasionne la décomposition de la plasticité des humeurs, le virus gonorrhéique semble vouloir, au contraire, pousser les membranes muqueuses à l'hypertrophie, en condensant les parties fluides des humeurs du corps humain. En effet, combien de fois, à la suite de la gonorrhée, ne voit-on pas surgir des végétations (crêtes de coq ou choux-fleurs) au prépuce, au gland chez l'homme, et, chez la femme, aux grandes et petites lèvres, ou col de l'utérus, en très grande quantité ?. . . C est pour cela que le régime alimentaire, dans le traitement de la gonorrhée et de ses conséquences, doit être
PAR LE COMTE CESAR MATTEl 9I
moins tonique que dans le traitement des diverses manifestations vénériennes, pendant lesquelles un régime analeptique doit compenser Torganisme de la grave attaque portée à la composition plastique de ses humeurs. Ces considérations thérapeutiques et pratiques jetteront une grande lumière sur une controverse où l'opinion des syphilographes n*est pas encore formée, c'est-à-dire sur l'origine ou cause prochaine de la sycosis ou maladie vulgairement nommée crêtes de coq, chou-fleurs, végétations, excroissances, etc. Quant à nous, nous sommes persuadés que ces végétations proviennent du virus gonorrhéique. Quoi qu'il en soit, ce qu'il nous importe le plus de savoir, c'est que ces symptômes, qui sont le résultat d'un coït impur et les conséquences de la gonorrhée, cèdent comme par enchantement à l'usage externe et interne de nos spécifiques antivénériens. Ce traitement sera le plus souvent suffisant pour guérir les excroissances sycosiques ; mais il pourrait se faire qu'à cause de la négligence du malade elles aient acquis un développement extraordinaire. Dans ce cas, pendant que l'on combat leur essence gonorrhéique ou syphilitique,comme prétendent quelques auteurs, par l'usage extérieur du spécifique antivénérien, l'on devra en même temps produire l'atrophie de ces excroissances charnues au moyen d'un fil avec lequel on serrera la base ; après la chute de ces excroissances, on continuera le traitement externe et interne afin d'éloigner les fréquentes rechutes de tels symptômes gonorrhéiques.
Tnfection gonorrhéique. — Chez la femme, ce sont ordinairement les grandes et petites lèvres de la vulve,
le canal du vagin qui restent infectés par le virus gonorrhéique, qui y engendre la vulvite et la vaginite blennorrhagique ; mais il n'est pas non plus rare d'y trouver l'urétrite gonorrhéique ; toute la portion du col de l'utérus, la membrane muqueuse de cet organe peuvent aussi être envahies par une extension de la blennorrhagie vaginale. Une fois le diagnostic de cette maladie établi, on devra la traiter comme chez l'homme, c'est-à-dire mettre en œuvre l'usage de l'antiangioïtique et du spécifique antivénérien ; la dose de ces deux remèdes devra être assez forte, car ces membranes muqueuses exigent une forte action thérapeutique pour en être impressionnées. Avant de fermer ce chapitre si important du traitement de la syphilis et de la gonorrhée chez rhomme et chez la femme, nous voulons faire une observation qui est le résultat d'une pratique vieille et continuelle. Les indices qui annoncent l'influence bienfaisante de l'Electro-Homéopathie sur les manifestations syphilitiques et gonorrhéiques récentes, consistent dans une diminution graduelle de tous les symptômes et surtout dans la disparition rapide des phénomènes dynamiques dont nous avons parlé autre part. Dans les cas invétérés, ces indices sont au contraire, dès le début, l'aggravation de toutes les affections vénériennes ou gonorrhéiques, l'apparition de quelques symptômes qui s'étaient montrés dans les premiers moments de l'infection syphilitique. Après qu'une telle véhémence, qui n'est accompagnée d'aucun danger, sera calmée, la lutte entre le mal et le remède sera plus égale, les conditions organiques s'amélioreront à vue d'œil, les symptômes syphi-
litiques disparaîtront sans laisser la moindre trace et le corps sera tellement revenu à son état normal, qu'on aura acquis la conviction physique et morale que le malade est complètement délivré de ce fléau meurtrier. Tnftuence de la syphilis et de la gonorrhée sur le développement de différentes affections pathologiques protéiformes, — Hahnemann a certainement exagéré en disant que le plus grand nombre des maladies chroniques n'étaient que le résultat de l'infection galeuse ou psorique, de la sycosis ou gonorrhée et de la syphilis. De même que dans toutes les autres questions médicales, il a mis une telle ardeur et une telle passion dans la discussion, que cela l'a entraîné souvent au delà des limites de la vérité et Ta forcé de se départir de ce calme toujours nécessaire à quiconque veut exposer des doctrines. Mais il nous faut avouer, au grand honneur de ce philosophe observateur, que l'infection galeuse comme l'infection syphilitique et gonorrhéique sont, à la suite du mauvais traitement le plus en vogue, la source d'une foule de maladies qui affligent la pauvre humanité ; les tristes effets de l'infection de ces miasmes ne se limitent seulement pas à la personne qui a eu le malheur d' être touchée par leur souffle impur. Mais, héritage funeste, elle se transmet aux descendants, et à chaque moment le médecin observateur voit se développer avec un progrès incessant et sous les plus étranges apparences, les scrofules, le rachitisme, l'ostéomalacie, l'entéro-mésentérite ou carreau, l'hydrocéphale, l'idiotisme, les défauts de conformation, la faiblesse physique accompagnée d'enflures
et du relâchement des fibres organiques chez les enfants. Si Ton remonte à Torigine de ces maladies, on trouvera toujours que c'est le père ou la mère qui en ont été frappés, par quelques-unes de ces disgrâces et, à Topposé des affections névrothiques, telles que Tépilepsie, etc., il ne faut pas les faire remonter aux aïeux, car c'est toujours le père ou la mère (les virulences se radoucissent et diminuent degré par degré à mesure qu'elles passent d'un organisme à l'autre) qui ont le triste attribut de donner la vie à ces pauvres victimes. Mais son influence se déploie spécialement sur le système lymphatique, qui en est directement attaqué et dont elle dévie les fonctions ; l'absorption en est altérée, et cela vous expliquera le gonflement qu'on voit souvent chez les malheureux qui sont sous l'action de l'infection vénérienne; mais ce qu'il y a de pire, c'est qu'elle contribue puissamment à exciter une prédominance de tel système au préjudice dés autres appareils organiques. En effet, on voit à chaque moment des individus, d'un tempérament sanguin prononcé et d'une constitution herculéenne, qui subissent des métamorphoses instantanées et chez lesquels le système lymphatique et l'abattement de l'économie animale prennent le dessus.
mf^
DES LIQUIDES ÉLECTRIQUES et de leur application
Ces liquides, espèces d'électroïdes, sont en nombre de cinq, savoir :
Eau Rouge, avec propriété éledriqtie; par abréviation:
Électricité Rouge.
Elle a une action positive, convient aux tempéraments lymphatiques, dans les affections de Testomac et du ventre, dans les douleurs nerveuses et dans la sciatique, parce que Thomme est généralement négatif. Appliquée aux sus et sous orbitaux elle fortifie la vue.
Eau Jaune, avec propriété électrique ; par abréviation :
Électricité Jaune, qui possède une action négative.
Elle est efficace quand les autres ne donnent pas de résultats ; s'oppose à Faction de Yélectricité rouge et par conséquent neutralise le trop grand effet de celle-ci.
Elle est très avantageuse quand on doit agir sur un excès de vitalité.
Elle est aussi vermifuge. Les électricités rouge et jaune alternées abrègent puissamment la convalescer.ee.
Eau Blanche, avec propriété électrique ; par abréviation : Électricité Blanche, neutre.
g6 MÉDECINE ÉLECTRO-HOMÉOPATHIQUE
S'emploie particulièrement en compresses sur la tête et, plus spécialement, dans les affections du bas-ventre. Elle convient à toutes les constitutions.
Eau Bleue, avec propriété électrique ; par abréviation : Électricité Bleue ou Angioîtique, est positive. Elle a une action efficace sur les vaisseaux sanguins, sur les varices, dans les hémorragies et contre toutes les maladies du sang. Bue jusqu'à 50 gouttes, elle est héroïque dans les apoplexies. C'est l'électricité pour les tempéraments sanguins.
Eau Verte, avec propriété électrique ; par abréviation : Électricité Verte, qui a une action négative. S'emploie comme cicatrisateur. Elle est très puissante plus spécialement dans les douleurs articulaires et le cancer.
Ces liquides s'emploient généralement à Textérieur et quelquefois en injections et à l'intérieur.
Les différentes espèces d'électricités produisent des actions de nature différente, mais, toutes, elles ont une égale puissance qui se fait ressentir plus ou moins selon le tempérament de l'individu que l'on traite et le développement plus ou moins prononcé de la maladie. Cette action est rapide, parfois instantanée ; dans des cas plus rares elle produit la secousse comme le ferait une petite pile électrique.
Huit ou dix fois seulement, pendant l'espace de vingt ans, il nous est arrivé de constater ce phénomène si singulier ; mais il faut noter aussi que, généralement, les personnes qui se soignent à l'aide de l'Electro-Homéo-
pathie ne se donnent point la peine d'observer attentivement les effets immédiats de nos spécifiques.
Un des effets les plus remarquables et les plus précieux des électricités est de soulager et, très souvent, de faire disparaître entièrement la douleur, sans toutefois ébranler Torganisme.
Certaines maladies, quand elles ne proviennent pas d'une viciation très prononcée de la lymphe ou du sang, se guérissent très rapidement, et même assez souvent instantanément, par de simples applications d'électricité. C'est ainsi que nous avons fait disparaître des tétanos partiels avec l'électricité jaune appliquée à l'occiput ; de même aussi, avec les seules électricités convenablement ménagées, nous avons guéri par centaines des amauroses, des céphalalgies chroniques, des rhumatismes, des sciatiques, des douleurs articulaires et le bégaiement chez une personne âgée de quarante-cinq ans.
La science a reconnu la corrélation du sang avec les nerfs. Les guérisons par les seules électricités (qui agissent sur les nerfs), la disparition de certaines maladies nerveuses, sous l'influence des seuls remèdes qui purifient le sang, seraient faites pour prouver, à chaque instant, combien est fondée une pareille assertion.
Les électricités ne pourraient, employées isolément, guérir une maladie constitutionnelle ; le traitement interne est indispensable quand on se trouve en présence d'une maladie de ce genre.
Mais, même dans ces cas, les électricités ajoutées au traitement interne sont d'un puissant secours pour
hâter la guérison et surtout pour abréger la convalescence.
La santé étant le résultat de l'équilibre existant entre toutes les forces de l'organisme, on ne saurait contester qu'il n'y eut du vrai dans le système de Brown (dont on a tant abusé !) réduisant toutes les maladies à la sfbénie et à Y asthénie. Nous sommes malades par excès ou par manque de forces ; la santé repose dans un juste milieu. C'est pourquoi nous avons trouvé de très grands avantages à alterner l'électricité rouge, positive, avec la jaune, négative, surtout pendant les convalescences.
La suppression, ou du moins l'adoucissement de la douleur, est déjà un bienfait appréciable que les électricités végétales apportent dans une multitude de maladies, notamment dans les ulcérations du cancer, dans les plaies et les blessures de tout genre. Quand nous n'aurions trouvé que ce moyen, pour atténuer les souffrances, n'aurions-ndus pas raison de remercier la Providence, et de tout faire pour répandre un agent thérapeutique d'une si grande valeur ?
Mais c'est surtout dans le traitement des maladies scrofuleuses que l'emploi des électricités vient en aide aux remèdes internes et produit les meilleurs effets.
On emploi les électricités : en compresses, en imbibant de quelques gouttes un morceau de linge qu'on applique aussitôt au point endolori ; en ventouses, ce qui se fait en les appliquant à l'aide d'une petite bouteille à large orifice sur les points de l'épiderme où les nerfs sont le plus à découvert, et sur les muscles endoloris.
Points d'application. — Les points d'application des électricités sont généralement indiqués par le siège de la douleur ou du mal (contusions, blessures, plaies, etc.).
Dans tous les cas, on a soin de toucher, comme nous avons dit, les endroits où les nerfs sont le plus près de la peau, ou de Tendroit où la douleur se fait le plus ressentir ; c'est d'après cette règle qu'est tracée la planche à la fin de ce volume, à laquelle nous renvoyons le lecteur qui veut bien se rendre compte de notre système.
Tour agir sur tout le corps, les applications doivent être faites à l'occiput, au grand sympathique, au plexus solaire, le long de l'épine dorsale, des deux côtés où sortent les nerfs et sous la plante df s pieds.
T^our agir sur le côté droit de la tète, on applique les électricités à la tempe droite, au frontal, au sous et susorbital droit, à la racine du nez.
Vour le côté gauche, on choisit les points homologues du même côté.
Vour la langue, aux grands et surtout aux petits hypoglosses.
T^our les yeux, à l'occiput, au grand sympathique, aux sous-orbitaux et sus-orbitaux.
Vour les ne:(^, à la racine du nez entre les deux yeux, à Tocciput, aux sus et sous-orbitaux.
Tour le oreilles, aux trois petits muscles derrière Toreille, mais surtout au fond de l'oreille. Et pour cela on fait ouvrir la bouche et l'on applique des compresses d'électricité rouge ou blanche à l'endroit où l'oreille touche à la mâchoire. On peut aussi faire des gargarismes
avec les électricités positives ; jamais avec la jaune ni la verte.
Tour le bras : (voir les points indiqués sur la planche).
Tour la jambe : (voir la planche), de plus touchez aux nerfs sacrés, aux côtés de l'épine dorsale et sous la plante (arcade) du pied.
Tour agir sur la vessie, la matrice, etc., faire des applications sur.les nerfs sacrés, le périnée, le pubis, et le grand sympathique.
Le siège de la doulfeur suffit généralement à indiquer quels sont les points qu'il faut toucher ; un peu d'habitude rendra aisé et facile l'emploi des électricités.
Durée de l'application. — En ventouses, elle varie de trois à trente secondes. Les applications de sept, dix, quinze secondes sont généralement les plus efficaces ; nous les conseillons courtes et fréquentes. On laisse les compresses jusqu'à ce que le linge se soit desséché ; on les renouvelle plus ou moins souvent, suivant l'efifet que l'on en obtient.
Quand il s'agit d'une douleur, on commence toujours par l'électricité ; si la douleur revient, on ajoute un traitement interne aux applications électriques.
En général, c'est la rouge qu'on applique tout d'abord car, généralement, l'homme étant malade par défaut de vitalité, est négatif. On alternera la rouge avec la jaune pour ramener l'état neutre, la santé. Ces alternances sont très efficaces, pendant la convalescence surtout.
Quand il s'agit d'une douleur, on attend l'effet de
l'électricité rouge avant de passer à la jaune. Mais, pour déplacer une humeur, pour agir simplement sur l'économie, les applications des électricités rouge et jaune doivent se suivre immédiatement.
Lorsque ni la rouge ni la jaune ne produisent d'effet, on fait dés compresses (pour la tête surtout) avec la blanche qui fait toujours du bien. Si aucune de ces trois n'a agit, c'est qu'il existe une viciation du sang ou de la lymphe, car, sans cela, l'une des trois aurait certainement produit de l'effet.
L'Electricité bleue convient, comme nous avons eu lieu de le faire remarquer, aux tempéraments sanguins. Il ne faudrait cependant pas aller à la légère dans le choix des électricités ; il faut, avant tout, s'assurer si l'on a à soigner un individu à tempérament sanguin ou lymphatique, l'expérience nous ayant démontré que, chez les tempéraments sanguins,rusage des électricités rouge et jaune peut donner lieu à des perturbations, passagères sans doute, mais qu'il est bon d'éviter. Aussi faut-il toujours, avec de tels sujets, s'en tenir exclusivement à l'électricité bleue ou angioïtique. On reconnaît la puissance de son aetion dans les blessures ; de fortes compresses font disparaître la douleur, arrêtent l'hémorrhagie et même elles cautérisent les artères blessés (i).
L'électricité verte en compresses sert surtout à calmer les douleurs du cancer ulcéré : on l'emploie pure ou '
(i) A la suite d'une blessure à Partère brachiale, un médecin
Thamme fut sauvé. C'est un fait qui, autrefois, aurait semblé impossible l
mêlée dans l'eau selon le besoin et les effets produits. Elle peut être employée dans toute sorte de plaies, mais surtout pour combattre les douleurs articulaires dont elle triomphe toujours, dès le début de la cure ; il faut adapter les doses aux organismes.
L'expérience nous permet de constater que la prostration des forces augmente avec l'application de Télectricité jaune ; l'électricité rouge, au contraire, rétablit les forces, parfois même instantanément, au simple contact avec la partie lésée
Dans un cas de tétanos partiel, causé par une blessure, l'électricité jaune à l'occiput, au grand sympathique et au point blessé, délia immédiatement les nerfs, tandis que la rouge avait augmenté la douleur.
C'est en m'appuyant sur de pareilles observations, sans cesse renouvelées, que j'ai adopté la dénomination d'électricité végétale, positive et négative.
Dans les maladies aiguës, ces électricités, prises à propos, rendent de très grands services. Ainsi, dans les érysipèles violents à la face, des applications de l'électricité rouge à l'occiput, au grand sympathique, au frontal, aux sus-orbitaux et sous-orbitaux, avec antiscrofuleux i à l'intérieur, font disparaître la douleur, l'inflammation, la fièvre et tous les autres symptômes ; dans les points de côté, les fluxions de poitrine, les pleurésies, l'électricité au sympathique et au plexus solaire, prises avec scrofuleux i et pectoral i intérieurement, elles font également tomber la fièvre et disparaître l'oppression, 'a douleur et les symptômes les plus graves.
Dans la sciatique aigué, si l'on n'a pu réussir avec
réiectricité appliquée au nerf sciatiqUe et aux nerfs sacrés, on fera des onctions avec anticancéreux 5 et antiangior tique 2 alternés.
Dans les apoplexies, il faut, avant tout, se rendre compte de la cause, afin de pouvoir choisir plus sûrement l'électricité qui convient mieux ;. car les électricités qui conviennent à l'apoplexie nerveuse, peuvent ne pas convenir à l'apoplexie sanguine.
Il est facile de se convaincre, par ce que nous venons, de dire, combien est grande l'influence des électricités, et combien elles peuvent seconder le traitement interne : ainsi, dans l'érysipèle à la face, on peut suivre à vue d'œil l'abaissement de l'enflure ; dans l'ophthalmie, les applications à l'occiput, au sympathique, à la racine du nez, aux yeux, rétablissent la lacrimation ; l'enflure et l'inflammation diminuent. Dans les plaies, l'électricité provoque aussitôt l'écoulement des humeurs et la suppuration.
MEDECINE ELECTRO-HOMEOPATHIQUE IO5
Doses et Mode d'application