‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 21 sur 217 · DES REMEDES EN GLOBULES · texte numérisé non relu

DES REMEDES EN GLOBULES

Nous nous proposons de donner ici des indications générales sur les doses des remèdes ; mais on ne saurait donner des règles absolues, car les organismes variant , à rinfmi, de nombreuses exceptions peuvent se présenter ; il faut donc laisser un champ assez vaste à l'observation individuelle.

La dose la plus commune, pour les remèdes internes, est d'un globule par jour à la première dilution. La deuxième dilution convient mieux, en plusieurs cas, mais plus spécialement aux femmes et à toutes les personnes très sensibles. On peut prendre cependant, dans certains cas, de lo à 20 globules à sec du remède en dilution, soit aussi d'un second remède qu'il faut alors alterner avec le remède dissous dans l'eau. Nous ne donnons la troisième dilution que dans des altérations excessivement violentes, telles que l'hystérie, l'épilepsie, le typhus, etc.

^Dilutions. — On obtient la première dilution en faisant fondre un globule dans un verre ordinaire d'eau potable ; nous l'appelons aussi premier verre.

Pour obtenir la deuxième dilution, on prend une

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cuillerée à café de la première dilution, on la met dans un deuxième verre d*eau. C*est le deuxième verre. On obtiendrait le troisième verre ou troisième dilution de la même manière en prenant une cuillerée de cette seconde préparation.

On prend le remède par cuillerées à café, de manière à épuiser la dose prescrite dans la journée.

Il ne faut pas oublier que la dose doit être diminuée en raison de la gravité ou de la violence de la maladie , et, que plus la dose est diminuée, plus il faut rapprocher les intervalles, excepté dans certains cas que nous indiquerons dans la partie de ce livre qui concerne le traitement des diverses maladies.

Usage externe. — On use des grains à Téxtérieur de différentes manières, à savoir : en bains, compresses, onctions, gargarismes.

Pour préparer un bain ordinaire (d*eau douce), on dissout 100, 150, 200 grains dans un verre d'eau que Ton mêle ensuite à l'eau du bain.

Pour les compresses et les gargarismes, on fait fondre de 20 à 25 globules dans un verre d'eau ordinaire.

Pour l'onction, on fait dissoudre 5 grains dans une goutte d'eau que l'on mêle avec une cuillerée d'huile, d'axonge, ou de glycérine. On se sert aussi des électricités pour les bains et les gargarismes. La proportion est de 3 cuillerées à bouche d'électricité pour le bain, et de 8 à 10 gouttes pour le gargarisme. On renouvelle les compresses trois fois dans la journée, et même plus souvent, si l'on croit la chose nécessaire. Nous n'avons

pas besoin de rappeler que l'action externe des grains ne diffère point de leur action interne.

On augmentera les doses au fur et à mesure que le mal diminue, par la raison bien simple, que les remèdes obéissent à la loi des semblables et agissent homéopathiquement.

Il nous serait impossible de préciser exactement toutes les circonstances que peuvent exiger des modifications dans les doses, il nous faudrait suivre pas à pas les différentes péripéties d'une infinité de maladies qui se montrent sous mille aspects différents. C'est à celui qui soigne qu'incombe le soin de juger, par l'état du malade, quelle dose il faut s'en tenir.

Cependant nous tenons à donner ici quelques règles tirées de l'expérience et que nous conseillons de lire attentivement.

Si l'on s'est trompé sur le choix du remède, il ne se produira aucun effet. Si, au contraire, il se produit aggravation, c'est l'indice que le remède est trouvé ; il faut seulement en diminuer la dose, jusqu'à ce qu'il ne produise plus d'aggravation.

Les effets d'un remède ne se feront jamais attendre pourvu, toutefois, qu'il s'adresse à une maladie comprise dans sa sphère d'action. Par conséquent, si après quelques cuillerées, on ne remarque rien ou si, malgré la diminution de la dose, on remarque une persistance dans l'aggravation, on en conclut que le remède ne convient pas à la maladie qu'on traite.

L'aggravation n'est, toutefois, que passagère et nullement dangereuse.

Mais, soit en diminuant la dose, soit en passant aux homologues, soit en changeant de remède, on est toujours sûr de réussir.

Ce sont là des essais, des expériences préliminaires inévitables, et qu'un peu d'habitude rendra faciles.

Les petites doses n'amoindrissent pas l'action du remède, elles ne font que mettre le remède en rapport avec la condition du malade.

Pour les nourrissons, on donne le remède à la nourrice ; aux enfants en bas âge, on donne les deuxièmes dilutions.

La nécessité de prendre le remède aux dilutions basses et de réitérer souvent les cueillerées dans les maladies graves, s'explique par le fait que ces remèdes ont une action instantanée qui se termine aussitôt après leur absorption ; dès lors, il faut la répéter très souvent pour arriver à bonne fin. Et l'expérience a montré que ce qu'on prendrait en surplus est perdu pour l'effet curatif.

On continue à prendre le remède jusqu'à l'heure du repas, et même pendant le repas.

Les menstrues ne sont pas une raison pour suspendre l'usage des remèdes ; c'est, au contraire, le moment le plus favorable, où le sang travaille pour expulser les principes morbides.

Seulement il faut savoir que les antiangioïtiques, à la dose commune, rappellent les menstrues supprimées, tandis que, en petites doses, ils sont spécifiques contre l'excès opposé, le trop d'abondance de sang menstruel, et contre les hémorragies en général.

Le seul régime est une nourriture saine et suffisante. Les acides puissants tels que le vinaigre et le citron sont des antidotes à nos remèdes. On ne mêlé jamais les remèdes : les compresses et les onctions de deux remèdes différents doivent être faites successivement.

De même, lorsque dans les maladies' compliquées on fait usage de plusieurs remèdes, il faut les donner séparément et successivement, en ayant soin de les alterner.

Vu que Taction de chaque cuillerée de ' remède est de courte durée, il n*est pas rigoureusement nécessaire de réserver à chacun des deux remèdes qu'on alterne une partie entière de la journée ; on peut les alterner aussi en faisant suivre à la cueillerée du premier celle du deuxième, puis recommencer par le premier et repasser au deuxième, et ainsi de suite, aux intervalles prescrits.

L'eau des compresses ou du bain, celle pour usage interne, peut être froide, tiède, plus ou moins chaude, au gré de chacun. On peut aussi l'adoucir avec du sucre, etc.

Telles sont les règles au moyen desquelles tout homme qui sait distinguer un sujet lymphatique d'un sujet sanguin, peut administrer convenablement ces remèdes.

Nous pourrions ici citer mille exemples tendant à prouver qu'une erreur dans le choix du remède ou de la dose peut retarder indéfiniment la guérison d'une maladie.

Une femme, entre autres, ayant un cancer au sein et

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sujette à des hémorrhagies, les vit augmenter pour avoir mis deux grains dans son verre au lieu d'un seul. L'accident disparut aussitôt qu'elle en revint à la dose prescrite; impatiente de guérir, elle doubla de nouveau la dose, mais Thémorrhagie prit, cette fois, des proportions inquiétantes; puis, enfin, elle disparut encore sous Taction de Tantigioïtique et de Fantîcancéreux aux doses ordinaires.

Si l'état du malade présente cjuelque gravité, il est prudent de commencer toujours par les deuxièmes dilutions, sauf à augmenter ensuite.

Il y a des cas où les plus petites doses, les troisièmes dilutions, par exemple, sont de rigueur, comme dans les maladies de cœur organiques, Tépilepsie, l'hystérie, et en général les maladies convulsives.

Dans d'autres cas, on doit employer, sans hésiter, des doses très fortes : 20 ou 30 grains à sec sur la langue, au début du choléra, l'arrêtent ordinairement; dans l'asphyxie, on obtient les mêmes résultat avec un procédé semblable.

Enfin il est des personnes qui se trouvent mieux en prenant 8 ou 10 globules à sec, un à chaque heure, au lieu de la dilution. Ce sont des cas particuliers, qui s'expliquent par la différence des organismes, et pour lesquels il faut s'en rapporter à l'observation individuelle. Mais dans les grandes infirmités, il est d'une grande importance de s'en tenir aux doses prescrites.

Un des nombreux avantages que nous présente l'Electro-Homéopathie est celui de pouvoir agir immédiatement, y aurait-il des doutes dans les résultats du

diagnostic. Les antiscrofuleux i et 5, administrés à dose ordinaire, amèneront certainement une amélioration, si la maladie est dans leur sphère d'action, sinon, ils mettront le praticien sur la bonne voie, en donnant lieu à des symptômes qui ne laisseront plus de doute sur le genre de la maladie.

Ce sont surtout les maladies du foie et de la rate, celle provenant des vers intestinaux, notamment le ténia, qui peuvent donner lieu à des hésitation^ et à des jugements souvent dangereux. Rien n'est plus bizarre que ces maladies ; les médecins s'y trompent aussi bien que le plus ignorant des profanes. Dans ces derniers cas, le vermifuge et le fébrifuge nouveau seront la pierre de touche qui révéleront bientôt la nature de la maladie.

La persistance de certaines affections se rattache parfois à un principe syphilitique occulte, héréditaire ; quand on se doute de la chose, on alterne Tantivénérien avec le spécifique approprié. — C'est ce qu'on ne doit pas négliger surtout dans certains cancers, squirrhes, plaies suspectes, en n'oubliant jamais, pourtant, que l'anticancéreux i® est aussi spécifique contre le virus syphilitique invétéré.

Nul ne saurait nous nier que la nouvelle thérapeutique a franchi les bornes posées par l'allopathie ; toute maladie réputée incurable cède tôt ou tard à nos remèdes. C'est un grand pas ; et même avons-nous la certitude que notre science n*a pas encore dit son dernier mot. Mais il est un fait que nous pouvons affirmer, sans crainte d'être jamais contredit, c'est que l'on peut électriser un cadavre, mais on ne parviendra jamais à le

guérir ; de sorte que si nous nous trouvons en présence d'un sujet dont la masse du sang soit totalement corrompue et les différents systèmes complètement désorganisés, nous pouvons, oui, le soulager, le faire vivre pendant quelque temps d'une vie artificielle, mais il nous serait impossible de le guérir, nos forces ne pouvant aller au-delà des forces humaines, parce qu'il faut que toute maladie soit prise à temps.

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