‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 24 sur 217 · DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

DE LA DIGESTION

La digestion est une fonction, commune à tous les animaux, moyennant laquelle diverses substances qui leur sont étrangères, introduites dans le corps et assujetties à l'action d'un système particulier d'organes, changent de qualité, et fournissent un nouveau composé, propre à leur nourriture et à leur accroissement.

Exécutée par un appareil très compliqué, la digestion comprend beaucoup de phénomènes qu'il sera utile d'examiner séparément. Ces phénomènes sont : l'ingestion des aliments, la mastication, l'insalivation, la

déglutition, la chimification, la chylification, Tabsorption du chyle et la défécation.

Le tube digestif qui, commençant par la bouche, finit par l'anus, offre dans ce passage une infinité de parties, qui, chacune à sa manière, coopèrent au but général.

La bouche est la première. La cavité buccale est limitée en haut par le palais, en bas par la mâchoire inférieure, en arrière par le voile pendant du palais et par le pharynx, en avant par les dents et les lèvres, aux côtés par les joues ; dans le milieu se trouve la langue qui se remue en tous sens.

Une des deux mâchoires, l'inférieure, est douée d'une mobilité extrême, mue comme elle est par des muscles très puissants ; l'autre, la supérieure, est complètement immobile. Chaque mâchoire est garnie, dans l'individu adulte, de seize dents qui sont constitués de deux parties, l'une extérieure qui s'appelle couronne, et l'autre intérieure qui se nomme racine.

La bouche offre aussi, à l'examen, les glandes salivaires, situées dans l'intérieur des joues, au point de réunion entre les lèvres et les gencives, et principalement les deux parotides qui se rencontrent sous la peau entre l'œil et la mâchoire, et qui s'ouvrent dans la bouche moyennant un canal qui traverse la joue ; les deux glandes sous-maxillaires, situées en dedans de la partie moyenne de la mâchoire inférieure, et dont le canal s'ouvre à proximité du filet de la langue.

Si on regarde l'intérieur d'une bouche complètement ouverte, retenant la langue déprimée on verra dans la

partie supérieure et postérieure une espèce de séparation transversale mobile, qui s'appelle le voile pendu du palais, qui sépare la bouche du pharynx, et dont on voit un prolongement qui se nomme luette.

De chaque côté, le voile du palais est terminé par deux piliers qui continuent avec la langue et le pharynx, et au milieu desquels on voit les tonsilles ou amygdales. Dans la partie postérieure de la cavité, par derrière du voile du palais, on voit l'entrée du pharynx, canal membraneux, infundibuliforme,qui continue avec Tœsophage, conduit musculo-membraneux chargé d'apporter dans Testomac les aliments reçus par le pharynx.

L'estornac, organe principal de la digestion, placé transversalement dans la région de Tépigastre, outre sa cavité, nous présente deux ouvertures ; l'une dite cardia, orifice gauche ou orifice œsophageux, se trouve dans le point de réunion des deux tiers droits avec le tiers gauche de l'organe ; il reçoit la terminaison de l'œsophage ; l'autre le pylore, ou orifice intestinal est placé plus bas et plus en avant du cardia, et à droite. 11 commence par un élargissement infundibuliforme, et finit tout à coup par un rétrécissement circulaire autour duquel on trouve intérieurement une petite élévation circulaire qu'on appelle la soupape du pylore.

L'estomac est formé par trois membranes, une extérieure séreuse, une moyenne musculaire et une interne muqueuse, et reçoit un très grand nombre de vaisseaux et de nerfs. Les intestins sont la continuation de l'estomac ; plus restreints que lui, ils se divisent en intestins grêles et en gros intestins. Les intestinsgrêles sont : le duodé-

num,Ie jéjunum et Tileum. Les gros intestins plus larges, mais moins longs que les précédents sont : le caecum, le côlon et le rectum qui finit par Tanus.

Toute la masse intestinale se trouve resserrée dans l'épipléon et dans le péritoine.

Le foie, organe producteur de la bile, fournit au sang des substances particulières ; c'est le viscère le plus volumineux du corps ; il est placé dans la partie droite supérieure de Tabdomen et descend jusqu'au niveau du bord inférieur des côtes. Sa surface supérieure est convexe, et rinférieur est irrégulièrement concave ; sa couleur est d'un rouge brun. Il est composé d'une substance tendre et compacte, et, si on la déchire, elle semble formée par l'agglomération de petites granulations où s'embranchent les vaisseaux sanguins, et d'où tirent leur origine les conduits excréteurs destinés à conduire la bile au dehors.

Ces conduits excréteurs se réunissent successivement entre eux pour former des petites branches, et après un tronc qui sort de la surface inférieure du foie pour se rendre dans la duodénum, et qui communique aussi avec un sac membraneux adhérent au foie, presque toujours rempli de bile, et qui s'appelle sac cysthépathique.

Le conduit excréteur se décharge dans le duodénum, près de l'estomac.

Le pancréas, qui sécrète le suc pancréatique destiné à émulsionner les substances grasses, est une glande analogue aux glandes salivaires, masse granuleuse divisée en plusieurs lobes qui se subdivisent en lobes secondaires. Le pancréas est assez consistant, de couleur blanc-

grisâtre avec tendance au rouge ; il est placé transversalement entre Testomac et la colonne vertébrale. Chacune des granulations qui constituent cette glande donne origine à un petit conduit excréteur, et tous ces conduits se réunissent pour former un canal qui se jette dans le duodénum, tout près de Tembouchure de celui qui vient du foie.

La rate, viscère spongieux, de couleur bleu céleste rougeâtre, qui contribue, lui aussi, en partie, à la formation de la bile, est placé au fond de Thypocondre gauche entre le fond du ventricule et les côtes vertébrales. Il a la figure d'un œuf coupé dans sa longueur, sa structure est formée par un tissu vasculaire pas trop mince enveloppé dans deux membranes.

Le manque de conduit excréteur fit rester les physiologistes dans rincertitude à propos de son usage; cependant il semble que le tissu capillaire de ce viscère ne prépare pas seulement le sang pour avoir une sécrétion de bile plus abondante mais qu*il en fournit encore une plus grande quantité aux vaisseaux courts quand il est comprimé par Testomac.

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