‹ Médecine et moeurs de l'ancienne RomeChapitre 17 sur 29 · Daremberg, Histoire des sciences médicales. Paris · texte numérisé non relu

Daremberg, Histoire des sciences médicales. Paris

Juvénal. Mais il convient que ce n'est pas en moraliste, mais en médecin qu'on doit regarder la femme de Claude, cette Messaline dont l'ombre impure se dresse devant lui ! M. Menière ne veut pas avec raison voir en elle une débauchée vulgaire ; c'est une nymphomane, une maniaque erotique qui rentre dans la catégorie des sujets classés, par Moreau * (de Tours).

Après les excès vénériens, passons aux excès de table.

M. Achaintre nous adonné, dans la deuxième édition de Dusaulx, d'intéressants détails sur les coutumes romaines.

Pour prendre leurs repas, ils se couchaient sur des lits semblables à nos sofas. Leur corps était élevé sur le coude gauche, afin d'avoir la liberté de manger de la main droite, et leur dos était soutenu par derrière avec des coussins. Cette mode fut introduite après la seconde guerre punique, par Scipion l'Africain. Les femmes se placèrent d'abord à côté des hommes, et ne se couchaient pas, mais elles firent ensuite comme eux. Les enfants seuls restèrent assis près de leurs parents2.

i. Moreau (de Tours), Psychologie morbide.

2. Avant de se mettre à table, ils ôtaient leurs chaussures et mettaient une robe particulière, vestis ccenatoria ou cubitoria, qu'ils ne pouvaient porter ailleurs. Quand ils allaient dîner en ville, ils envoyaient cette robe chez leur hôte, à moins que celui-ci ne leur en fournit. La couleur de ce vêtement n'était point fixée, tandis que celui de ville était toujours blanc. Néron s'est montré quelquefois en public avec cette robe de festin et on lui en faisait un reproche comme un manque de bienséance.

Il n'y avait ordinairement que trois lits autour d'une table, afin qu'un des côtés demeurât vide pour le service. Le maître de la maison se plaçait sur le lit qui était au bout de la table. Celleci était faite de bois précieux, portant des incrustations en or, en argent, en ivoire ou en écaille. Elle était soutenue par un trépied d'or et d'argent représentant un léopard ou tout autre animal. Elle était recouverte d''une étoffe de couleur bordée d'or et de pourpre. La table à manger était le meuble le plus luxueux des Romains. Le nombre des tables était en rapport avec leur fortune.

Le service était fait par plusieurs esclaves. On nommait Stmctor celui qui dressait la table, qui mettait le couvert. Un autre appelé Chironomon était l'écuyer tranchant, il découpait les viandes (quelquefois un sanglier entier) avec une adresse merveilleuse. Artocopus était celui qui distribuait le pain; Pocillator était réchanson. Sénèque nous apprend que, les jours de gala, il y avait un esclave chargé de laver les crachats sur le parquet, un autre recevait dans un bassin ad hoc les vomissements de ceux qui étaient ivres, un autre enfin balayait tout ce qui tombait de la table :

Alius sputa detegit, alius reliquias temulentorum subditus colligit. etc. |.

Juvénal nous fournit quelques renseigne-

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