‹ Médecine et moeurs de l'ancienne RomeChapitre 21 sur 29 · Traduction en vers français d'un de nos confrères · texte numérisé non relu

Traduction en vers français d'un de nos confrères

J'étais dessus mon lit, couché -nonchalamment;

Le médecin Symmaque arrive incontinent.

Ses disciples nombreux, imitant son audace,

Portent sur moi des mains plus froides que la glace

Et me tâtent le pouls alternativement.

Je n'avais pas la fièvre, et je l'ai maintenant.

oculiste, tu fais le même métier qu'au temps où tu étais oculiste.

Hoplomachus nunc es, fueras ophtalmîcus ante : Fecisti medicus quod facis hoplomachus.

Martial est trop concis pour dire ce que faisait le spécialiste en question. Mais c'est facile à deviner : il crevait les yeux de ses clients.

Quand il veut, cependant, il sait bien mettre les points sur les i. Gomme exemple, il iaut citer Tépigramme à Charidème :

Tu sais bien que ta femme est caressée par ton médecin; tu l'endures, Charidème; veux-tu donc mourir sans fièvre ?

Uxorem, Charidème, tuam scis ipse, sinisque A medico futui : vis sine febre mori?

Voleurs, charlatans, spadassins, adultères, empoisonneurs ! voilà ce que Martial dit des fils d'Apollon. Heureusement que le poète bilieux de Bilbilis en avait autant au service de tous ceux qui lui étaient supérieurs comme fortune et comme position sociale. Ses glandes à venin étaient inépuisables. Il convient d'ailleurs qu'il faisait un triste métier : flatter ceux qu'on méprise, insulter ceux qu'on redoute, haïr tout haut ou tout bas; et tout cela pour mourir de faiml Cependant, il n'était pas dans la misère. Tous les riches oisifs de l'époque lui faisaient des présents et l'invitaient à leur table. Il possédait une petite maison à Rome et une ferme aux environs, qu'il avait achetées avec l'argent que

lui donnait l'empereur Domitien. Aussi lui a-t-il prodigué les flatteries les plus plates, les flagorneries tes plus insipides. Il a comparé cet empereur à Jupiter et son palais à l'Olympe. Il va jusqu'à lui dire que ses vertus arrêteront l'immoralité des mœurs romaines.

Martial n'ignorait pas, cependant, les habitudes de ce vertueux monarque, qui donnait des rendez-vous à toutes les dames romaines que convoitait sa luxure. Ces rendez-vous étaient connus des maris qui n'osaient s'y opposer et ils servaient de prétexte aux femmes qui voulaient aller courir la prétentaine. Il le dit à Paulla :

Maintenant tu ne répéteras plus à ton imbécile de mari, chaque fois que tu voudras aller voir ton amant : « César m'a ordonné de venir ce matin à Albanum, César m'attend à Circéi. » Domitien venait de mourir (1).

Jam certe stupido non dices, Paulla, marito, Ad mœchum quoties longius ire voles :

César in Albanum me mane venire, César Circeios. Jam stropha talis abit.

1. Il y eut cependant une femme, le modèle des vertus conjugales, Sulpicia, qui fit preuve du plus grand courage en écrivant une satire énergique contre Domitien qui venait de proscrire de Rome les philosophes et la philosophie ellemême. Elle demandait aux dieux s'ils voulaient, en tolérant la folie de cet empereur, « retirer aux humains les arts dont ils avaient doté leur jeunesse et leur ôter avec le langage la raison qui les guide. » Cette phrase sous entend l'opinion de Sulpicia sur la nécessité pour l'homme d'avoir les signes et le langage pour penser, et au retour fatal à l'état sauvage s'il redevenait muet.

Il ajoute : Sous le règne de Nerva, il faut que tu deviennes une Pénélope (ce qui prouve que, sous le gouvernement de Domitien, il n'en était pas ainsi); mais ton ardeur et tes passions invétérées s'opposent à la chasteté. Que vas-tu devenir, malheureuse ? Diras-tu qu'une de tes amies est malade? Mais ton mari s'accrochera à toi. Il t'accompagnera chez ton frère, et chez ta mère, et chez ton père. Quel plan plus ou moins ingénieux vas-tu tirer ? Toute autre catin que toi dirait qu'elle est hystérique et qu'elle a besoin d'aller prendre les eaux du lac de Sinuesse. Mais comme tu es autrement fine, toi! chaque fois que tu as envie d'aller faire l'amour, tu préfères, Paulla, prévenir ton mari.

Penelopœ licet esse tibi sub principe Nerva;

Sed prohibet scabies, ingeniumque vêtus.

Infelix, quid âges? asgram simulabis amicans?

Hœrebit dominas vir cornes ipse suœ; Ibit et ad fratrem tecum, matremque, patremque,

Quas igitur fraudes ingeniosa paras?

Dicet et hystericam se forsitan altéra mœcha

In Sinuessano velle sedere lacu.

Quanto tu melius! Quoties placet ire fututum,

Quas verum mavis dicere, Paulla, viro.

Nous avons traduit scabies par ardeur. Mais il y a dans l'expression latine un sens .plus précis, plus pathologique. Celle-ci sous-entend, en effet, une idée de démangeaison, de prurit, d'excitation de la muqueuse vulvo-vaginale. C'est le point de départ du tempérament passionné,

iiigenium, de Paul la, tempérament qui est ancien, peut-être héréditaire.

Nous avons rendu liystericam par hystérique, avec le sens un peu nymphomaniaque que lui donne Martial.

Dans une épigramme sur Ghioné et Phlogis, nous avons à faire une observation analogue.

Notre poète suppose que vous désirez savoir quelle est, de Ghioné ou de Phlogis, celle qui a le plus d'attrait pour le jeu d'amour.

Certainement Ghioné est la plus belle, mais Phlogis est plus ardente. Le feu qui la brûle rendrait à Priam la vigueur, et la jeunesse au vieillard de Pylos; le feu qui la dévore, tout le monde souhaiterait le voir à sa maîtresse.

Pulchrior est Chione ; sed Phlogis ulcus habet : Ulcus habet, Priami quod tendere possit alutam,

Quodque senem Pylium non sinat esse senem. Ulcus habet, quod habere suam vult quisque puellam.

Le mot latin que j'ai traduit par feu est ulcus, dont le sens propre est ulcère. C'est la même idée que scabies, mais avec un équivalent de plus. Il s'agit évidemment du prurit de la vulve avec ulcération superficielle se rapportant soit à un excès de sécrétion, soit à une éruption herpétique déterminée par des excès vénériens, entretenue peut-être par l'oubli des prescriptions hygiéniques. La nymphomanie a souvent pour cause le prurit de la vulve, qui est sujet à des exacerbations notables aux époques menstruelles, exacerbations qui peuvent amener chez les

honnêtes femmes des appétits sexuels immodérés. Voilà notre explication de alcus habet, dont Martial gratifie la plus amoureuse de ses deux courtisanes.

Quelles étaient ces eaux de Sinuesse que Martial semble conseiller à la belle Léda, comme traitement de l'hystérie? Quelles étaient leurs propriétés? On les disait toniques, stimulantes, souveraines contre la stérilité des femmes...

Malheureusement, Sinuesse avait des rivales: Baies, Lucrin, l'Averne. Toutes ces eaux avaient une action curative sur la débilité organique, l'anémie, la langueur; elles rendaient les femmes vigoureuses, solides et passionnées. Lisons, en effet, cette épigramme sur la chaste Lévina :

Chaste, ne le cédant en rien pour la vertu aux anciennes Sabines, Lévina, plus austère encore que son triste époux, depuis qu'elle a pris alternativement les eaux de Lucrin et celles de l'Averne, et depuis, surtout, qu'elle a connu les délices des eaux de Baïes, Lévina brûle des feux les plus ardents. Elle a abandonné son mari pour suivre un jeune amant. Arrivée Pénélope, elle est partie Hélène.

Casta, nec antiquis cedens Leevina Sabinis, Et quamvis tetrico tristior ipsa viro,

Dum modo Lucrino, modo se permittit Averno, Et dum Baianis sœpe fovetur aquis,

Incidit inflammas, juvenemque secuta, relicto Conjuge, Pénélope venit, abit Hélène.

Il y a encore des eaux de Sinuesse en France,

et dans tous les pays du monde. Mais si les hommes sont partout trompés, ils ne le sont pas avec la même grâce et la même complaisance que le mari de cette autre Léda dont voici l'histoire :

Léda avait dit à son vieil époux qu'elle était hystérique, et qu'il lui était nécessaire de se faire besogner.

Hystericam vetulo se dixerat esse marito, Et queritur futui Leda necesse sibi.

Mais, pleurant et gémissant, elle déclare qu'elle ne veut pas à ce prix acheter sa guérison, et qu'elle préfère mourir plutôt que d'en arriver à cette extrémité.

Sed flens atque gemens tanti negat esse salutem, Seque refert potius proposuisse mori.

Son mari la conjure de vivre, de ne pas renoncer à sa verte jeunesse; il lui permet de se faire faire ce que lui-même ne peut plus faire.

Vir rogat ut vivat, virides nec deserat annos; Et fieri, quod jam non facit ipse, sinit.

Mais, voici qu'en toute hâte les médecins arrivent. Les matrones disparaissent. Et voici la noce qui commence : Quelle noble profession que la médecine!

Protinus accedunt medici, mediceeque recedunt, Tollunturque pedes : O medicina gravis!

J'estime que maître Martial, qui saisit encore

2ç8 MARTIAL

cette occasion de critiquer les médecins, aurait bien voulu assister à la consultation et être l'un des traitants de la belle. Il aurait vraiment approuvé les moyens employés contre son affection hystérique

Il est certain que l'hystérie est une intéressante névrose... à observer et à étudier. Briquet1, Nonat, Gharcot et beaucoup d'autres ont trouvé dans son étude leur grande réputation. Mais comme ils sont au-dessous de Rabelais sur la question ! Ecoutez-le ce joyeux compère s'expliquant sur l'hystérie des femmes de son époque :

« Nature ha dedans le corps de la femme posé, en lieu secret et intestin, un animal, lequel n'est es homme; auquel quelquefois sont engendrées certaines humeurs nitreuses, bauracineuses, acres, mordicantes, lancinantes, chatouillantes amèrement : par la poincture et frétillement doloreux desquelles (car cet animal est tout nerveux et de vif sentiment) tout le corps est en elles esbranlé, touts les sens ravis, toutes affections intérimées, touts pensements confondus. De manière que, si Nature ne leur eust arrosé le front d'un peu de honte, vous les voiriez comme forcenées, courrir l'aiguillette plus espouvantablement, que ne feirent onques les PrEetides et les Thyades bacchiques au jour de leurs bacchanales ; parceque cestui terrible animal a colliguance à toutes les parties principales du corps, comme est évident en anatomie. Je le

i. Briquet, Traité de l'Hystérie. Paris, iS5q.

nomme animal suivant la doctrine, tant des académiques que des péripatetiques. Car, si mouvement propre est indice certain de chose animée, comme escript Aristote, et tout ce qui de soi se meut est dict animal, a bon droit Platon le nomme animal, recognoissant en lui mouvements propres de suffocation, de précipitation, de corruption, de indignation : voire si violents, que bien souvent par eux est tollu à la femme tout autre sens et mouvement, comme si fust lépothymie, syncope, épilepsie, apoplexie et vraie ressemblance de mort, catalepsie. »

La voilà cette grande névrose des temps modernes ! Martial en parlait doctement en l'an 40 de notre ère; il l'appelait hystérie, et proposait sa guérison par l'hydrothérapie. Rabelais, au xvie siècle, la localise avec une précision anatomique, qu'on admet généralement encore aujourd'hui. On retrouverait peut-être ses traces dans des temps encore plus reculés. Et je ne crois pas avancer un paradoxe, en affirmant qu'elle date de l'apparition de l'humanité sur la terre, et qu'elle s'est manifestée le jour même de la naissance de la première femme; on peut donc la considérer comme la formule physiologique de la femme, mais sans y attacher forcément l'idée de nymphomanie.

Puisque nous en sommes sur les affections utérines, nous allons certainement égayer nos lecteurs, à propos de l'épigramme à Galla.

Lisez :

Ton visage est tel qu'aucune femme n'oserait

3ûO MARTIAL

en médire et tu n'as pas une tache sur le corps. Tu t'étonnes, sans doute, de ne pas inspirer de passion et de ne jamais voir revenir l'homme qui a déjà couché avec toi. C'est que tu as un énorme défaut, Galla.

Chaque fois que je t'approche pour la bagatelle, et que nous agitons nos corps voluptueusement confondus, ton vagin fait du bruit et toi tu te tais.

Accessi quoties ad opus, mixtisque movemur lnguinibus; cunnus non tacet, ipsa taces.

Plût aux dieux que tu te fasses entendre et qu'il se tût !

Je ne suis pas du tout flatté de son bavardage. Je préférerais le bruit de ton derrière : celui-ci au moins a son utilité, comme le dit Symmachus, et il provoque en même temps une certaine hilarité.

Di facerent, ut tu loqueris et ipse taceret !

Offendor cunni garrulitate tui, Pedere te malem : namque hoc nec inutile dicit

Symmachus, et risum res movet ista simul.

Qui peut rire des bruissements d'un impertinent vagin ? Quand il résonne, ne désarme-t-il pas à la fois l'organe et l'esprit de ton conjoint?

Quis ridere potest fatui poppysmata cunni? Quum sonat hic, cui non mentula mensque cadit?

Dis au moins quelques mots et couvre la voix de ce vagin criard. Et si réellement tu es muette, que celui-ci t'apprenne à parler.

Die aliquid saltem, clamosoque obstrepe cunno. Et si adeo muta es, disce vel inde loqui.

Galla était évidemment atteinte d'éructation vulvaire, phénomène qui consiste dans l'expulsion bruyante de gaz hors du vagin ; on l'observe fréquemment chez les femmes atteintes de maladies utérines. Les conditions de production sont l'introduction de l'air dans le vagin, grâce à une occlusion vulvaire insuffisante, et sous l'influence d'un excès de la pression atmosphérique sur la pression intra-abdominale, ensuite l'expulsion de l'air sous l'influence d'une augmentation brusque de la pression intraabdominale.

Les circonstances qui rendent insuffisante l'occlusion vulvaire sont : i°les fissures latérales de la partie postérieure de la vulve, jointes à un faible développement des petites et des grandes lèvres ; 20 une laxité exagérée des parois vaginales et une fissure peu étendue du périnée.

Les positions du corps les plus propres au développement de ce phénomène sont celles qui diminuent la pression intra-abdominale ; telles que le décubitus dorsal avec les bras relevés sur la tête, le décubitus latéral, la position sur les genoux et les coudes, l'acte de monter au lit précipitamment, etc.

Il ne faut pas confondre l'éructation vulvaire avec la pneumatose utérine, physométrie (de epuaa vent et de pirpa matrice), accumulation de gaz dans la cavité utérine. Quand celle-ci ne se

3t>r MARTIAL

rattache pas à un état puerpéral, elle peut dépendre, comme on le sait, de la présence d'un polype ou d'un caillot menstruel, ou bien encore d'une forme d nydrométrie.

L'esprit égrillard de Martial se complaît dans ces histoires. C'est ainsi qu'il nous parle de l'infirmité de Bassa, la maîtresse de Fabulus.

Elle a toujours auprès d'elle, dit-il, un jeune enfant qu'elle appelle son joujou, son petit cœur, et, chose étonnante, Bassa n'aime pas les enfants. Quelle est donc la raison de cette bizarrerie ?

Pedere Bassa solet.

' L'empereur Claude était affligé d'une certaine infirmité pareille à celle de Bassa, qui est devenue le sujet d'une énigme du Mercure galant :

De mâle que f aurais été, Je deviens traîtresse femelle.

Les Romains appelaient un homme de petite taille : Hominis crepitum. Cette expression me fait souvenir d'une anecdote très moderne, souvent racontée par Depaul :

Récamier avait été appelé en consultation par un de ses confrères pour un homme du monde atteint d'une fièvre typhoïde. Il se plaignait d'avoir été mandé trop tard, disant que le malade lui paraissait devoir succomber dans la soirée. Mais ce dernier, en l'entendant, se laissa aller à certain bruit par les voies inférieures, qu'il accompagna de ces mots :

Qui crépitât vivit!

dont il donna la preuve en guérissant.

Récamier se mit à rire et fut moins sévère que Jupiter qui condamna un histrion, qui avait trop bien dîné, à vivre à ses propres dépens, pour s'être oublié devant sa statue :

Ante Jovis statuam crepuit satur histrio : pœnam Jupiter indixit, vivere de proprio.

Les Romains n'étaient pas tous des Adonis ; ils étaient sujets à de nombreuses infirmités. Martial décoche cette épigramme à Fabianus, qui s'amusait, dans les bains publics, à plaisanter les autres :

Ce Fabianus, qui se moque des hernies, des descentes et des hydrocèles, qui naguère faisait sur ces maladies plus d'épigrammes que deux Catulles, a fini par se voir si digne de pitié luimême que maintenant il se tait.

Derisor Fabianus herniarum, Omnes quem modo colei timebant Dicentem tumidas in hydrocelas.

Il est bien entendu que Martial ne se prive pas de rire des défauts d'autrui.

Il dit à Phébus :

Tes jambes ressemblent au croissant de la lune, tu pourrais, Phébus, prendre un bain de pieds dans un cornet-à-bouquin :

Quum sint crura tibi, simulent quae cornua lunœ, In rhytio poteras, Pheebe, lavare pedes.

Il ne manquait pas, cependant, de médecins pour toutes les maladies :

Cascellius arrache ou guérit une dent qui fait mal; Higinus brûle les poils qui incommodent la vue; Fannius relève, sans la couper, une luette relâchée; Eros efface les stigmates des esclaves ; Hermès passe pour le Podalire de ceux qui ont des hernies. Indique-moi, Gallus, celui qui guérit les éreintés.

Eximit aut reficit dentem Cascellius aagrum :

Infestos oculis uris, Higine, pilos.

Non secat, et tollit stillantem Fannius uvam :

Tristia servorum stigmata delet Eros.

Ent^rocelarum fertur Palaririus Hermès :

Qui sanet ruptos, die mihi, Galle, quis est?

Hermès était, d'après Martial, un spécialiste pour les hernies, ce qui prouve qu'il devait y en avoir pas mal dans la population. Le Dr Ménière * raconte à ce propos l'aventure arrivée à un prêtre qui avait une hernie scrotale : « un certain aruspice recommande à un paysan qui voulait immolerun bouc, de lui enlever les testicules, afin d'empêcher que la chair de l'animal ne devînt fétide.

Dixerat agresti forti rudique viro, Ut cito testiculos peracuta falce secaret, Teter ut immundas carnis abiret odor

« La recommandation était bonne ; les chasseurs ne manquent pas d'en faire autant au gros

Page 1