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. Les planètes auraient une action variable suivant la zone céleste dans laquelle elles se trouvent ; il y a cinq zones célestes qui correspondent aux cinq organes principaux.
Figure IV. — Schéma de la Constitution et de la Physiologie de l’homme.
Les cinq organes principaux, cœur, rate, poumon, reins, foie (éléments négatifs) constituent avec le réservoir sïn m è la source et le domaine du principe passif ÿn (fluide néga-
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l’autre, réservoir de fluide négatif ( ÿn ), commence au-dessous du basventre, traverse le ventre, la poitrine et se termine près des yeux.
Chacun des éléments négatifs, c’est-à-dire chacun des cinq organes principaux, a comme adjoint un élément positif avec lequel il fonctionne; de plus, il se trouve dans une situation telle qu’il reçoit du fluide d’un élément précédent sous la domination duquel il se trouve et qui est considéré comme sa « mère », et qu’il envoie du fluide à l’élément suivant sur lequel il domine et qui est son « fils » . Le deuxième élément qui vient ensuite lui est favorable, ou, du moins, ne lui est pas contraire, c’est son ami; le troisième élément présente de la résistance et lui est contraire, c’est son ennemi.
En réunissant (dans le sens des flèches) l’ennemi de chaque organe à cet organe, nous inscrivons un pentagone dans notre cercle schématique. Nous inscrivons le même pentagone en réunissant (en sens inverse des flèches) l’ami de chaque organe à cet organe, car chaque organe est l’ami de son ennemi. (Figure IV.)
D’après les magnétiseurs, la plupart des substances présentent un pouvoir magnétique positif ou négatif; les Chinois admettent aussi que les diverses substances de la nature sont les unes de nature chaude (magnétisme positif), les autres de nature froide ou humide (magnétisme négatif). Le médecin tient compte de la nature de chaque médicament qui peut être indiqué ou contre-indiqué par le défaut d’équilibre des principes actif et passif.
Le médecin chinois doit bien étudier dans leurs rapports les principaux éléments qui interviennent le plus souvent pour créer ou compliquer une maladie; ces éléments sont au nombre de huit, ils s’opposent deux à deux : le principe vital actif et le principe vital passif ; la faiblesse et la force; l’eau et le feu; le froid et la chaleur. Il faut, en outre, attribuer
tif) ; chacun d’eux fonctionne avec l’organe adjoint (élément positif) qui lui fait vis-à-vis dans le schéma. Les organes adjoints constituent la source du principe actif ydng (fluide positif), dont le réservoir ou accumulateur est to' me.
De chacun de ces organes part un lnng (canal de communication ou conducteur); la vessie ou les uretères en ont deux, les reins ont aussi chacun le leur. Six de ces conducteurs transportent le principe passif (fluide négatif), six transportent le principe actif (fluide positif). La réunion harmonieuse des deux principes ou des deux fluides dans la circulation produit la vie.
une certaine influence aux mauvais vents, et, dans certains cas, aux mauvais esprits ou revenants I.
Lorsqu’un médecin arrive près d’un malade, il s’informe rapidement des principaux symptômes ressentis; en même temps, il examine comment le malade respire et il jette un premier coup d’œil sur le faciès. Il prend le pouls très longuement et très soigneusement de la façon que nous avons décrite; il reste pendant ce temps très recueilli; il doit pouvoir sentir sa propre respiration et son cerveau très libre; c’est pourquoi, d’ailleurs, il visite ses malades de préférence à jeun, le matin. Il s’informe ensuite, suivant le cas, si le malade tousse et crache, si les crachats sont chauds ou froids, salés ou amers; il s’informe de la facilité avec laquelle l’urine est émise, de la quantité, de la couleur, de la limpidité, du dépôt de cette urine, il l’examine, au besoin; il s’informe du fonctionnement de l’appareil digestif (appétit, modifications ou perversions du goût, renvois, digestion pénible, constipation, coliques, diarrhée, dysenterie). Quand il s’agit d’une femme, il cherche à savoir si elle est enceinte pour éviter de prescrire certains médicaments contre-indiqués en pareil cas.
Il examine soigneusement la langue, la bouche, les yeux, les narines, les oreilles, car ce sont là autant de fenêtres des organes principaux ouvertes sur l’extérieur.
Les diverses sensations éprouvées par le malade, odeurs, saveurs, sens; les cris ou les gémissements du patient contribuent aussi à établir le diagnostic.
La nature des rêves n’est pas non plus sans importance, elle permettrait souvent de reconnaître l’état de pléthore ou de vacuité des canaux de communication (ktng ).
La palpation est employée pour connaître l’état de chaleur, de froid, de sécheresse ou de moiteur de la peau. L’auscultation, la percussion et les autres modes d’exploration actuellement employés par les médecins européens sont complètement inconnus en Extrême-Orient.
Le médecin porte son diagnostic presque exclusivement d’après le pouls et le faciès; les questions qu’il pose sont destinées surtout à rechercher
i. Ces esprits ou revenants semblent correspondre le plus souvent aux « coques astrales » des occultistes européens.
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les indications ou les contre-indications de tel ou tel médicament. Comme ces indications et contre-indications sont multiples, il y a de nombreuses variétés de traitement pour une même maladie.
Lorsqu’il est suffisamment fixé, le médecin fait sa prescription; il insiste beaucoup sur le régime alimentaire à suivre; il rédige ensuite son ordonnance tantôt sur du papier simple, tantôt sur un papier spécial portant un dessin esquissé en rouge ; ce papier ressemble à celui qu’emploient les mandarins pour leurs invitations.
En certains cas, le thérapeute semble guidé dans le choix des médicaments par une théorie analogue à celle des signatures des plantes : quelques affections du rein sont traitées par des haricots parce que, sans doute, le haricot a la forme d’un rein ; les fleurs rouges d’Hibiscus sont employées comme emménagogues ; la luciole entre dans des collyres contre les affections des yeux; le safran et le henné sont préconisés contre l’ictère.
Dans les pharmacies chinoises, les médicaments d’origine minérale existent sous forme de sels ; les médicaments d’origine végétale se trouvent sous forme de racines, de tiges, de feuilles, de fleurs et de fruits desséchés. Les médicaments empruntés au règne animal sont souvent aussi préparés par dessiccation, mais ils ont subi des manipulations spéciales : les cigales ont été ouvertes sur le dos, les crapauds ont été dépouillés de leur peau et de leurs organes internes avant d’être soigneusement desséchés. On trouve aussi des teintures, des extraits végétaux et des sortes de vins préparés avec de l’eau-de-vie de riz et divers ingrédients (absinthe, gingembre, ail et soufre).
Le médecin précise la forme sous laquelle doivent être employés les médicaments prescrits.
Les tisanes sont fort employées, elles sont faites avec des mélanges de plantes très complexes ; il y aurait, d’ailleurs, lieu de distinguer diverses espèces de tisanes suivant qu’elles sont préparées par infusion, par ébullition simple ou au bain-marie; suivant que les médicaments qui en font la base ont été préalablement brûlés, torréfiés à l’abri de l’air, grillés ou chauffés à sec ou rôtis dans la graisse.
Bon nombre de médicaments se prennent en pilules, en bols ou sous forme de poudre délayée dans de l’eau chaude ou dans des infusions variées.
Les différentes préparations employées contiennent des éléments actifs variables, et presque toujours de la réglisse comme véhicule; cette réglisse « montre le chemin aux autres médicaments ».
L’écorce de Magnolia hypoleuca et l’extrait hydro-alcoolique de Rehmania rempliraient souvent un rôle analogue en même temps qu’ils serviraient de fortifiants.
Certains médicaments agissent à l’intérieur et à l’extérieur sous forme de fumigations.
Les pulvérisations de liquides médicamenteux sont employées soit pour désinfecter la peau, soit pour désinfecter le lit et les vêtements des personnes atteintes de fièvres éruptives.
A l’extérieur les médicaments sont employés sous forme de lotions, de collyres, de poudres, d’emplâtres, de pommades ou d’onguents en frictions ou onctions.
Des ventouses sont souvent appliquées au milieu du front dans les cas de fièvre accompagnée de céphalalgie. Dans ce même cas de petits emplâtres qui ressemblent à nos mouches de Milan, mais sont moins actifs, sont appliqués au niveau des tempes.
La révulsion se fait soit en tordant et pinçant la peau jusqu’à production d’ecchymoses, soit en appliquant avec la main de fortes claques; elle se fait aussi très souvent avec des moxas ou avec des cautères. Les moxas et les pointes de feu sont souvent appliqués au niveau du creux épigastrique et sur la partie inférieure du sternum; ils sont habituellement disposés dans le creux épigastrique au nombre de cinq de façon à former une croix; deux ou trois autres moxas placés au-dessus ou audessous prolongent en haut ou en bas la branche verticale de la croix.
Le massage se fait au moyen de frictions tantôt superficielles, tantôt profondes, soit avec la main seule, soit au moyen d’une pièce de monnaie; il est quelquefois complété par une sorte de martelage fait avec de petites massues en bois.
L’acupuncture est une opération chinoise qui consiste à enfoncer dans les tissus, en des points déterminés, des aiguilles de longueur variable. Cette opération a, le plus souvent, pour but d’atteindre les kïng ou canaux de communication des organes et de combattre l’engorgement dont ces vaisseaux seraient le siège. Dans la plupart des maladies il est indiqué de percer un
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certain nombre de trous en des points déterminés d’une façon précise. Les points d’acupuncture sont au nombre de 388, le médecin doit en connaître très bien l’emplacement. (Figures II et III.) Le docteur Matignon nous apprend qu’il existait autrefois à Pékin une sorte de mannequin percé de trous au niveau des points d’acupuncture; au moment de l’examen ces trous étaient recouverts de papier et le candidat devait introduire sans hésitation son aiguille à travers ce papier dans les trous qu’on lui nommait.
Les aiguilles à acupuncture varient de icm 1/2 à 28 centimètres; elles doivent être en or, en argent ou en acier. L’opérateur prend l’aiguille entre le médius et l’index de la main droite, tandis qu’avec la main gauche il tend la peau au lieu d’élection; il fait tousser le malade et pendant ce temps enfonce doucement l’aiguille dans les chairs en lui imprimant un léger mouvement de rotation. Si l’aiguille doit pénétrer profondément il faut faire l’opération en plusieurs temps en prenant soin de faire tousser le malade chaque fois.
Lorsque le pouls est rapide il faut incliner l’aiguille à gauche et la faire pénétrer par un mouvement de rotation de gauche à droite; si le pouls est lent et faible il faut incliner l’aiguille à droite et la faire pénétrer par un mouvement de rotation de droite à gauche.
L’aiguille est laissée en place pendant un temps variable suivant l’effet cherché; l’opérateur croit activer l’action thérapeutique en imprimant à l’instrument de petits mouvements brusques au moyen de chiquenaudes. Une feuille d’armoise roulée en cône est allumée sur une sapèque ou sur un sou percé et placée au niveau du point de l’acupuncture, dès que l’aiguille a été retirée.
L’anesthésie générale est connue des Chinois; ils la pratiquent en faisant absorber au malade des narcotiques à base d’aconit, de champignons et d’aristoloche. Ils réveillent le patient en lui faisant boire de l’eau salée.
L’opothérapie est employée en Chine et en Indo-Chine d’une façon courante; nous verrons l’impuissance traitée par des préparations de testicules et de substance nerveuse et même par des pilules à base de sperme humain ; nous verrons les affections du foie et des yeux (organes sympathiques) combattues par des préparations de foie de porc et de foie de bouc.
par de la bile de bœuf et d’ours ; nous verrons enfin les affections de l’estomac, des reins, des poumons, du système nerveux traitées par l’ingestion de gésiers de poules, de reins, de tissu pulmonaire et de substance nerveuse d’animaux.
Dans certaines régions, dans le Kouang-Tong en particulier, les gens du peuple pensent que le sang, surtout le sang humain, est un excellent fortifiant; ils se rendent aux exécutions capitales avec de petits vases dans lesquels ils recueillent le sang des suppliciés, ils emportent ce sang précieusement pour le faire cuire, paraît-il, et le manger ensuite. Le bourreau et quelquefois même de simples spectateurs mangeraient aussi du fiel de supplicié. Ce n’est là, en somme, pour eux, qu’une sorte d’opothérapie !
APPENDICE. — Notions fie cosmogonie.
Quelques notions de cosmogonie chinoise ne sont pas inutiles pour mieux faire saisir la nature des principes ÿn et yâng.
Le grand absolu tdi ki, produit du Néant ou infini-rien, où ki, a donné naissance au principe mâle ou actif yâng, lequel dans son repos a formé ou plutôt, (pour emprunter une expression à Fichte), a « posé » le principe femelle ou passif ÿn. Ces deux principes se retrouvent partout dans la nature ; leur équilibre constitue l’harmonie du cosmos, qui d’ailleurs s’exprime par le mot double ÿn-yâng.
Ces divers principes sont le plus souvent symbolisés par un cercle divisé en deux parties symétriquement opposées formant deux espèces de virgules enlacées, l’une blanche, l’autre noire, ou encore l’une verte, l’autre rouge. (Figure V.) Le cercle représente le grand absolu tdi ki ; les deux virgules, les principes ÿn-yâng.
Le principe mâle est encore représenté par des traits entiers ; le principe femelle, par des traits interrompus. C’est sous ces formes que ces principes sont symbolisés dans les pâ kouà de Fôu-lii.
Ces pâ kouà (huit signes) ont été inventés par le premier empereur chinois Fôu-hï (vers 2900 ou 2850 avant notre ère) ; associés de différentes façons ils fournissent 64 combinaisons dont se servit l’empereur pour constituer une écriture conventionnelle avec laquelle il écrivit le plus ancien livre connu, le ÿ-kin ou Livre des changements. Le sens de ce livre ne tarda pas à s’obscurcir; dès le XIIe siècle avant notre ère l’empereur ouên-oüâng d’abord, son fils tchîou kong ensuite, crurent bon d’en donner une explication sommaire, écrite avec les caractères dont usaient leurs contemporains ; l’ensemble de leurs commentaires a formé le hî-ts'è. Plus tard, au vie siècle avant J.-C., Kông-fôu-t^èu (Confucius) donna à son tour des explications du ÿ-kin et des commentaires précédents; il écrivit ainsi le hî-ts’ê-tchouân.