‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 11 sur 79 · NOTIONS DE COSMOGONIE · texte numérisé non relu

NOTIONS DE COSMOGONIE

Aujourd’hui on englobe le livre primitif et ces divers commentaires sous le nom d eÿ-ltïir, ce livre reste encore obscur malgré les nombreux auteurs qui continuent aie commenter.

Les pâ koud constituent le pantagramme le plus ancien et peut-être aussi le plus complet, surtout lorsqu’il comprend le ÿn-yâng, comme dans la figure V .

Figure V. — Le ÿn-yâng et les pâ-koud de Fôu-bi (pantagramme chinois).

Il est facile d’adapter à ce pantagramme la plupart des grandes théories scientifiques, philosophiques et religieuses. Nous ne saurions trop conseiller aux occultistes d’étudier la valeur ésotérique de ce symbole.

Le trigramme supérieur constitué par trois traits entiers représente le principe mâle ydng ; le trigramme inférieur constitué par trois traits doubles représente le principe femelle ÿn.

Tous les éléments de la nature sont constitués par la combinaison de ces deux principes et tiennent d’une façon spéciale de la nature de l’un d’eux. Ainsi le feu est représenté, à gauche, par le trigramme contenant un double trait (ÿn) entre deux traits entiers (ydng ) ; il se rapproche par sa nature du principe mâle, c’est comme s’il avait pour formule yn 2yang2 avec une disposition moléculaire spéciale (yang-yn-yang). A l’opposé du feu, à droite, l’eau est représentée par un trait entier entre deux traits doubles; elle participe de la nature du principe femelle, c’est comme si elle avait pour formule yn 2 yang 1 avec la disposition spéciale yn-yang-yn. Ces deux éléments, eau et feu, sont de nature opposée et se font équilibre ; mis en présence ils se détruisent en ramenant yn et yang en état d’équilibre ou état neutre : yn1 yang2 -\- yn2 yang1 =yni -j- yang 3 =(ynyang'p.

Les occultistes reconnaîtront facilement dans ce pantagramme un symbolisme analogue à celui du triangle blanc et du triangle noir. Dans les figures en virgule ils reconnaîtront

aussi deux formes larvaires qui représentent ici les grands principes de la nature. Cette figure centrale du ÿn-yâng pourrait enfin servir de schéma à la théorie des tourbillons.

Les pâ kouà sont très respectés des Chinois et des Annamites ; ceux-ci les portent brodés sur une bannière dans les processions, ils les affichent sur les portes des maisons pour chasser les mauvais esprits, ils les gravent sur de petites amulettes que les enfants portent au cou, en guise de scapulaires ou de médailles. Les sorciers se servent aussi de pci kouà pour pratiquer leurs opérations magiques.

Nous avons déjà dit que la théorie du ÿn-yâng pouvait être rapprochée d’un grand nombre de théories scientifiques, philosophiques et religieuses.

Dans le domaine scientifique ydng et ÿn seraient le fluide positif et le fluide négatif, le blanc et le noir, la lumière et l’obscurité, l’acide et la base, la chaleur et l’humidité, le mâle et la femelle, le spermatozoïde et l’ovule, le père et la mère.

Dans le domaine religieux ces deux principes correspondent au Ciel et à la Terre, au linga et au yoni des Hindous, à Ormuzd et à Ahriman de Zarathusta, à Osiris et à Isis des Égyptiens, à Saturne et à Rhea des Latins, au souffle de Ieve et aux eaux de la Genèse.

Dans le domaine philosophique ces deux principes sont Y un et le deux de Pythagore, le plein et le vide de Leucippe, Poroch et Prakrati de Kapila, natura naturans et natura naturata de Spinosa, le conscient et l’inconscient de Hartmann, le moi et le non moi de Fichte, la force et la matière de Buchner.

Notons encore, pour étendre ces notions de symbolisme que les principes mâle et femelle sont souvent représentés le premier par un dragon, le second par un tigre, et que les cinq organes ou les cinq éléments qui constituent le domaine du principe femelle sont aussi représentés par cinq tigres de couleurs différentes.

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