‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 16 sur 79 · AFFECTIONS DE L’APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE L’APPAREIL DIGESTIF

Contre la constipation les Chinois emploient de l’extrait de foie de porc, du sulfate et du carbonate de soude, de la rhubarbe, des poires dépouillées de leur peau et de leurs pépins, coupées en tranches et cuites avec du sucre ou du miel, de la pulpe de tamarinier, des pruneaux et des graines de Nelombo très cuites. Ils emploient encore comme laxatifs la racine d’ache, les graines de moutarde blanche et une racine appelée Pë tchi, sur la nature de laquelle il est difficile d’être fixé : les uns la rapportent à Dorstenia sinensis, de la famille des urticées (Nordeman), les autres à Procris sinensis (Taberd) ou a une variété d’ombellifère (Well Williams). Dans le commerce elle se trouve préparée sons forme de lames minces, allongées, blanches en leur milieu, striées de roux sur les bords.

Parmi les purgatifs connus des Chinois on trouve encore l’écorce de Cardon de Chine, la résine de Croton moluccanum, la Mercuriale.

Dans les cas où la constipation est causée par de l’atonie intestinale, le remède employé doit contenir de prétendus os de dragon fossile.

Les Extrême-Orientaux conservent tous la tradition de l’existence d’un animal fantastique, le dragon, dont l’image est sans cesse reproduite sur les objets d’art et figure même comme emblème officiel de la Chine et de l’An nam. Il est permis de supposer qu’il y a identité entre cet animal étrange et le fameux serpent de mer dont l’existence a été constatée plusieurs fois par des marins européens, et en particulier il y a trois ans au Tonkin dans la baie d’ A-Long par des officiers de marine français. Il est intéressant d’ailleurs de constater que la tradition chinoise et annamite place dans cette région d’ A-long la demeure d’un dragon ( Long ) et précise même la baie fréquentée par le monstre, baie de Fai-tsi-Long : (Baie du dragon).

Quoi qu’il en soit, les os fossiles vendus en pharmacie ont sans doute des origines variables; autant qu’on peut en juger par les petits morceaux qu’on trouve chez les apothicaires, ils semblent avoir appartenu le plus souvent à de gros mammifères ou à d’énormes sauriens; le plus beau fragment que nous ayons vu semblait être un morceau de tibia, il avait environ sept centimètres de diamètre.

Les coliques sont attribuées le plus fréquemment à un refroidissement; elles sont combattues suivant leur durée et leur intensité par diverses pré-

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paradons complexes dans lesquelles entrent la racine d’ache, la cannelle, les graines de Lyciet, la racine de Pivoine Moutan, l’Oliban ou encens. Si elles sont accompagnées de vomissements, il faut employer les, feuilles de Bétoine, les graines de Fenouil et de Cardamome, le Santal blanc. Lorsqu’elles provoquent de la « faiblesse froide » il faut prescrire l’aconit; voici une formule pour une potion recommandée en pareil cas :

Racine de Gentiane croisette 12 g'

Racine d’ Aconit préparée 8 &

Graines de Schizandra Dix graines.

Préparer une tisane par décoction rapide.

La diarrhée consécutive à l’absorption d’un purgatif trop énergique doit être soigneusement enrayée par de l’eau de riz. La diarrhée séreuse qui se développe spontanémeut demande l’emploi de riz gluant cuit. La diarrhée commune est traitée par diverses tisanes ayant pour base : la Gentiane croisette, le Pachyma cocos; les racines d’Atraetylis, de Cytise Cajan, de Platycodone; les graines d’Amome velu ou préférablement de Cardamome, les graines de Celosia cristata, la Concombre sauvage, une sorte de noix de Galles, du bois de camphre, de la résine de Pin chinois, de l’extrait de l’arbre pâ (Cratæva nurvala ?).

S’il y a de fortes coliques et de l’inflammation intestinale, l’ocre brune et le cachou sont employés.

Les coliques s’accompagnent-elles de frissons et de vomissements, aussitôt il faut donner du Gingembre, du Ginseng et de la racine d’Aconit préparée.

Le Ginseng (racine de Panax Quinquefolium.L.) est le médicament le plus réputé de l’Extrême-Orient, comme stimulant, tonique, aphrodisiaque, etc. Les formulaires chinois, après avoir préconisé contre chaque maladie une grande quantité de médicaments ajoutent presque toujours : « Et si cette médication reste inefficace, ajoutez du Ginseng à vos préparations. » Cette racine doit son nom jênn chënn (Homme racine) soit à ce qu’elle ressemble vaguement aux deux cuisses d’un homme, soit à ce qu’elle ressemble au caractère chinois jênn qui a aussi à peu près cette forme. C’est un médicament fort cher; une belle racine entière coûterait, dans le Sud, deux cents piastres soit à peu près cinq cents francs. En

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