CHAPITRE IV
Affections de l'appareil digestif. Stomatites, Indigestions, Nausées et vomissements. — Anorexie. — Dyspepsie. — Gastralgie et Gastrite. — Constipation. — Coliques. — Diarrhées. — Dysenterie. — Parasites intestinaux; vermifuges. — Affections hépatiques; opothérapie. — Troubles de la rate.
Les stomatites sont fréquentes chez les Asiatiques, elles acquièrent une gravité qu’il est rare de rencontrer en Europe : souvent la muqueuse des joues est ulcérée et les dents sont ébranlées. Ces lésions sont combattues par des gargarismes et par l’absorption d’une tisane qui doit être prise en trois jours et qui contient :
Rhubarbe 16 gr.
Salpêtre 8 gr.
Racine de Chélidoine 1
Réglisse L Su-
cette préparation sert aussi à combattre la sialorrhée. Dans les cas où l’on veut au contraire augmenter la sécrétion salivaire on prescrit de la stéatite.
Contre l’indigestion simple sans vomissements, le poivre, le clou de girofle, le souchet, l’ail sont indiqués; toutefois il est recommandé de ne pas abuser de l’ail par crainte de provoqner des troubles de la vue. Le médicament le plus réputé à la fois comme amer et comme digestif est l’écorce de Magnolia hypoleuca, Héou P'â (H au phâc), qui joue en Chine le même rôle que le quinquina en Europe.
Quand l’indigestion s’accompagne de vomissements, il faut prendre une petite dose de borax dans de l’eau. Ce médicament faciliterait la digestion des aliments ; les Chinois en mettent quelquefois dans l’eau qui sert à cuire leur viande s’ils jugent cette viande dure et peu digeste.
En dehors du cas spécial d’indigestion, il faut combattre les nausées par
des racines de Chélidoine, des graines de Thuya, de l’encens; les vomissements par de l’écorce de mandarine préparée, des graines de melon, des feuilles de Thuya.
Pour provoquer les vomissements on prend de la racine de Bétoine.
L’anorexie est combattue par divers apéritifs : l’écorce de mandarine verte, l’écorce de magnolia hypoleuca, le pigamon jaune, la racine d’Atractylis Ovata. Les malades atteints de gastralgie et d’embarras gastrique fébrile prennent de la racine de Squille, connue dans le commerce de l’Extrême-Orient et employée pour la teinture sous le nom de Cunao.
Contre la dyspepsie les médicaments employés sont : l’enveloppe de gésier de jeune poulet, la colle de peau d’âne, le coriandre, le fruit d’un azérolier (cratægus azerolus), la racine d’Atractylis lancea. Si « l’estomac est froid » et atone, de la noix de muscade et une infusion de macis de muscade sont recommandées. Si la digestion est tellement pénible qu’elle s’accompagne d’oppression, il faut prescrire une décoction de bois de Santal. Dans tous les cas les malades doivent suivre un régime spécial; ils doivent en particulier manger de l’orge ou de petits haricots germés. C’est là un excellent moyen de donner des diastases aux dyspeptiques.
La flatuosité disparaîtrait sous l’influence de l’écorce d’oranger noirâtre ou du benjoin.
Contre les aigreurs les médicaments usités sont l’alun, les fleurs de tussilage en infusion et le Pachyma cocos ( pë foü lïng). Ce dernier produit se vend soit coupé en morceaux, soit entier sous forme d’une masse arrondie, compacte, blanche intérieurement, entourée d’une écorce feutrée; il se trouverait dans la terre près des pins parasols séculaires.
L’embarras gastrique accompagné de constipation et d’herpès labialis se traite par la rhubarbe et le lait de chèvre.
La sensation de poids sur l’estomac est combattue par le nitrate de potasse, si elle est causée par « le sang qui remonte » ; et par le carbonate de soude (Jâ siâo ) si elle est causée par « le sang qui reste sur l’estomac ».
Ces deux sels s’obtiennent en lessivant des terres alcalines et en laissant cristalliser. La lessive donne successivement par différence de solubilité trois sels, du chlorure de sodium, du carbonate de soude, du salpêtre.