‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 19 sur 79 · AFFECTIONS DE L APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE L APPAREIL DIGESTIF

nine a un immense succès près des indigènes, et dans certaines régions, dans le haut Tonkin et le sud du Kouang Tong en particulier, il n’est pas de petit marchand chez lequel on ne trouve des bonbons de Santonine de fabrication européenne.

Lorsqu’un médecin, en prenant le pouls, a jugé que le foie commence à être malade, il s’empresse de prescrire de la racine d’une sorte de pivoine à fleurs simples blanches. S’il juge qu’il y a engorgement de bile, il donne des feuilles et des fleurs de Basilic crépu en infusion. Dans les cas d’inflammation du foie, il recommande d’employer des cornes de bouquetin, des bourgeons de bambou, de la peau d’éléphant. Mais c’est r opothérapie, la médication la plus réputée contre les affections hépatiques. Contre l’ictère, le foie de porc et le foie de bouc sont prescrits tantôt en nature, tantôt en préparation dans une tisane. Dans les cas de congestion et d’inflammation du foie, le remède considéré comme le plus efficace est constitué par de l’extrait de foie de porc ( [tchôu kân tche), du vinaigre d’arack, du fiel de porc et de bœuf. Ces divers ingrédients forment un mélange brun verdâtre d’aspect fort désagréable, il est vrai, mais qui semble avoir une action thérapeutique réelle. Un sous-officier européen qui souffrait depuis longtemps, d’une congestion du foie, avait suivi ce traitement et en avait ressenti une amélioration rapide. Nous avons voulu nous rendre compte de la valeur de cette médication, mais pour rendre l’absorption du remède moins désagréable, nous l’avons prescrit sous forme.de bols contenant chacun cinquante centigrammes de bile, à la dose de quatre bols par jour

Dans deux cas de congestion hépatique antérieurement rebelles au calomel et à la rhubarbe, nous obtînmes rapidement une guérison complète.

i. Préparation de nos bols de bile et d’extrait organique de foie :

Prendre : bile de porc une partie en poids, bile de bœuf deux parties, réduire sur le feu à consistance sirupeuse, en ayant soin d’agiter le mélange de temps à autre ; — ajouter trois parties d’extrait organique de foie de porc (préparé par broiement et expression dans un nouet sous une petite presse) ; agiter et faire évaporer le mélange sur un feu doux jusqu’à consistance pâteuse; transformer le produit en masse pilulaire au moyen d’un mélange de poudre de quinquina et de rhubarbe à parties égales. Réduire en bols contenant chacun un poids de bile déterminé.

Dans un cas de congestion chronique du foie qui se compliquait de poussées ictériques et qui avait résisté à tout traitement nous obtînmes une amélioration notable; tant que le malade prenait des bols de bile et d’extrait organique de foie, il ne ressentait aucune douleur et ne présentait pas d’ictère. Deux fois le malade interrompit le traitement, deux fois la douleur hépatique et l’ictère reparurent. Les symptômes douleur et ictère disparaissaient sous l’influence du traitement, mais la congestion ne diminuait guère : nous dûmes envoyer le malade à l’hôpital pour le faire rapatrier, il rentra en France et nous le perdîmes de vue.

Ces observations sont trop peu nombreuses pour que nous puissions en tirer des conclusions fermes, cependant l’action thérapeutique de l’extrait de foie de porc et de la bile de bœuf contre les congestions hépatiques nous a semblé très manifeste.

Le fiel d’ours, est recherché pour combattre les affections hépatiques et pour prévenir les accès de fièvre à forme bilieuse. Ce médicament s’emploie soit seul délayé dans de l’arack, soit avec d’autres médicaments dans des préparations complexes; comme il est relativement rare, il coûte cher : une vésicule biliaire d’ours soigneusement desséchée avec son contenu se vend au moins une dizaine de piastres (soit actuellement environ vingt-cinq francs).

Les calculs biliaires de divers animaux et tout particulièrement ceux de singe sont aussi très recherchés, ils entrent dans diverses préparations médicamenteuses.

Les Chinois rattachent la rate au tube digestif et en particulier à l’estomac avec lequel elle aurait d’étroites relations physiologiques. Lorsque la rate est congestionnée il faut prescrire de l’écorce de Magnolia hypoleuca; lorsqu’elle est faible et anémiée chez un malade atteint d’épuisement, il faut ordonner des graines de Nelombo.

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