CHAPITRE V
Affections du système nerveux. — Céphalalgies. — Vertiges. — Hypocondrie. — Phobies. — Folie. — Épilepsie. — Paralysie. — Contracture de la face. — Convulsions. — Tétanies. — Névralgies. — Coup de chaleur. — Impuissance sexuelle. — Aphrodisiaques ét anaphrodisiaques. — Pollutions nocturnes. — Hypnotisme.
La migraine et les céphalalgies en général (feôu t'ong) sont combattues par le vitex, les feuilles de ricin , la racine de Coréopsis et, surtout, « l’huile de menthe ». Ce dernier médicament s’emploie couramment soit à l’extérieur en frictions sur les tempes et sur la lèvre supérieure, soit à l’intérieur à la dose de trois gouttes prises dans une infusion de thé; il agit par le menthol qu’il contient.
Si la céphalalgie s’accompagne de chaleur, le pigamon rouge est indiqué; si elle s’accompagne de froid, c’est la racine de Dorstenia sinensis qui est employée. Dans les cas où la céphalalgie est accompagnée de vertiges et d’étourdissements, les fleurs de camomille sont prescrites en infu- -sion.
Lorsque la douleur de tête persiste, lorsqu’elle est bien localisée et qu’elle semble venir de l’intérieur du crâne, le médecin prescrit de la substance nerveuse de divers animaux : le cerveau et la moelle de cerf sont fort estimés en pareil cas. Ces organes sont aussi employés contre les affections qui se manifestent par des troubles de la marche. Le cerf doit avoir été pris au piège et non pas chassé : la fatigue enlèverait à la substance nerveuse sa puissance thérapeutique.
Les vertiges non accompagnés de céphalalgie sont traités par une préparation de myriapode (cent pieds) : il faut enlever les pattes et la tête de l’animal, griller le reste, le réduire en poudre et prendre cette poudre dans de l’eau chaude.
La neurasthénie, l’anémie cérébrale, l’épuisement provoqué par des excès sexuels sont combattus par la corne de cerf. Ce médicament serait à
La Médecine che\ Us Chinois et les Annamites. 4
la fois un aphrodisiaque et un fortifiant. Il est expressément recommandé de n’employer que des cornes prises sur des animaux vivants ou fraîchement tués. Les cornes d’un animal crevé sont très mauvaises, d’après les Chinois : elles feraient tomber le nez, ébranleraient les dents et provoqueraient des hémoptysies. Les cornes les plus réputées viennent des environs de Pékin; là, on élève, paraît-il, de jeunes cerfs auxquels on coupe les cornes avec un fer rouge; la plaie est ensuite pansée avec du sable, l’animal survit généralement et l’opération peut être renouvelée l’année suivante. Dans le sud de la Chine ce médicament se vend très cher (cent piastres, soit 250 francs, une belle paire de cornes).
Les cornes de cerf s’emploient cuites avec un jeune poulet ou préparées avec de l’eau-de-vie de riz.
Contre l’hypocondrie, les Chinois prescrivent de l’écorce de bambou, du glaïeul, du sulfate de soude.
Contre la peur et les phobies, ils ordonnent du Pë foü lïng (Pachyma cocos). Contre le nervosisme des enfants qui se manifeste par des rêves et des cauchemars, ils emploient de prétendus os de dragon fossile.
Lorsqu’un malade est atteint de folie, il doit prendre de l’aloès. Si les troubles mentaux se produisent au cours d’une maladie inflammatoire, il est indiqué de prescrire de la réglisse ammoniacale1 ou du Un thiâp. Ce dernier remède s’obtient de la façon suivante : des vases de terre contenant des matières fécales sont enfouis dans le sol après avoir été hermétiquement fermés; ils sont déterrés au bout de trois ans, le liquide clair qui surnage alors dans ces vases constitue le médicament.
L’épilepsie, iün t'eôu Joûng, est traitée par des préparations de vers à soie desséchés, des racines de relimania jaune, de jatropha jjanipha, des bulbes d’arum trilobé.
Les Chinois distinguent quatre variétés principales de paralysie ( foûng t’àn ping) : l’hémiplégie, la paralysie des quatre membres, la paralysie d'un membre, la paralysie de la langue. Ces affections sont provoquées parle refroidissement brusque d’une région antérieurement enflammée; elles sont quelquefois annoncées longtemps à l’avance par des prodromes tels que la faiblesse de l’index ou de l’annulaire. Lorsque la paralysie est