‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 24 sur 79 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Maladies dyscrasiques et infectieuses : Rhumatismes. — Obésité. — Variole. — Rougeole. — Choléra. — Peste. — Lèpre. — Fièvre typhoïde. — Diphtérie. — Paludisme — Intoxications.

Le climat humide, les grandes variations brusques de température favorisent en Extrême-Orient le développement des affections rhumatismales ; aussi les médecins chinois ont porté leur attention de ce côté et ont cherché un traitement préventif et un traitement curatif de ces affections. Dans les pays froids il est indiqué de prendre de l’écorce d’aralia palmata avec de l’arack pour se préserver de la mauvaise influence du vent froid et de l’humidité. Ce même médicament est aussi employé comme traitement curatif contre les arthralgies et les arthrites rhumatismales, et contre toutes sortes de douleurs provoquées par l’humidité.

Si les douleurs s’accompagnent de mal de tête et de fièvre, si elles sont provoquées par des changements brusques de température ou par le vent il faut prescrire de la racine d’angélique inégale.

Si les arthralgies sont accompagnées de douleurs dans les os et dans les reins, c’est l’écorce de fusain du Japon qui est indiquée.

Les principaux remèdes qui sont encore employés contre les douleurs articulaires sont : le roseau, la squine, les racines d’aristoloche noueuse et de cardère du Japon, l’armoise, une sorte de verveine et enfin du carbonate de chaux cristallisé.

L’obésité est fréquente en Chine, la plupart des femmes qui ont dépassé trente ans prennent un embonpoint exagéré ; il en est de même de beaucoup de commerçants qui sortent peu de leur boutique ; mais cette infirmité n’est pas considérée comme une maladie ; bien au contraire chaque chinois est très fier d’être gros et gras. La pharmacie

chinoise est riche en remèdes destinés à faire engraisser (sels d’arsenic, graines de nelombo, colle de cornes de cerf, racine de platycodon, ginseng, etc.), mais elle n’en possède aucun destiné à faire maigrir. Lorsque nous nous sommes informé de cette particularité, nous avons eu de véritables difficultés à nous faire comprendre : les médecins chinois et annamites nous faisaient répéter plusieurs fois notre question, tant il leur semblait extraordinaire qu’un homme pût jamais avoir l’idée de prendre des médicaments pour maigrir.

La variole fait de nombreux ravages en Extrême-Orient; dans le sud de la Chine et en Annam les indigènes la redoutent beaucoup, aussi font-il presque tous varioliser ou vacciner leurs enfants.

La variolisation se pratique en Chine depuis le règne de l’empereur Tchin Song (xe siècle); il semble que c’est de là d’ailleurs qu’elle a été importée en Europe où elle a rendu de notables services avant la découverte de Jenner.

Les Chinois recueillent des croûtes de pustules varioleuses sur un enfant bien constitué, qui n’a pas présenté de symptômes graves pendant sa maladie, ils les font sécher, puis les conservent dans des vases de porcelaine neufs hermétiquement fermés au moyen de bandelettes de papier. Ces croûtes ne doivent pas être conservées plus de six mois; elles perdraient leur virulence en vieillissant. La variolisation se pratique en automne ou au printemps; l’opérateur choisit un jour où il ne fait ni froid ni chaud et où il. y a peu de vent. Il fait aussi entrer en ligne de compte des indications astrologiques : le cinquième et le neuvième jour de la première lune seraient particulièrement favorables à la variolisation. L’inoculation se fait au niveau des fosses nasales ou du nombril. Elle se fait à sec en insufflant au moyen d’un tube de la poussière de croûtes varioleuses dans les narines du patient, ou bien elle se fait par procédé humide, après délayage des croûtes dans un peu d’eau : un tampon de coton imprégné du liquide est placé dans la narine gauche chez les petites filles, dans la narine droite chez les petits garçons.

Après l’inoculation l’enfant doit rester chez lui dans un endroit propre; on fait des fumigations autour de lui.

La variolisation provoque souvent une éruption qui laisse des traces :

VARIOLE

lorsque, à Mon- Kay, nous avons été chargé d’examiner les recrues destinées à la première compagnie de tirailleurs chinois du Tonkin, nous avons pu constater que 90 °/0 des hommes portaient des traces manifestes de variole; chez un grand nombre ces traces provenaient d’une éruption consécutive à la variolisation.

Dans certains cas la variole inoculée devient grave et amène des désastres. Ces inconvénients n’échappent pas aux indigènès, aussi ont-ils facilement adopté le vaccin jennerien.

Depuis quelques années certains médecins chinois commencent à se procurer du vaccin; à des jours fixés d’avance ils vaccinent dans les pagodes les enfants qu’on leur porte, dans ce cas ils ne prennent généralement pas un prix fixe, mais il est d’usage que la famille de l’enfant fasse un cadeau à l’opérateur. Lorsqu’il va vacciner à domicile, le médecin chinois se fait payer des honoraires variant entre cinquante cents et trois piastres (1 fr. 25 à 7 fr.), suivant la fortune du client et aussi suivant le sexe de l’enfant : il prend plus cher pour une petite fille que pour un petit garçon, probablement parce qu’il considère la fille presque comme un objet de luxe.

Lorsque les médecins français font des vaccinations gratuites, les indigènes apportent leurs enfants en grand nombre. A Monkay, il nous suffisait de prévenir le Pong-Teuong, ou chef de congrégation, que nous vaccinerions cent Chinois le lendemain pour en voir arriver, petits et grands, au moins cent cinquante, qui venaient des deux côtés de la frontière.

La variole tch’oü hoâ est une maladie éruptive très mauvaise qui demande beaucoup d’expérience de la part du médecin, car celui-ci doit bien savoir observer la faiblesse et l’oppression du malade et varier ses prescriptions suivant les differents cas.

Tout à fait au début de la maladie il faut prescrire comme traitement abortif le remède appelé Tchâi Koêi lequel contient des racines d’ache, de pivoine blanche, de buplèvre, des fleurs d’origan et de la réglisse torréfiée.

Pendant ce traitement il est bon de surveiller soigneusement l’apparition de l’éruption; elle débute habituellement sur le front; c’est alors qu’il faut examiner attentivement le faciès du malade pour savoir, en se

basant sur le système des correspondances fonctionnelles, quels sont les organes les plus affectés.

Du quatrième au septième jour de la maladie il est bon de prescrire une poudre appelée Chênn Koûng laquelle contient dix médicaments *.

Pour faciliter l’éruption il est d’usage de donner au malade une préparation faite avec les pieds, la queue et les yeux d’un cochon.

Si le ventre est froid le ginseng, le pachyma cocos, le gingembre, l’écorce de mandarine préparée sont indiqués.

La diarrhée vient-elle à se déclarer, il faut prescrire du gingembre macéré et séché, de la gentiane, de la racine d’atractylis ovata et de la réglisse torréfiée.

Lorsqu’il y a des coliques et que les urines sont troubles, il faut avoir recours aux médicaments suivants : rhubarbe, racine d’ache, réglisse, racine de pivoine blanche.

Si les selles sont blanches et rouges, dysentériformes, la potion employée est préparée avec de l’extrait de rehmania, des racines d’ache, de pivoine blanche, de chélidoine, de toque visqueuse, de livêche du Seu-Tchouan.

Dans le cas de manifestations bilieuses il faut ajouter de la racine de jatropha janipha.

Les sueurs trop abondantes sont combattues par une préparation contenant des dépouilles de cigale et des clous de girofle.

Si les vapeurs sont fatiguées, le ginseng et la racine de sophora servent de reconstituants.

Quand il y a oppression il faut prescrire une potion ayant pour base du riz gluant, de la racine d’aristoloche, des écailles de pangolin. Le cas est considéré comme très grave si le malade accuse de la courbature et des douleurs lombaires.

S’il y a de l’agitation, du délire accompagné de peur, il faut, pour

i . Chênn Koünç. Racine de rehmania. — Gentiane croisette. — Racine de pivoine blanche. — Racine de sophora tomentosa. — Réglisse. — Graines de bardane géante. — Fleurs de carthame. — Racines de lythospernum erythrorhizon. — Racine d’angélique décursive. — Cornes de cerf, aa 40 gr.

Réduire en poudre fine; à prendre dans eau chaude à dose variable de quatre à vingt grammes suivant l’âge du malade.

VARIOLE

calmer le malade, prescrire un remède appelé an chênn dont voici la com-

position :

Racine de chélidoine éclaire lavée à l’alcool 6

Cinabre purifiée ' 4 §r

Racine de rehmania lavée à l'alcool )

Réglise grillée aa 2 gr 80

Racine d’ache dépourvue de ses radicelles )

Réduire en poudre fine; s’emploie en pilules après les repas.

Quand la toux vient à se déclarer le principe passif est en cause, le remède indiqué est connu sous le nom de Jenn chênn ping fêy et ainsi constitué :

Écorce de racine de mûrier dépouillée de son épiderme

Racine d’anémarrhène asphodèle

Réglisse

Écorce de lyciet de Chine

Écorce de mandarine préparée

Pachyma cocos

Écorce de mandarine verte

Racine de mélanthe

Ginseng

Schizandra

En poudre, dans une tisane de gingembre.

Lorsque la variole s’étend trois symptômes peuvent dominer : les vomissements, la céphalalgie, les grincements de dents. Le médecin prescrit du pigamon rouge si l’éruption se généralise sur la figure; du gingembre et de la cannelle prise sur les branches de l’arbre, si l’éruption s’étend surtout sur les membres. Pour calmer la soif dont se plaint le malade, il faut lui donner une tisane faite avec du ginseng, des racines d’atractylis ovata et d’ophiopogon spicatus, des feuilles de bétoine. Si la gorge fait mal les graines de bardane, la réglisse et la racine de platycodon sont indiquées.

Si les pustules sont contiguës, la gravité de l’affection augmente : la prescription suivante est alors ordonnée :

Chmg md kâ liènn : Pigamon rouge, — racine de pivoine blanche, — haricot tuberculeux (pachyrrhizus angulatus), — gingembre cru, — réglisse, — fleurs d’origan, — racine de coréopsis, à parties égales. — Les doses varient avec l’âge : depuis la naissance jusqu’à sept ans : 2 à 4 grammes du mélange; — de 8 à 13 ans : 4 à 6 grammes.

. . . . 4Sr . . . . 2 sr

> aa 2 sr

| aa 1 gr 40 Vingt graines.

Si les pustules de variole sont noires, il faut recourir à une autre médication :

Racine d’ephedra ) '• *

tv ' ' } i.a 20 ër

Pigamon rouge • ^

Dépouille de cigale \

Racine de lythospermum erythrorhizon j Ta 12 gr

Réglisse ammoniacale )

Capsules de forsythia suspensa \

Graines de bardane géante I

Racine de cytise cajan (grillée) , 10 8

Fleurs de carthame )

En pareil cas, pour faciliter l’éruption on donne fréquemment du sang frais de cochon avec quarante centigrammes de poudre de dent humaine grillée.

Se produit-il des hémorragies, le médecin prescrit la préparation suivante :

Racine de rehmania glutineuse

Racine de pivoine Moutan

Racine de pivoine blanche

Petite corne du rhinocéros bicornis de Sumatra

\ à parties égales.

Les racines de rehmania et de pivoine Moutan doivent être pulvérisées; la corne de rhinocéros et la -racine de pivoine blanche, râpées. Le mélange obtenu se prescrit à la dose de 2 à 4 grammes pour un enfant au-dessous de sept ans, de 4 à 6 grammes pour un enfant âgé de huit à treize ans.

Si le pouls devient faible il faut ajouter des graines d’achyranthe du Japon.

Pendant qu’il fait prendre à ses malades l’un de ces divers médicaments suivant les cas, le médecin ordonne aussi un traitement externe contre les pustules. Les premières éruptions sont lavées dès leur apparition, suivant une technique assez compliquée : il faut mettre pendant quelques instants dans de l’eau bouillante quarante grammes de pigamon rouge, puis retirer ce médicament et le rejeter; une poignée d’un médicament appelé yen tchï plongée dans l’eau de pigamon, puis exprimée sert à lotionner et à oindre en rouge l’endroit où apparaissent les pustules. C t yen tchl semble être un tampon de coton imprégné de, carthamine.

Dès qu’une amélioration commence à se faire sentir au niveau de la

VARIOLE

figure et des membres, il est bon d’appliquer sur les ulcérations laissées par des pustules de variole une pommade faite avec du miel, de la litharge 4 parties, du silicate hydraté de magnésie 4 parties, de la racine de dorstenia sinensis une partie.

Pour arrêter l’écoulement des pustules, lorsqu’il est considérable, on emploie une poudre préparée avec des cannes cylindriques prises dans le chaume de vieilles toitures couvertes de ce feuillage. Cette poudre doit être également répandue sur la natte où couche le malade.

Les éruptions et les douleurs ne constituent que le premier degré de l’affection ; la variole est considérée comme ayant atteint un degré plus avancé lorsqu’il se produit des suppurations ou des complications du côté des yeux.

Les suppurations appellent un double traitement interne et externe.

A l’intérieür il faut prendre dans de l’eau chaude vingt grammes d’une poudre préparée avec les médicaments suivants :

Gingembre; — Racines de sophora tomentosa, de livêche du Seu-Tchouan, d’atractylis, de pivoine blanche, d’ache ; — pachyma cocos — écorce de mandarine préparée : aa 10.

Fleurs de chèvrefeuille du Japon. Racine de dorstenia. Capsules de forsythia suspensa f aa 7 .

Réglisse 5 .

A l’extérieur on use d’une pommade dite des trois haricots (San Téou), parce que trois espèces différentes de ces légumineuses entrent dans sa composition :

Haricot nain (Phaseolus compressus)

Haricot mungo (Phaseolus Mungo).

Phaseolus radiatus

Feuilles de pourpier.

Miel q. s. pour lier la pommade.

Cette pommade peut être remplacée par de la courge pepon finement hachée qu’on applique au niveau de la tuméfaction pour faire mûrir l’abcès. Lorsque cet abcès est bien mûr il faut le piquer et appliquer ensuite un emplâtre appelé kào sân. La gêne disparaîtrait aussitôt et serait remplacée par du bien-être.

Pour préparer cet emplâtre il faut prendre cinq crapauds desséchés.

bien cuits

parties égales.

une pincée de cendres de cheveux, soixante grammes de racine de trichosanthe, réduire le tout en poudre fine qu’on lie ensuite avec de l’huile de Sésame.

Les crapauds desséchés se vendent dans toutes les pharmacies; ils ont été dépouillés de leur peau et soigneusement préparés. L’espèce la plus estimée porterait sous 1s ventre deux lignes bleuâtres, mais comme la peau est enlevée pendant la préparation il est facile aux pharmaciens de débiter toutes espèces de crapauds à leurs clients.

Lorsque l’œil est atteint le médecin recommande une potion contenant de la gentiane printanière, des racines de plantain d’eau, de rehmania, et de toque visqueuse ; des radicelles d’ache ; de la tige écorcée de clématite; de la réglisse; des graines de plantain et de gardénia sauvage. Quand cette médication tarde trop à agir, elle doit être remplacée par diverses poudres qui se prennent dans de l’eau chaude et dans la composition desquelles entrent des racines de livêche, de coréopsis, d’angélique, des feuilles de menthe, des fleurs d’une hespéridée, des graines de celosia cristata, de cassia tora, de plantain, enfin du plâtre pulvérisé.

Mais, tenant compte des correspondances fonctionnelles qui existeraient entre le foie et les yeux, le. médecin ajoute souvent à ces préparations un petit morceau de foie de bouc.

Comme traitement externe on emploie une préparation dans laquelle entrent de la cadmie prise dans les fourneaux qui servent à fondre l’or ou l’argent, des racines de chélidoine, de la corne de bouquetin et de la corne de rhinocéros. Les croûtes de variole délayées dans de l’eau constitueraient aussi un remède excellent. L’œil doit être soigneusement traité car cet organe, d’ordinaire brillant, peut devenir blanc (leucome) et prendre l’aspect d’un œil de crabe (kératocone). Si les médications précédentes n’ont pas agi il faut employer du borax, du calomel, des perles, du sang d’anguille de rizière. Et si c’est insuffisant, il faut prescrire de la tisane d’ériocaulon de Canton.

Les Chinois savent que la variole est très contagieuse ; ils pensent que cette maladie est propagée, grâce au vent, par l’intermédiaire du liquide et des croûtes des pustules. Aussi les traités de médecine chinoise prescrivent-ils de nombreuses précautions à prendre en cas d’épidémie. Dès

VARIOLE 6 5

qu’apparaît l’éruption variolique, il faut faire autour du lit et sur le corps du malade des pulvérisations avec de l’eau-de-vie de riz dans laquelle on a fait chauffer des graines de persil sèches ; de plus il est prescrit de faire des fumigations près de la porte avec une poudre contenant des racines d’atractylis lancea et de nard indien, des fleurs d’origan, de feuilles d’armoise, des graines de persil, de l’encens et de la myrrhe.

Lorsque les pustules sont complètement desséchées il est nécessaire de recommencer les pulvérisations; pour cet usage divers liquides peuvent être employés : de l’eau ou de Farack dans lesquels a cuit une poule bien grasse, de la décoction d’écorce de v Gao » (espèce de faux cotonnier), de feuilles de saule Kawajanagi ou de feuilles d’ériocaulon. On emploie aussi une préparation dite « Eau céleste » (T’iën choèi) qui est constituée par de l’eau bouillie contenant du silicate hydraté de magnésie (six parties) et de la réglisse (une partie) réduits en poudre fine. La pulvérisation doit porter non seulement sur le malade mais sur les habits; le pulvérisateur est souvent des plus primitifs, tantôt l’eau est jetée à la main, tantôt un homme prend dans sa bouche le liquide médicamenteux et le rejette à l’extérieur en le pulvérisant. C’est là d’ailleurs, lorsque l’intéressé n’y met pas bon ordre, le procédé qu’emploient les boys Annamites pour pulvériser de l’eau d’amidon sur les vêtements blancs qu’ils sont chargés de repasser.

Il est conseillé de brûler tout ce qui a été souillé pour prévenir la contagion, et de faire, des fumigations dans la maison pour chasser les mauvais principes. Ces fumigations se font avec beaucoup de bruit et prennent le plus souvent l’aspect de cérémonies magiques.

En temps d’épidémie les personnes qui redoutent la contagion doivent manger avant de s’exposer au « mauvais vent » ; de plus il leur est recommandé de prendre des médicaments préventifs constitués par des racines de coréopsis, d’ache, de sophora tomentosa, de chélidoine, de platycodon, de pivoine blanche, d’atractylis ovata; de la tige écorcée de clématite; des feuilles de menthe; des fleurs d’origan; des graines de gardénia grandiflora; du silicate hydraté de magnésie et du plâtre. Il faut également priser diverses poudres médicamenteuses t*

La rougeole ( Tchènn t%èu ou mâ tchènn ) est considérée comme une

La Médecine che% les Chinois et les Annamites . 5

maladie bénigne dans laquelle il faut cependant redouter des complications du côté du cœur, du foie et des poumons. Lorsque le malade tousse, a le corps chaud et l’œil rouge il est difficile de prévoir quelle sera la gravité de la maladie.

Au début de l’éruption le malade éprouve sur la peau la sensation de brûlure; quand l’éruption devient nette il est bon de l’examiner pour connaître la thérapeutique à suivre ; il faut établir un traitement avant qu’elle ne « rentre » .

Ces premières considérations sont facilement intelligibles; il n’en est pas de même des indications; deux cas se présentent :

Ou bien la peau est fraîche, alors c’est la chaleur qui est « obstruée » et il faut prescrire le médicament chèng mâ 1 ; ou bien au contraire c’est le froid qui est obstrué, alors il faut prescrire un médicament appelé Mâ hoâng dont voici la composition :

Racine d’ephedra )

Cannelle prise sur les branches )

Réglisse 2 ër 40

Amandes d’amandier Dix.

Gingembre cru Trois petis morceaux.

Le tout, mis dans une tasse d’eau, doit être laissé sur le feu jusqu’à réduction de moitié.

Dans tous les cas il est indiqué d’ordonner à l’extérieur, sur la peau, des pulvérisations avec une décoction de graines de persil, comme dans la variole.

Contre l’angine on se sert d’une tisane préparée avec de la réglisse, de la racine de platycodon, des graines de bardane ou du cha kân (racine de Morée ?).

Si l’enrouement s’accompagne d’oppression et de toux on prépare une potion avec divers ingrédients soigneusement broyés :

Racine d’arum bouillie dans du fiel de bœuf

Racine de plantain d’eau

Racine d’aristoloche noueuse

Graines d’uvularia

Ecorce de mandarine préparée

Graines de moutarde blanche

... 12 gr

| aa 8 gr

| aa 2 gr

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