‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 25 sur 79 · CHOLERA — PESTE · texte numérisé non relu

CHOLERA — PESTE

Survient-il de la diarrhée, les jujubes, les racines de toque visqueuse et de pivoine blanche sont indiquées. Enfin si l’estomac est fatigué il faut prendre à petites gorgées de l’eau céleste (t’iên choèi ) qu’on prépare dans ce cas en mettant dans de l’eau chaude quatre grammes d’une poudre contenant une partie de réglisse et six parties de stéatite (silicate hydraté de magnésie).

Les Chinois distinguent deux variétés de choléra (houô loân ping), l’une sèche, l’autre humide, qu’ils décrivent avec beaucoup de détails. La mortalité serait dans la première variété de vingt pour cent, dans la seconde variété de cinquante pour cent ; mais un traitement bien suivi abaisserait cette mortalité à dix pour cent. Les vomissements et la diarrhée sont combattus par des racines d’aconit, de bétoine, de sophora tomentosa, d’atractylis lancea et des graines d’amome; l’algi— dité, par des infusions de gingembre auxquelles on ajoute du sucre, ou par du gingembre cuit dans l’alcool de riz.

Si l’affection se prolonge, le malade prend des pilules contenant du sulfure rouge de mercure et du sulfure d’arsenic.

L’acupuncture n’est pas oubliée; on la pratique en divers points.

Comme prophylactique il est recommandé de porter sur soi de Tassa fœtida dans un petit sac.

La peste (ouèn ping') est traitée par des purgatifs (rhubarbe) et surtout des sudorifiques (gingembre) et des diurétiques (nitrate de potasse). Il faut combattre les hémorragies au moyen de racines contenant du tanin, (mûrier etc.), mais favoriser les vomissements au moyen de racine de bétoine.

La lèpre (lài tsèu ) est combattue par l’emploi de bézoard de bœuf, par des laxatifs et des dépuratifs. Le chaulmoogrâ est connu en pharmacie chinoise ; le Hoang-Nan a été importé du Tonkin dans la pharmacie européenne.

La fièvre typhoïde (H du ping ) est traitée par diverses préparations à base de rhubarbe et de pachyma cocos.

La diphtérie comporte un traitement assez complexe I, qui donnerait, paraît-il, de bons résultats : le docteur Vorderman l’a essayé à Batavia et s’en déclare partisan convaincu.

On produit de la révulsion sur le cou du malade par torsion de la peau jusqu’à production de petites ecchymoses; on insuffle toutes les deux ou trois heures dans la gorge au moyen d’un tube de papier ou d’un tube métallique une poudre de composition variable.

Voici la formule d’une de ces poudres :

Perles pulvérisées

Calculs biliaires

Racine de coptis pulvérisée

Sédiments urinaires

Charbon de pruneaux \

Écume d’indigo 1

Camphre raffiné )

Racine de réglisse pulvérisée )

Borax )

Cinabre

Acétate de cuivre

Dans d’autres formules on trouve de la bile d’ours carbonisée, de l’ambre, du musc, du tabaschir, du ptérocarpe, de la menthe, de la suie, des calculs biliaires de bœuf et de singe.

Tant que le malade a de la fièvre il doit prendre une tisane contenant :

Bulbes d’arum pentaphyllum bouillis dans de la bile

Rhizome d’alpinia

Capsules de forsythia suspensa

Tubercules de pachirrhizus trilobus

Racine de cytise cajan

Racine de platycodon

Fleurs de chèvrefeuille

Écorce de ptérocarpe

Rhizome de coptis

Racine de scutellaire (toque)

Bulbes d’uvularia

Racine de réglisse bouillie dans du miel

aa 57 gr 9 aa 77 gr 2

58 gr 6 aa 38,6

15 §r 44 3 gr 86 15 » 44 11 >, 48

aa 7 gr 72

aa 3 gr 86

Il gr 58 I gr 93

i . Dr J. Matignon. Un traitement chinois de la diphtérie. Bulletin general de thérapeutique (15 Août 1893).

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