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Le suicide en Chine par le Dr Matignon

Les autres contre-poisons les plus usités sont les infusions froides de racine d’aristoloche et de dioscorée du Japon, la macération de luzerne, et dans des cas d’intoxication par sels métalliques, la pierre aimantée.

Lorsqu’un syphilitique présente des accidents d’intoxication au cours d’un traitement mercuriel, le médecin prescrit des fumigations avec plusieurs kilogs d’une espèce de poivre provenant du Seu-Tchouen.

L’alcoolisme ne produit pas en Extrême-Orient les mêmes ravages qu’en Europe : le Chinois et l’Annamite connaissent depuis longtemps l’alcool, ils le préparent surtout avec des grains (riz gluant) puis ils l’aromatisent de différentes façons et obtiennent des liqueurs dont le goût est quelquefois agréable. Les alcools de riz ordinaires sont très impurs; lorsque des Européens prennent la néfaste habitude de consommer ces alcools soit en nature, soit mélangés en guise d’eau avec de l’absinthe, comme le font certains soldats, ils sont vite pris d’une ivresse furieuse.

Les Extrême-Orientaux ne consomment l’alcool qu’en très petite quantité, ils le prennent tiède et seulement pendant ou immédiatement après le repas; aussi l’ivresse complète est inconnue chez eux; on ne voit pas un Chinois tituber ou tomber dans la rue ivre-mort comme on voit très souvent des Européens le faire. D’ailleurs l’ivresse même légère est considérée comme un empoisonnement contre lequel la médecine prescrit des remèdes : les feuilles de l’arbre pâ (Crataeva nurvala ?), les graines de cardamome de Siam, et la muscade.

Lorsqu’un fumeur d’opium veut rompre complètement avec sa passion, il diminue rapidement le nombre des pipes fumées chaque jour mais pendant ce temps il prend des pilules contenant de l’opium. Lorsqu’il en est arrivé à ne plus fumer une seule pipe, il diminue progressivement le nombre des pilules d’opium prises chaque jour. Au bout de peu de temps le malade n’éprouve plus le besoin de fumer. Cette méthode de suppression progressive réussit très bien chez les fumeurs énergiques dont la passion est récente; elle réussit moins bien chez les vieux fumeurs, ceux-ci reviennent souvent très vite à leur mauvaise habitude. Us emploient quelquefois aussi journellement pour essayer de se guérir une tisane contenant diverses plantes et du dross.

Contre les intoxications par les sels d’or et d’argent, les oignons écrasés, le sang de canard et le mercure sont également réputés.

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