‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 30 sur 79 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Maladies vénériennes. — Affections des organes génito-urinaires. — Syphilis. — Chancres. — Bubons. — Végétations. — Blennorragie (uréthrite, orchite, cystite). — Leucorrhée. — Polyurie. — Gravelle.

Les Chinois connaissent la syphilis ( châng ping ) depuis fort longtemps; ils traitaient et décrivaient cette affection bien avant qu’elle n’ait fait son apparition en Europe ou du moins bien avant qu’elle n’ait été distinguée chez nous comme entité morbide.

Ils n’ignorent pas l’action des sels de mercure sur cette maladie, mais ils n’en usent pas toujours. « Les composés mercuriels, disent-ils, guérissent vite les premiers accidents, mais n’empêchent pas pour plus tard l’apparition des pourritures (accidents tertiaires). » Ces composés ne sont guère employés que si le malade demande au médecin de le guérir dans un temps très court; le médecin dans ce cas prend souvent la guérison à la Lâche, il s’engage à obtenir la disparition des accidents dans un temps donné pour une somme fixée d’avance. Les malades chinois redoutent encore plus le mercure que les malades européens; il y a à cela, en dehors des préjugés, plusieurs raisons parmi lesquelles il faut noter l’intolérance spéciale des races asiatiques pour les sels d’hydrargyre; l’application pendant deux ou trois jours d’un pansement bichloruré à un pour mille amène très souvent chez les Chinois et surtout chez les Annamites de l’érythème, des papules et quelquefois une desquamation complète de l’épiderme. Nous avons vu de nombreux sujets chez lesquels la solution bichlorurée én pansement n’était tolérée qu’au titre de 'un pour trois mille ou un pour quatre mille; dans certains cas il nous a même fallu renoncer complètement à l’emploi des sels de mercure.

Cette intolérance se manifeste surtout au niveau de la peau et dans

les cas d’applications externes; nous avons vu des asiatiques supporter à l’intérieur, sans aucun accident, le protoiodure à la dose de dix centigrammes par jour. Il est à croire que les médecins chinois emploient dans certains cas des doses plus élevées que les nôtres, car il nous est arrivé de voir dès Chinois traités par leurs compatriotes, présenter des stomatites tellement intenses que toutes les dents semblaient transformées en touches de piano.

Lorsqu’ils emploient l’hydrargyre à l’intérieur les médecins d’Extrême- Orient prescrivent un sel appelé k’ïng fénn lequel a été identifié par la plupart des sinologues avec le calomel, il a d’ailleurs figuré sous ce titre à la section chinoise de l’Exposition de Paris, en 1900. Perny identifie ce produit avec le sublimé. C’est un sel qui, lorsqu’il n’est pas très finement pulvérisé, se présente sous forme d’aiguilles et de paillettes blanches et brillantes.

Dabry et Soubeiran le considèrent comme un sel impur contenant quatre parties de calomel et une partie de sulfate de chaux.

On le prépare en prenant une partie de mercure, une de chlorure de sodium, deux d’alun, qu’on broie ensemble au mortier jusqu’à mélange intime; le produit obtenu est placé dans un creuset dont on lute le couvercle avec une sorte de mortier constitué par de la cendre, du sel de cuisine et de l’eau; on chauffe doucement et graduellement le creuset à sa partie inférieure tandis qu’on le refroidit à sa partie supérieure avec du papier ou du linge imbibé d’eau. Au bout de quelque temps l’appareil est retiré du feu, refroidi complètemeut puis ouvert; sur le couvercle et la partie supérieure du creuset se trouve déposé un sel, c’est le liïng fénn qu’il suffit de recueillir.

Ce produit est quelquefois employé sous iorme d’onguents contre les ulcérations spécifiques, mais pour cet usage on lui préfère lé plus souvent l’oxyde rouge de mercure.

Les remèdes les plus employés contre les premiers accidents cutanés sont des tisanes contenant de la squine et de la poudre de perles, le plus souvent remplacée par de la poudre de nacre. Lorsque les ulcères apparaissent, le malade doit prendre une tisané ayant pour base les fleurs de lonicera japonica; une décoction de ces mêmes fleurs est employée en lotions sur les lésions ulcéreuses. On emploie aussi en applications un

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