‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 103 sur 237 · ÉCOULEMENT DES OREILLES · texte numérisé non relu

ÉCOULEMENT DES OREILLES

L'écoulement des oreilles est une affection qu'il faut savoir supporter avec la plus grande patience, parce que sa suppression, quelque insignifiante qu'elle soit, peut avoir les suites les plus graves. Quand il est devenu chronique, il est très-difficile à guérir. Que sous aucun prétexte on ne permette aucune injection ; l'huile même est (lange-

reuse, parce qu'il en reste toujours dans l'oreille, un peu, qui passe au varice. Les choses qui sèchent sont encore plus dangereuses. L'eau tiède seule, et en tant qu'elle sert à entretenir la propreté de l'oreille, ne nuit pas. Il peut être utile de tenir dans l'oreille un peu de laine fine, en hiver pour faire obstacle au froid, et en été aux insectes qui s'introduisent quelquefois dans l'oreille, et y déposent des œufs qui deviennent l'origine de grandes souffrances. Lorsque le malade sent un fourmillement dû à de petits vers, il est nécessaire de faire tomber dans l'oreille de l'huile douce, goutte par goutte, jusqu'à ce qu'elle soit remplie, et puis l'on procédera comme il a été dit à la page 159.

Cependant il est important de tenir quelque chose dans les oreilles, surtout lorsque la matière de l'écoulement sent mauvais ; il faut prendre en été et pendant le sommeil des précautions plus grandes; on emploiera un tampon d'une grosseur convenable, car s'il est trop gros, l'organe en souffre; s'il est trop petit, il peut s'enfoncer, et alors il est très-difficile de l'extraire. En conséquence, il sera prudent d'entourer le petit tampon d'un morceau de linge fin, qui empêchera d'une part qu'il ne pénètre trop avant, et d'autre part pour rendre facile son extraction. — Dans tout cela, il sera préférable de choisir un morceau d'épongé très-fine, qu'on taillera convenablement; sa nature se prête facilement au but quon se propose, car elle remplit hermétiquement l'oreille sans la blesser. On peut changer fréquemment ce tampon ou le faire servir toujours, pourvu qu'on le lave avec soin, d'abord à l'eau tiède, ensuite à l'eau froide.

Lorsque l'écoulement des oreilles est la suite d'une inflammation, ou s'accompagne d'une douleur avec le caractère d'une pression qui chasse en dehors; ou quand l'oreille est chaude et rouge, ou se couvre de croûtes pruriteuses, ou lorsque cet écoulement provient des suites de

la rougeole, donnez puis. ; si Ton en a déjà fait usage sans succès, sulph. ; s'il vient après la fièvre scarlatine, bell., et quelques jours après, merc. viv., si c'est nécessaire, et puis encore bell. Si ces moyens ne suffisent pas, hep. sulph. Si l'écoulement arrive après la petite vérole, et s'il se complique de douleurs lancinantes et d'hémorrhagie auriculaire, s'il survient des ulcérations à l'extérieur, et que la matière de l'écoulement sente mauvais, donnez merc. viv. Mais si le malale se trouve avoir abusé du calomel, sulph. aura la préférence; s'il a abusé du soufre, puis., et plus tard merc. viv. Si cependant l'affection passait à l'état chronique, prenez une pincée de potasse que vous ferez dissoudre dans une bouteille d'eau de pluie, et versez dans l'oreille, tous les jours, une cuillerée à thé de cette solution, jusqu'à ce qu'il y ait un commencement d'amélioration.

Si l'écoulement est purulent et chronique, donnez merc. viv., et huit jours après sulph., et répétez ce dernier trois fois à la distance d'une semaine. Si, malgré cela, il ne se déclare pas d'amélioration, donnez cale. carb. o. Si, en même temps, il y a un grand mal de tête, et que merc. viv. ou sulph. ne réussissent pas, donnez belL, et plus tard lach. Si cela ne suffit pas encore, donnez deux matins de suite silic, et, s'il le faut, répétez silic. tous les huit ou quinze jours. — Caust. est quelquefois très-utile dans les écoulements chroniques, surtout lorsque le malade a souffert longtemps de rhumatisme. Si ces divers moyens ne suffisent pas, essayez du borax en solution, comme il vient d'être dit plus haut au sujet de la potasse.

Si l'écoulement a été supprimé brusquement, n'importe qu'il ait eu une longue ou une courte durée, cela constitue un état grave. — Qu'on examine avec soin l'oreille avec une épingle à cheveux, afin de s'assurer que ce ne sont pas des croûtes ou toute autre chose qui ont bouché l'oreille; qu'on introduise dans le conduit auditif de la vapeur tiède, d'une tempérai nie convenable et propre à ramollir le corps qui

pourrait s'y trouver ; mais si l'oreille n'est pas obstruée et que son intérieur soit tout à fait sec, alors appliquez directement sur le pavillon un morceau de pain sortant du four, mais pas trop chaud, afin qu'il puisse être supporté. — Répétez de temps en temps ce procédé, qu'on renouvelle à mesure que la mie se refroidit et jusqu'à ce qu'il y ait amélioration. — Si, par suite de la suppression de l'écoulement, les glandes du cou s'engorgent et durcissent, donnez puis. y plus tard merc. viv. et bell. — S'il survient un grand mal de tête avec fièvre, donnez bell. ; si elle ne suffit pas, donnez bry. Si cette suppression est la suite d'un refroidissement ou de la mouillure des pieds, avec amélioration par le repos, bell. ; par le mouvement, donnez dulc; s'il y a aggravation par la chaleur du lit, merc. viv. Si, à la suite de la suppression de l'écoulement, il survient un engorgement des oreillons, donnez les remèdes appropriés à cette circonstance. Mais si les parties génitales s'engorgent, donnez le soir nux vom., et s'il n'y a pas d'amélioration, le matin puis. — Quelquefois il se déclare un violent mal de tête qui devient lourd plus tard, avec sensation de tension, comme si le crâne était trop étroit; les yeux deviennent rouges et sont douloureux en les mouvant; cet état s'accompagne de fièvre; quelquefois il y a des mouvements spasmodiques de la face, avec enflure de la tête, perte de mémoire, etc.; et à la suite de ces divers symptômes il se déclare des bourdonnements et des bruissements d'oreilles ; puis surdité et écoulement subit de matière purulente sortant comme d'un abcès. On se gardera de rien tenter contre cet écoulement; on se bornera aux seuls moyens de propreté, et Ton fera coucher le malade sur l'oreille souffrante, en garnissant le coussin avec plusieurs épaisseurs de compresses. — Si l'on reconnaît le mal avant que l'écoulement ait lieu, donnez en olfaction hep. sulph., et attendez-en les résultats. S'il n'y a pas d'amélioration au bout de quelques jours, donnez merc. viv.

une fois, et attendez encore vingt heures son effet. S'il ne produit pas un résultat décisif, administrez lach., et un ou deux jours après hep. sulph. Il faut attendre, après l'administration de chaque remède, cinq à six heures. On reprendra le même traitement si l'écoulement se supprime. Si la suppuration se déclare, le malade est sauvé, et il faut s'abstenir alors de tout autre remède. Si elle n'a pas lieu, le malade meurt, et le médecin le plus habile n'y peut rien.

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