‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 141 sur 237 · APPARITION TARDIVE DES RÈGLES · texte numérisé non relu

APPARITION TARDIVE DES RÈGLES

S'il arrive que le flux menstruel vienne à éprouver du retard, ce ne sera pas pour cela une raison de donner des

médicaments. Il faut, avant tout, éviter avec soin d'avoir recours aux remèdes secrets, aux infusions, aux huiles essentielles, aux opiats et aux divers autres moyens que l'ancienne médecine préconise dans ce cas. — Mais lorsque les signes sensibles de la puberté se manifestent, ce qui arrive le plus ordinairement vers l'âge de 14 à 15 ans, et que le sang ne vient pas, malgré les douleurs périodiques éprouvées dans les hanches, dans les reins et dans les cuisses, et bien que ces signes soient accompagnés d'une sensation de pesanteur et de plénitude dans la région inférieure de l'abdomen, qui pousse en bas, on peut dans cette circonstance faire usage de remèdes appropriés, avec la certitude d'un prompt soulagement. Ici se rapporte un long dénombrement d'autres symptômes avec une valeur particulière, qui réclame pour chacun un remède spécial. Tels sont : modification particulière dans l'état moral et intellectuel, plénitude vers la région de la tête, vertige, face rouge ou pâle, saignement de nez, bruissement des oreilles, palpitation de cœur, resserrement de la poitrine, respiration courte s'aggravant en montant les escaliers ; dffficulté et douleur dans la respiration, tiraillement et engourdissement des membres inférieurs, lassitude, faiblesse du pouls, défaillance, symptômes hystériques, froid des membres, gonflement des articulations et de l'abdomen, nausées, coliques, constipation, leucorrhée, etc.

Les causes qui peuvent empêcher la menstruation sont éloignées ou obscures, ou immédiates et sensibles. Mais les détails relatifs à tout ce qui concerne cette maladie doivent être bornés et circonscrits dans ce livre, et il ne peut y être mention que des cas les plus ordinaires, les plus fréquents, les plus simples. Nous recommandons d'avoir recours à l'expérience d'un médecin homœopathe pour les affections qui sont liées à des causes cachées ou à une altération profonde de l'organisme.

Lorsque la santé générale est légèrement atteinte par un

retard apparent dans cette importante fonction, il suffira souvent d'un simple changement de régime pour amener un état favorable. Ainsi, les aliments seront simples et nutritifs; ils seront pris en proportion convenable dans le règne animal et végétal : on mettra de côté les mets composés, où il entre généralement des condiments de haut goût, ainsi que Tu sage du thé et du café, et toutes boissons excitantes, telles que cidre, porter, bière, vin, liqueurs alcooliques, etc. On prescrira un exercice régulier, tel que la promenade en plein air, sans trop consulter le temps, soit à pied, soit à cheval ou en voiture découverte ; on devra charger la jeune malade de la partie du ménage qui exige remploi des forces corporelles, etc., mais toujours en évitant la trop grande fatigue, et de l'exposer à un courant d'air en état de transpiration. Une vie sédentaire et des habitudes studieuses trop renfermées sont très-nuisibles. Il convient d'entretenir l'enjouement propre à la jeunesse, en choisissant des passe-temps qui occupent le corps et égayent l'esprit. Soyez attentif à la manière de s'habiller ; il faut changer de vêtement selon le temps et la saison; protéger les pieds et les extrémités contre le froid, et éviter avec soin de se mouiller et de rester dans l'humidité.

Les principaux médicaments employés dans ces diverses circonstances sont ars.} belL, bry., cocc, cup. , lach., lycop^ pliosph,, puis., sep., sulph. et verat.

Ars.y si la face est pâle et gonflée le matin en sortant du lit, avec engorgement des pieds le soir, et sensation de chaleur dans la circulation, suivie de prostration de forces.

BelL, s'il y a saignement de nez, rougeur de la face] injection des yeux, sensibles à une vive lumière, ou si le pouls est plein avec rougeur foncée de la face, et vertige en s'arrêtant. — Il sera bien de donner acon. alterné avec bell.

Bry.y si, au lieu de la menstruation, il survient une épistaxis; dans ce cas, répétez le remède deux matins de suite : lach. et lycop. conviennent aussi en pareille circonstance.

Cocc, s'il y avait complication d'affections nerveuses; douleurs constrictives avec pincements de la partie inférieure de l'abdomen, et oppression de poitrine et gémissements. Donnez-le deux ou trois fois successivement le soir.

Cap. est indiqué lorsque la malade est menacée de spasmes, ou lorsqu'elle a des crampes dans les jambes, avec cris perçants, nausées et vomissements.

Lach. est applicable lorsqu'il existe des symptômes de suffocation, et que toutes les souffrances s'aggravent après le sommeil; s'il y a aussi défaillance et convulsions.

Phosph.y chez les femmes de forme délicate, blondes et gaies, avec poitrine étroite et prédisposée aux affections pulmonaires, avec expectoration de sang, mais en petite quantité, ou avec des symptômes de dyspepsie alternant avec des douleurs rhumatismales. Ce remède ne sera donné, dans ce cas, qu'une ou deux fois dans la semaine.

Pals., s'il y a douleur abdominale et maux de reins, vertige, plénitude de la tête et gonflement des yeux, pâleur de la face avec bouffées de chaleur passagères; bruissement d'oreilles ou surdité incomplète; froid des pieds et des mains, avec une grande disposition aux refroidissements; symptômes hystériques avec rires et cris; nausées et vomissements; goût amer de la bouche après le repas; découragement et tristesse; palpitation de cœur; douleur dans la poitrine; perte d'appétit, avec désir pour les acides, et aversion pour le mouvement, l'exercice. Ces diverses souffrances changent souvent de place, ou sont ressenties sur un seul côté en même temps. La malade éprouve de l'amélioration pendant qu'elle prend de l'exercice, et de même qu'au grand air ; elle ressent en général de l'aggra-

vation le soir et avant minuit, et éprouve de la fatigue dans la matinée. — Donnez le remède sur les quatre heures de l'après-midi, deux jours de suite, et s'il se déclare du mieux, attendez tant que dure l'amélioration ; mais si les symptômes reviennent, et que les mois n'aient pas reparu, répétez puis, une fois de plus. Ce remède s'adapte particulièrement aux jeunes filles d'un caractère doux.

Sep. , si aux symptômes sus-mentionnés vient s'ajouter une trace jaune qui s'étend sur le nez et les joues, comme qui dirait en forme de selle. Il sera administré le soir, et deux fois de suite.

Sulph., si aucun des remèdes dont nous venons de parler ne remplit le but qu'on se propose, et si la malade ressent une sensation de chaleur dans l'intérieur du cerveau; grande disposition aux rêveries religieuses; amaigrissement; défaut d'appétit avec faiblesse après avoir mangé; vertiges ; palpitations de cœur, et courte respiration en montant les escaliers ; fièvre dans le repos. Il sera administré le soir, de la même manière qu'il est dit pour les autres remèdes.

Verat., si l'on a les mains et les pieds froids, avec tendance à la diarrhée.

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