‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 151 sur 237 · DESCENTE ET CHUTE DE LA MATRICE · texte numérisé non relu

DESCENTE ET CHUTE DE LA MATRICE

La cause prédisposante et la plus fréquente de ce désordre, c'est le relâchement naturel de l'organisme, ou amené par les habitudes d'une vie molle et indolente. Les causes immédiates varient; la sortie prématurée après les couches; la leucorrhée; des chutes; des lésions suites d'efforts pour soulever des poids trop lourds ; une toux opiniâtre ; des vomitifs violents; les corsets surtout. Les observateurs attentifs ont, en effet, signalé cette façon de comprimer la taille comme la cause la plus fréquente, la plus efficace pour la production de la leucorrhée et des descentes de matrice chez les jeunes femmes. Espérons que cette remarque aura une influence heureuse sur la mode, et que Ton trouvera le moyen de servir l'élégance de formes avec les intérêts de la santé (1).

(I) Il faut absolument que la femme comprenne toute son importance dans l'humanité. Qu'elle soit donc éclairée dans l'accomplissement de ses devoirs, comme mère ; qu'elle soit même initiée aux mystères de sa propre organisation, pour que tous les doutes de son esprit soient dissipés. Aux conseils, aux avertissements du docteur Héring, ajoulons les enseignements du professeur Serres ('). Puissent ces con-

(*') Voyrz aussi Etudes historiques et médicales sur les corsets, por le doclcin1 U. Bouvier. Paris, 1853, in- 8.

Les symptômes de la descente de la matrice paraissent n'avoir aucune importance dans le principe, et on les considère plutôt comme une incommodité que comme une occasion de maladie. Il y a généralement un sentiment de

seils, ces avertissements, ces enseignements, si judicieux, être compris comme ils doivent l'être ! le sort de l'homme y est intéressé.

« L'usage du corset est dangereux. Je dis l'usage, qu'on le remarque bien. Ici l'abus ne se sépare point de l'usage : l'hygiène proscrit l'un et l'autre.

« J'appellerai d'abord l'attention sur les effets les plus ordinaires que produit le corset.

« Généralement, il presse l'abdomen au niveau de la neuvième ou de la dixième côte. A cet endroit, il agit sur le foie, le comprime, le brise en quelque sorte ; il en diminue, il en altère les fonctions. On sait combien, chez les femmes, les maladies du foie sont devenues, depuis quelque temps, fréquentes, opiniâtres, graves. La cause de ces affections ne se cherche pas ailleurs que dans l'usage du corset.

« 11 comprime la veine cave inférieure (veine ventrale) ; par suite, le sang stagne dans le ventricule droit, et ce ralentissement dans la fonction circulatoire occasionne l'étranglement des veines jugulaires. De là des spasmes, des évanouissements.

« Le corset est encore une cause de hernies, et on le comprend : cette armature baleinée s'oppose à l'ondulation naturelle des viscères de l'abdomen ; elle les comprime d'une manière inégale, et ils tendent à s'échapper par les endroits qui leur offrent le moins de résistance.

'< Mais ce n'est là qu'une partie des désordres causés par le corset; il en produit d'autres, de plus graves, et c'est l'utérus qui en est le siège.

« J'ai parlé déjà de l'utérus, de son anatomie, de ses fonctions. Cet organe est suspendu dans le bassin par le ligament large et le ligament rond. Ces ligaments maintiennent l'utérus à la manière des ressorts qui maintiennent la caisse d'une voiture. Je ne puis pas trouver de comparaison plus exacte ; et il fallait qu'il en fût ainsi. Au moment de la grossesse, en effet, l'utérus se déplace, voyage dans l'abdomen ; il n'est pas fixé aux parois du bassin ; les ligaments, tout en le retenant, lui permettent de flotter.

« Avec le corset, voici ce qui arrive à l'utérus :

« Le corps baleiné refoule la masse intestinale de haut en bas ; alors l'utérus, organe flottant, est lui-même refoulé par les intestins ; les ligaments le suivent dans le sens de la pression. De là ces abaissements de l'utérus, de là ces autres affections du même organe, affec-

pression vers le bas plus ou moins prononcée qui va dans les aines ; une douleur dans le dos et les reins; une pression qui porte sur le pubis, une sensation d'engourdissement qui suit les membres ; état nerveux de l'organisme,

lions terribles et si fréquentes, à Paris surtout, que bientôt les médecins n'y pourront plus suffire.

« On le voit, l'usage du corset n'est pas seulement funeste à celle qui le porte ; si nous n'y prenons garde, il atteindra la race ; car cette mode ridicule et meurtrière s'attaque à la source même de la vie, et tend à l'altérer.

« Sans doute, le corset n'est pas nouveau en France; mais de toutes les formes qu'il a affectées, la plus dangereuse pour la santé est celle qui a été adoptée de nos jours.

« Nos dames, pour obtenir un plus grand évasement relatif des hanches, compriment le buste avec une énergie dont les âges précédents n'offrent point d'exemples. Au dix-huitième siècle, nos grand'-mères portaient des corsets. — Buffon appelle de pareils vêlements des cuirasses ; — mais aussi elles portaient des paniers, et l'énorme développement de ces paniers permettait de donner plus d'ampleur aux corsets.

« La mode était aussi ridicule que la nôtre, mais elle offrait bien moins de dangers. Nos grand'-mères, qui portaient paniers, ont, après tout, produit la forte génération de 1789.

« J'ai dit que le corset finirait par altérer notre race, et je n'ai pas exagéré. — On sait que c'est par la femme que les qualités de la race se conservent. Ce fait est d'une observation constante.

« Français du dix-neuvième siècle, nous sommes les fils des femmes gauloises ; et nous devons être fiers de nos mères. Leur condition était bien supérieure à celle des femmes romaines. La Gauloise choisissait son époux : mariée, elle était l'associée de son mari ; elle avait la moitié des biens. L'éducation des enfants lui appartenait exclusivement; quand le fils savait manier les armes, alors seulement elle le présentait à la tribu.

« Les Gaulois avaient ceci de très-remarquable pour un peuple à peine naissant à la civilisation, c'est qu'ils respectaient la femme. Partout où ce respect de la femme existe, soyez sûr que le peuple est éminemment perfectible, qu'il atteindra à de hautes destinées.

« Ce sont les générations de femmes gauloises qui, chez nous, ont conservé et perpétué la race, celte race gauloise dont vous m'entendez si souvent parler. Les conquérants, romains, bourguignons, francs, sarrasins, ont eu beau s'abattre et s'implanter sur le sol, ils n'avaient

avec faiblesse, et plusieurs autres souffrances extrêmement fatigantes. Chaque cas ne présente pas ce long catalogue de misères, mais la plupart les possèdent et sous une forme plus ou moins prononcée. Dans les cas les plus graves, la femme a une grande difficulté de se tenir sur ses pieds, et si elle essaye de marcher, elle ne peut le faire qu'en se portant en avant et en appuyant ses mains sur les cuisses. Il y a quelquefois dans cette maladie un symptôme trèsobscur et inquiétant : c'est une douleur ressentie dans le côté gauche, placée sous les côtes. — Ces diverses souffrances s'aggravent par la position debout, et s'amendent presque toutes dans la position couchée. Il faut ajouter à tout ce qui précède une perte constante de mucosités plus ou moins anormale, sans compter les règles, qui sont généralement plus fréquentes et plus abondantes. Ces deux

point amené leurs femmes avec eux ; ils ont trouvé dans le pays conquis les femmes gauloises qui ne l'ont jamais quitté, et par elles l'élément gaulois a toujours survécu et a prédominé. Aussi ne vous étonnez pas de rencontrer dans notre race une unité de croyance, d'effort social qui persiste à travers les ténèbres du moyen âge, à travers les guerres, les fureurs des factions, et qui s'est retrouvée, cette unité, plus puissante que jamais au grand jour de la Révolution française. La Révolution a fait de celte unité un faisceau aujourd'hui indissoluble. Oui, nous sommes un peuple homogène par l'agglomération et par les idées, homogène dans les âges. Les Gaulois du temps de César et nous c'est le même peuple, que dislingue le même trait moral : l'amour de l'égalité.

« Eh bien ! cette race énergique, intelligente, supérieure, celle race gauloise est-elle destinée à déchoir? Oui, si la femme, conservatrice de la race, déchoit elle-même. Et le corset, cause perpétuellement agissante de maladies et d'atrophie, peut amener ce résultat, qui sera général ; car l'usage du corset est général dans les villes et tend même à se généraliser dans les campagnes.

« Luttez avec nous, mères, contre le despotisme de la mode ; luttez dans vos familles pour y abolir l'usage pernicieux du corset. Pour nous, nous lutterons toujours et partout. Médecins, notre famille c'est l'humanité ! »

vSerri£S, Cours d'anthropologie.^

égouts de l'économie de la femme, rapprochés de la faiblesse générale qui accompagne des souffrances non interrompues, épuisent les forces, et, à moins d'un soulagement très-désirable, elles ne peuvent manquer de détruire complètement la santé.

Pour la cure de cette affection on emploie très-fréquemment des moyens mécaniques, connus sous le nom de pessaires. Mais dans quelques cas on peut réussir avec remploi de remèdes et un régime bien entendu. Cette affection est elle-même symptomatique d'autres maladies incurables. Que la malade évite autant qu elle pourra les causes provocatrices, qu'elle adopte le régime homœopathique, et qu'elle prenne des remèdes suivants, chaque soir, pendant une semaine : ce sont bell., cale, carb.j nux vom. et sep.

Après avoir pris l'un de ces médicaments et suspendu toute médication pendant une semaine au moins et être restée fidèle au régime, si les symptômes n'ont pas diminué, prenez de la même manière une seconde fois cette série de remèdes, et attendez ensuite comme avant. Mais si les symptômes s'améliorent, ne faites rien tant que l'amélioration continue, et s'ils reparaissent, prenez le dernier médicament une ou deux fois de plus. Afin de distinguer le meilleur des remèdes indiqués, comparez les symptômes appartenant à la leucorrhée.

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