‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 164 sur 237 · MÉNORRHAGIE OU PERTE DE SANG · texte numérisé non relu

MÉNORRHAGIE OU PERTE DE SANG

C'est un accident assez fréquent pendant la grossesse et pendant les couches. — Les moyens ordinaires se montrent ici presque toujours nuisibles, même quand ils soulagent momentanément. Par exemple, l'eau froide, qui se montre efficace pour un moment, ne tarde pas à produire l'inflammation : c'est pourquoi ce moyen est particulièrement dangereux pendant les couches ; les frictions éthérées occasionnent fréquemment des attaques de nerfs; l'alun détermine des indurations ou autres mauvaises maladies; la créosote donne des ulcères, etc. Le tamponnement ne sert de rien; il ne fait que mettre une digue au sang, car l'hémorrhagie ne s'arrête pas : elle se continue à l'intérieur.

Les hémorrhagies foudroyantes qui surviennent immédiatement après l'accouchement, avant l'arrivée du médecin, seront arrêtées le plus sûrement par sec. corn., à la dose d'un demi-grain tous les quarts d'heure, jusqu'à ce qu'elles cessent. Voilà pourquoi il faut toujours avoir à sa disposition ce grand remède, pendant qu'on assiste une femme en couche. — Dans cette grave circonstance, il est essentiel que la femme reste étendue, qu'elle soit tranquille de corps et d'esprit, et qu'il règne autour d'elle le plus profond silence. Lorsque l'hémorrhagie se renouvelle, il convient de faire une forte ligature à la partie supérieure de la cuisse avec une serviette, et mieux encore avec un foulard ; on en appliquera une seconde au bras. Il sera avantageux de faire prendre à la malade quelques cuillerées d'eau froide; et si la figure commence à pâlir et qu'on craigne un évanouissement, donnez quelques gouttes de vin pur, mais seulement quelques gouttes à la fois. Le vinaigre en olfaction a aussi son avantage, et dans beaucoup de cas on s'en sert utilement en friction sur le nez, les tempes et autres parties; mais il ne faut pas faire comme cela se pratique ordinairement, s'en servir en trop grande

quantité ; il suffira d'en prendre tout au plus une cuillerée à café dans le creux de la main, et d'y tremper les doigts pour ensuite faire les frictions convenables : c'est le moyen d'éviter à la malade l'impression trop forte du vinaigre, qui, dans ce cas, peut avoir des inconvénients.

Dans les hémorrhagies chroniques des femmes d'un certain âge et hors d'état de couches, il est indispensable de défendre pendant un an l'usage de boissons chaudes ; par contre, on prescrira l'usage du lait froid quatre ou cinq fois par jour. Mais la circonstance est toujours assez importante pour faire intervenir un médecin homœopathe.

Pendant la grossesse ou après la délivrance, on emploiera avec avantage la teinture de cannelle, — une goutte étendue dans une demi-tasse d'eau, après l'avoir remuée ; — on en prendra une cuillerée à café toutes les fois qu'il y a aggravation. Ce remède sera encore utile dans le cas où l'hémorrhagie serait la suite d'un effort, ou après avoir porté un fardeau, soit aussi après avoir étendu trop fortement les bras, ou fait un faux pas. Si l'on n'a pas de la teinture, on fera mâcher un peu de cannelle. Si ce moyen ne réussit pas assez promptement, donnez arn.

Dans le cas d'une hémorrhagie continuelle très-abondante, particulièrement chez les femmes enceintes chez qui les règles n'ont pas été suspendues, avec des douleurs sécantes autour du nombril, forte pression qui porte sur la matrice et l'anus, avec froid et frissons de tout le corps, avec ondée de chaleur à la tête, faiblesse très-prononcée et envie de rester couchée, donnez ipéc. et ensuite arn. Lorsque ces symptômes sont accompagnés de douleurs semblables à celles de l'accouchement et ne s'amendent pas après un quart d'heure, donnez chamom., et voyez en même temps ce qui est dit au sujet de ce remède quand les règles sont très-abondantes. Le remède principal dans les hémorrhagies qui peuvent suivre l'accouchement est ipec.

Lorsque le sang sort en grande abondance et est d'un

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rouge foncé, s'il est accompagné de douleurs pressives dans les reins, de céphalalgie et principalement dans les tempes, avec la sensation comme si la tête allait éclater, donnez bry., ou croc.

Chin, est un remède essentiel dans les cas les plus graves de ménorrhagie, lorsqu'il y a pesanteur de tête, vertiges, perte de connaissance et somnolence ; lorsqu'il y a faiblesse soudaine, défaillance, froid des extrémités, pâleur de la face, mouvements convulsifs de la bouche, contorsion des yeux, ou si la face et les mains deviennent bleues, ou si l'on éprouve des tressaillements isolés dans tout le corps; on peut en même temps frictionner légèrement le basventre, ou appliquer sur les parties des compresses vinaigrées, et ensuite donner quelques gouttes de vin. On doit aussi faire emploi de ce médicament lorsque le sang s'échappe par intermittence et avec spasmes, si les douleurs dont ces symptômes s'accompagnent ressemblent aux douleurs d'accouchement et se portent sur l'anus, et si l'hémorrhagie augmente de plus en plus. On l'emploiera pareillement lorsque les symptômes sont suivis de coliques, d'un besoin fréquent de rendre ses urines, et d'une tension sensible du bas-ventre. En général, ce remède est bon lorsqu'après rhémorrhagie il reste encore quelque souffrance. On peut aussi prendre d'une décoction de la racine du roseau odoriférant.

Hyosc. convient dans les douleurs semblables à celles de l'accouchement avec tiraillement dans les cuisses ou les reins; lorsqu'on éprouve une chaleur générale avec pouls accéléré ou plein, avec gonflement des veines du dos des mains ou de la figure; qu'il y a grande inquiétude, agitation excessive, tremblement dans tout le corps ou torpeur des membres, perte de connaissance, trouble de la vue, délire et soubresauts des tendons ou des extrémités, secousses et mouvements brisés des membres, alternées avec roideur des articulations.

Bell. , lorsque le sang qui se perd n'est ni trop clair, ni trop foncé, et qu'on éprouve une pression aux parties génitales, comme si tout allait sortir, avec douleurs violentes dans les reins, comme de brisure, et accompagnées d'autres symptômes qui sont mentionnés à l'article Ayoitement.

Plat, est prescrit quand l'hémorrhagie reconnaît pour cause une violente émotion, que le sang est foncé, épais, mais sans être caillé ou coagulé; la douleur des reins n'y est point comme s'ils étaient brisés, mais on ressent plutôt des pincements ou élancements qui se portent sur la région ombilicale, qui compriment les parties internes et rendent l'appareil génital très-sensible et exaltent les appétits.

Ferr. convient lorsque le sang est tantôt noir et caillé, tantôt clair et liquide, accompagné de douleurs comme d'enfantement, avec la face rouge, pouls ordinaire ; après ferr., chin. convient souvent. Si le sang est très-noir et coagulé, et que les remèdes indiqués ne suffisent pas, prenez un peu de safran entre les doigts, broyez et donnez à sentir; ou même il vaut mieux donner croc. 1/3.

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