‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 165 sur 237 · AVORTEMENT OU ACCOUCHEMENT PREMATURE · texte numérisé non relu

AVORTEMENT OU ACCOUCHEMENT PREMATURE

On peut prévenir l'accouchement prématuré, même après que l'hémorrhagie s'est déclarée et que les douleurs d'enfantement ont déjà commencé; et si ce n'est plus possible, on peut encore calmer les souffrances et rendre supportables les suites fâcheuses de cet état. Tout cela dépend de la cause qui occasionne l'avortement; c'est quelquefois un cas d'une grande gravité. — Par les procédés allopathiques, cet état ne peut que s'aggraver, parce que la vieille école ne connaît pas, à proprement parler, de remède qui lui soit rationnellement applicable.

Lorsque, chez une femme enceinte, il se déclare des douleurs qui portent en bas, ou si ce sont réellement des

douleurs d'enfantement, accompagnées d'une petite hémorrhagie et de la sortie de mucosités, qu'on s'informe d'abord de Ja cause ; si c'est un coup reçu, ou un effort pour lever un fardeau trop lourd, ou la suite d'une forte et soudaine extension des membres, ou d'une chute ou quelque autre secousse violente, on donnera arn. avec succès. Si cela dépend d'une forte émotion, voyez, à cet égard, l'article qui est relatif à l'influence du moral. Plus tôt on donne le remède, mieux ça vaut.

Contre les violentes douleurs, chamom. avant tout autre remède ; contre un état hémorrhagique très-actif, ipec, ; contre la constipation chronique, nux vom. ; et si elle n'agit pas, bry. — Ces diverses circonstances doivent être considérées agissant comme causes déterminantes de l'accident.

Chamom. est particulièrement indiquée dans les tranchées violentes qui se portent -des reins dans les hypochondres jusque vers le milieu du ventre, avec le besoin senti de pousser une selle ou d'uriner ; ces douleurs sont périodiques et ressemblent à des douleurs d'enfantement, et ne tardent pas à être suivies de perte de sang, où l'on remarque quelques caillots.

Bell, convient dans les douleurs pressives et violentes, avec tension dans tout le bas-ventre, particulièrement vers la région inférieure, avec une sensation de contraction ou de gonflement, ou en même temps avec une pression en bas, comme si lesparties génitales allaient sortir, symptôme caractéristique de bell. ; on ressent comme une douleur de brisure, de luxation, dans les reins; face rouge ; stupeur, chaleur vers la tête ; soif; palpitation. La perte n'est ni très-noire, ni très-rouge.

Hyosc. répond à l'état de spasme, avec des mouvements saccadés et convulsifs, accompagnés de roideur dans tout le corps, avec perte de connaissance ; il y a en même temps hémorrhagie d'un sang rouge fluide, plus forte pendant les spasmes.

Fpec. répond au même état de spasme, mais sans perte de connaissance, avec douleur sécante autour du nombril, lorsque le flux de sang est accompagné dépression vers les parties génitales. Plat, et cm. conviennent quelquefois dans ce cas, surtout s'il est lié à d'autres souffrances qui en réclament remploi.

Sep., donné en deux doses, prévient ordinairement IV vortement, lorsqu'il y a une prédisposition liée à un état de pléthore. Nux mosch. est connue depuis longtemps, parmi le peuple, comme un remède abortif, et mérite sa réputation en homœopathie.

Administration des remèdes. — A la première apparence des symptômes précurseurs de l'avortement, la malade se tiendra tranquille ou gardera le lit, éloignera de son esprit tout motif d'excitation, et vivra d'un régime modéré. On choisira le remède approprié aux symptômes, et s'il n'y a pas d'amélioration après quelques heures ou le jour suivant, à la suite de la première dose, il la répétera. Si, après cette seconde dose, il n'y a pas encore d'amélioration, il faut chercher un autre remède. S'il y a du mieux, abstenez-vous du remède tant que le mieux durera; si les symptômes reparaissent, répétez le dernier remède encore une fois avant de recourir à un troisième médicament. — Si les symptômes sont intenses et la perte abondante, dissolvez environ dix globules dans un verre plein d'eau et donnez-en une cuillerée toutes les demi-heures ou plus souvent selon la nécessité, en espaçant les cuillerées au fur et à mesure de l'amélioration, et cessez toute médication avec la cessation de la perte.

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