‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 233 sur 237 · III. — Des individus étranglés, pendus, suffoqués par · texte numérisé non relu

III. — Des individus étranglés, pendus, suffoqués par

manque d'air ou par compression doivent être déshabu-

lés complètement; qu'ils soient couchés dans une position convenable, la tête un peu haute, et le cou tout à fait libre et sans appui qui puisse le faire fléchir en avant ou en arrière ; puis on pratiquera avec une flanelle chaude de légères frictions, qui seront continuées quelque temps; on donnera ensuite un lavement d'opium, dix à vingt globules délayés dans une suffisante quantité d'eau ; il sera administré tout à la fois et poussé avec lenteur; on le répétera tous les quarts d'heure, puis on reviendra aux frictions, qui seront exercées sur les parties internes. On présentera de temps en temps un petit miroir devant la bouche et le nez, pour juger de l'état de la respiration. Qu'on écarte les paupières pour s'assurer, par la sensation subite du jour, du degré de dilatation des pupilles et de la sensibilité des yeux. On enveloppera les pieds avec des linges dans lesquels on aura placé une tuile ou un fer à lisser chauds ; tout le corps sera entouré de la sorte : c'est ainsi qu'on le réchauffera universellement.

Si, une ou deux heures après, il ne s'est pas opéré de changement, prenez une amande amère qui, après avoir été complètement broyée, sera mise dans un verre d'eau, avec laquelle on humectera la bouche et le nez, en tâchant d'en faire tomber quelques gouttes sur la langue; le reste sera donné en lavement. — Si le lavement n'était pas gardé, qu'on en serve un second, mais avec une canule plus longue, et qu'on laissera en place quelques instants, ou bien encore on bouchera l'ouverture de l'anus avec le pouce. On pourrait aussi faire pratiquer, par une personne bien portante, des passes magnétiques, qui se feraient du sommet de la tête à l'extrémité des pieds, comme il a été dit plus haut, à l'article Maladies des enfants. - Qu'on ne s'arrête pas à l'opinion de ces gens qui tiennent cette pratique comme un non-sens ; leur science ne leur permet pas de comprendre la vie autrement qu'à un point de vue étroit et vulgaire ; qu'on se hâte de les éloigner au plus tôt.

IV. — i>e§ noyés. On les fera déshabiller de suite; on leur nettoiera la bouche et la gorge, et puis on inclinera légèrement le corps et la tête, afin de faciliter l'écoulement de l'eau avalée ; on les couchera ensuite dans un lit chaud, enveloppés de couvertures chaudes, ou environnés de sable ou de cendres chaudes. En été, on peut exposer le noyé à l'action de la chaleur solaire, toujours enveloppé d'une couverture, la face exposée au soleil, et la tête légèrement couverte; on lui donnera ensuite un lavement, et l'on commencera à faire, avec des flanelles chaudes, des frictions qu'on continuera pendant deux heures entières. On peut également essayer des passes magnétiques. La saignée est un non-sens. — Si les frictions ou les lavements ne produisent aucun effet, on administrera quelques globules de lach. en lavement, et l'on reprendra les frictions, que l'on fera durer longtemps. On a vu des personnes qui avaient passé une demi-journée dans l'eau, et qui sont revenues à la vie par des soinslongs et infatigables. Celui qui tombe dans l'eau ne meurt pas de sufte ; ce n'est que longtemps après que la vie s'éteint, et ce n'est, généralement, que le troisième jour. Ce qui nous manque le plus ordinairement, dans ce cas, c'est la science ou la patience.

V. — I>e la suffocation dans un air vicié. Les meilleurs remèdes, dans cette circonstance, sont l'air frais et l'eau froide; recourir à la saignée, c'est faire acte d'ignorance. Op. et acon. répondent souvent très-bien aux souffrances consécutives, et qui précèdent le rétablissement de l'activité vitale.

VI. — De la congélation. Des personnes qu'on a trouvées gelées ont pu être rappelées à la vie après plusieurs jours. — Il faut enlever le corps avec la plus grande précaution, parce que la moindre violence pourrait déterminer la fracture de quelque membre. On exposera le sujet dans une chambre froide, inhabitée, ou dans une grange, Dourvu qu'il n'y ait pas de courant d'air : il ne faut pas ou-

blier, dans ce cas, que la chaleur, même modérée, est une cause de mort. — Qu'on le couvre entièrement de neige de quatre travers de doigt d'épaisseur, même le visage, en ne laissant que la bouche et les narines libres. On placera le gelé de manière à ce que l'eau qui se fondra puisse s'écouler promptement, et Ton renouvellera la neige là où elle sera fondue. S'il n'y a pas de neige, on le mettra dans un bain froid, qu'on aura refroidi avec la glace. — Si la glace s'est prise au corps ou aux vêtements, il faut l'en détacher. — C'est ainsi qu'on réussit à dégeler les corps ; on voit, on acquiert la conviction qu'on y est parvenu, lorsqu'ils deviennent mous et flexibles. On commencera ensuite par ôter les habits ; on les coupera plutôt que de les enlever de force et de risquer de rompre quelque organe. Dès que les membres deviennent souples, on fera des frictions avec de la neige sur les parties ramollies, et Ton continuera jusqu'à ce qu'elles deviennent rouges ; après les frictions on mettra le malade sur un lit sec, et on les reprendra avec des flanelles froides, etc. — Si après ce traitement on n'aperçoit aucun signe de vie, qu'on prenne un morceau de camphre ou quelques gouttes de Y éther camphré ; on les délaiera dans l'eau pour en faire un lavement. On répétera ce lavement tous les quarts d'heure. Si la vie se ranime sous l'empire des frictions ou du camphre, administrez alors des lavements tièdes de café noir; et dès que la déglutition sera rétablie, donnez du café par petites cuillerées.

A mesure que les signes de la vie augmentent, éloignez tout ce qui est humide, et frottez le corps jusqu'à ce qu'il soit sec, mais jamais au point de produire la chaleur. Il faut que le malade se réchauffe de lui-même dans le lit; on ne l'entourera donc pas d'une chaleur d'emprunt, à l'exception toutefois des petits enfants, que l'on mettra au lit avec une personne saine.

On devra n'épargner ni peines ni soins pour ramener quelqu'un à la vie; il s'agit quelquefois d'employer plu-

sieurs heures pour obtenir ce résultat. — Il survient souvent alors des douleurs très-violentes. Dans ce cas, donnez carb. veg. qu'on répétera aussi souvent qu'il le faudra ; s'il ne suffit pas, donnez ws. alb. Si les douleurs sont lancinantes avec chaleur à la tête, administrez acon. en dilution. Si le malade a envie de prendre du vin ou de F eaude-vie, il faut lui en donner, mais tout au plus par gouttes et de temps à autre, tant que cette envie peut durer.

Les personnes rappelées ainsi à la vie doivent pendant longtemps se méfier de la chaleur du poêle et du feu, parce qu'il peut en résulter des maladies des os, qui ne se manifestent que Tété suivant.

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