DE L'ABUS DES REMÈDES
contre le panaris ou le gonflement rouge et chaud qui se voit à la main et aux doigts, même sur le genou, simulant alors la goutte ; si la peau est maladive, que la cicatrisation s'y fasse difficilement, et s'ulcère à la moindre cause, suppure et se corrode; si les téguments des mains et des pieds se crevassent; si les ulcérations, qui saignent facilement, sont brûlantes la nuit, et deviennent le siège de douleurs pulsatives ou lancinantes; si Ton est trop impressionnable au grand air, au froid, pendant la nuit, avec aggravation des douleurs des membres ; contre cette espèce de fièvre nocturne qui s'accompagne d'une sueur visqueuse et acide, et enfin contre la sur-impressionnabilité et la douleur qui va jusqu'à l'évanouissement.
On fera bien d'attendre quelques jours les effets de hep. sulph., et, si l'on s'aperçoit d'une légère amélioration, on attendra au moins quatorze jours; alors, si l'amélioration n'avance plus, on pourra répéter la dose ; si elle ne durait pas, et qu'il fallût absolument donner quelque remède, bell. alors sera le plus convenable ; et l'on pourra également le donner lorsque hep. sulph., pris deux ou trois fois à la distance de quatorze jours, cesse de produire son effet.
Contre les souffrances de la bouche et du gosier, lorsque les moyens précédents cessent d'agir favorablement, donnez staph., après avoir employé sans succès hep. — et bell. que l'on pourra de nouveau employer avantageusement contre le gonflement des amygdales et la surdité.
En cas de grande sensibilité à l'impression de l'air, des douleurs intenses qui se font sentir surtout la nuit, et qui augmentent par l'attouchement; en cas de l'allanguissement des forces, suite inévitable des fréquentes purgations ou d'une longue salivation mercurielle, donnez chin.; et si ce remède, administré deux ou trois fois tous les quatre ou cinq jours, cesse d'agir favorablement, surtout si l'état de l'atmosphère aggrave de nouveau la maladie, donnez carb. veg.
Si, après l'emploi de tous ces moyens, il y a persistance des souffrances, telles que tiraillements dans les os, gonflements arthritiques, donnez dulc, et plus tard, acid. sulph. phosph. ; contre les exostoses, employez acid. phosph., et plus tard staph. Ce n'est que lorsque ces remèdes ne produisent plus d'effet que cale. carb. en olfaction convient.
Le mal résiste-t-il à ces moyens employés avec persévérance, donnez une fois sulph., et quelque temps après revenez à un des médicaments mentionnés; ou, si sulph. produit des résultats satisfaisants, attendez quelques semaines pour donner cale. carb. ©. ou en dilution, et plus tard un autre remède convenable, peut-être lach.
Au malade qui a consommé beaucoup de mercure et pris ensuite du soufre, vous ferez bien d'administrer merc. viv., et ensuite bell. ou puis. Lorsqu'on a fait usage de fortes doses de mercure et qu'on n'a point employé le soufre après, et que hep. sulph. ne répond pas exactement aux symptômes sus-mentionnés, donnez suif.
Dans les maladies chroniques occasionnées ou empirées par l'emploi du mercure, choisissez de préférence un des remèdes suivants : hep. sulph., bell., chin., phosph. acid., carb. veg., dulc, staph., lach. Souvent, là où une médicamentation rapide est désirable, on pourra avoir recours à op., puis. , ou à un des moyens indiqués dans l'article empoisonnement; dans les cas les plus rares, on aura recours à ars. alb., ferr. acet., rhus tox. ou silic.